quelques actualités concernant directement ou indirectement la psychiatrie Vers un nouveau système culturel français?

[1]Musique : Ravi Shankar à Monterey 1967.

 

« Page V »

Quelques actualités concernant directement ou indirectement la psychiatrie.

 

Vers un  nouveau système culturel français :

Un choix de dé-responsabilisation [2] ?

 

 

« … L’œil dit-il à la main : « je n’ai pas besoin de toi ? »  ou la main aux pieds : « je n’ai pas besoin de vous ? ».

Bien plus, même les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont nécessaires …

Moins ils sont décents et plus décemment nous les traitons, car ceux qui sont décents n’ont pas besoin de ces égards …»

 

Saint Paul : « Épître aux Corinthiens »

« …Car pauvreté est maladie, 

Voilà la première plaie… »

 

Rutebeuf 

 

Clic

 

Saint Louis lave les pieds des pauvres

 

 

 

 

 

Liens externes au site   :   Le serment d’Hippocrate : clic

 

Liens internes dans le site :

 

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1.      Page web écrite petit à petit, en fonction de disponibilités diverses, et non obligatoirement liée à l’importance immédiate des faits retenus : De toutes façons, sous diverses formes, nos commentaires se répètent et visent plutôt « le long terme »

2.      Les dates dans cette page témoignent de l’actualité des faits commentés, mais dont le compte rendu est à rechercher ailleurs.

 

Légende des couleurs   :     Date     « Thème »    

Jacques de Person 

 

 

 

 

82) Octobre 1917 2017

« Thème : « Je veux votre bien ! » (notons le jeu de mots en français)

Lorsque je faisais part à un ami de mon analyse de la naissance de la psychiatrie en 1838 - avec les internements préfectoraux sur demande de la famille (appelés Placements Volontaires)  – lorsque par exemple un réputé « aliéné » semblait dilapider un patrimoine - celui-ci la résuma en me disant : 

 

-         « En somme, la psychiatrie, c’est fait pour empêcher les riches de devenir pauvres ! »

 

J’ai peur que le paradigme ne s’étende même aux moins riches - avec ses contraintes et privations qui ne se limitent pas à l’enfermement, ses erreurs graves, les reculs de la justice…

Car comment un état, en reposant sur un tel paradigme,  pourrait-il bien espérer remettre au travail ceux-là mêmes à qui il fait perdre tout idéal d’en être ses  sujets - au nom du droit ?

 

 

 

81) 21 Août 2017

« Thème : « psychites et psy choses de l’été ») 

 

Alerte aux media (mot latin = « choses intermédiaires ») :

 

1.     Voir encadré N°0 en bas de cette page.

2.     Ca veut dire quoi « un malade psych-iatrique » ?  (« iâtre » ça veut dire « médecin »)

(On dit donc soit « un médecin psychiatre » (grosse redondance : médecin + iâtre) soit « un malade mental » (ce qui ne signifie ni coupable ni dangereux), mais on ne dit ni « un médecin mental » ni « un malade psychiatre » : OH !) 

 

  1. RAPPEL : En France il existe un secret médical dont la violation est punie d’amendes et d’emprisonnements [3].

 

  1. ENSUITE : La psychiatrie, j’y crois j’y crois pas ?

Un malade mental, si j’y crois, s’il est « followed » c’est bon, non ?

 

  1. M’ENFIN : Avant « le temps des media », Molière raillait une médecine désarmée face à la maladie d’angoisse…(non reconnue comme maladie à son époque)  : « Le poumon… !  le poumon… vous dis-je ! » dans Le malade imaginaire.

La médecine a toujours reconnu l’importance des mots et leur rôle dans la relation soignante et même dans les relations sociales (avis aux media), mais a aussi toujours aperçu l’infranchissable fossé qui existe entre le mot et la chose biologique, qu’il échoue toujours à appréhender totalement. (D’où l’apparition des D.SM. – tout aussi fallacieux d’ailleurs - en psychiatrie)

Pour être bref, ce travail impossible de franchir l’infranchissable fossé, revient au médecin et dans sa relation thérapeutique avec un patient. Point final.

« ... et les vaches seront bien gardées ! »

_____________________________________________________

 

Et en humour :  (NB : Pas d’avis sur les proliférations vaccinales, car je ne ris pas de tout) :

Pourtant, entre peur de mourir et peur d’exister, chansons, amours et grands émois :

 

« Et maintenant, que vais-je faire ? De tout ce temps que sera ma vie … » etc.

(Gilbert Becaud - 1961)

 

Vaccins contre bêtise et folie ? Je ne pense pas :

1.      Les maladies répertoriées par l’OMS utilisent peu ces vocabulaires

2.      Les « maudits microbes - imaginaires quand opportuns [4] - responsables et déresponsabilisants » ont toujours survécu à leurs adversaires (Gloria aux grandes découvertes) : Irrédentisme du biotope.

3.      Contraintes d’autorité pour cause de raison perdue en dépit de vaccin ? Ce serait faire outrage aux accents triomphants de l’emvolio-philie galopante (<= « εμβόλιο =  vaccin »).

 

De Landerneau à Outreau… « Le psychiatre nouveau » est arrivé [5] :

 

« A l’ombre du cœur de ma mie » :

 

… Un jour qu'elle faisait semblant d'être la Belle au bois dormant,

Sur ce cœur j'ai voulu poser une manière de baiser.

Alors cet oiseau de malheur se mit à crier Au voleur !

Au voleur ! et A l'assassin…

… Aux appels de cet étourneau,

Grand branle-bas dans Landerneau :

Tout le monde et son père accourent

Aussitôt lui porter secours.

Tant de rumeurs, de grondements,

Ont fait peur aux enchantements,

Et la belle désabusée

Ferma son sœur à mon baiser »

(Georges Brassens - 1958) 

 

 

 

 

 

80) 18 Aout 2017

« Thème : « Au feu ! » 

In JIM : Publié le 16/08/2017

« Malgré le paquet neutre, les ventes de cigarettes augmentent ! Etc… »

Que voulez-vous donc ?

Mettre le tabac en vente en étant sûr de ne pas trouver d’acheteur ?

Si l’ambiguïté des vendeurs égale l’ambivalence des fumeurs il n’y a plus rien à dire !

·        Enfin :

o       Les sanctions prévues par la loi Evin ne sont pratiquement jamais appliquées, et il faudrait faire la différence entre fumeur et en-fumeur, car il y a aussi les enfumés : morts, moribonds ou vifs ils n’ont presque aucune chance d’être entendus.

o       Presque par nature, plus un malade est malade, plus il a du mal à être entendu.

 

On invente le slip anti-ondes (Radars, Wifi, T°portable) 

Et le bonnet pour le cerveau alors ?

 

 

 

 

 

79) 21 Juillet 2017

« Thème : « jeux de mots !» 

Des hôtels hospitaliers pour le confort des patients - La Croix

www.la-croix.com/...et.../hotels-hospitaliers-confort-patients-2017-07-21-120086449...

En cache « Le CHU de Montpellier figure parmi les 41 établissements retenus par le ministère des solidarités et de la santé pour tester le dispositif….»

 

« Hôtel hospitalier » ?  Mais « Hôpital » et « Hôtel », c’est le même mot !

·                    « Hospitalem (= maison d’accueil) => Hospital => hôpital => Hôtel

·                    « Hospitalem Dei => Hôtel (de) Dieu => Hôtel Dieu.

On connaît bien celui de Paris : il n’est question que de le fermer ! - mais alors le rouvrir en même temps ?

Il y en a encore beaucoup d’autres.

 

La Croix : « Des hôtels hospitaliers pour le confort des patients »

 

 

 

 

78)  2 juillet 2017

« Thème : « Cette durée d’internement dite « record » ne l’ est pas puisque j’ai signé à Sainte Anne le décès d’un nonagénaire qui a été interné en H.O. durant 75 ans…» 

On lit dans « Mediapart » : 2017-06-12 : Psychiatrie : « L’Etat condamné à verser 300 000 € d’indemnisation pour une hospitalisation sans consentement jugée irrégulière »

 

• Pour citer le présent article : https://goo.gl/VjvwQa ou http://psychiatrie.crpa.asso.fr/648; Document du vendredi 30 juin 2017 ; article mis à jour le 1er juillet 2017 par  A.B., H.F., Y.F.

Sur notre site internet, décision connexe : 2016-11-21 (jpj/tgi) Indemnisation record pour une hospitalisation d’office arbitraire d’une durée de 17 ans

Ainsi que : 2014-05-21 (jpj/tgi) Le TGI de Paris accorde 73 000 € d’indemnisation pour un internement illégal au long cours d’un patient SDF

Ou bien : 2016-03-16 (pner/gvt/aai) Recommandations en urgence de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté relatives au Centre psychothérapique de l’Ain

Pour retrouver cet article sur Mediapart, « Les Contes de la folie ordinaire » : https://blogs.mediapart.fr/edition/… »

 

Commentaires : Ces remarques de fond sont des redites :

 

1.      Comment peut-on parler « d’internement illégal » pour « cause de forme » (dans le cas cité par « Médiapart » la cause retenue est un défaut de signatures initiales - donc un « défaut de forme ») alors que tous les « internements préfectoraux » relèvent « d’un problème de fond » ?

Ce problème réside « dans le fond du principe même des internements préfectoraux », qui est la « soustraction des faits de la personne dite « folle » aux jugements de la justice ordinaire » ? Ce dont il résulte que la psychiatrie préfectorale est « une paradoxale légalisation d’une situation illégale » (la folie n’ayant évidemment pas la moindre définition juridique).

C’est « un déni de justice légalisé ». (contraire à tous les principes de justice, à l’habeas corpus… etc.)

Qui est agresseur ? Qui est agressé ? Par quoi ? Pourquoi ? etc.)

 

2.      Il n’y a pas de question plus ambiguë que celle des traitements infligés de force dans ces conditions – camisole de force, balnéations d’eau froide, liens des 4 membres attachés au lit, injections de neuroleptiques, électrochocs, etc.

En effet, chacun se renvoie une responsabilité introuvable - en définitive considérée comme celle émanant de tout un peuple dont le préfet est indirectement l’émanation démocratique. Mais, ce faisant, « en soustrayant la justice », ne réduisons-nous pas « l’ordre public » à « l’ordre étatique » ?

Comment ne pas apercevoir ici une mise en danger du caractère démocratique de nos plus hautes représentations ?

Le préfet (qui n’a pas le droit d’énoncer de diagnostic ni de prescrire de soins médicaux) confie le patient à un directeur d’établissement, à charge pour lui d’enfermer et retenir la personne dans ledit établissement. 

Le directeur de l’établissement donne alors divers ordres aux infirmiers qui doivent à la fois obéir aux médecins dont ils dépendent et aux administrateurs dont ils dépendent aussi (ces ordres sont souvent contradictoires, en particulier pour les promenades, puisque par ordre préfectoral, la personne doit être retenue dans un établissement, non dans une cellule).

Finalement, hormis certaines formalités « légales » (« certificats dits légaux », etc.) l’hôpital psychiatrique pourrait fonctionner sans psychiatre.

La légalité des injections doit en France être soumise au « consentement éclairé » du patient.

Mais, en pratique, tout interné est trop facilement – même au bout de plusieurs décennies - considéré à peu près comme un comateux ayant besoin de soins urgents – donc sans requérir son avis !

Les intervenants agissent en général comme s’ils estimaient que cette entorse à la déontologie va de soi, et ils oublient alors par ignorance ou par soumission leur responsabilité propre qui est considérable…  Mais aucun texte officiel – et c’est heureux - n’a jamais déchargé le médecin de ses responsabilités sur ce point.

En réalité, au quotidien, les médecins, les internes, prescrivent des sédatifs imposés par la force, pensant ainsi éviter qu’une agitation – artificiellement induite chez une personne qui se sent agressée - ne dégénère dans un bain de violence et de sang.

Et une telle situation dite d’urgence peut durer des années, engendrant généralement l’inverse du résultat escompté.

En conclusion, la situation – qui aboutit à faire faire par un autre ce qui est impossible et/ou illégal – est insoluble.

 

3.      Du 30 juin 1838 au 30 juin 2017 : 179 ans de pratique. On a laissé faire. Personne ne s’y intéresse. Bien sûr, puisque « l’aliéné » est « autre ». C’est sa définition : il est toujours « autre » !

Et 7 milliards d’individus, ayant chacun 100 milliards de neurones, chaque neurone ayant 7000 synapses, ont peu de chances de ne pas être « autres »…  pour ne parler que des connexions neuronales.

En réalité ici l’impulsion préfectorale – c’est à dire du ministère de l’intérieur – engendre tout le reste.

Naturellement ce système est généralement conçu et entretenu par des gestionnaires qui n’ont pas la moindre expérience de ce que peut être une relation « soignant-soigné », ou mieux « soignant-demandeur de soins », dont la demande est le plus important des gages de guérison, s’il y a maladie.

Cette demande est d’autant plus recevable qu’elle est celle d’un désir de changement.

Or les déclarations de la justice - à un quelqu’un qui peut ne même pas savoir – les causes peuvent en être multiples et ce n’est pas rare - ou comprendre ce qui lui est reproché - sont d’autant plus importantes que la personne est plus égarée ou perdue, et la justice est seule à être habilitée à mener instruction (faits et circonstances) et jugement, voire condamnation.

Ensuite seulement peut éventuellement avoir lieu une demande de surseoir (juge d’application des peines)

On dirait maintenant qu’il suffise d’ajouter le préfixe « psy- » devant n’importe quel mot pour que la personne qui en est par là désignée, relève sans plus d’explications de « psycho-spécialistes » auxquels on demande alors de « jouer au gendarme », « sans autre forme de procès… » (La Fontaine) - c’est à dire, de fait : « sans procès du tout ». 

L’ensemble de la situation résulte d’un état d’esprit qui progresse en France et que nous nous sommes appliqués à décrire en d’autres pages. Cet état d’esprit est celui du « rejet d’une responsabilisation » repoussée jusqu’à l’introuvable.

On en appelle alors les modalités « lois d’exception », pour cause de « situation d’exception » Les lois de la psychiatrie sont des « lois d’exception » Mais dans ces conditions, les exceptions sont devenues de plus en plus nombreuses et tout peut devenir exception.

 

4.      Cet esprit est le même que celui qui a engagé la France dans un processus « d’Etat d’Urgence » fait aussi de « lois d’exception », sans cesse reportées depuis 2 ans, sorte de fuite en avant invoquant l’urgence et la dangerosité - mais pouvant aboutir à l’effet inverse de celui qu’on attend de lui.

Car, comme en psychiatrie (peut-être 100.000 internements préfectoraux par ans), elles ne mettent pas à l’abri ni des excès ni des erreurs, et s’opposent au climat de sérénité nécessaire aux débats authentiques dont on a besoin.

Si les formalités de ces « lois d’exception » passent bientôt dans notre constitution (NB : déjà actuellement le fonctionnement de la psychiatrie est anticonstitutionnel) il n’y aura même plus besoin de proclamer d’Etat d’Urgence.

Pourtant tout homme a le droit d’être entendu sereinement au sujet de ce qui le concerne.

Souvent j’ai entendu dire que la psychiatrie était un résidu de féodalité qui allait disparaître. Il n’en a rien été : ces propos étaient fallacieux et infondés.

Au contraire, rien n’est plus faux :

La psychiatrie française est née après la Révolution, et semble devenir comme le fleuron d’un paradigme administratif qui tire vers son modèle nos lois – soumises aussi à d’autres pressions (commerciales entre autres) - auxquelles notre administration ne sait pas résister.

Comme déjà dit (« Mai 68 pour la psychiatrie ») l’alliance du commerce et de l’Administration est redoutable, et ses effets sociaux sont toujours catastrophiques.

Dans l’Ancien Régime, les peuples avaient une représentation « publique » : on parle toujours des Etats Généraux, mais il y avait aussi les Etats Particuliers, et les peuples relevant de la couronne de France étaient des peuples libres et votaient. 

 

5.      La justice peut assurer une paix durable, alors qu’une paix imposée sans justice ne peut pas être durable sans révoltes.

Cette loi nous semble humainement si importante que le terme de « crimes de paix » mériterait d’être inscrit en lettres d’or sur le fronton de nos institutions internationales, au même titre que celui de « crimes de guerre ».

Beaucoup de religions ont estimé que la mort ne représentait pas le terme définitif de la vie. Mais nous n’en connaissons que trois - la pharaonique, le christianisme et l’islam - qui ont placé dans l’au-delà un jugement du défunt - dont dépendra alors pour lui sa destinée définitive.

Ainsi finalement, et c’est totalement incohérent de la part d’une administration officiellement non religieuse (voire !), ce préfixe « psy » - abrégé du mot grec « ψυχή » désignant « l’âme » depuis les débuts du christianisme – est comme un renvoi sine die à un avenir autre auquel elle ne croit officiellement pas, qui pourrait enfin prendre en compte une justice, d’autant plus nécessaire que l’on ne croit plus en aucune autre, mais ici rejetée : « Dieu reconnaîtra les siens ! »

Et l’usage des dérivés du mot « psy »  dans ce qui était resté longtemps « l’aliénisme » est récent.

 

 

 

 

 

 

77) Mai 2017

« Thème : « Harcèlement des personnels médicaux » 

 

Paru dans le bulletin de l’APPA mai 2017 (Association pour les Praticiens Hospitaliers et Assimilés) :

 

Clic

 

 

 

 

76) Un samedi 25 Février 2017

« Thème : « Avant ou après c’est pas la même chose ! » 

Un livre viendrait de paraître : « 50 ans de contraception et avortement en France… » : Quel rapport ?

Il ne faut pas mélanger les choux et les carottes ! Et ce ne sont pas les écologistes qui ont inventé l’expression.

La contraception, c’est contre la conception : C’est avant : Il y a longtemps que chacun fait ce qu’il veut de ses propres gamètes.

L’avortement, au contraire, c’est après [6]: il concerne alors au minimum : père , mère et enfant.

 

 

75) 29 janvier 2017

« Thème : « De Laïos à Œdipe, de la peur à la méprise, et de la méprise à la mort » 

J’ai vu que Google a référencé mon site – entre autres listes - parmi la liste des sites qui débattent de l’avortement :

La réalité est que l’avortement n’a jamais été le cœur d’un propos je conçois dans une dimension beaucoup plus générale, précisément lorsqu’en médecine je plaide toujours pour la reconnaissance du particulier, contre le dogmatisme.

Et il me semble, à le déduire de tout ce que j’entends, vois et lis, que je n’insisterai jamais assez pour dire qu’un psychiatre n’a pas à être un idéologue dans l’exercice de sa profession : un psychiatre est un médecin, un biologiste, un physicien, un technicien du fonctionnement mental et des paramètres biologiques qui en conditionnent la bonne santé [7].

Il est clair que les neurones ne sont pas les seuls éléments impliqués : le corps entier, les hormones en sont des paramètres importants, et pour cette raison, le psychiatre - mal nommé comme je l’a déjà dit - est un médecin d’une médecine complète.

Il n’est pas inutile de rappeler ici – une fois de plus – que les médecins des hôpitaux ne sont pas des fonctionnaires de l’Etat, n’en sont pas des rouages, et ne sont pas davantage soumis à l’ordre préfectoral que tout autre citoyen. Enfin, les ordonnances de contrainte préfectorales sont adressées aux directeurs d’hôpitaux et non aux médecins.

Comme pour tout médecin, il ne lui appartient pas dans le cadre des soins qu’il prodigue de substituer ses idéaux à ceux de son patient.

 

Cet environnement biologique et juridique étant clairement posé, il est clair que chaque avortement ne concerne pas seulement une mère, mais aussi un père, un enfant, et par delà ces trois personnages, une société (un enfant est susceptible de survivre à ses parents) : Depuis sa conception par deux géniteurs dans une relation que l’on peut dire asymétrique et complémentaire, jusqu’à sa maturité – pour le dire trop brièvement – tout enfant a besoin d’une mère et d’un père, lequel père devrait être consulté dans chacun des grands moments qui engagent le devenir de son enfant.

La destruction de l’embryon ou du fœtus qu’il a conçu est l’un de ces grands moments et n’est pas que l’affaire d’un instant.

De plus, au 21 ème siècle et dans le monde occidental, aucun parent ne fait un enfant vraiment par hasard – à moins que les deux géniteurs ne soient tous deux totalement immatures - et les gens savent habituellement comment on fait ou ne fait pas un bébé.

Les grossesses par viol sont rares et je n’ai jamais parlé sur internet de cette éventualité, qui à mon avis ne peut être étudiée qu’au cas par cas.

Quand un père est décédé ou absent, on peut généralement lui trouver un substitut.

Quand je parle du père, je parle de « la fonction paternelle », et non pas nécessairement du père biologique.

Tout ceci n’est d’ailleurs pas un jugement de valeur : c’est une simple observation de la physiologie de la nature.

On la jugera comme on le veut.

Je n’ai jamais connu un seul m médecin qui ait reconnu l’avoir surpassée dans son art, et ceux qui l’on pensé un jour ont plus tard changé d’avis : Il est intéressant ici de suivre l’évolution en psychiatrie du professeur Zarifian qui avoua s’être longtemps trompé.

 

Pour terminer, je suggèrerai à chacun de méditer à sa façon la légende d’Œdipe, telle que présentée par Sophocle et qui a le mérite d’être le texte dont Freud a tiré sa théorisation du complexe d’Œdipe – qui ne me semble pas du tout hors propos ici, même s’il est possible que la leçon ne soit que celle d’une époque [8] :

 

« Un oracle avait prédit à Laios que s’il avait un fils, celui-ci le tuerait. Prenant peur et afin d’éviter sa propre mort, Laios fait alors abandonner son fils Œdipe, afin qu’il meure. Mais un berger recueille Œdipe et l’élève. Puis le hasard fait qu’Œdipe a une altercation avec un homme, lequel se trouve être son père mais il ne le sait pas, et, par méprise, Œdipe tue son père.

L’oracle est réalisé, et comme on dit, « à bon entendeur salut » 

Plus près de nous, Albert Camus reprend le thème dans Le Malentendu.

 

Depuis des millions d’années, les femelles pondent des œufs que les mâles fertilisent : Que cela nous plaise ou non, la reproduction se passe comme ça [9].

Tous les animaux mâles évolués ont l’instinct de protéger leur progéniture et la mère de leur progéniture, depuis le moment de la fertilisation.

 

C’est pourquoi, en rappelant que Créon, plaçant son autorité au-dessus de celle des lois immémoriales, a fait emmurer vivante Antigone parce qu’elle avait voulu donner une sépulture décente à son frère, j’ai écrit : « Antigone, aujourd’hui c’est le père ». (débouté par la jurisprudence que l’on tira de l’arrêt Lahache du Conseil d’Etat de 1980).

 

clic : Antigone à Créon : « Et je n'ai pas cru que tes édits pussent l'emporter sur les lois non écrites et immuables des Dieux, puisque tu n'es qu'un mortel.

Ce n'est point d'aujourd'hui, ni d'hier, qu'elles sont immuables ; mais elles sont éternellement puissantes, et nul ne sait depuis combien de temps elles sont nées. Je n'ai pas dû, par crainte des ordres d'un seul homme, mériter d'être châtiée par les Dieux. Je savais que je dois mourir un jour, comment ne pas le savoir ? Même sans ta volonté, et si je meurs avant le temps, ce me sera un bien, je pense. Quiconque vit comme moi au milieu d'innombrables misères, celui-là n'a-t-il pas profit à mourir ? Certes, la destinée qui m'attend ne m'afflige en rien. Si j'avais laissé non enseveli le cadavre de l'enfant de ma mère, cela m'eût affligée ; mais ce que j'ai fait ne m'afflige pas. Et si je te semble avoir agi follement, peut-être suis-je accusée de folie par un insensé »

 

 

 

 

74) 6 janvier 2017

« Thème : « La non-assistance à personne en danger » 

J’ai entendu hier soir à la TV une émission qui déplorait que soit comme tombée dans l’oubli notre loi sur « la non-assistance à personne en danger » : Etaient présents deux avocats, une psychiatre, un policier. L’émission déplorait avec raison les trop rares applications de cette loi lors des agressions faites aux femmes (film en caméra cachée avec acteurs provocants à l’appui).

Mais je pensais aussi aux agressions faites à tous les hommes en général et en particulier :

A tous les hommes et que l’application de cette loi suffirait largement à abolir les lois d’exception de la psychiatrie, ce que j’ai écrit maintes fois. (était présente une psychiatre).

Aux agressions faites aussi aux hommes masculins, surtout lorsqu’ils sont pères : à la dénégation du rôle protecteur du père, à commencer par la protection de son enfant qu’il a conçu avec une femme devenue mère, durant toute l’enfance de l’enfant ; à l’arrêt Lahache du Conseil d’Etat du 31 octobre 1980, dont personne ne parle (étaient présents 2 avocats) ;

Mais aussi aux mères, actuelles ou futures ; aux nouvelles lois concédant aux mineures de cacher à leurs parents des épisodes essentiels de leur existence.

Ces questions n’ont pas été évoquées ; occasion manquée de parler des causes.

Et avec un peu plus d’ironie pensais-je qu’il n’y a pas si longtemps, la punition du viol pouvait aller jusqu’à l’obligation de mariage ! Cf. « El alcade de Zalamea » (Calderon de la Barca).

Mais je ne pense pas que « la non-assistance à personne en danger » démontre que l’individualisme serait recherché.

Je pense au contraire que personne ne le recherche, ce que peut même signifier une agression. La psychiatrie nous a familiarisé avec les paradoxes de comportements maladroits – ce qui encore une fois ne doit pas les absoudre. (cf. entendu : « Ma mère, elle ne m’aime pas, elle ne m’a jamais giflée ! »)

Par contre, oui, l’individualisation, au sens passif et subi d’administré, résulte très souvent de tout ce qui est réglementé et imposé.

Et puis est-il vraiment bien sain de toujours parler « à la place de l’autre » qu’il faut entendre ? 

Plus généralement je pensais au devenu de la « fonction paternelle » dans notre « société d’équivalences » : le père est « un contre-pouvoir », ai-je écrit, opposable à un Etat qui, sans retenue, ne peut que devenir une « fonction maternelle » océanique, incestueuse (inceste Etat-citoyen [10]) , infantilisante, dans mon vocabulaire : ce qui engendre la fragilité, la malléabilité, la peur.

Cf. aussi l’aporie de « la démocratie dans un couple » : J’ai entendu la directrice d’un grand lycée dire à la radio : « l’autorité naturelle des enfants, c’est les parents » : l’accord grammatical surprenant de la phrase témoignait sans doute de cette aporie confuse.

Toutes choses sur lesquelles j’exprime ailleurs mon analyse, de laquelle  il résulte que – contrairement à ce qui s’en argumente souvent – elles ne ressortissent nullement au biologique – qui n’a pas sa place ici - mais au social, au juridique, à la gestion des hommes.

Dans la cité modèle de Platon, les enfants appartiennent en totalité à l’Etat, et ne doivent pas connaître leurs parents (in : Politeia). 

Cf. les excellents livres de Jean Servier (Que sais-je et/ou livres de poche) qui traite de « l’histoire des utopies » de Platon aux « socialismes contemporains » en passant par Thomas More etc.)

Si j’élargis le débat à ces fonctions sociales, c’est précisément parce qu’il serait maladroit d’attiser une quelconque guerre des sexes - qui devient d’autant plus insupportable que là n’est pas le problème, « le papa » et « la maman »  étant « puérilisés » pareillement, et que ce qui est menacé, c’est la reconnaissance de chacun.

Cf. « Ils demandaient à boire et on leur promettait de l'or » clic.

 

 

 

73) 15 décembree 2015

« Thème : « inévitable commentaire » 

« Un psy condamné pour un patient meurtrier »

Libération relate « une affaire rarissime en France qui risque de secouer le milieu de la santé mentale : la condamnation d’un psychiatre pour des actes commis par un patient ».
Le journal annonce en effet qu’« à l’issue du procès du Dr Lekhraj Gujadhur, poursuivi pour homicide involontaire après le meurtre d’un passant en 2008 par un de ses malades atteint de schizophrénie, le jugement du tribunal correctionnel de Grenoble est tombé mercredi : 18 mois de prison avec sursis ».
« L’établissement psychiatrique où travaillait ce médecin à Saint-Egrève (Isère) a été relaxé. Le médecin condamné va faire appel de sa condamnation »,
poursuit le quotidien.
Libération rappelle que « le meurtre commis à Grenoble, fin 2008, avait frappé les esprits. Nicolas Sarkozy, alors président, avait dénoncé ce fait divers et s’était alarmé de ceux qui renvoyaient ce crime à la fatalité. Il posait brutalement la question de la dangerosité potentielle de certains patients ».
Le journal explique que « le 1er novembre 2008, Jean-Pierre Guillaud, 56 ans, atteint de psychose délirante depuis près de quatre décennies et déjà auteur d’agressions à l’arme blanche, mais autorisé à des sorties non surveillées dans le parc de l’établissement, s’était échappé de l’hôpital. Il avait pris le car pour le centre de Grenoble et avait tué un étudiant, Luc Meunier, 26 ans ».
Le quotidien note que « l’instruction avait montré une prise en charge sans aucune cohérence de ce patient, par à-coups, le malade errant entre différents services et hôpitaux pendant des années. Peu avant les faits, alors qu’il était hospitalisé, celui-ci n’avait rencontré aucun médecin. L’avocat du psychiatre avait argumenté que ce qui s’était passé était de l’ordre d’un accident médical ».
Libération cite un psychiatre hospitalier, qui déclare que « ce jugement est lourd de dérives. On ne peut pas prévoir. Laisser croire que l’on peut éliminer tous les risques est un leurre. Il y a des choses qui nous échappent ».
La Croix relève également, sur quelques lignes, que « le psychiatre d’un malade mental meurtrier [a été] condamné […] à 18 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Grenoble ».
Le journal souligne que « cette condamnation au pénal est une première en France pour un praticien hospitalier – en 2012, une psychiatre libérale avait écopé de la même peine pour des faits similaires ».

D’autres journaux relatent l’histoire sensiblement de la même façon.

 

Inévitable commentaire :

Etonnant ce journaliste qui écrit ici : « un psy » puis « un schizophrène » puis « une psychose délirante », car ces termes n’ont heureusement aucune représentation ni définition législative !

Mais le « Larousse de la psychiatrie », se faisant peut-être écho de la pensée populaire, au lieu d’informer, définit  ladite maladie mentale à partir de sa sanction : « psychose : maladie mentale grave … pouvant justifier l’internement »

En 1838 puis en 1990 on a toujours voulu assimiler « ordre public (moral) et l’ordre médical (mental) » , en portant ainsi gravement atteinte à l’un et l’autre, ainsi qu’à la séparation des pouvoirs et à la responsabilité des gens, tout particulièrement dans l’exercice de leurs fonctions.

(Ainsi après que j’eus refusé de répondre à certaines questions d’un policier sur les intimités d’un patient, dans mon bureau dans un hôpital, le directeur de cet hôpital me manifesta son mécontentement en me disant : « le policier voulait vous interroger en tant qu’homme et non en tant que médecin ! »  Ah ! Le directeur de l’hôpital me demandait donc de ne pas agir selon la déontologie médicale dans mon travail)

Mais nulle part, on avait osé écrire qu’un médecin était responsable du comportement de son patient, cependant que, plus généralement, le fait qu’une personne soit, pour une part, responsable du comportement d’une autre, peut concerner n’importe quelles personnes dans l’ensemble d’une société.

L’influence entre personnes est même tout à fait la règle sans que cela ne soit en rapport avec la psychiatrie.

La qualité de soins médicaux est une autre chose.

Mais il faut rappeler ici qu’en matière de psychiatrie préfectorale, le préfet a le droit de déresponsabiliser les gens (au nom des lois de 1838 portant création des asiles d’aliénés départementaux, puis de 1990 sur la psychiatrie, celles-ci, respectivement, en suivant le code pénal de 1810 : article 64, puis en précédant cette fois – et j’explique comment en une autre page -  le nouveau code pénal de 1992-1994 : article 122-1. Alors on cherche à attribuer une introuvable responsabilité pourtant définitivement perdue par le fait de nos lois.

(Ainsi une personne m’a dit : « Si je veux tuer quelqu’un, je me ferai d’abord hospitaliser en psychiatrie pour être tranquille »)

Enfin, que signifie « s’est échappé » ? La personne était-elle internée par le préfet ? Etait-elle en hospitalisation simple sur sa propre demande ?

Comment un journaliste peut-il :

-         omettre de mentionner ces prémisses circonstancielles, les faits légaux, les affaires publiques,

-         avant de parler en jargon divinatoire de supposées intimités, de façon pseudo-scientifique dans une affaire judiciaire – même si ce fut peut-être le cas au cours du jugement,

-         passant outre aux devoirs de réserve et de respect respectifs, omettant de préciser les attributions, et brouillant toute sérénité ?

Par contre il me semble qu’il appartiendrait aux journalistes « de connaître et faire connaître » des lois très souvent méconnues qui n’apparaissent dans aucun livre de « l’histoire du droit en France ».

Elles concernent pourtant des sujets parmi les plus importants qui soient : « responsabilités ; justice ; libertés ; originalité ; créativité ».

Elles assimilent dommageablement « le moral » (inter-individuel) au « mental » (intra-individuel).

Leur apparition a aussi le triste privilège d’être contemporaine d’une certaine dépréciation progressive concédée aux paroles de la France, comme un renvoi en écho de ces contradictions.

 

Cf. encadré N° 0 de Février 2005, tout en bas de cette page, et autres analyses en cette même page.

 

 

 

 

 

 

72) 8 décembree 2016

« Thème : « Des députés et de l’autisme »  

clic :  « Les députés relancent le débat sur l'autisme »

 

La CroixPierre Bienvault fait savoir dans La Croix que « l’Assemblée nationale examine aujourd’hui une « résolution » qui appelle à des « poursuites pénales » contre les médecins utilisant la psychanalyse face à l’autisme.  Il observe que « ce texte déclenche une vive indignation chez les professionnels concernés », et note qu’en France, les méthodes éducatives et comportementales, préconisées par les pouvoirs publics, restent peu diffusées.

Le journaliste explique ainsi que le député (Les Républicains) Daniel Fasquelle « va présenter […] une proposition de résolution explosive co-signée par une centaine de députés de son camp, ce texte invite le gouvernement à « fermement condamner et interdire les pratiques psychanalytiques sous toutes leurs formes dans la prise en charge de l’autisme» »

Le député déclare : « J’ai découvert ce problème en 2010. J’ai regardé les données scientifiques, écouté des familles. Et je trouve inacceptable qu’on finance des méthodes qui n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité. C’est un scandale sanitaire » etc. …  clic 

 

Commentaires :

 

Définitions : Première précision : il y a des médecins non psychanalystes et il y a des psychanalystes non-médecins.

Les soins médicaux sont pris en charge par la Sécurité Sociale. La psychanalyse ne l’est pas (Cf. « la contrainte en psychiatrie de 1945 à nos jours » :  clic )

 

Le fond : L’Autisme infantile a été décrit pour la 1 ère fois en 1943 par Kanner aux USA : L’observation portait sur quelques enfants qui ne parlaient pas.

Quant aux causes, Kanner notait des parents très bien insérés socialement, mais affectivement trop distants de leurs enfants.

Depuis cette date, on a souvent dit ou écrit n’importe quoi, jusque dans l’utilisation du mot comme insulte.

 

La forme : Mais ici sont posées les questions les plus fondamentales des rapports entre :

·        La médecine, qui est une science physique (biologique) et

·        l’Etat, qui est une administration dans toutes ses dimensions, avec ses réglementations directes et indirectes, concernant en principe les rapports des citoyens entre eux.

Dès lors, la question devient : les rapports entre

·        Un enfant (voire ses parents – ce qui n’est pas du tout la même chose que l’enfant)

·        Et un ou plusieurs thérapeutes,

·        relèvent–ils de ce qu’on appelle « la sphère publique », ou « la sphère privée » ? => Réponse : clic.

Un des principaux bras de l’Etat s’appelle l’Education Nationale, dont le devoir est l’instruction publique et l’apprentissage de nombreuses définitions : Qu’est-ce que la physique, la biologie, la médecine, la famille, la justice, les droits et devoirs de chacun, nos institutions, etc.

Même si tout est sujet à débat, il n’y a pas de débat sans définitions, les unes partagées et d’autres non partagées par tous. On sait à quelles difficultés se heurte souvent tout accord inter-humain et les malentendus qui peuvent résulter de définitions non partagées.

Par contre, la médecine n’est pas un bras de l’Etat.

Quant à la fonction judiciaire, elle doit s’exprimer déliée de l’Etat (sauf le Procureur de la République), en connaissance des lois de nature administrative.

 

La prévention de la subversion : Si L’Etat voulait utiliser la médecine comme l’un de ses instruments de pouvoir, formuler les lois de la biologie (qui sont fondamentalement inaccessibles en langage administratif), s’immiscer dans – au lieu d’encadrer et rendre possible -  « la relation soignant-soigné » (duelle et de découvertes jamais connues par avance), il n’y aurait aucun soin thérapeutique possible.

 

 

 

 

 

71) septembre 2016

« Thème : « Après « burn-[a]oût » il y a « burn-september » , mais j ‘ai été témoin d’un  « burn-december » 

Introduction :

Dans les années 1990, je me suis mis brusquement à ne plus supporter l’air de Paris, à avoir des problèmes respiratoires, etc. :

Après avoir essayé toutes sortes de médicaments, j’ai vu un confrère agrégé en allergologie qui m’a dit « vas habiter en haut du mont Canigou ! ».

Mais j’ai trouvé un appartement en banlieue, justement près du RER, qui ne pollue pas, où je me suis trouvé très bien.

J’ai compris bien plus tard que ce fut précisément l’époque de l’explosion de la mode des moteurs diesels en France.

On parlait pourtant en même temps de l’arrivée prochaine sur le marché des moteurs électriques, et je pensais alors pouvoir revenir à Paris-centre à ce moment-là,

Mais les voitures électriques à grande échelle – ne sont pas arrivées.

Il y a pourtant eu les travaux du génial Québécois Paul Lacouture qui inventa « les moteurs-roue » : comme les moteurs électriques sont très légers, il en mettait un dans chaque roue, ce qui économise 30% de l’énergie par rapport à un moteur central, lequel – quel qu’il soit –  consacre 30% de son énergie rien qu’en transmissions.

Aussi encore, l’intérêt des moteurs électriques devrait être de pouvoir moduler la quantité de batteries embarquées, car c’est cela qui est lourd.

Mais aucun modèle de voiture électrique avec stock modulable de batteries n’existe sur le marché.

Or, si je veux transporter une échelle banale sur une distance de 10 km, je n’ai pas besoin de beaucoup de batteries ; mais je ne peux le faire ni à pied, ni en vélo, ni en moto : il faut un automobile ou une charrette.

Ajoutons aussi que les automobiles électriques ne peuvent avoir ni barres de toit ni attelages si j’ai bien cherché.

Sur le droit d’emprunter les autoroutes, les restrictions sont considérables pour les voitures électriques.

Pourtant encore, pour les longs trajets sur autoroute, il me semble que l’on devrait pouvoir concevoir des installations permettant de recharger les batteries tout en roulant (finalement, un peu comme les trains électriques, mais grâce au rayonnement de champs magnétiques (cf. la règle des 3 doigts (loi de Laplace) : Courant en Ampères, Champ magnétique, Force électro-motrice : la réunion de 2 de ces 3 composantes engendre la 3 ème)

Rien de tout cela n’est apparu.

Mais je ne suis pas ingénieur.

Mais je sais qu’il y a bien des façons de fabriquer de l’électricité : tous les animaux en fabriquent (« On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! »)

Sans électricité, on ne pourrait pas placer un pied devant l’autre (« La meilleure façon de marcher… », comme dit la chanson)

Fin de l’introduction.

 

Il y a bien longtemps, un soir d’hiver, quelques jours avant Noël, place d’Italie : embouteillage monstre :

Mon automobile ne pouvait  ni avancer ni reculer d’un pouce. Mais une camionnette type voiture de travail (qui n’appartenait probablement pas à son chauffeur) s’est trouvée perpendiculaire au côté droit de mon automobile : le chauffeur, sachant pourtant très probablement qu’il ne pourrait pas passer, a foncé délibérément dans ma portière, estropiant ainsi 2 véhicules d’un seul coup, d’un seul.

C’est ce que j’appelle ici le « burn-out december » ou plus simplement un « burn-december ».

Je n’ai pas pu m’empêcher de faire la comparaison avec un autre embouteillage, pire encore, dans lequel j’ai été pris un mois plus tôt : l’autoroute près de Poitiers était enneigé, et, en dérapant dans une pente montante, un camion s’était mis en travers de l’autoroute et a bloqué ainsi toute la circulation durant toute une nuit. Une voisine est venue se réfugier dans ma voiture me demandant des vêtements chauds ; puis cédant à l’offre d’un camionneur qui lui a proposé de laisser tourner son moteur toute la nuit pour avoir de l’air chaud dans sa cabine, elle le suivit.

Mais c’était en pleine campagne.

Aucune crise de nerf. Aucun  « burn out ».

 

Je me suis dit alors que la qualité de l’air devait bien y être pour quelque chose, dans cette différence radicale des comportements.

Une organisation existait depuis quelque temps, qui diffusait ses énigmes devenues traditionnelles  à la télévision : « l’indice de l’air à Paris est de 3, ce qui est bon »

J’ai essayé de me renseigner sur ce que mesurait cet indice.

Notons au passage que l’indice ne fait pas la différence entre l’air du Sacré-Cœur et l’air de la place du Châtelet, qui en général n’ont rien à voir.

J’ai alors eu l’idée de comparer ces indices (à propos desquels on trouve maintenant sur internet des centaines de pages, pratiquement incompréhensibles pour le profane) avec les entrées en hospitalisations : pneumologie, neuropsychiatrie, médecine générale, etc.

J’ai donc demandé à mon collègue de ladite organisation de me communiquer leurs données sur la qualité de l’air, durant une année par exemple, me réservant de réunir les données médicales correspondantes : sa réponse fut sans appel : « Certainement pas ».

 

 

70) Août 2016

« Thème  : « Vagabondages doux d ‘Août et burnaoutisation »  

 

Je pense aux malheureux journalistes qui se sentent obligés d’écrire pour gagner leur vie même s’ils n’ont rien à dire …

Je lis sur internet : « les 20 aliments qu’il ne faut pas manger » : dont le pain blanc !  Au motif qu’il serait trop salé. Ah ! bon, le sel et la farine c’est la même chose ?

Moi, j’achète depuis longtemps du pain sans sel parce qu’il a davantage le goût de farine ; est moins salé ; donne moins soif ; est plus blanc et moins brûlé ; la baguette croûtée me fait souvent penser à un mètre de bois linéaire. La farine de blé n’est pas naturellement salée.

 

Par contre pour ce qu’il en est de l’heure, on ne dit toujours rien ; on subit en silence : on va bientôt reprendre « l’heure légale d’hiver ».

Les pauvres maçons et agriculteurs qui font la pause entre 12 et 14 heures ne reprendront plus le travail à midi pile en plein soleil, mais à 1h de l’après midi (heure solaire locale à peu près partout en France).

Pourquoi l’Etat martyrise-t-il ainsi ses travailleurs en maintenant des horaires administratifs qui vont à l’encontre de toute logique et de toutes facilités d’échanges internationaux, et sont sources d’inutiles tracasseries tous les 6 mois ?

Pourquoi l’affaire n’apparaît-elle jamais dans les programmes électoraux ?

Pourquoi est-ce que Madame, Mademoiselle ou Monsieur Météo – dont la part d’antenne est devenue aussi considérable en temps qu’indigente en contenu - n’en expliquent jamais rien ?

 

En France en été

en heure GMT + 2 ,  12h – 14h  est  en  fait  :

10h du matin – midi  en heure locale solaire

En France en hiver

en heure GMT + 1 ,  12h – 14h  est  en  fait  :

11h du matin – 1h de l’après midi  en heure locale solaire

 

Les gens qui voudraient conserver les mêmes moments de pause pourraient dire : « je fais la pause de 10h à midi » en été, et : « je fais la pause de 11h à 13h en hiver ».

Ce serait plus transparent.

Mais à cela s’ajoutent aussi qu’il y a aussi les horreurs horaires touristiques et non touristiques, fonctions de vacances, scolaires ( ?) Selon zones, et dont les enfants ne passent pas leurs vacances dans leurs zones, une (un) hôtesse qui s’annonce mais n’est pas là…

 

Au Total :

Si on réunit

·        Les changements d’horaires dits d’été et d’hiver

·        Le confinement des travaux aux périodes de journées froides et courtes d’hiver

·        Les interdictions en été « quand on peut le faire » au nom du tourisme et de ce que j’appelle « la rage des loisirs »

On a vraiment l’impression que tout est fait pour s’opposer aux travaux simples, faciles bien pensés.

 

C’est un peu comme si on nous demandait de mettre le radiateur dans le congélateur et le tout dans le jardin.

 

Brasses, toises, pouces, coudées … Plus rien ne colle à rien.

 

Cartésienne et centralisée, la France ? Trop ? Oui, mais le contraire aussi en même temps !

 

Ambivalences angoissées et profits éphémères partout :

- « Je fume, je ne fume pas ? »

- « Et moi je ne fume pas j’enfume » : Exact : un mégot tout allumé m’est arrivé en passant par la vitre de ma voiture. (Une autre fois, même chose avec une canette de bière vide)

Tabac, shit, barbecues, diesels, chauffages au fuel : Et là-dedans les malheureux qui n’ont plus d’odorat font du vélo et du footing : Alerte ! A côté de chez moi, une rue que j’appelle, hélas ! « rue des lymphomes »

 

L’énergie ne coûte plus rien ; on en abuse ; et cet abus n’est pas bon.

Chaque français utiliserait en moyenne quotidiennement plus de 150 esclaves énergétiques (1 esclave énergétique = 100 watts jour (clic). En réalité, j’ai bien l’impression que le chiffre n’est pas fixé précisément, mais c’est l’idée de rapporter une énergie dépensée à celle que produirait le travail d’un être humain qui en fait l’intérêt).

Mais en toute bonne dialectique hégélienne « du maître et de l’esclave », nous sommes devenus esclaves de nos esclaves (et ce n’est pas un vain mot : les contraintes sont lourdes !) : Nous n’avons plus de baril à charrier : le pétrole coule des robinets ; l’énergie ruisselle, se perd en micro particules, mais nous a subjugués.

Et tout bon médecin s’accordera à dire que le gavage (consommation institutionnalisée, obligatoire, dictatoriale) est moins sain que la frugalité.

On pourrait même aller beaucoup plus loin et expliquer le retournement ; citer ce vieux proverbe : « Par excès de franchises et de libertés, chet-on en plus grand servage »

Mais les médecins sont devenus de grands gêneurs - qu’on implore aux instants de l’agonie, quand l’or ne peut plus rien.

Et appliquer les lois, c’est contre-électoral !

J’ai vu la facture d’un compteur électrique de 1920 : le compteur avait une puissance 20 Watt : de quoi allumer une petite ampoule, mais les gens étaient contents.

La puissance du compteur électrique de 70% des français est aujourd’hui de 6 kW, ce qui est 300 fois plus.

 

Le cocktail :

1.      « quasi-gratuité de l’énergie »,

2.      « extension continuelle et incontenable du temps libre sous toutes ses formes, qui résulte en dernière analyse de la mécanisation »,

3.      « l’ennui qui en résulte, particulièrement chez les moins préparés à la méditation spéculative,

est devenu explosif et, au regard de toutes ses possibilités d’explosion, tourner interminablement en rond n’est sans doute que l’expression la plus niaise mais docile de sa contention.

 

Il y a longtemps - dès les années 1950 - que l’on avait prédit que viendrait un jour où les gens n’auraient plus besoin de travailler musculairement.

Mais ce qui n’était pas prévu, c’est qu’ils feraient un si mauvais usage de leur temps libre.

On pensait qu’ils allaient lire Shakespeare. Ce n’est pas le cas : Ils font des guerres qui sont très énergivores et polluantes, en appuyant sur de simples boutons, et les pacifistes tournent en rond avec des gros camping-cars, ou des gros avions, ce qui est très énergivore et polluant aussi… [11]

Solidaires ? - « Et mon droit (solitaire) ? J’ai payé l’entrée ! »

 

Et en août, c’est bien connu, tout brûle : d’où le joli mot de « burn-[a]oût ».

On a aussi trouvé d’autres mots pour les burnaoutés et des asiles aux pavillons constellés d’étoiles leur tendent les bras du Grand Autel de la mondialisation. (NB : 3 jeux de mots dans une seule phrase grâce à notre belle langue française) ; pauvre mais belle – Nigra sum sed formosa filia Jerusalem…

« Ils marcheront à tâtons comme des aveugles sur des charbons ardents » (Deutéronome).

 

La France décline lentement.

Grèves ou vacances (« ou exclusif » ici)

Je pense à notre ministre Laurent Fabius qui a demandé aux Français « d’être plus souriants avec les étrangers pour accroître le tourisme »

Mais plein de lignes SNCF ne sont toujours pas électrifiées : Au lieu de construire des usines marémotrices, on crée des aires de loisirs.

Je pense à une palestinienne, réfugiée non-touriste, qui avait idéalisé la France : « Une des premières phrases que j’ai entendues en arrivant en France - dit-elle - à propos d’un travail mal fait, c’est : « on dirait du travail d’arabe ! »

Rien à voir avec le burkini : Elle est chrétienne. Allah akbar pour tout le monde : C’est sous le nom d ‘Allah que les chrétiens arabes prient Dieu depuis bien avant l’islam.

Je pense à l’exilé juan Goytisolo qui se plait à citer : « Le monde est la maison de ceux qui n’en ont pas ! »  Ah, humour !

Je pense à Alfred Jarry qui concluait Ubu roi : « s’il n’y avait pas de Pologne, il n’y aurait pas de Polonais »

 

Et à mon obsession : L’individu n’est rien d’autre qu’une individualisation.

Et n’oublions pas que « le grand diviseur », c’est « le diable », « dia-bolos » en grec (c’est le sens du mot), et selon Ali Mérad qui a sans doute raison en suivant l’évolution phonétique du grec (cf. grec contemporain), c’est aussi « Iblis » dans le saint Coran.

 

Français, encore un effort pour être « bio ».

 

 

 

69) 6 octobre 2015

« Thème :« La masse des neutrinos » 

Le prix Nobel de physique 2015 a été décerné le mardi 6 octobre 2015 au japonais Takaaki Kajita et au canadien Arthur B. McDonald pour la masse des neutrinos.

(« journal Le Monde » clic) ó Cf. notre questionnement de « La physique des signifiants » clic.

 

68) 22 Septembre 2015

« Thème : « Les enfumés » 

Lu dans : « Mediscoop » : Revue de presse du 22-09-2015.

Le Figaro

« Les fumeurs à risque cardiaque ne diminuent pas leur consommation »

Anne Prigent observe dans Le Figaro que « plus personne n'ignore les effets néfastes du tabac pour le cœur. Et pourtant, depuis une dizaine d'années, le taux de fumeurs ne diminue pas chez les personnes connues comme étant à risque cardiovasculaire ».
La journaliste relève qu’« elles sont toujours près de 20% à fumer, parmi lesquelles un tiers déclare aujourd'hui ne pas vouloir arrêter. Pis, elles n'étaient qu'un quart 6 ans auparavant. C'est ce que révèlent les derniers résultats de l'étude Euroaspire présentés lors du dernier congrès européen de cardiologie ».
Anne Prigent se penche ainsi sur cette « série d'études observationnelles en cardiologie menées depuis 1995 dans une dizaine de pays européens, dont la France. Jusqu'à présent, les chercheurs s'étaient intéressés à la prévention secondaire des patients coronariens, c'est-à-dire à la prise en charge des personnes ayant déjà eu un problème cardiaque ».
« Ces nouveaux travaux se sont penchés sur la prévention primaire […] des personnes à risque cardiovasculaire : diabétiques, obèses, hypertendus 
», note la journaliste.
L’un des chercheurs, Philippe Amouyel, professeur d'épidémiologie et de santé publique à Lille, souligne que « l'évolution du paysage de la prévention secondaire ressemble à celui de la prévention primaire: l'obésité ne diminue pas, les valeurs cibles pour l'hypertension et le cholestérol ne sont pas atteintes et les fumeurs n'ont pas arrêté ».
Anne Prigent relève ainsi que « la prise en charge des personnes à risque […] est loin d'être optimale. […] Or de nombreuses études ont démontré qu'améliorer l'hygiène de vie permettrait de diminuer considérablement le nombre d'infarctus ».
Le Pr Amouyel remarque que « c'est contraignant et difficile de modifier un comportement. Il est plus facile de prendre un médicament ».
La journaliste continue : « On pourrait croire qu'inciter une population à risque d'arrêter de fumer est plus aisé. Le nombre de fumeurs dans la population générale a d'ailleurs diminué ces dernières années. Alors pourquoi reste-t-il un pourcentage d'irréductibles parmi les plus fragiles ? Surtout lorsque l'on sait que le risque de faire un infarctus du myocarde est multiplié par 2,5 pour 20 cigarettes par jour et par 5 pour cinquante cigarettes par jour par rapport à un non-fumeur ? ».
Le Pr Daniel Thomas, cardiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris), remarque que « les 34% des fumeurs qui affirment ne pas vouloir arrêter sont sans aucun doute les plus réfractaires au sevrage. J'ai moi-même des patients que je n'arrive pas à convaincre d'arrêter de fumer alors qu'ils ont eu un accident cardiaque ».
« C'est aux professionnels de santé, médecins et pharmaciens, de leur proposer systématiquement une aide au sevrage. Il ne suffit pas de leur dire “il faut arrêter de fumer”, il faut les accompagner car les fumeurs sous-estiment leur dépendance »,
souligne le spécialiste.

 

Þ    Commentaire :

La question à mes yeux se pose exactement de la même façon que celle des toxicomanies – dites lourdes - telles que je les ai rencontrées au Centre Marmottan à Paris et ailleCurs.

Si le fumeur fume, c’est qu’il a bien des raisons pour le faire.

En ce qui concerne les morphinomanes, la toxicomanie a été renforcée par la loi du 31 juillet 1970 qui dépénalise le toxicomane de certains délits (« casse de pharmacie » etc.) s’il produit un certificat assurant qu’il est suivi et soigné pour sa toxicomanie : Ceci l’encourage à poursuivre ladite toxicomanie. Le paradigme en est copié sur les lois de la psychiatrie.

La réalité est que « sans désir », en ce domaine, (ce qui est différent « d’une demande »), aucun sevrage n’est possible (cf. : clic) tant que le produit est accessible.

A l’inverse, les poursuites pénales réellement engagées pour cause de délits et torts causés à autrui pourraient initialiser ou renforcer un désir de changement de comportement de l’intéressé. Un tel changement engage alors toute la personnalité du fumeur, ce qui est considérable.

A ce prix, le succès du sevrage est possible.

En matière de tabagisme, les délits, hormis ceux des grandes organisations de trafiquants, ne concernent généralement que la transgression de la loi EVIN de 1991 – d’ailleurs insuffisante et surtout, dont les pénalités prévues ne sont pratiquement jamais appliquées, ce qui implique la responsabilité de l’Etat.

Dès lors le problème devient celui des entourages et des prestataires :

§         réglementations des productions,

§         bénéficiaires des ventes (commerce et taxations),

§         coût des soins éventuellement requis et jusqu’à la disponibilité des soignants,

§         et, peut-être surtout, hors toute systématisation, dommages infligés aux « enfumés », souvent considérables, douloureux, ignorés et non chiffrables.  Cf. notre page : clic.

 

67) 30 Avril 2015

« Thème : « Langues : à propos de l’enseignement du grec et du latin, et même de beaucoup d’autres langues » 

Comment pourrait-on parler et se comprendre sans langue ?

Comment approfondir une langue en la coupant de ses origines ?

 

Comment parler sans « phrase », sans « grammaire », sans « logique », écrire sans tracer de « graphismes » avec un « stylo », faire de la « géo-métrie » sans « poly-gone », sans « poly-èdre » ou sans « sphère », de la « physique » sans « hypo-thèses » et sans « théories », faire de « l’histoire » sans « archives », sans « chrono-logies », sans « biblio-thèques » ?

Doit-on ignorer les différences entre « mon-archie », « démo-cratie », « tyrannie », « dém-agogie » en « politique » ?

Or, en vert, ce sont tous des mots grecs !

 

Comment pourrait-on comprendre l’Europe, sans sa culture et sans sa communauté linguistique partagée ?

Les abandons insensés et « anti-didactiques » du latin et du grec que l’on propose dans l’enseignement sont révoltants !

On ne saurait faire moins cas de son patrimoine.

 

Certains pensent que le grec classique est une langue morte, soit pour la seule raison qu’ils l’ignorent, soit parce qu’ils ignorent le grec contemporain, soit même les deux : Mais quelle gigantesque erreur ! La vérité est à l’opposé ! Le grec est bien vivant depuis 3000 ans au moins !

Et même si le grec n’était plus parlé, il vivrait encore, ne serait-ce que par tout ce qu’il a imprimé, et produit encore, dans beaucoup de langues contemporaines – dont l’anglais (« électronique »).

Et, même si des enseignants « étroitement littéraires » n’en imaginaient pas la portée scientifique – ce qui est rare - toute la science, et « l’épistémologie », puisent largement dans le vocabulaire, et la discussion de concepts apportés par le grec et le latin, même pour innover : cf. « a-tome » (= « in-sécable ») (qui signifie aussi en grec d’aujourd’hui « in-dividu ») ; « quantum » ; etc.

Quant au latin, il se poursuit sous nos yeux en continuité avec les langues romanes, et il faut connaître les origines historiques des mots « eau », ou « matière » pour en saisir la substance.

En réalité, on pourrait même aller beaucoup plus loin dans l’enseignement des langues qui vont de l’Atlantique à l’Indus, en passant par l’Iran, le Pakistan (ourdou), jusqu’à Delhi (1 milliard de locuteurs pour le hindi).

Le hindi et le ourdou sont d’ailleurs une seule et même langue, dont seule l’écriture diffère : deva-nagari pour le hindi ou alphabet arabe + 9 lettres pour l’ourdou ; venant du sanscrit, cette langue, appelée hindoustani avant 1947, est sœur du grec.

Il est important de le faire savoir à ceux qui ont un pouvoir décisionnel, et même d’autant plus important lorsquu’ils en ignorent tout, et parfois presque jusqu’à l’existence de l’unité linguistique européenne.

Non ! Ces langues ne sont pas mortes, sont peut-être les familles de langues les plus parlées dans le monde, et dont l’avenir est prometteur – même si l’on devait programmer que la France ne serait pas au rendez-vous.

Leur accès est pourtant facile pour un francophone ouvert, et immédiatement porteur « d’illuminations », et même de « compréhensions scientifiques prometteuses d’avenir »…

 

Pour finir, plus je me plonge dans la langue française, plus je me rends compte de tout ce qu’elle doit au grec ; et non pas précisément seulement au vocabulaire, mais à la grammaire, à la syntaxe, à « l’inventivité » de cette langue.

La langue grecque était beaucoup plus évoluée que la latine lorsque les Latins conquirent la Grèce : Par exemple, c’est les grecs qui ont inventé l’article défini, et les moyens d’en faire usage en substantivant une grande quantité de mots, etc.

Les latins ne l’ont jamais fait ; et bien que conquérants, ils furent conquis par la civilisation de ceux qu’ils avaient subjugués.

Au point que beaucoup de romains raffinés cachaient de connaître le grecs, tant il est vrai qu’ils goûtaient une langue qui était souvent celle de leurs esclaves orientaux.

Plus tard, la construction des « articles définis des langues romanes », fabriqués à partir du déictique latin « ille illa illud », sera un « copié collé » de l’article grec, en lui donnant la même double fonction que celle de l’article grec, « de détermination particulière » et « de définition d’une catégorie générale », démultipliant ainsi les possibilités de l’expression et de la pensée.

Bien d’autres emprunts encore seraient à citer.

Et je me demande si l’infiltration du grec dans un latin de structure archaïque et « synthétique » n’a pas eu une part importante dans le « véritable éclatement » du latin qui a donné naissance aux langues romanes, « analytiques », dans un haut Moyen Age qui ne mérite l’épithète « d’obscur » que pour la méconnaissance que nous en avons généralement.

 

Aujourd’hui, en français, que d’erreurs souvent graves, du seul fait de l’ignorance du locuteur de sa propre langue : confusions de sens, beaucoup plus graves que de simples fautes d’orthographe :

Le français est ce qu’il est : Nous nous devons de bien le connaître. 

Ainsi j’ai entendu parler il y a peu de « la psychiatrie au Moyen Age » : mais elle n’existait pas ! Voir notre page « l’invention de la psychiatrie ».

La « démence », et même la « psychologie » sont bien autre chose.

Au Moyen Age, la « psuchè » (= « l ‘âme »), était confiée au prêtre, et non au médecin (« iatros ») => Le mot « psychiatrie » est apparu vers 1815.

Au Moyen Age, L’Eglise était séparée de l’Etat ; « L’open data » et le « Tiers payant pour tous » n’existaient pas ; Il n’y avait pas 70 000 internements préfectoraux par an en France, en constante augmentation, soustraits à la justice. On estime qu’à la veille de la Révolution il y avait environ 3000 aliénés ou incapables en France.

(Cf.  Fr.Olivier-Martin : « Histoire du droit français des origines à la Révolution » ; Editions Domat Montchrestien ; Paris 1948 ; ISBN 2-222-03390-X ; réimprimé par le CNRS en 1992)

 

Pour en lire plus => notre nouvelle page « langue française : clic

 

 

66) 20 Janvier 2014

« Thème : «avortement » 

Comment se fait-il que personne ne parle plus jamais de l’avis du père dans la question de l’avortement, puisque l’embryon est pour 50% partie du corps du père ?

Le 31 octobre 1980 un père exposa son opposition à l’avortement de son épouse devant le Conseil d’Etat (affaire Lahache). Il fut débouté et l’arrêté fit jurisprudence : clic.

 

65) Tous les 6 mois

 « Thème : «Heure officielle : Re-belotte »

Il faudra se lever une heure plus tôt, tout l’hiver – contrairement aux horaires de travail qui seront décalés, eux, une heure plus tard - si l’on veut écouter ou regarder une émission émise par un pays qui garde toute l’année son heure officielle stable en fonction du méridien de Greenwich (Londres) actuellement mondialement adopté :

En heure légale, on recevra de 6 à 7 au lieu de 7 à 8, ce qui est émis à 5H GMT toute l’année.

 

Alors qu’on avait justement la chance que l’heure GMT corresponde en France toute l’année pratiquement à l’heure solaire !

(bien qu’il y ait une petite différence entre Brest et Strasbourg)

Question de mots ? Mais les mots ont des conséquences.

 

 

 

 

 

62) 1er Mai 2013

« Thème : « De la distribution du temps »

L’absurdité des changements fantaisistes de notre heure légale demeure inchangée, déroutante, décalée des données mondiales.

Mais qui ne décèle aussi les problème nouveau que recèle le « temps libre », en voie de devenir égal à celui du « temps de travail », dans ce monde de plus en plus robotisé.

 

La question du temps libre nous revient à la face, via le chômage, en vérité aussi, de longue date accepté. 

Qui peut ignorer pourtant qu’il nous faudra toujours vivre 24 h sur 24 ?

 

Dès lors la question devient celle de l’usage que l’on fera de ce – potentiellement redoutable - « temps libre ».

Que faire sinon « Circuler », c’est-à dire « tourner en rond » ?

 

Il n’est pas sûr que la question si souvent avancée de « l’argent » y tienne la première place.

On se souviendra de cette scène du surprenant Jean Luc Godard dans le film « Pierrot le fou » (1964), dans laquelle l’actrice Anna Karina arpente une « plage digne des plus belles cartes publicitaires » en répétant inlassablement « je ne sais pas quoi faire, j’ai rien à faire » ; et la chanson de Maxime Le Forestier « Je serai toujours de trop sur terre ».

 

Le problème n’est pas nouveau ; ce qui est nouveau c’est sa dimension généralisée : Blaise Pascal n’écrivait-t-il pas déjà à peu près : « Si un ouvrier se plaint de trop travailler, dites lui de garder la chambre ; il vous réclamera bientôt de reprendre son travail ! ».

 

Où est la vérité ?

En 2002, Pierre Marie Gallois   in « Devoir de Vérité » rappelle.

 

 

 

 

 5ç) 14 Avril 2012 :

« Thème : « A quelle heure on ferme ? »

 

J’ai bien cherché  : Aucun candidat n’a dit qu’il ne remettrait les pendules à l’heure :

Sauf imprévu, tout l’été, midi sera encore à 14 heures en France. (On avait pourtant la chance que 12 h. GMT corresponde à peu près à midi à Paris).

 

[Grâce à ce système stupide, quand on veut écouter une émission émise à heure fixe, par exemple à 5 h GMT dans un pays voisin à l’Est du notre, on devra l’écouter en France à 7 heure légale française en été – mais à 6 heure légale française en hiver.

C’est-à-dire -si on doit se réveiller et se lever pour le faire – le faire une heure plus tôt en hiver qu’en été : Le paradoxe n’est pas mince, car c’est apparemment l’inverse de ce qui est recherché par ce système stupide et imposé qui oublie que nos décrets ne changent rien à la course du soleil.]

 

Et les barils de nos pères charroieront le pétrole ...

 

 

 

58) 8 Avril 2012 :

Thème : «Joyeuses Pâques»

En Égypte, « Cham en Nassim » est le jour d’une grande « fête de la résurrection ». La tradition remonte aux temps pharaoniques:

Ce jour-là, on sort pour manger des œufs coloriés et du poisson (« fassikh » <=>« pascal » )( salé). La coutume des œufs est passée dans le christianisme.

 

Cette chose que les grecs ont appelé « sarcophage » (=> notre « cercueil »), se nommait en « hiéroglyphique » avec un mot dérivé  du mot « œuf ».

Avec des belles traditions comme ça …

 

 

57) 16 Février 2012 :

Thème : «Cancer du poumon»

In Journal « L’Express » :

« La part des femmes parmi les patients atteints d'un premier cancer du poumon a progressé en 10 ans : elle est passée de 16% en 2000 à 24% en 2010, selon une étude menée sur des patients suivis en service hospitalier de pneumologie, âgés d'environ 65 ans au moment du diagnostic …  … Environ la moitié d'entre eux (49%) sont fumeurs, 40%, ex-fumeurs et 11%, non fumeurs ».

 

56) 20 Janvier 2012 :

Thème : «Bonne Année 2012»

Ce sera celle des suffrages qu’on dit « universels ! ». Quel bien grand mot ! Ne sont-ils pas simplement « individuels ? »

Depuis 1962, La France rentrait dans l’effervescence requise tous les 7 ans. Maintenant, c’est tous les 5 ans.

 

 

55) 23 Novembre 2011 :

Thème : « Hôtel – Dieu de Paris »

Il faut faire que « l’Hôtel Dieu de Paris »  reste un hôpital à part entière – mieux, qu’il reste la propriété des nécessiteux.

Plus que millénaire, fondé peut-être au VII ème siècle de notre ère, il fut sans doute le premier centre d’accueil parisien aux nécessiteux.

Au centre de la capitale, à côté de Notre Dame, ce qu’il représente à tous les titres est exceptionnel, et le prestige de tout ce qu’il a, et doit encore, prodiguer, mérite tous les égards.

Attribuer le bâtiment à un autre usage que celui qui est le sien, serait générer une grande « catastrophe sanitaire symbolique et réelle pour tous les français ». 

 

 

52) 4 Septembre 2011 :

Thème : « Vigilance qualité de l’air » : Lu dans la revue « Science et vie » N° de Septembre 2011, page 40 :

Heureusement qu’il y a encore des souris pour nous alerter !

 

 

51) 23 Juin 2011 :

Thème : « avis de psychiatres » et « arrêtés préfectoraux »  

 « … oblige le représentant de l’État  … si deux avis de psychiatres … »

Le journal « Le quotidien du médecin » relate le 22 juin 2011 :

 « … La discussion du texte ce mercredi en fin d’après-midi dans un hémicycle clairsemé a porté sur deux articles (3 bis et 6).

Le premier, fruit d’un amendement gouvernemental adopté au Sénat, a tenu compte d’un avis du Conseil constitutionnel publié le 9 juin concernant l’hospitalisation d’office à la demande du préfet.

Les députés ont validé cet amendement, qui oblige le représentant de l’État à prononcer la mainlevée d’une procédure de soins sans consentement en hospitalisation si deux avis de psychiatres le recommandent.

Nora Berra a étendu mercredi cette nouvelle mesure aux personnes jugées irresponsables pénalement, ainsi qu’aux patients hospitalisés en Unités pour malades difficiles (UMD)… »

Donc dans ce cas le « faire valoir » de « paroles de psychiatres » sera à la fois « en compétition avec - »  et « supérieur à - »  « l’ordre préfectoral ». S’agira-t-il de psychiatres impliqués dans les soins ou d’experts étrangers aux soins ? Pourquoi deux ?

Quoiqu’il en soit personne ne travaillera dans le registre de ses compétences :

o        Si le système de déresponsabilisation reste inchangé, les psychiatres risquent d’être amenés à devoir répondre de certains agissements des patients –– et ce sera pour eux une épée de Damoclès paralysante, au détriment de leur véritable travail intime et laborieux de « soignant »,

o         les plaçant, en vérité, en rivalité avec une fonction préfectorale dont la charge théorique est toute autre, de décisions en vue d’assurer un bon « ordre publique », et de déférer aux juridictions compétentes.

Il s’agit de 2 champs différents, soumis à des directives différentes, des objectifs différents, des déontologies différentes, relevant de compétences différentes, et qui ne devraient avoir aucune raison de s’opposer sur un même terrain.

Pourquoi s’obstiner à les réunir en un seul ordre, chimérique, « sanito-sécuritaire » ?

Nous avons écrit plus haut qu’il n’y avait pas en psychiatrie « d’internement abusif » puisque, toute justice étant exclue, ils l’étaient tous - « par construction ».

Car l’idée n’est pas nouvelle, même si ledit psychiatre y apparaît de plus en plus valorisé.

Un tel « chassé-croisé » dans les attributions ne peut que mener à l’impasse.

Comment ne pas comprendre surtout que toute l’absurdité du système vient de l’exclusion « dès le départ » :

o        d’une part du « réputé malade mental » pourtant concerné, dont les droits et devoirs habituels sont d’emblée désavoués

o        d’autre part de la « justice commune », sans laquelle aucun système psychiatrique ne pourra assumer la fonction thérapeutique attendue ?

La personne « dé-supposée » nécessiter « l’hospitalisation sous contrainte » pourrait-elle alors être renvoyée devant cette même justice qui s’était déclarée incompétente à juger, voire à instruire – sachant que « relaxer » ne signifie pas « interner »  et réciproquement, et que « innocent » ne signifie pas plus « fou » que « non- fou », tout comme « fou » ne signifie pas plus « innocent » que « coupable » ?

Un tel renvoi serait une sorte « d’appel  de  justice » par une action de « psychiatres ».

Mais pourquoi mettre alors maintenant « des psychiatres » en position de « procureur » d’une personne dont la place n’est pas justiciable d’une « hospitalisation sous contrainte » ? 

Ce n’est pas de leurs compétences.

Et si l’on désignait un authentique « procureur de ladite victime d’un vide en  justification », le même procureur pourrait-il être aussi « procureur possible des possibles victimes d’un possible patient » pour un fait redevenu jugeable ? C’est un peu la bi-latéralité du « juge d’instruction » qui réapparaît ici : Retour à la case départ !

Qu’est-ce enfin et surtout, qui empêcherait aujourd’hui la psychiatrie d’avoir un statut de « spécialité médicale normale » - sinon l’inertie d’une kyrielle de « subordinations » ( à l’exécutif, à des injonctions judiciaires qui n’ont rien à voir avec la justice, à des experts, etc. ) qui paraissent de plus en plus vaines et/ou anachroniques[12] ?

Fait essentiel, si la psychiatrie était considérée comme « une pratique médicale de plein droit », les échanges entre médecins seraient beaucoup plus faciles : On pourrait alors davantage éviter d’interminables « internements » ne reposant que sur un « vocabulaire de chroniqueur » - sinon « de dévalorisation » : -  « psychoses maniaco dépressives »  alors qu’il s’agit de « dys-thyroïdies » relevant de « l’endocrinologie »  et/ou de la « chirurgie » - « schizophrénies »  qui sont en réalités des « aphasies de Wernicke » relevant de la « neurologie » et/ou de la « neuro-chirurgie » et/ ou de « l’oncologie », etc. tous repérages déjà difficiles pour un médecin, rendus plus difficiles encore en raison de l’inaccessibilité aux investigations nécessaires, découlant dès le départ  du déplacement des questions, les « autorités » en charge de l’espace public ignorant - à juste droit - jusqu’au sens des vocabulaires impliqués. 

La « pseudo autonomisation »  de la psychiatrie en 1970, séparée alors de la neurologie, pourrait bien en ce sens avoir encore aggravé la situation, la rendant tout autant dépendante de l’administration, mais davantage ignorante et ignorée des « médecins non-psychiatres ».

Autrefois, les internes étaient « internes en médecine des hôpitaux psychiatriques ». Maintenant, ils sont « internes en psychiatrie ».

Autrefois le statut de tous les « médecins des Hôpitaux » comportait explicitement la triple fonction de « soins, enseignement et recherche ».

Depuis 1984-1985, la dénomination nouvelle de « Praticien Hospitalier  - dans toutes les spécialités - » n’insiste que sur la « pratique » - cet aspect est rarement évoqué – très fortement sous-obédience administrative en psychiatrie - dans un domaine qui devrait aussi s’enrichir quotidiennement de l’apport original de chaque cas clinique.

 

 

 

50) 19 Mai 2011 :

Thème : « Psychiatrie publique ou privée »

« On ne saurait parler de psychiatrie sous contrainte possiblement « publique ou privée »

1.       On ne saurait parler de psychiatrie sous contrainte possiblement « publique ou privée », tant que le principe de base en reste la soustraction de n’importe quel citoyen, où qu’il soit, à la justice ordinaire, et donc à l’absence de tout jugement régulier, au prétexte « qu’il est déclaré avoir été « dément » au temps de « l’action - non action ( ?) ».

Or cette absence de reconnaissance de l’existence d’un « acte » est le point – juridiquement incompréhensible, moralement inadmissible et socialement destructeur[13] – sur lequel repose toute ladite « psychiatrie administrative » française.

C’est là la « première « dé-judiciarisation » du système psychiatrique français ».

N’importe qui comprendrait pourtant que c’est seulement « l’inaptitude à comparaître au temps d’un jugement [14]» - ce qui existe déjà pour cause médicale habituelle - qui devrait figurer dans la loi : Les lois  qui régissent la psychiatrie sont plus « a priori anormales » que le présumé « patient » :

 

 

1810 : Code pénal : Article 64 – mal interprété = « 1 ère « dé-judiciarisation » qui fondera le « 1er système psychiatrique français »

=>

1838 : Création des « Asiles d’aliénés départementaux » = « 2 ème « dé-judiciarisation » qui achève le « 1er système psychiatrique français »

=>

1990 : Loi sur les « Hospitalisations  en psychiatrie »  = « Reprise de cette 2 ème« dé-judiciarisation » - en ne changeant  pratiquement que les noms - pour construire  un « 2 ème système psychiatrique français » - toujours initié par l’article 64 du code pénal de 1810. (Volonté de « faire quelque chose » pour le bicentenaire de 1789) : Loi déclarée « à l’essai pour 5 ans ».

=>

1992-1994 : Nouveau code pénal : Article 122-1 = Révision de l’ancien article 64 : L’article 122-1 qui en résulte est plus trouble que l’article 64 et  autorise la transmission des dossiers du juge au préfet (les 2 types de dossiers - de l’acte judiciaire et de l’acte préfectoral - étaient restés - comme il se doit - indépendants) afin de faciliter le fonctionnement d’une absurdité que l’on veut conserver. Le 122-1 devient ainsi la « 1 ère « dé-judiciarisation » qui initie maintenant le « 2 ème système psychiatrique français » .

 

2.       Le 2 ème temps du dit système est celui de la contention : Le sujet passe alors - sans jugement - sous l'autorité exécutive de l’état.

C’est là la « 2 ème « dé-judiciarisation » du système psychiatrique français »

Les hospitalisations sous contrainte ne sont pas des « hospitalisations publiques » mais des » hospitalisations d’État ».

Si l’hospitalisation sous contrainte prend une forme ambulatoire, c’est le « corps du sujet » qui est alors considéré comme étant à la disposition de l’État.

De ce point de vue, n’importe quel gardien est en théorie équivalent à un autre : Il est d’ailleurs déjà tantôt public tantôt privé, mais cela ne change que la formalité administrative. Ledit gardien peut aussi être « chimique » – ce qui est de légalité discutable, car engendrant de facto des transformations corporelles de la personne.

La personne qui garantit ladite contrainte est depuis 1838 le « préfet représentant de l’État » : Les certificats réguliers sont remis à la préfecture.

Une contrainte prononcée par un juge en l’absence d’acte reconnu faute et de juste jugement comprenant plaidoyer et défense, serait la dernière des aberrations.

3.       Le troisième temps, celui des soins, pour être digne de ce nom, ne peut être que « libre », coté personnel soignant, comme coté demandeur de soins.

Dès lors, que le lieu soit privé ou publique ne dépend que du choix de ceux qui veulent se rencontrer.  Cela existe déjà lorsque la « psychiatrie dogmatique et/ou administrative » ne se manifeste pas.

4.       Sur le projet d’une dite « hospitalisation sous contrainte à domicile » : Cf. « A qui appartient le corps d’un sujet ? » et la note de bas de page correspondante =>

5.       Ajoutons une 1 ere remarque : La loi parle du « temps de l’action » pour l’acte révélant un état ponctuel de « démence (ou trouble mental – ou psychique etc) », termes jamais définis - mais les termes importent peu, étant donné que de toutes façons l’interprétation en est toujours arbitraire.

Mais l’ensemble du « système psychiatrique », lui, fonctionne finalement de plus en plus comme si l’auteur des faits était « un dément permanent »  et non « une personne normale ayant commis un acte de démence ponctuel ».

Pourtant la loi présume que le reste du temps, la personne peut être « saine » : C’est un peu la même question que celle de la « présomption d’innocence » : L’imagination médiatisée est souvent nettement plus extensive que les termes de la loi en cause. Cela forge insidieusement les mentalités.

6.       Ajoutons en une seconde : Tout français :

  • est non seulement concerné par le fait qu’une loi de son pays - « l’article 122-1 du code pénal » - prescrit une « exclusion » qui rend possible « la cascade » dénoncée dans cette page (clic => 12)  1er décembre 2005 ),
  • est non seulement lui-même potentiellement concerné,
  • mais aussi très souvent est concerné indirectement de près ou de loin par ses proches ou amis, du fait du grand nombre d’internements chaque année en France (environ 70.000) et de la longue « indélébilité » de la marque.

7.       On ne devrait jamais oublier la grande plasticité du fonctionnement de la « fonction mentale » – n’en voudrait-on pour preuve que le quotidien des rêves – à propos desquels d’ailleurs Freud se demandait – avouant ne pas pouvoir y répondre – si le rêveur est responsable du contenu de ses rêves.

 

 

 

 

42) 10 Janvier 2009 :

Thèmes : 1. Point de vue « à l’occasion,  et au delà, d un communiqué »

   2. La question morale : « distinction  moral/mental », approches et réflexions pour une nouvelle organisation des institutions (en notes de bas de page).

 

 

Le 9 janvier 2009, l’I.D.E.P.P. (Intersyndicale de Défense de la Psychiatrie Publique)   communique :

 

 « Le 8 janvier 2009, une délégation représentative de la psychiatrie publique française a été reçue au palais de l’Elysée par le président de la République, Nicolas Sarkozy, à sa demande, pour un entretien. Cet entretien, qui s’est déroulé dans une atmosphère positive, a duré environ une heure trente.

*            Le président de la République a fait part d’un certain nombre de ses préoccupations concernant la psychiatrie et ses divers modes d’hospitalisation, d’une façon différente de ce qui avait été entendu le 2 décembre 2008 au CHS d’Antony.

*            L’aspect non sécuritaire de ses préoccupations nous a semblé dominant, lors de cette entrevue.

*            Le président nous a fait état du retard scientifique et de l’inégalité d’investissement quant à la médecine somatique et la psychiatrie.

*            Il a fait état de l’isolement des psychiatres dans leur exercice. Il a mis l’accent sur le fait que la psychiatrie devait être une priorité, ce qui ne ferait que s’accentuer, à l’avenir.

*            Il a enfin souligné que la place des malades n’était pas en prison, et qu’il y veillerait.

Par ailleurs, il a émis le vœu de visiter à nouveau un site psychiatrique.

Cet entretien se situe après la visite du 2 décembre 2008, par Nicolas SARKOZY, au CHS d’Antony, et son discours qui nous avait laissé à tous un goût amer.

*            Nous avons, de notre côté, développé les éléments suivants, en accord avec nos partenaires :

*            La nécessité d’une approche globale de la psychiatrie, par les Pouvoirs Publics, intégrant, notamment, les travaux de la Commission Couty

*            Une réforme de la loi de 1990 prenant en compte l’ensemble de nos diverses propositions que nous avons émises publiquement à plusieurs reprises, lors de communiqués passés et de conférences de presse (nous avons souligné, à ce sujet, que nous étions d’accord avec la possibilité de soins sans consentement, en ambulatoire, et avec la création de quatre UMD supplémentaires, proposition qui reprenait nos demandes)

*            Une poursuite de l’humanisation des hôpitaux psychiatriques, tant en termes de réhabilitation des locaux qu’en moyens, ainsi que le développement d’unités de psychiatrie de secteur en hôpital général

*            Notre grande inquiétude sur les graves problèmes de pénurie et la démographie des personnels et des médecins en psychiatrie

*            La nécessité de prendre en compte, de façon ferme, les spécificités de la psychiatrie et la défense du secteur de psychiatrie

*            La nécessaire lutte, qui ne doit jamais se relâcher, contre toute forme de stigmatisation de la maladie mentale et des malades mentaux.

*           

Sur l’ensemble de ces points, le président de la République a semblé ouvert au dialogue. Il a confirmé que la Ministre de la Santé, Madame BACHELOT, qui était présente, serait chargée du dossier « hospitalisation sous contrainte ». Nous devons souligner que Madame BACHELOT s’est exprimée favorablement vis à vis de nos propositions, et notamment, sur la préservation de la spécificité « Psychiatrie publique » et «Secteur de Psychiatrie ». Dans ces conditions, l’IDEPP ne veut que se féliciter des messages qui nous ont été adressés hier par le Président de la République et Madame BACHELOT. Nous restons néanmoins vigilants et attendons de voir, concrètement, la réalisation de ces diverses déclarations d’intentions. »

 

                A PROPOS DU COMMUNIQUE :

 

                Puisque ce communiqué augure de nouvelles rencontres, après avoir rendu grâce à la bonne volonté des acteurs, il peut être utile de préciser les points suivants :

*             On peut regretter « l’imprécision » d’un vocabulaire devenu trop traditionnel, en particulier quant à une notion de « spécificité » dont il n’est jamais dit en quoi elle consisterait, pour le fond surtout, regretter aussi la « dérogation » à nos principes de déontologie médicale que constitue le projet appelé de « soins obligatoires ambulatoires », et regretter l’évocation d’une sorte de double visage de la psychiatrie, fait d’une face de « soins » et d’une face de « sécurité ». Enfin que signifient ici « priorité » et « accentuation dans l’avenir» ?

*            Commentaire : L’expression « non-sécuritaire » est sans doute une façon de remplacer le mot « soins ». Mais il faudrait au contraire délimiter clairement leur domaine et ses limitations, leur contenu et ses limitations, et ce que contiendrait ce mot « sécuritaire » ici à la fois opposé aux soins et cependant souligné. On ne saurait évidemment définir les soins de ce qu’ils ne seraient pas « sécuritaires » !

En réalité, les désordre mentaux ne sont pas comparables, ni opposables aux désordre publics. Leur nature est différente. Et, même lorsque les uns et les autres sont manifestes, la prise en charges des uns ne doit jamais exclure celle des autres, mais par des méthodes différentes.

Or, il est légitime de demander aux « médecins, et à eux seuls », d’assumer la totalité des prescriptions en matière de « sécurité sanitaire »,  car le mot sécurité peut s’appliquer autant aux soins qu’à l’ordre public, en étant responsables des indication qu’ils portent, de leur travail, de ses conséquences, et de pouvoir en répondre devant la justice.

Comme il est légitime de demander à « l’exécutif », et non aux médecins, de garantir le maintien d’une « sécurité publique » soumise à d’autres critères propres.

On demande à « la justice » de déterminer les responsabilités, en accord avec le droit préétabli en vigueur. Et sans une justice qui juge, et qui n’intervient ni dans l’exécutif ni dans les soins, on ne pourrait jamais éviter l’assimilation sus évoquée.

Les deux concepts d’ordre public et de soins existent, mais pour être en accord avec nos principes fondamentaux doivent être appréhendés séparément. Ainsi chacun pourra travailler dans le domaine de ses compétences. Le nier revient à revoir bien plus que la totalité de tous nos principes de liberté des actes, de l’expression et, des pensées supposées des citoyens.

*            Commentaire : Les « soins sans consentement » sont décidés comment et par qui ? Les piqûres sans consentement sont bien autre chose que la prison, voire l’internement, sans consentement. Qui en sera responsable, s’il s’agit de soins ? Car ce ne pourra être ni un administratif, ni un exécutif lesquels ne peuvent prescrire des médicaments. Le rôle du « médecin » sera-t-il d’exécuter les vœux de l’exécutif ou d’un médecin « expert » délégué par lui ? Est-ce en cela que la psychiatrie ne sera pas une médecine « normale » ?. Que deviennent les « droits de l’homme à disposer de lui-même » ?

*            Commentaire : Quelle est cette « spécificité » ?  Pourquoi la psychiatrie ne serait-elle pas une médecine normale, rentrant sous les auspices de la déontologie de la médecine normale, laquelle a à se fixer pour but de protéger médecin, patient et la relation entre eux ?

*            Commentaire : « Priorité » sur quoi ? Qu’est-ce qui sera « accentué dans l’avenir » en ce qui concerne le besoin en psychiatrie?

 

                AU DELA DU COMMUNIQUE « NOS PRINCIPES » :

 

*            Les pratiques imprécises des institutions :

                Plus généralement, faute d’énoncer des définitions claires, on laisse pervertir le sens de nos institutions. En les recouvrant d’un vocabulaire nébuleux, on sape toute possibilité d’avoir prise sur quoi que ce soit, comme si on tournait la mauvaise clé dans une serrure qui tourne à vide.                

*            Il est à craindre que la psychiatrie, pour briser, sans l’aide d’aucune justice, tous les « écarts » à un impossible modèle de conformité imposée, n’aboutisse qu’à une stupeur génératrice de paralysie sociale.

*            Il est à craindre que, soumise de plus en plus au poids devenu écrasant des « consensus », au nom de ce que le nombre garantirait « la raison », légitimés par des mesures de popularités non exemptes « d’effets de représentation » propres à reposer davantage sur les expressions passionnelles que sur les réflexions, elle n’en arrive, au nom de la « standardisation », à annihiler, dans une « déresponsabilisation généralisée », toute possibilité de relation particulière, comme l’est la « relation duelle soignant-soigné ».

Utopie des « pensées conformées » dont les écarts deviendraient maladies !

Utopie des « consensus » qui se voudraient éclairés quand, et de ce en quoi, aucun ne voudrait s’engager !

Pourtant chacun pris individuellement ne voudrait rejeter ni la compétence des spécialistes qu’il choisirait, ni la relation soignante !

 *           En vérité, par une assimilation mal venue de la psychiatrie avec nos principes politiques, la psychiatrie deviendrait un « comble de démocratie », système politique par lequel la majorité légitime son pouvoir. Mais « la psychiatrie » ne devrait pas prendre la forme d’un pouvoir ou d’un gouvernement. On ne peut soumettre la « relation soignante », à un quelconque décompte des voix : Il n’en va pas ici comme en politique des recherches de domination. : En médecine, et particulièrement mentale, la dualité de la relation « soignant -  soigné » oriente, supporte et conduit les soins.

  *          Par cette même assimilation, la psychiatrie deviendrait aussi « l’ennemie des droits de l’homme » qui prônent le droit à disposer de sa personne, et donc de toute une partie de notre éthique sociale intime.

 

*            Les mises sous tutelle :

A ce carrefour des contraintes et des libertés, soulignons ici la question des « tutelles ». Elle est rarement évoquée par les médias, mais demeure pourtant l’une des plus délicates posées par la psychiatrie à la justice : Par la « mise sous tutelle » un citoyen peut être privé de la plupart de ses droits ordinaires. L’institution relève pleinement de la justice et respecte parfaitement les procédures communes. Elle n’est d’ailleurs pas spécifique de la psychiatrie. Mais elle résulte le plus souvent de compte-rendus d’experts et, dans les contextes psychiatriques, on peut y rencontrer toutes les ambiguïtés résultant des absences de définitions ci-dessus évoquées.

 La mesure peut être authentiquement protectrice, et l’on ne songerait à s’en passer. Mais Il arrive aussi qu’elle aille à l’encontre des souhaits non seulement du patient mais même de son médecin soignant. La définition du champ de la psychiatrie et la limitation des interventions de ses protagonistes restent donc la démarche première que l’on attend de toutes les approches du sujet.

 

*            Une politisation déplacée  :

                Il est possible qu’entre le refus de soumission à un monarque jadis dépeint comme trop absolu en chaque chose, et l'aspiration à une culture de vote aujourd’hui peut-être trop indistinctement répartie, chaque variété des compétences propres de chacun ait du mal trouver sa place. Ainsi irait-on sans cesse « de rébellions en démissions ».

Pourtant la place des compétences découle d’une différence de nature, et non de l’étendue d’un pouvoir. Pas plus que l’on ne voterait la prescription médicale, celle-ci ne pourrait relever, sans obscurantisme, de l’exécutif.

Enfin, s’il va de soi que les « choses politiques » répondent à leurs propres lois, par contre, pour qui fait une différence entre « domaine public » et « domaine privé », les prescriptions touchant au plus « privé » des patients de la part d’un Etat que l’on attendrait plutôt dans les grandes organisations publiques apparaîtraient comme une inversion des ordres.

 

*            Les déjudiciarisations :

Dans une autre compétence, pour « l’ instruction judiciaire », le problème est peut-être le même car, on l’a vu, quand l’exécutif s’empare de la psychiatrie, c’est sous l’habit dont il a préalablement dépouillé la justice (Cf. Article 64 du code pénal de 1810 puis Article 122-1 du code pénal de 1992).

L’exécutif déciderait alors du franchissement ou non d’un col séparant encore deux versants : Traditionnellement, une barrière infranchissable séparait d’un côté le champ de la catégorie des contingences supposées fortuites, comprenant, entre autres, les forces dites de la nature et de la biologie, et de l’autre, le champ des catégories du choix et de la décision délibérée, définissant le champ opératoire de la justice. Celle-ci déterminait alors les responsabilités, les fautes et les mérites.

Si les projets sont adoptés, pour les cas concernés, laissés à l’appréciation des pouvoirs publics mais peut-être promis à devenir de plus en plus nombreux, la fusion des deux champs témoignerait de l’un des plus grands bouleversements dans l’histoire de la pensée occidentale : Après quelques millénaires de spiritualisme et de croyance au libre arbitre, ce serait la victoire d’un  « matérialisme pur » et de son déterminisme : Seul l’agencement des particules, ou supposées telles, déterminerait la survenue, et même la prévisibilité des actes. La volonté et la liberté seraient perçues comme de vaines illusions. La « biologie »pourrait devenir le terrain de la faute.

(Cf. « La conversion de la Grèce » et in : « l’invention… », du « pharmacos » au « christianisme ».)

Enfin, si nos « fondamentaux mentaux » disparaissaient, nos « fondamentaux sociaux » perdraient les principes qui les fondent.

Devrait-on, par exemple, abolir la différence actuellement estimée entre le « préjudice volontaire » et le « même préjudice » , mais « involontaire » ?

La réponse actuelle, éminemment liée à nos traditions culturelles, n’a pas toujours été d’évidence.

                Or, la différence radicale, de nature, entre « pensée » et « acte » figure encore parmi les plus structurants de nos principes traditionnels. Elle détermine les attributions des droits :  D’un coté la « conscience individuelle intime» est « propriété personnelle », et, de l’autre, les « actes produits », s’ils sont conséquents, et par les conséquences qu’ils entraînent pour tous, sont de « dimension publique et commune ».

                On notera d’ailleurs, fait essentiel, que la différence entre « pensée » et « acte » n’a jamais été rapportée à celle qui existerait entre, d’un côté, la « matière » et, de l’autre, ce qui ne serait pas « de la matière ».

Le mot « matière » n’a pas besoin d’y être défini : Que la biologie soit « immatérielle » ou que la pensée soit « matière » n’importerait aucunement ici.

Ce qui est reconnu, c’est, d’abord, « l’identité de l’individu », puis la distinction entre « ce qu’il fait » et « ce qu’il ne fait pas », et, enfin, parmi « ce qu’il fait » seulement, conformément à nos lois, « le bien » ou « le mal » qui en résulte, volontairement, ou non, ou selon.

                Pourtant, il ne faudrait pas oublier que l’obscur ou mystérieux clivage qui existerait entre « matière » et « ce qui ne serait pas matière » reste parfaitement d’actualité, dans les sociétés savantes, à l’heure des débats encore vifs entre tenants de « l’organo-génèse » et tenants de la « psycho-génèse » des dites « maladies mentales. Mais les concepts utilisés répondent à des définitions « d’école ». En dehors de celles-ci, leur usage pourrait provoquer incompréhension ou équivoque.

Les « débats » ainsi provoqués ont donc bien leur place en des lieux de « recherches savantes » : La lecture « scientifique » de « données » quelconques, doit, par définition acquise du concept de « Sciences », s’enrichir de la confrontation avec d’autres lectures différentes des mêmes données.

Au contraire, la lecture « juridique » a pour tache de conclure et de décider.

Ainsi, si les « psychiatres » étaient amenés à décider, directement ou indirectement, de programmes qui excluent les « incertitudes », leurs « hypothèses » deviendraient « dogmes », leurs apports seraient « quiproquos », les conséquences en seraient incongrues.

Au total, la compréhension des prémisses permettrait d’éviter les substitutions entre elles de choses qui ne sont pas substituables.

 

*            Nécessité d’un choix :

Devant les incompatibilités que nous allons maintenant rappeler, apparaîtra la nécessité de « choix » :

Quelque fallacieuses que puissent être les anciennes conceptions,  certaines réflexions, ou questions, devraient être clairement présentées, précédant les actuelles propositions - ou velléités d’adoption - d’un nouveau système.

Parmi celles-ci :  « En quoi un autre système serait-il plus juste ? ou plus exact ? » « En vue de quel but, de quel progrès, de quel choix de société, vouloir se départir de ces actuelles catégories ? » etc.

Moins ces questions seront ouvertement formulées et plus l’on aura de raisons de rester inquiets.

L’adoption d’un système utilisant la « psychiatrie » – alors dite « aliénisme » - comme nouvel instrument dans la gestion du fonctionnement social, au détriment de la justice, avait été rendu possible par la « loi de 1838 », qui parachevait l’élaboration du « premier système psychiatrique français 1810 – 1838 ».

(Cf. les prémisses, le contexte et la construction en d’autres pages de ce site).

 Le « système psychiatrique » avait réformé notre gestion sociale d’abord à partir d’un « aval », et grâce à « l’exécutif », en imaginant un « asile d’aliénés » largement façonné par une fonction de « terminal », au moins dans « l’espace », et surtout « l’espace juridique », sinon aussi dans le « temps ».

[ Il n’existe aucun «  principe » « en amont » de « l’article 64 du code pénal de 1810 », lequel ne fait place qu’aux situations particulières et ponctuelles, plus « pragmatique » encore, contrairement à ce qui se dit, que ne l’est la « Common Law », laquelle contient le « principe général » de « l’Habeas corpus … »,  issu de la très ancienne « Magna Carta» proclamée dès 1215 ]

Mais, dès 1838, cette gestion sociale à l’aide de « l’aliénisme », puis de la «  psychiatrie », a du s’accommoder d’une franche situation d’exception, en invoquant « l’exceptionnel » de « l’aliénation mentale ».

Et, soit du fait de la difficulté de la réflexion, soit du fait d’avantages que l’on pouvait tirer d’une situation concrète mal déterminée, la « légalisation des lois »  - pourrait-on dire – sur lesquelles reposait ce système psychiatrique, seulement  « tolérées » au quotidien, et qui heurtaient nos principes fondateurs, en avait été indéfiniment différée :

Il aurait fallu, pourtant, soit abroger ce système psychiatrique naissant, mais peu nombreux étaient ceux qui le demandaient, soit abroger certains de nos principes de liberté, ce à quoi, également, peu de gens ne songeaient.

Ainsi s’expliquerait le silence qui entoure la loi de 1838 dans les livres de droit, depuis son origine, et duquel s’ensuit une méconnaissance plutôt généralisée, propre à accentuer encore le caractère « tabou » du sujet lui-même, et des causes qui ont engendré cette loi.

Comme nous l’avons montré, en effet, le « système » puise son origine dans la ré appropriation d’une «  justice retenue royale » abolie, laquelle était investie d’un caractère « sacré », et dont l’évocation reste propre à réveiller l’inquiétant «  fantasme » révolutionnaire du « parricide » réalisé sous forme du « régicide », qui n’a permis, en réalité, de reprendre, de cette justice, que sa valeur exécutive, sans sa valeur judiciaire, devenue ainsi d’autant plus arbitraire, jouxtant nos principes démocratiques procédant des  mêmes causes.

Et, depuis les débuts du XX éme siècle, la mise en lumière par les travaux de Freud, dont les développements pourraient précisément trouver place en ces mêmes lieux s’ils étaient consacrés aux seuls soins, des redoutables agissements des forces inconscientes, et parmi celles-ci, de la meurtrière symbolique oedipienne, en renforce la radicalité de « l’inaccessible » pour ceux « qui ne savent pas », et peut-être la peur, et, pour finir, le rejet.

« La Cour met les partis hors de cour… »

 

*            Une expansion sans frein :

Mais, bientôt, face à l’immense développement des applications du « système psychiatrique », on se mit, en  des lieux supposés « spécialisés », terme souvent utilisé pour ceux-ci, à débattre sur le « mental », alors que c’est sans doute davantage « l’aliénation », en tant « qu’altérité », « différence » posant la question du « droit à la différence », qui constituait le « nœud » de la difficulté juridique, rendant ainsi illusoire un grand nombre des débats.

Ce terme de « spécialisé » devrait être complété pour exprimer un sens : Ne voulant ou ne pouvant le faire, on entretient l’équivoque, et le « demi-mot » occulte, en semblant désigner.

L’extension actuelle de l’utilisation de la « fonction psychiatrique » nécessite, pourtant, d’accorder la « pratique » avec une « légalisation » en « amont ».

Plusieurs lois le tentèrent, lesquelles, chaque fois, n’ont fait qu’en souligner les contradictions.

L’énonciation des données et des enjeux s’impose donc, afin de faciliter des « choix » qui, actuellement encore, semblent d’autant plus redoutés que ces données et ces enjeux sont mal connus ou mal compris. On voit pourtant combien, en réalité, au prix d’une méthodologie rigoureuse, les choix pourraient être simples.

Et qui ne voit que, pour tous, le malaise ne peut que croître, à la mesure même de la disparition de ces aménagements que notre civilisation avait depuis très longtemps, lentement, mis en place, et propres à  y recueillir les expressions si difficiles, dans leur dimension intime, de la « douleur » et de la « souffrance », afin d’y porter remède ?

                Ainsi si l’on fusionne à ce point les fonctions de nos institutions, la « justice » disparaissant de plus en plus, seul pourra alors se manifester un « arbitraire », dont pourtant on déclare dans le même temps ne pas vouloir, fait tant de « tolérances arbitraires » dévalorisantes, que de « tyrannies  et contraintes arbitraires » paralysantes.

                Or, incontestablement, le « système psychiatrique » en place pourrait être utilisé, en toute légalité – « formelle », soulignons le, car ce n’est pas « l’esprit » de nos lois - comme un instrument de « gestion exécutive ».     

Ici se rencontrent et s’opposent la « psychiatrie dogmatique et/ou administrative » et la « psychiatrie médecine de soins » :

*            Pour la première, formelle, résultant d’une sorte de « coup d’état administratif» accaparant la médecine, l’ambition soignante, même si elle est espérée, n’est pas, par « essence », première.

*            La seconde, au contraire, vestige de nos « diligences immémoriales », est celle de cette ambition.

*            Si l’une et l’autre se rencontrent de cibler le même « individu », il ne faudrait pas oublier qu’il y a plusieurs façons de définir et considérer « l’individu », selon les critères privilégiés des modes d’observation. Cette multiplicité implique de les discerner.

*            Or, la situation étant couramment conflictuelle, il a été établi une hiérarchie des fonctions, la première prévalant toujours, faute de quoi la situation eut été ingérable. Aujourd’hui, la seule façon de faire réapparaître une fonction soignante pleine est donc de la soustraire à une emprise administrative devenue « archaïque » en ce qu’elle choque notre esprit et en ce que sa fonctionnalité est d’autant plus préjudiciable que sa prégnance s’étend.

               

*            Un mythe «  multi-fonctions » :

In fine, au-delà des conjonctures unitaires que l’on connaît déjà, une utilisation « administrative » parfaitement « légale » du système en vigueur, comme instrument de « déresponsabilisations  » à grande échelle, ne serait pas la moindre de ses infortunes - outre les infléchissements insidieux qu’une certaine « culture » nourrie de ce système a déjà pu impartir à nos mœurs.

On prendra d’ailleurs mesure des désarrois engendrés aux désopilants recours au phonème « psy », exclamatif, ou conjuratoire, ou subreptice évocation d’un grand retour de l’âme, - voire de ses caprices vengeurs - autant que raccourci d’un « psycho -  multifonction »  dont tout le succès pourrait bien venir du soigneux évitement d’une lexicalisation complète et possiblement très variée, d’où son aptitude à tout dire et à ne rien signifier.

Avec un tel « instrument », chacun peut se prendre pour le « psychiatre improvisé » de l’autre.

Mais le « vocabulaire psychiatrique banalisé » est en général lesté d’une forte charge « de morbidité », quand ce n’est purement « d’insulte », car on n’y a recours que quand « ça ne va pas » et l’on parle assez peu de psychiatrie « sainement ».

Pourtant il y a une « physiologie mentale » comme il y a une « physiologie somatique », et l’une et l’autre, aussi bien saine que malade, eu égard à leur aspect médical, relèvent du domaine privé – et instruit !  Qui affirmerait, se fondant sur son seul sentiment, que son voisin a telle ou telle pathologie somatique ?

La valeur d’un fait est souvent relative : ce qui imposerait la rigueur !

Mais, on croit  « comprendre », et devoir …  « protéger » ! 

On imagine que « l’autre pense que … »,  interprétations en général vides et vaines, qui devraient rester inconséquentes, mais qui peuvent prendre des dimensions redoutables avec nos lois de la psychiatrie !

Car en définitive, ne comprenant rien[15], mais d’autant plus apeuré, on craint que « quelque chose n’arrive ! ».

Et, au nom de « l’urgence », de la « sécurité », pour être « tranquille » - « on ne sait jamais ! » -  il ne reste plus qu’à concevoir une psychiatrie mystérieuse mais close, comme moyen de contrainte idéal, par lequel on ferait « que rien n’arrive ! ».

Les lois devraient protéger les citoyens des égarements des passions : Ici, elles favorisent souvent celles de celui qui croit dénoncer la folie en l’autre, dont les démarches, qui qu’il soit, et quoi qu’il arrive, n’encourent guère aucun risque.

L’Etat semble n'avoir plus confiance, ni dans les citoyens, ni dans les médecins du service public, ni dans ses juges.

En 1976, dans une métaphore devenue d‘actualité en certaine forme économique, Alain Peyrefitte qualifiait notre société de société à « irresponsabilité illimitée ».

Comme depuis cette date la formule n’a pas perdu de son actualité, mais que la population, elle, s’est diversifiée, c’est que la cause, aujourd’hui, en provient davantage des institutions concourant en ce sens, que du « génie présumé » d’un peuple qui, maintenant, surtout, les subit.

Aujourd’hui, pour redonner vie à nos catégories déclinantes, le seul remède résiderait dans une « reconquête des responsabilités » là où elles sont de plus en plus confisquées. Ainsi seulement pourrait renaître la confiance, puis la reprise des fonctionnements sociaux que chacun appelle de ses vœux.

En particulier, aucune demande de soin ne serait jamais possible sans « confiance » envers celui qui la reçoit. Et, en « psychiatrie de soins », la confiance est une clé de voûte, - permettant le « transfert » dit-on en terme savant , vers la personne pour laquelle, en ce sens précisément, jacques Lacan a théorisé « le sujet supposé savoir ». On ne peut s’y attarder ici.

Et, autant la « vulgarisation » médicale est souhaitable, autant il serait illusoire de tout dire et tout expliquer à un patient dont la compréhension de ses maux, en raison de sa détresse même, est toujours fondamentalement invalidée au temps de ses soins.

 

*            La responsabilité part de l’intimité individuelle :

Cette responsabilité, qui prend origine de ce qui serait une « fonction privée », dont on sait que le domaine « échéanciel » n’en peut être seulement spatial – domicile ou corps propre, sinon corps inerte - est supposée s’exercer, en outre, dans un « espace public », lui non plus limité aux seules définitions géographiques, qui devrait être propice aux épanouissements relationnels.

Mais, qu’est-il devenu, par désobligeances ou confusions des droits, cet « espace public des échanges relationnels », trop souvent lieu de tant d’incuries, voire, jusque pour y remédier, de « privatisations », causes ou conséquences de ce que beaucoup envisagent une part croissante de leur existence dans une  « projection directe » – mais non sans la médiation d’un « véhicule d’un nouveau type » qu’il ne faudrait pas oublier - du « privé intime » vers un bien « mal nommé virtuel » ?

On voit successivement évacuer, en dehors de la conservation de créneaux d’ouvertures de plus en plus étroits, les églises, les écoles, les bureaux de poste, les hôpitaux dans leur dimension d’accueil, les casernes même … On met en avant les insécurités, l’indispensable repos des travailleurs, l’obsolescence des grands rassemblements …

Mais dans le même temps, le gigantisme décrié gagne les centres commerciaux, les espaces routiers privatisés, mais toujours ouverts, et nombre de formations qui tendraient, en un sens, à devenir de nouveaux lieux d’une « formation civique de masse », mais à la moralité quelquefois bien douteuse, quand on y découvre, parmi d’autres incitations, jusqu’à la recommandation « des achats d’impulsion » !

Comment ne pas s’interroger, lorsque « la rue », encore « publique », devient  moins sûre que « l’autoroute » - devenu très discutablement « privé » - et lorsque l’on stigmatise les « inciviques » comme atteints de maladie mentale ?

Si c’est insulte , elle est bien déplacée ! Pour le remède il n’en est pas connu !

*            Or le privé pourrait-il se fonder autrement que de « l’intimité mentale de chacun », celle-là même que l’on subjuguerait en la disant « malade » ? Car, en accord avec nos catégories mentales, il n’y a pas, au sens propre, de « responsabilité collective ». Et, « beaucoup de responsabilités individuelles» ne feront pas « une responsabilité collective », laquelle serait absurde effet de vocabulaire ! Par contre, elles seraient les pièces d’une « culture de responsabilité », elle même rendant possible une « culture de confiance », sans laquelle aucun fonctionnement associé quelconque ne serait possible.

Le sens du mot « privé » ne mériterait-il pas d’être retrouvé, lors qu’il définit de moins en moins le « penser » et le « dire », mais de plus en  plus une « appropriation des besoins de l’autre », dont les limites sont chaque jour repoussées.

Quant aux « actes » individuels, on craint que n’étant réduits de plus en plus aux seuls effets des « interactions mécaniques », ils ne passent simplement du domaine juridique à celui de la « physique de la matière » : Toute loi n’y serait alors perçue que comme loi physique !

Et, comme, semble-t-il, peu de physiciens s’octroieraient de juger, la justice ne peut qu’y disparaître, quand bien même on assisterait à une multiplication exponentielle des plaintes et des procès  - dans lesquels d’ailleurs « l’examiné » est loin d’y tenir toujours la place essentielle, parmi les pièces des débats !

*            En définitive de quoi pourrait-il être fait, notre « matérialisme » envahissant, fait autant de matière que d’antimatière et de nul ne sait quoi encore ? Le sens du mot est si imprécis qu’il aurait pu désigner à peu près n’importe quoi ! Par le mot « matérialisme », il faut, en fait, entendre un mode particulier d’appréhension des choses.

Et son choix est un effet de l’histoire ». Peut-être aurait-elle pu être autre, aboutissant à d’autres prédilections.

Aujourd’hui, différent de son sens scientifique, le sens sociologique du « matérialisme » désigne surtout quelque chose qui pourrait être déclaré possession – ou dépossession – à l’exclusion de l’autre, souvent convertible en « valeur monnayable ».

*            Par le sens, le mot « privé », lui, indiquerait un retrait particulier, et le mot « public », à l’inverse, ce qui est partagé par le peuple.

Mais la fonction de « privé » est sortie de son antique repaire, celui des inviolables intimités, elles, fort peu monnayables, pour s’approprier ladite valeur monnayable.

Ainsi, le mot « privé » devient de plus en plus synonyme de « propriété  commerciale ».

On a aboli, de l’ancien régime, les péages royaux et seigneuriaux, mais ne sont-ils pas promptement réapparus autrement régulés ?

Et, même les anciens caractères juridiques des « intimités individuelles », qui les réservaient aux arbitrages inviolables de soi-même ou de son dieu, seraient comme transférés à d’autres types « d’inviolabilité », ceux des « secrets » de l’industrie, des brevets, des clés et des codes, comme il en allait des « secrets d’états » durant les guerres, où l’occultation, la tromperie de l’ennemi, prenaient figure de stratagèmes valorisés.

Mais lorsque c’est le « privé » et non plus l’état qui détient les secrets, le « consommateur » risque fort de devenir « l’indispensable ennemi », qu’il conviendrait d’asservir. 

Des tensions de guerre individuelles et permanentes se substitueraient ainsi aux tensions des guerres jadis collectives et intermittentes !

 

*            Un croisement privé-public aberrant :

Au total, par un double mouvement, la « psychiatrie administrative de l’Etat » s’approprierait ce qui était autrefois « l’instance privée des gens », et une fonction de « privé », perdue pour les gens, s’approprierait les anciennes « grandes affaires communes de la République ».

Mais, comment pourrait-on concevoir un « espace privé » propice aux échanges « d’êtres devenus publics » - expression absurde ! - sinon en changeant sans profit le sens de tous les mots et de leurs attributs ?

Car l’un n’est ni l’inverse, ni substituable à l’autre, et l’Etat n’est pas la République, qui à ce jeu disparaîtrait - dans son principe[16].

Nous avons analysé dans « l’invention de la psychiatrie » les moteurs des renversements, et voulu en montrer les dangers.

Or en accord avec  la cohérence de notre structuration sociale occidentale, « la responsabilité » des gens, dont la manifestation visible s’épanouit dans le « domaine public », ne peut prendre son origine que dans « l’intimité privée », celle de « la liberté individuelle et délibérée des choix ».

Elle est le résultat de multiples grandeurs, biologiques, culturelles, religieuses, conjoncturelles que chacun est libre de valoriser, mais qui ne sont ni comparables, ni opposables.

L’age du berceau qui la voit naître en chacun ne se compte pas en semaines, ni même en années, mais en générations, et nul ne saurait la confisquer sans jeter la plus grande confusion dans tout le groupe, car c’est par elle qu’il se structure. Car la responsabilité de chacun concerne tous les autres, et c’est en ce nom que la justice est rendue.

S’il est quelque chose de sacré en l’homme, c’est autour de la responsabilité qu’on le trouve et c’est pourquoi la justice est sacrée et se déroule ouvertement.

Or, en 3 périodes, la psychiatrie s’est constituée à cet égard en un  paradoxe devenu ingérable :     

Dans le « premier système psychiatrique français », la « déresponsabilisation » pénale, instituée par le code pénal en 1810, renvoyait dès 1838 nombre « d’irresponsables », parce que « dangereux », à « l’aliénisme » asilaire, chargé d’en définir « l’aliénation ».

Presque 200 ans plus tard, « l’aliénisme » devenu « psychiatrie », et « l’asile »  devenu « CHS ou GPS », voire « soins ambulatoires », étaient devenus comme partie intégrante de nos réflexes institutionnels dont le succès n’a cessé, jusqu’à ce jour, d’être grandissant.

Quant à la « déjudiciarisation-déresponsabilisation », qui est à l’origine du « premier système psychiatrique français » et en supporte toute la construction, elle était – et reste souvent -  présentée comme une « faveur accordée », alors qu’elle amorce généralement une « cascade destructrice ».

Enfin, dans un mouvement de « tête à queue » législatif, par le « second système psychiatrique français », initialisé par la loi sur les « hospitalisations sous contrainte » de 1990, et achevé par « l’article 122-1 » du nouveau code pénal, c’est la « psychiatrie dogmatique administrative » qui semble « justifier » les « déresponsabilisations  » des gens.

 

*            Quiproquo entre les institutions :

                *            Certes il n’est pas difficile de comprendre pourquoi et comment la « dé-pénalisation » et le « psychiatrique » ne pouvaient qu’être liés dans l’idée, d’une façon ou d’une autre, par nécessité, dès l’origine.

Certes aucun des deux systèmes psychiatriques successifs n’est satisfaisant, et il n’est pas question d’en préférer l’un à l’autre.

Néanmoins connaître la succession des pratiques et des lois, est riche d’enseignements pour « comprendre » la mise en place de l’une des plus mal connues, mais des plus influentes et des plus problématiques, de nos institutions sociales.

Tout comme apparaîtraient à qui ignorerait les valeurs de l’Ancien Régime, inexplicables et inopinées les lois « hybrides » que « l’aliénisme » a, en un sens, à demi prolongées, tout en proclamant la rupture.

*            Depuis la révolution de 1789, s’est installé un quiproquo persistant, qui met le « triomphe politique » en lieu et place de la « victoire morale » (clic).

qui voit en la « démocratie » un accomplissement des « droits de l’homme »;

qui voit en la paix sociale, ou du moins « son silence », un témoin de la  « bonne santé » des gens;

une « pax psychiatrica »  comme un avènement de « justice éclairée ».

« Naïveté » ou « cynisme » ? Qu’importe !

La confusion mène à l’impasse :

Quiconque brandit « les droits de l’homme »  se heurte ici à l’argument « démocratique ».

Quiconque est assoiffé de « justice » se heurte à la « psychiatrie dogmatique », au nom même des principes humanitaires, mais à la disposition, en dernière analyse du ministère de l’intérieur.

*            Et la substitution des concepts est impossible.

En réalité, l’impossibilité de la substitution est salvatrice, comme un rempart conceptuel, contre les « entropies totalitaires » dévastatrices.

 

*            La question du rationalisme :

                *            De fait, la réflexion sur les liens entre les idéaux moraux et les idéaux politiques est de tous les temps et reste essentielle. Elle a parfois été exemplairement décryptée, comme par Machiavel (« Il Principe » 1513 publié 1532) ou encore, autrement et avant lui, par le grand vizir fondateur des « madrassat », Nizam el Mulk (1018 – 1092), dans son « Traité du Gouvernement ».

                *            Mais, que les idéaux soient politiques ou moraux, vivre avec ses idéaux nécessite d’abord de définir les idéaux. Et, peut-être, encore auparavant, leur scène.

*            Les difficultés viendraient de loin : On a montré ailleurs « l’impossible » d’une double ambition d’ immortalité, de l’impensable rencontre de Guilgamesh avec Osiris, l’un en quête d’immortalité ici-bas et l’autre éternel en l’au-delà …  de ce en quoi la rencontre des pensées a priori contradictoires, les unes venues de l ‘Afrique, et les autres venues du Moyen Orient, a pu être à l’origine de la réflexion dialectique européenne … (Cf. « La conversion de la Grèce »).

Puis il a été avancé alors que, sans rapport avec le rationnel, « l’impossible » des ambitions découlerait d’instincts libidinaux qui s’opposent, de la sexualité, de sa sublimation …

*            A ce point, bien loin ici des beaux ordonnancements du rationalisme antique - et tout particulièrement pharaonique - ce qui caractérise « l’occident moderne », ce pourrait bien être, au travers des recherches les plus variées dans toutes les sciences, et au-delà de la foi déférée en lui, le questionnement même du « rationalisme » : L’inexplicable a-t-il une forme  ?

*            La réponse devrait questionner l’ambiguïté des articles – définis, indéfinis, unitaires, ou innombrables – autant que les mots qu’ils déterminent[17].

 

*           Enfin la reconnaissance :

Ainsi la rencontre du cœur et de la raison se poursuivrait.

Mais, toujours, de la chambre funéraire au divan de l’analyste, une constante témoigne de la dimension sociale de l’être, « la responsabilité ».

Alors, sous l’égide de Maât, du Saint Esprit, du grand Autre ou du grand Chancelier, « qu’être  responsable »  s’inscrive pour chacun, parmi ses premières exigences !

 

Suite  :  page : « Politique, morale et gestion de la psychiatrie »  ®

 


 

 

12)  1er décembre 2005 
Thème : « Psychiatrie et Pénal »
Affaire d’Outreau

En écoutant les informations répétées de la radio, de la télévision, le plus frappant, autour de l’affaire « d’Outreau » est le silence  étonnant sur tout ce dont nous avons fait la matière de notre site : L’usage que l’on fait de ces spécialités dont la véritable finalité publique  devrait être dans les soins.

La justice est précisément le cadre qui doit permettre à la psychiatrie de fonctionner dans les soins.

Ce n’est pas à la psychiatrie de guider la justice.

Ainsi, le rapport est simple : « la justice peut se passer de la psychiatrie, mais la psychiatrie ne peut se passer de la justice ».

On croit comprendre, à partir de ce qui est dit dans la presse, que durant trois ans,  la psychiatrie aurait occupé – « à demi-mot »  une place qui n’est pas la sienne, et qui est celle de la justice.

Comment cela a-t-il été rendu possible ?

Ni les psychiatres ni les psychologues  n’ont les possibilités techniques juridiques, ou l’habilitation, pour établir la réalité de faits, et cela n’a sans doute jamais été demandé. Selon nos lois actuelles il appartient aux  juges d’instruction de le faire.

Cependant la participation de psychiatres comme « experts » ne concerne plus la  « psychiatrie-médecine de soins » mais une  « psychiatrie dogmatique et/ou administrative » de plus en plus présente partout, pour délivrer  une sorte de « label ».

 Ce n’est en aucune manière la « psychiatrie-médecine de soins », que nous promouvons,  toujours « individuelle » limitée au patient « envisagé dans le champ thérapeutique ».

La raison première de l’étude des « fantasmes » et des registres de « classements»  est d’être des  hypothèses d’écoles spécialisées destinées à des fins thérapeutiques.

En vérité, d’ailleurs la psychiatrie se prête fort mal aux classifications et n’est faite que de cas particuliers.

Ce qu’il faut déplorer dans cette psychiatrie administrative est une longue cascade dans laquelle tout est  « arbitraire » et « subjectif » :

 

La « cascade » consiste en :

 

*   Attribuer à quelqu’un une conformation mentale que l’on lui imagine

*   Mettre cette impression sur le même plan de réalité qu’un fait matériel

*   En faire une maladie mentale mise sur le même plan de réalité qu’une maladie physique mais permettant, à l’opposé d’une maladie physique :

*   De mettre des faits avérés , plus rarement une absence de faits , sur le compte d’une maladie qui autoriserait dès lors, « au nom de la médecine »

 

Une « dé-judiciarisation des actes », une « dévalorisation de la parole et de la volonté » du « supposé patient »,

 

Une « contrainte physique »:

 

 

*   En un lieu imposé par ordonnance préfectorale : en général un « hôpital spécialisé »

 

 

*   Parfois une « contrainte de soins » par ordonnance judiciaire par des moyens dits psychothérapiques

 

S’accompagnant d’un flou juridique sur l’autorisation  des moyens de contrainte utilisés :

 

 

*   soit reconnus en principe comme moyens de « soins » ( médicaments en piqûres, électrothérapie, etc.) qui nécessitent légalement un « consentement éclairé »

 

 

*   soit reconnus clairement comme « moyens de contention » (« enfermement »« camisole de force », etc.) dans le cadre des contraintes de placement exercées

 

D’une incertitude sur la «  nature » de la « prise en charge », sachant que 

 

 

*   si elle est « médicale »le contenu des dossiers et des certificats est directement accessible aux patients,

 

 

*   si elle est « préfectorale » ces contenus ne sont habituellement pas révélés

 

D’une incertitude sur la « publicité », autorisée ou non, des mesures prises, découlant de la nature « publique » ou « privée » des mesures, sachant

 

 

*   qu’une « mesure judiciaire », telle un « non-lieu » est « publique »,

 

 

*   alors qu’une « hospitalisation et une maladie » concernent la « vie privée »

 

 

*   et que rien n’est précisé pour cette mesure ni médicale ni judiciaire, ordonnée

 

 

 

◊ soit après un prononcé de « non lieu juridique»  et  transmission d’un dossier judiciaire à la préfecture

 

 

 

◊ soit après une simple ordonnance préfectorale d’hospitalisation sous contrainte

 

 

 

soit après deux certificats médicaux transmis à la préfecture .

 

 

A l’opposé de ce système qui fait imposer les soins par l’autorité exécutive, nous proposons la plus normale « médicalisation des soins », sous la « responsabilité médicale claire du médecin qui prescrit et donne les soins librement » et en accord avec la notion juridique plus simple et plus générale  « d’assistance à personne en danger ». Cf.

 


 

 

6) 5 Août 2005 
Thème : « Psychiatrie et Pénal »

« Evasion …  »

 « Evasion de l’hôpital psychiatrique de Pau ! », « Personne dangereuse ! », etc. peut-on lire çà et là. Tout cela est peut-être vrai, mais parler de « l’évasion » d’une personne « hospitalisée » paraît d’emblée étrange à un médecin. « Hospitalisation sous contrainte » est, en effet, la nouvelle appellation, depuis 1990 des anciens « internements préfectoraux de 1838 » ! Mais changer les mots ne suffit  pas à changer les choses. La personne a-t-elle seulement été jugée et condamnée ? Si elle a été condamnée, sa place n’est en hôpital psychiatrique que si elle est demandeuse de soins! Il en va de même si elle a été innocentée. Quels soins pourraient apporter des soignants dans le cas contraire ? On dirait que, soit la problématique n’a pas encore été comprise, soit les responsables n’ont pas encore voulu y remédier :

Le remède : Tout ici vient de la « législation d’exception » , et non de la « hauteur des murs », du « nombre des soignants » ou des « crédits accordés ». Si l’on veut faire de la psychiatrie une institution de « soins », on ne peut pas lui demander d’assumer la charge de « l’ordre public ». Il n’est pas possible de satisfaire aux deux activités par la même  opération. En soi, rendre la santé à une personne, n’est ni destiné au bénéfice de l’ordre établi, ni l’inverse. Telle est la logique du recouvrement de la pensée. C’est pourquoi une vraie justice est nécessaire, avant, pendant, et après les soins.

 

 

0 ) Février 2005
Thème : « Psychiatrie ,  Pénal, Ethique »
« A propos de "l'affaire de Pau »

Certains médias ne font aucun cas du secret médical, en faisant état de "supposée maladie".
On attendrait d'eux plutôt des relations de faits, la discussion des connaissances, la discussion de nos institutions et cela dans le respect des personnes, et non la violation de soi-disant "informations" qui sont en réalité "des hypothèses de quelques spécialistes" de valeur limitée.
Car autant les affaires de police et de justice sont des affaires publiques, ainsi que la connaissance de l'état actuel de la science médicale, autant "les intimités médicales" de chacun sont des affaires privées.
S'il n'en était pas ainsi, comment pourrait-on soigner quelqu'un qui n'aurait d'intérêt qu'à se taire, même devant son médecin !
De plus, que peut "comprendre", sinon tout de travers, quelqu'un qui n'est ni désigné, ni impliqué dans une relation de soins très intime?
Chaque métier nécessite des conditions de travail requises. Chaque "scientifique" travaille sur des hypothèses, dans son jargon, souvent provisoires, et utilisables seulement dans "un champ de validité" précis.
Il n'est pas possible de mélanger les rôles.
Demandons-nous ici que sont devenues toutes les résolutions de prudence prises par les journalistes après la mort du ministre Bérégovoy ?
Enfin, la confusion de domaines comme ceux de la médecine et de l'ordre public s'avère toujours dramatique.
Il faut respecter le droit à la maladie et juger les crimes, et non faire l'inverse
Dans cette affaire, nous savons qu'il y a eu deux morts d'homme. puis, semble-t-il, un meurtrier. Il est tout à fait possible que d'autres faits interviennent, et que soient intervenus de nombreux paramètres.
Sur les causes, à tort ou à raison, certains religieux diraient que c'est action divine, certains psychologues conjugueraient ici le résultat de pathologies compliquées, certains physiciens verraient l'interaction d'autres paramètres, etc., mais on doit établir des faits avant de supputer sur les causes.
Dans une Nation laÏque qui croit à sa justice, c'est à celle-ci qu'il appartient maintenant d'instruire des faits, de déterminer qui est agresseur, qui est victime, qui est responsable, de quoi, dans le cadre des lois , sans mélanger les faits avec les maladies, les religions, les croyances en telle ou telle science, fut-elle la psychiatrie.
IL n'existe pas en France de droits confessionnels.
Des circonstances atténuantes peuvent exister, mais n'interviennent, dans ce cas, qu'au moment du jugement, et n'excluent en rien l'instruction des faits constatés.
Certes, le procès peut-être entravé par l'article 122-1 du code pénal, mais cela ni ne change les faits et ni n'autorise les médias à se délier de leur devoirs, en rapportant des "intimités de médecine" qu'ils n'ont pas à diffuser.

 



[1]

[2]  « Boire ou conduire, il faut choisir ».

Certains ont eu l’idée de lancer un slogan qui fit fortune. 

Les assonances en étaient heureuses. Le rappel de ce qui pouvait flatter la dimension du choix, et prétendre atteindre à la dimension de liberté, en première apparence pouvait séduire.

Mais si un tel slogan, pédagogiquement utile, peut être un bon conseil, il ne peut pas structurer un ensemble de responsabilisation réelle.

Un engagement dans la responsabilisation selon ce slogan est ambigu, et laisse une grande place à des apparences, plus faciles à mesurer, sans doute, que le véritable poids de chacun des actes :

Tout comportement suivant une prise de boisson alcoolisée devient alors, en effet, lui-même dévalorisé, puisque supposé par avance pris dans une relation de causalité, et potentiellement répréhensible du fait de cette relation affirmée.

Dans ces conditions, puisque ce n’est plus l’infraction au code de la route qui est privilégiée, l’acte d’infraction lui-même s’évanouit en tant que tel … pour être remplacé aussitôt par un autre, faisant intervenir des relations métaboliques – médicales et connues - mais à la vérité variables.

o        Une sorte de jeu statistique – remplace alors une relation de justice individuelle.

o        De plus, dès lors qu’un « acte antérieur » se substitue à un autre qui - a été, ou n’a pas encore été, ou ne sera jamais – réalisé, où s’arrêter dans l’histoire de chacun?

o        Ce sont en définitives les intimités qui sont surveillées, là où ce devrait être les relations entre les gens.

Nous avons déjà dénoncé l’absolutisme qui résulte d’un « quiproquo », découlant avant tout du déplacement d’une « théorisation mécaniciste » de l’existence, pure hypothèse en réalité, appliquée de plus en plus systématiquement à tous les niveaux de la vie de chacun.

 « L’établissement des faits » devient de ce fait « pseudo-judiciaire », remplacé par la supposition d’une possible éventualité, les faits – ici « infraction potentielle » - devenant indifféremment pourvus « d’existence » ou « d’inexistence ».

(Revue « Pollen » N°9, Comité Européen Droit Ethique et Psychiatrie, 52 rue de Charenton, 75009 Paris,1999.).

La question va très loin :

L’inéluctable engrenage mécaniciste exclut en réalité le moment du choix et mène à une condamnation « existentielle ».

Même Voltaire l’avait remarqué. 

L’assimilation conduit alors, soit à invoquer « un choix » impossible à définir, soit à imposer un paradigme de « déresponsabilisation - hyper-responsabilisation », inéluctable et a priori, de type « bouc-émissarisation », (Cf. : ce site */page web 10.htm) que notre civilisation avait toujours cherché à écarter

Dans ces conditions, devant les difficultés législatives nées du respect de « dogmes » en réalité irrecevables dans les prétoires, l’utilisation de la prestance « dogmatique » d’une psychiatrie considérée « à partir de « la fin » recherchée » devient dommageable ment sollicitée.

Cannabis, LSD, alcool, thé au jasmin ? Interdire, légaliser ?…  N’y a-t-il pas une différence entre ce que l’on ingère et ce que l’on fait ?

En réalité les corps constitués ne pourront jamais parvenir aux résultats justement recherchés tant que pressés de succès immédiats, ils négligeront les longues durées de « l’éducation » – de « la civilisation ».

 

A noter qu’il y a une différence de « rapport au prochain » entre le contenu d’un estomac – qui n’est l’objet d’aucune propagation immédiate à l’autre - et les effluves distillées par un fumeur installé « dans la porte » - zone limite, mais virtuelle, de son interprétation de « son droit » négligeant les déplacements de l’air, et un « passage obligé ».

 

Et les pots d’échappements n’évacuent-ils pas les gaz « derrière » les véhicules plutôt que dans l’habitacle ?

Ces infortunes aujourd’hui parfaitement reconnues du déterminisme commercial, « échappent » pratiquement à toute interdiction publique en nos rues.

 

Interdire, légaliser ?…  Contraindre, forcer à incorporer ? Vacciner ? …  Contre quoi ?… Quelles sont chaque fois les raisons ?

 

Le slogan « Santé -- Sobriété » était plus prévenant : On prévenait des « cirrhoses », il responsabilisait, et c’était avant « le temps des autoroutes ».

 

Un « mécanicisme simpliste » ne serait-il pas susceptible d’esquiver une dimension essentielle ?

Dire quelque chose comme : « 2 accidents sur 3 sont dus à l’alcoolisme » est du même ordre que de dire « le brouillard a provoqué 50 carambolages » : Affirmations saisissantes, mais où sont les protagonistes impliqués ?

 

[3] Un « malade psych – iatrique » ?

J’avais rappelé cela à une infirmière qui allait chantant fièrement dans tout l’hôpital qu’on avait notre « premier SIDA  dans le service ! »

Ca lui a cloué la langue tout net.

Mais la pauvre patiente, plus personne dans l’hôpital ne voulait lui serrer la main : « On sait jamais ! »

 

[4] microbe opportun ici :

Ici, à la façon de Jacques Dutronc  dans « L’opportuniste » : « Moi, je ne fais qu’un seul geste : je retourne ma veste… ».

 

[5] Le temps des Mûres (c’est en été alors que le temps des murs, c’est toute l’année) :

Il fut un temps où l’on me demanda de rapporter « en expert » une « responsabilité ès amours bucoliques » entre deux amants.

Comment se faire se peut-il cela ?

Par un bel après-midi d’été, une belle fit belle rencontre, au cours de laquelle elle invita un garçon à ensemble cueillir et goûter des mûres.

Fort galamment l’invité s’exécuta et tous deux devinrent amants.

Mais au lendemain la belle se ravisa, laquelle son amant de viol accusa.

Comme de la Biblique Genèse aux Ronsardiennes Odes, la scène n’aurait pu qu’à Dame Nature exprimer charmante soumission.

Ce que j’en dis ? Je n’en dis rien, car je n’ai jamais compris ce qu’un désigné tribunal pouvait attendre d’une mienne relation d’une relation qui était leur.

 

[6] Les spermatozoïdes :

Je ne sais pas trop pour qui, ni pour quoi, j’écris, mais cela a sans doute à voir avec la vérité.

Peu de gens s’intéressent en réalité aux spermatozoïdes, et l’opinion publique se voue à Darwin - dont les gens ne connaissent en général rien - et à ce que Darwin appelle sélection naturelle, c’est-à-dire compétition.

Rien n’est plus en désaccord avec un écosystème.

Ce n’est pas du tout le cas des braves spermatozoïdes,¨qui jouent la carte de l’entraide : Presque chaque espèce animale a sa stratégie, si bien qu’elles sont très variées dans le détail : il y a des espèces ( parmi les insectes) qui produisent presque un spermatozoïde pour un ovule.

Dans l’espèce humaine il y a au contraire des milliards de spermatozoïdes pour un seul ovule.

Mais cela ne signifie nullement que ce soit tout simplement le premier venu ou le plus rapide des spermatozoïdes qui remporte le privilège de féconder l’ovule :

D’une part il y a des attirances et affinités entre ovule et spermatozoïde qui sont mal connues.

D’autre part les spermatozoïdes sont tous différents, et chacun a sa personnalité. Cependant, ils arrivent à mettre en place des stratégies de groupe : il y a ceux qui ouvrent la voie aux autres et leur facilitent l’accès, etc. Finalement un seul pénètrera l’ovule.

Tous les écosystèmes de la nature sont d’une complexité inouïe et les biologistes ne sont pas près d’en avoir percé tous les secrets.

Mais eux le savent : ceux qui savent savent qu’ils ne le savent pas.

Ce qui est sûr c’est qu’il ne faut pas voir la guerre partout… surtout en amour !

 

[7] différence entre le fonctionnement mental et son contenu :

Il peut être utile de faire comprendre la différence entre le fonctionnement mental et son contenu par un exemple :

·         Pour ce qu’il en est du contenu, tout exemple est inutile

·         Pour ce qu’il en est des mécanisme de fonctionnement, beaucoup de mécanismes différents sont possibles, sans même être pour autant être pathologiques, ni détenir une supériorité. La nature est variée : Par exemple dans les mécanismes d’apprentissage de la lecture, certains préfèrent la méthode globale, et d’autres la méthode syllabique : cela peut dépendre des langues, mais aussi des individus, de l’environnement et même du moment etc.

Par exemple pour conjuguer le présent du verbe être, certains pourront préférer apprendre un jour : « je suis ; tu es ; il est » puis le lendemain : « nous sommes ; vous êtes ; ils sont ».

D’autres préfèreront apprendre un jour : « je ; tu ; il ; nous ; vous ; ils » puis le lendemain : « suis ; es ; est ; sommes ; êtes ; sont ». cela dépend des dispositions, etc.

 

[8] Compétitions ludiques :

On pourra considérer l’époque révolue, le jour où l’on pourra constater un terme mis dans l’agressivité exagérée manifestée lors des compétitions de toutes sortes.

L’invention des « jeux olympiques » devait accorder une place mesurée aux compétitions.

L’effet cathartique des compétitions est indéniable et connu, mais il doit rester étroitement surveillé, car elles doivent ne rester qu’un substitut, une bataille « pour de rire » et non pas « pour de vrai »

Est-ce encore possible sans le payer par de trop grandes frustrations ?

Rappelons que dans la description du « mythe de la horde primitive » Freud fait découler l’esprit de compétitions d’un déplacement de la quête sexuelle pour la possession du « butin » qui serait la possession de la mère, unique pour une fratrie, mais possédée par le père commun : Parce qu’ici l’union fait la force, les frères font alliance pour se débarrasser du père. Le meurtre du père n’est que contingent dans ce mythe : un épiphénomène. Freud s’arrête à « la mort du père » - qui doit rester « symbolique » mais au fondement même de la société « démocratique apaisée et pacifiée »

Mais dès que « l’ordre symbolique » défaille, les rivalités entre tous les frères ne peuvent que se manifester d’autant plus indéfiniment que tous sont « égaux et semblables en désirs et en forces ».

Cette tranquillité est donc très fragile et ne peut être maintenue que par une loi impitoyable : Le prix de la paix est le maintien de l’alliance, et le maintien de l’alliance a pour prix réel la privation de chacun.

C’est sans doute pourquoi l’esprit de compétitions dont nous parlons ici, n’est jamais si débridé que dans les sociétés issues des proclamations égalitaristes des démocraties.

Notons que dans ce mythe, la place d’une sœur n’a rien de commun avec celle d’un frère : L’assimilation des mâles avec les femelles à laquelle nous assistons aujourd’hui ne ferait donc que révéler une occultation de plus en plus grande des origines présentées par Freud dans l’orientation des désirs issus des enjeux sexuels.

Ces désirs pourraient-ils aller jusqu’à disparaître totalement ou prendre d’autres aspects extrêmement variés de substitution ?

Parmi ceux-ci, l’inflation de l’acquisition de « gadgets » peut-elle être satisfaisante ?

Les sociétés animales non-humaines savent en général limiter l’extension des combats.

 

[9] Les mammifères sont nommés ainsi parce que les femelles dans l’espèce sont porteuses de mamelles. Faudrait-il en changer le nom ?

Les vaches ont des mamelles et les taureaux n’en ont pas. Y a-t-il  inégalité en tout cela ? Le mot n’y aurait aucun sens.

« œuf à la coque » : Attention aux fausses étymologies : Internet  pourra aider à y remédier : J :

Rappelons par associations d’idées que chez les gallinacés (« gallus » = « coq » en latin, d’où la confusion avec « gaulois ») les œufs sont pondus par les poules : l’expression « œuf à la coque » vient du latin « kokere » = « cuire » => « cuisine, cuisinier et maître queux ».

De même que « remède de bonne fame » vient du latin « fama » = « renommée » et signifie « remède de bonne renommée »

 

[10] Inceste :

Il peut être utile d’en profiter pour remettre les choses à l’endroit :

Dans notre pratique psychiatrique, nous sommes très souvent les témoins directs d’incestes :

·         soit père-fille, et dans ce cas souvent occasionnels, sinon répétés, et soit par « consentements mutuels » soit par violence physique

soit mère-fils, et dans ce cas beaucoup plus souvent par supposés « consentements mutuels », et au  quotidien, très favorisé par l’exclusion du père hors du logis familial - quelle que soit la cause de cette exclusion : auto-exclusion ; hétéro-exclusion par force ou stratagème ; lente ; rapide ; rien n’est généralisable ici.

L’absence du père est tantôt regrettée, tantôt souhaitée par l’enfant ; tout se voit, mais surtout s’explique, dans des situations presque toujours complexes ; et les traditionnels juges aux affaires matrimoniales on en général le tort de simplifier en ordonnant presque systématiquement dans le sens que nous dénonçons.

·         Autrement dit, les fonctions sexuelles encore une fois ne présentent aucune symétrie. C’est même leur rôle d’être asymétriques (Cf. note toxicomanie).

Mais ce que je voulais souligner ici, concerne l’inceste supposé « par consentement mutuel », c’est-à-dire par désir partagé, lequel est devenu en un sens  une contrainte morale.

C’est que, contrairement à ce qui se susurre à voix basse, au sujet de l’enfant incestueux, il est bien évident que le germe du désir dans ce cas dit « d’inceste par consentement mutuel », en général longtemps tu puisqu’il ne paraît déranger personne, au moins parmi les protagonistes – et n’est pas un délit - accepté par le parent, a toujours été d’abord l’œuvre de ce parent, et ceci, souvent dès le très jeune age de l’enfant.

 

[11] La pollution coûte cher à la société :

Mais la pollution, elle coûte cher à la société si on veut soigner les gens :

Or, l’air est parfaitement négligé (cf page clic) parce que :

      Quand tout va bien, on respire inconsciemment 24 H/sur 24, même en dormant – alors qu’on ne mange pas en dormant.

      L’air est encore gratuit, et on ne fait pas encore d’argent avec lui, sinon confidentiellement. Il n’a pas d’étiquette ni ne code–barre comme les produits du supermarché.

      La plupart du temps, on n’a aucun choix.

      Donc on oublie la respiration et on ne parle que des aliments.

      Mais la respiration me semble beaucoup plus prégnante, urgente, dans la conception par la nature de nos besoins.

 

Lorsque les gens deviennent an-osmiques, le cercle vicieux s’emballe et les gens vont faire du footing au milieu de la pollution ce qui est grave.

Au repos, on respire 15 fois par minute. Chaque inspiration fait 1,5 litre. Et il y a 60 x 24 minutes par jour, ce qui fait 60 x 24 x 1,5 litres d’air absorbé = ce qui doit faire environ 1660 litres d’air absorbé par jour, ce qui permet de calculer la masse de micro-particules et autres toxiques absorbés/jour, lesquelles particules noires ne s’élimineront jamais du reticulum endo-thélial pulmonaire * car on ne peut pas laver ses poumons.

Je n’oublierai jamais ces autopsies de poumons des défunts, pratiquées lors de mes études de médecine dans les sous-sols de l’Hôtel-Dieu à Paris : Le reticulum des poumons des paysans était rose (il est peut-être noir aujourd’hui !) alors que celui des Parisiens était résolument noir, à l’égal des murs noircis des maisons bordant les avenues – couleur noire des murs qui m’avait déjà frappé dans l’enfance la première fois que j’ai eu l’occasion de connaître Paris.

Mine de rien, les effets de la pollution eux ne sont pas gratuits pour la sécurité sociale : Dans mon entourage il y a pas mal de cancers dont les causes sont évidentes : quand on veut soigner les gens en faisant une greffe d’organe, la recherche de compatibilité « donneur - receveur » peut coûter 7000 Euros par personne => S’il faut tester une vingtaine de personne, le prix de revient en sera alors de 140 000 Euros, sans compter les médicaments qui à vie résulteront de la greffe pour en éviter le rejet, et invalideront la vie du greffé.

* RÉTICULO-ENDOTHÉLIAL : Définition de RÉTICULO-ENDOTHÉLIAL  www.cnrtl.fr/definition/réticulo-endothélial

 

[12]

Le 26 août 1789, les questions des « droits de propriété » ne sont envisagées que pour le « possédant », liant d’ailleurs « droits de l’homme » et « droits du citoyen », ce qui est une outrance soit verbale soit doctrinale.

La Déclaration des Droits de l'Homme de 1948 se veut également universelle : Si l’esclavage y est banni, tels d’autres droits de possessions illicites, la question de l’appartenance du corps du « sujet libre » n’y est pas posée.

Par sections, les Droits condamnent un grand nombre d’atteintes, mais ce qui manque – contrairement aux apparences d’un langage assuré – ce sont les définitions de base de ce qui y est énoncé.

Actuellement vient en France un nouveau « projet de loi en psychiatrie » comportant, semble-t-il, quelque chose énoncé « soins sous contrainte à domicile » :

On voit mal comment ce « vocabulaire indirect » exclurait la réalité de « contentions diverses », « innovations peut-être », « conditionnements actifs » provoquant des « modifications comportementales et/ou incorporation forcée de substances provoquant des modifications métaboliques, donc corporelles ».

Dès lors – que la contrainte soit imposée par un juge, un préfet, ou un médecin, qui n’auraient guère à en rendre compte – puisque, si la relation est « de soins médicaux », il n’est personne à qui il serait logique de se référer davantage qu’à l’intéressé lui-même.

Le mépris des voies ordinaires garanties par notre ordinaire constitution pose sans ambiguïté ces questions au moins :

·         Celle de la légitimité de transformations corporelles induites par force chez autrui,

Ø      au nom de la médecine mais parfois contre l’avis du médecin

Ø      en invoquant une dite conformation mentale qu’il faudrait corriger, et non une faute qu’il faudrait sanctionner

Ø      contre le gré de l’intéressé.

La légalité est affaire de légistes. Mais la pratique des supposés soins ne reviendrait pas aux légistes.

·         Celle du profit policier : Un profit policier est « a priori » douteux. Mais la pratique des supposés soins ne reviendrait pas non plus aux policiers.

·         Celle du bienfait sur la santé mentale de l’intéressé : Le médecin ne pourrait ici qu’émettre les plus grandes réserves sur les conséquences médicales d’une telle pratique.

Il est plus encore :

Ø      Un médecin n’a aucun droit, ni aptitude, à porter jugement sur les actes de son patient, dont il ne saurait d’ailleurs instruire les faits – ni sur tout ce dont un tribunal aurait été dessaisi et qui pourrait donc être perdu.

Ø      Un médecin n’a pas non plus les aptitudes, ni les connaissances, ni les droits, ni les moyens lui permettant de faire respecter l’ordre public.

Ø      Étant donné le manque grandissant de médecins psychiatres des hôpitaux publiques, il est à supposer que beaucoup des vacations – qui pourraient même être effectuées à contre-cœur par le vacataire – ne pourraient bien souvent l’être que par un personnel infirmier moins savant et/ou statutairement plus soumis, ou des médecins en cours de cursus probatoire, voire des services privés nouvellement habilités à exercer ces nouvelles fonctions.

Ø      Au total, le nouveau projet institutionnaliserait - encore davantage - pour chaque protagoniste – pour les uns, la démission d’une fonction qui devrait être la leur, pour les autres, l’imposition d’un travail hors du domaine de leurs compétences, comme s’il s’agissait chaque fois d’une réponse que l’on sait défectueuse, mais tolérée en raison d’un exceptionnel invoqué *: En réalité, rien ne serait plus propre à provoquer une situation exceptionnelle.

Ø      Dans un contexte déjà pléthorique en lois, dont on souhaiterait tout simplement, en psychiatrie, voir abroger les dérogations aux lois ordinaires, on peut s’interroger sur les raisons d’un tel projet.

Ø      Revers des standardisations ? Pourtant la justice comme la médecine n’avaient-ils pas comme objet premier le cas particulier – lui-même gage et acteur de l’évolution réfléchie de nos sciences et de nos mœurs ?

Car tout cas particulier engage aussi les autres.

Ø      C’est donc l’occasion de parler des voisins. La question est importante, surtout dans une société dans l’ensemble sous-informée des choses de la psychiatrie :

Un bon hôpital est la meilleure des choses s’il s’y passe les meilleurs des soins !

Un domicile au contraire peut devenir la pire des demeures devant peurs, méfiances ou quolibets des voisins. Par exemple, les professionnels savent très bien que beaucoup de psychotropes engendrent des mouvements anormaux : un clinicien averti est capable de les déceler du premier coup d’œil, comme il en va d’une hémiplégie, d’une pathologie cardiaque ou infectieuse. Mais des voisins ignorants risquent fort de rapporter mouvements anormaux, problèmes oculaires, salivaires et autres, à une hypothétique maladie, comme le font souvent les familles et jusqu’aux patients eux-mêmes. Dès lors risquent de s’installer malentendus, défiances et distances et c’est une nouvelle « situation d’exclusion » que l’on risque de reproduire imprudemment - même en cherchant à faire le contraire - une sorte de malencontreux « remake » de la place qu’a pu occuper autrefois « l’idiot du village ».

Outre que l’on est en droit de s’interroger sur les bienfaits qu’apporterait cette toute nouvelle fonction de leur « domicile privé », quand on sait à quel point la plupart du temps les patients sont attachés, durant tout le cours de leur hospitalisation, à l’idée de retrouver un « chez soi », perçu à la fois comme symbole de guérison, comme lieu unique d’une possible intimité, voire comme lieu privilégié de la reconstruction d’une identité mise à mal.

On croira avoir concédé une once de liberté dans un océan de contraintes, alors qu’on n’en aura présenté qu’une apparence et qu’on aura pu dévaloriser l’image du patient auprès des siens.

On souhaiterait simplement, en psychiatrie, voir abroger les dérogations aux lois ordinaires.

Il n’y a pas en France de loi officiellement cachée : Pourtant, actuellement, la violence inscrite dans les statuts des « psychiatrisés » est entourée d’une sorte de voile pudique, de demi-mesures incertaines, de voitures d’établissement banalisées, etc.

C’est que la psychiatrie, dans un contexte de Droit qui a changé, n’a toujours pas rompu avec les statuts des anciennes « lettres de cachet » qui avaient d’autres fonctions, mais qui ont été déterminantes dans la construction de la psychiatrie, comme on l’explique ailleurs.

Aujourd’hui, les attentes qu’on peut avoir de la psychiatrie ne peuvent plus du tout être celles qu’on attendait des lettres de cachet, ni officieusement, ni officiellement, et ce lourd fardeau n’est plus en accord avec l’organigramme de nos institutions, lesquelles prévoient :

o        Pour un acte médical une discrétion strictement encadrée : ambulance visible, mais secret médical des dossiers.

o        Pour une peine judiciaire, publicité de la peine et utilisation de moyens connus sans secret.

[13]

o        Sur le fait social voir l’ensemble de ce site.

o        Sur le fait que la loi est médicalement inutilisable, voir l’ensemble de ce site. Les décès occasionnés par la psychiatrie sont nombreux, surtout à long ou très long terme – voire reproduits sur plusieurs générations, mais difficiles à recenser, du fait que les supposés patients sont souvent délaissés ou rejetés – sinon évoqués ou invoqués, et que l’on ne peut – par principe - s’appuyer ni sur les tuteurs ni sur les familles pour faire valoir une plainte éclairée ou un regret sincère. L’amertume ne revient alors quelquefois qu’à quelques soignants lorsque ceux-ci assistent impuissants à l’application implacable d’une exécution aberrante.

o        Sur le rôle « sécuritaire » dérisoire, sinon « aggravant », du « système psychiatrique administratif », Cf. l’histoire du général Malet => clic :

Pendant que Napoléon se trouvait en Russie en 1812, le général Malet, échappé de la clinique du docteur Dubuisson où il était enfermé comme dément, tente un dernier « coup d’État » à Paris le 23 octobre.

Il ne lui sera pas appliqué le nouveau « code pénal de 1810 » : Il est jugé le 29 octobre et exécuté sur le champ.

Mais, certains des malheureux qui se trouvaient enfermés avec lui en la clinique du docteur Dubuisson y avaient fondé « l’association des chevaliers de la Foi », qui jouera un rôle à la Restauration - opposé au résultat recherché.

Que faire de ces nouveaux « irresponsables » ?

C’est à cette question que la « loi de 1838 » aurait voulu apporter la réponse chimérique d’un ordre « sanito – sécuritaire » composé de standards prédéfinis et variables, mais toujours imposés. (Cf. Jan Goldstein : « Console and Classify : The French Psychiatrie Profession in the Nineteenth Century », Cambridge University Press, 1987, 414p).

Mais n’est-ce pas déjà la fonction de nos lois ordinaires que d’assurer les sécurités domestiques et publique ?

 

[14] D’ailleurs il est bien difficile d’affirmer que quelqu’un était « en état de démence au moment où » il a fait telle ou telle chose dans le passé.

Cette difficulté intrinsèque à apprécier « un état ponctuel et passé » est devenue une incitation à apprécier « la chose faite » pour étayer le seul « état de démence », limité, ponctuel, mais imprécis, requis par la loi.

(Mais ladite « chose faite » n’est quelquefois que supposée (Cf. =>).

« L’article 64 du code pénal de 1810 » aurait pu n’être utilisé qu’exceptionnellement.

Mais, à l’inverse, il s’est plutôt développé, en infiltrant par étapes des pans entiers de notre culture et/ou des comportements – particulièrement à partir de la « loi de 1838 ». (Cf. le glissement pervers : « mental » => « moral »).

 

[15] Phénoménologiquement, la catégorisation de la « folie », qui est toujours le fait d’une « extériorité », réelle ou par rapport à soi-même, traduit souvent le dépit de ne pas comprendre.

Devenue l’objet de celui qui la dénonce, elle lui permet de « croire comprendre » au prix de l’appeler folie, ou de l’estimer « incompréhensible ».

Sorte d’envers de la compréhension, de non-retour ou de non réponse à une quête empathique, liée à la conscience et à la socialisation, la folie apparaît alors comme un phénomène particulièrement propre à l’homme, tout autant que le rire qui n’en est pas loin.

 

[16] Même analyse, saisie à partir de l’économique, dans le livre d’Emmanuel Todd « Après l’empire, essai sur la décomposition du système américain » (Gallimard 2002), page 88.

Expliquant comment la balance commerciale des USA est devenue déficitaire, il écrit :

« La société américaine est, du point de vue économique, devenue l’Etat de la planète entière. Elle se pense pourtant hostile par nature à l’Etat et s’est efforcée de réduire l’activité de celui-ci dans l’économie nationale par la dérégulation reaganienne. Mais la négation de l’Etat dans la société a fini par faire de la société un Etat. »

Il poursuit :

« … ces américains si dynamiques, si capables d’accepter l’insécurité d’un marché du travail dérégulé sont devenus en bloc des fonctionnaires, improductifs et consommateurs pour la planète. »

Et de conclure :

« L’excès de responsabilité individuelle n’a débouché que sur une irresponsabilité collective. »

Par "excès", il faut entendre ici "abus de champ d'exercice" : Par un transfert de leur « espace privé » dans « un néo-espace public », les « responsabilités privées individuelles » se sont perdues et leur somme est devenue « irresponsabilité collective ».

 

[17] Comme est surprenante la langue de Descartes !

Les phénomènes de « décomposition » de la langue latine ont été les mêmes dans toutes les langues romanes, mais c’est incontestablement, et de loin, en français qu’ils sont allés le plus loin ;

Les choses sont en réalités tout à fait complexes et intéressantes à étudier sous des angles qui semblent ne pas l’avoir encore été :

Les langues européennes – ou Indo-européennes -  vont de l ‘Atlantique à l’Indus – au moins.

En Europe occidentale, il y eut 2 branches :

Celle des langues nordiques : Allemand , Anglais etc.

Celle des branches du Sud : Grec, Latin => Italien, Roumain, Espagnol, etc. et … Français.

Les correspondances entre ces deux branches sont très strictes.

Mais la France est désormais le pays des Francs, dont la conquête est venue du Nord, et dont la langue d’origine était germanique. Mais ces Francs ont adopté le latin !

Il en résulte une conjonction, plus ou moins heureuse ou malheureuse, qui en imprègne profondément la langue et d’où s’origini-fie certainement « l’originalité française » dans un très grand nombre de domaines.

Il s’agit de caractères durables et profonds.

D’une certaine façon co-existent toujours la France du Nord et la France du Sud. Et cette dualité n’est pas climatique ! Pourtant la France reste cependant définitivement « une ».

Il en résulte une multitude de conséquences, en particulier mentaux, mais même linguistiques fort peu appréhendés.

L’Allemagne est d’ailleurs elle aussi divisée, la partie ayant été romanisée est majoritairement catholique, l’autre est majoritairement protestante.

 

La question n’est pas aussi simple que pourrait le faire croire un « quotidien contemporain simplifié », de plus en plus réduit à des « désignations » qu’on croirait univoques, alors qu’elles ajoutent à la confusion.

On constate à ce niveau, parmi les plus fâcheuses conséquences de cette « mondialisation », qu’elle tend à tout égaliser, mais le seul commun dénominateur ici ne peut être qu’un zéro.

En réalité, tout mot est pris dans l’ensemble des sèmes de sa langue, voire de sa famille, voire du locuteur, voire des modulations destinées à un interlocuteur.

D’une façon tout à fait radicale, tout texte, on le sait, est intraduisible: 10 mots dans une langue seraient réduits à un seul dans la langue cible, comme un seul mot dans une langue rencontrerait 10 possibilités dans la langue cible : Mais il n’y aura jamais adéquation. Il n’est même pas nécessaire de rentrer dans une relation « analyste analysant » pour s’en apercevoir.

Rien n’est plus démonstratif à cet égard que les machines de traduction automatiques, qui commettent toujours des contresens inouïs : Ce sont pourtant aussi des aides et des approches, mais qui peuvent engendrer des métamorphoses complètes, allant jusqu’à créer des « sujets » auxquels il ne manque « qu’un certain réel », aussi bien que le surréalisme le plus débile, ou le plus génial, jusqu’à la détection invérifiable de contenus existant peut-être déjà dans le texte, mais dont l’auteur lui-même n’avait pas eu connaissance.

On ne saurait pour l’instant s’y attarder davantage, mais le changement de langue de tout un peuple, il y a mille ans, plus qu’aujourd’hui probablement, n’a pu avoir que des conséquences extrêmement profondes.

Il semble qu’aucun travail connu sur le sujet n’ait été entrepris.

Il expliquerait encore bien d’autres particularités en des lieux éloignés des nôtres.

 

Exemple :

Le « on » français, est incontestablement un mot latin : « homo ». Mais très curieusement, on ne le retrouve dans aucune autre langue latine que dans le français.

C’est qu’à l’évidence il n’est autre que la traduction en latin du mot allemand « man » (même sens, particulièrement dans le sens de « chacun, tout le monde, chaque homme »).

C’est ce qui s’appelle un « germanisme ».

Pourtant « on » et « man » ne sont pas strictement équivalents.

 

Le latin « homo – hominem – hominis » est devenu « homme » au cas direct, mais « on » au cas sujet.

Ce « on » peut désigner n’importe quelle personne de la conjugaison, pourvu qu’elle soit au cas sujet.

Ce « on », à la fois « personnel et indéterminé », ne se distingue donc au départ de « l’homme » (à la fois « générique et référentiel » des « droits de l’homme ») que par la déclinaison de la syntaxe grammaticale, et le caractère savant ou populaire qu’on en attend.

Ce « on » monosyllabique et particulier à la langue française est si proche du « un » par le sens, qu’il peut souvent être traduit en espagnol par « uno », pourvu qu’il désigne une troisième personne indéterminée. Mais la déclinaison alors ne s’y applique plus.

Le « unus – a - um » latin de l’unicité – lui, en même temps qu’il a gardé son sens premier « d’unique » - est devenu en français l’article indéfini.

Quant au « le, la, les », c’est en latin un démonstratif, mais il prend en français souvent un sens d’unicité, ou un sens générique quand on dit « l’homme ». 

 

 NB : Ce « on » (« humus => homo => om => on ») ne peut donc pas avoir de féminin, pas plus que le mot « homme ».

Là encore il est assez spécifique au français de conjoindre les mots « homme » et « femme », alors que c’est le mot « mâle », et non le mot « homme » qui devrait être employé.

Il ne faut pas non plus confondre, dans les mots composés surtout, le « homo » latin, avec le « homo » préfixe grec qui signifie « semblable », qui rentre en composition dans un grand nombre de mots savants.

Ainsi l’opposé de mots nouvellement apparus comme « homo-phobe » (= qui craint son semblable) est tout simplement « homo-phile » (= qui aime son semblable).

Cette règle académique que l’on ne doit jamais mélanger une racine latine avec une racine grecque, devrait permettre d’éviter quelques confusions.

Mais cette règle grammaticale essentielle est loin d’être toujours respectée.

 

Quant à l’orthographe « pseudo-savante » : D’où vient cette fâcheuse habitude de transcrire en français le son « i » d’une langue étrangère qui n’est pas le grec par un « » - surtout en finale - comme pour lui donner tout son poids de vanité, alors que, comme son nom l’indique pourtant, le « i grec » transcrit la lettre grecque « » empruntée quand elle s’est prononcée « i », à l’époque tardive - et encore aujourd’hui - en Grèce, où l’on continue bel et bien à écrire le « u » étymologique, dans tous les textes tout en le lisant avec le son « i » ? 

(C’est le cas de «  Ψυχη » (« psuchè ») prononcée aujourd’hui « psichi »)

Les allemands appellent le « y » : « upsilon », mot grec, qui est le véritable nom de ce « u » de la langue grecque qu’il transcrit.

 

Toute autre est l’utilisation proprement française du « y », au sein même de la langue française, depuis qu’on en a voulu fixer l’orthographe, et pour des raisons infiniment variées, parfois aujourd’hui obsolètes.

On a choisi « y » pour le déictique  de « il y a », expression qui doit se lire en 3 syllabes et sans liaisons : (« il – y – ya »). Mais on entend aussi tout simplement « ya ».

Le « H » de HUILE (<= OLEUM – en référence à l’ « olive ») qu’on a choisi plutôt que UILE, paraît-il pour ne pas en confondre la lecture avec celle du mot VILE, n’est plus vraiment justifié. (Le « V » latin se prononçait normalement « W »).

 

Il est intéressant aussi de chercher pourquoi et comment plusieurs mots aboutissent à des identités de sons, ou de lettres, les cause n’en étant jamais fortuites.

Une langue aussi turbulente que celle qui est la notre est extrêmement difficile à saisir. Il est frappant que la même évolution se poursuive sous nos yeux, dans le même sens, et même rapidement, « comme d’hab ».

Mais on s’éloigne ici beaucoup de cette genèse originelle que fut la rencontre des langues germaniques et latines que nous avons pointée.