La physique des signifiants depuis Démocrite

 

L’Agora d’Athènes : Diogène Laërce dit que Démocrite est venu à Athènes, où il a rencontré Socrate, mais sans se faire connaître de lui.

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Jacques de Person

 

La physique [1] des signifiants depuis Démocrite

 

 

Deux citations en exergue :

 

 

1.  « Οτι άριστος ίατρός καί φιλόσοφος ;

        Le meilleur médecin est aussi philosophe »  Galien

 

NB : Le médecin était aussi « physicien », mais Galien ne disposait pas du mot : le mot « physique » existait mais le mot « physicien » n’existait pas encore.

 

Qui plus est, l’adjectif « relatif aux propriétés du corps » était en grec « φυσικός, ή, όν » (« phusikos, è, on ») tout comme nous disons encore aujourd’hui, en français : « c’est physique ! »

 

Hippocrate dit que les chèvres sont très sujettes à l’épilepsie

 

 

2.  « Il est aussi difficile d’accéder à notre Inconscient par le moyen de notre Conscience, que d’accéder à la connaissance du Monde Extérieur par le moyen de nos Sens »  Sigmund Freud ; Die Traumdeutung (édition >1921) [2]

 

NB : On ne saurait mieux mettre en parallèle – deux abords d’une même entité - la psychanalyse (naissante) et la conception d’une nouvelle physique qui était en train de naître [3] celle de la physique quantique : Freud le savait-il ?  Cf. infra.

L’une et l’autre sont comme deux avions qui volent à la même altitude : le champ de vision est le même, mais comment s’approcher ?

 

 

 

PROLOGUE – avertissement :

 

Cette page est en élaboration : Cette élaboration essaie de résoudre ou dépasser les apories de la page précédente. : http://jdeperson.free.fr/communications.htm

Ce texte me semble être actuellement le plus innovant de tous mes textes.

Jusqu’ici, je considérais que c’était « la décussation du tronc cérébral » sans doute parce que ma réflexion y est entièrement soumise au respect et à la valorisation de la nature dans son ensemble, contrairement à ce qui avait été écrit jusqu’ici sur le sujet, parce que les neurologues – ou neuro-physiologistes - isolaient toujours « le S.N.C d’un patient » [ou d’un animal de laboratoire – souvent endormi ou anesthésié – sinon regardé au microscope entre lame et lamelle] de « tous les autres de ses congénères »

Ma démarche est la même dans ce nouveau texte - qui est pour moi le plus difficile à rendre en texte de ceux que j’ai écrit – qui relie en fait deux concepts qui ne valent pas que par les mots : « celui d’individu » (« to atomo » en grec) à « la psychanalyse » – si à la mode, mais en même temps si travestie et si mal comprise du grand public (d’ailleurs comment pourrait-elle l’être par les masses et à tout propos puisque justement, elle n’opère qu’à partir du particulier ?

Il n’y a de psychanalyse que du particulier : nuances qui ont alimenté les relations entre Freud et Yung.

Mais si la psychanalyse n’envisage en gros que « l’individu-monde [4]», comment se pourrait-il que deux individus se rencontrent ?

Et cette question du dit « individu » (sommairement défini dans notre culture par quelques données d’état civil) (à côté d’autres groupements de culture orale et tribale dont le groupement forme « un individu à lui tout seul », « par un ensemble aussi bien délimité ») est d’ailleurs pour moi la même que celle qui me semble avoir éclairé soudain ma compréhension de « la décussation des fibres dans le névraxe » : une simple « poignée de main » suffit à comprendre que notre proprioception spontanée en 3D est ancestrale (on naît avec) alors que l’image en miroir en 2D, plane et inversée ne l’est pas (on l’apprend à 18 mois) Il existe même en anatomie les cordons de Goll et Burdach de la sensibilité profonde inconsciente.

Mais alors qu’est-ce qu’un individu ? Y en a-t-il autant que de groupes reconnus, « des infinitésimaux aux anti-infinitésimaux » ?

Remarquons déjà combien il est vague et malaisé de désigner, par le langage ou de toute autre façon, ce que l’on appelle tantôt « un homme* », tantôt « une personne** », tantôt « un sujet », tantôt « un être », etc.

*NB : en latin « humus » (la terre) => « homo-hominem » => en français « homo => om => on » qu’on ne trouve toujours qu’au cas sujet (sans doute traduction par les Francs du « man » allemand - car l’équivalent n’existe dans aucune autre langue romane) et « hominem => homme » dans tous les cas ;

** : C’est de là que vient le titre de cette page : Le mot vient de la définition même du « signifiant » : « une représentation ».  En latin, « personna » signifie « représentation »  Le mot a curieusement pris en français selon les cas tantôt le sens de « quelqu’un », tantôt le sens de « aucun » ! (Cf. le stratagème de la réponse d’Ulysse à Polyphème : - « Qui est là ? » - « Personne ! »)

Plus tardivement « personna » => « personnage » est une dignité écclésiastique.  Le mot « personna » viendrait de l’étrusque.

De même, personne ne s’étonne que « chaque individu » ait dans la tête 100 milliards de neurones, ayant chacun un corps cellulaire lequel reçoit par ses dendrites et émet par son axone, et ces neurones communiquent entre eux ; mais, quand on voit un troupeau d’une centaine d’animaux ayant chacun deux yeux, deux oreilles, une bouche et une langue, tout le monde dira que ce troupeau est composé d’une centaine d’individus ! On sent bien ici tout l’arbitraire des unités choisies.

Là est toute ma question, et qu’elle ne tende qu’à nous échapper ne me semble pas une raison suffisante pour la délaisser, car elle me semble essentielle à toutes les formes de vie, de sexualité, de sentiments, etc. 

 

Depuis Henri Wallon et jacques Lacan, on sait que la fragile unité-individualisation du bébé se forge - entre 6 et 18 mois - devant le miroir. C’est ledit «  stade du miroir » (1936) par lequel à la fois l’individu se réalise à partir d’éléments corporels préformés mais encore immatures, mais aussi aliène la représentation qu’il a de lui même et qui devient à la fois plane et inversée, et cela au sein d’un entourage et de stimulations multiples, langagières, sensibles et autres.

Cette structuration de la vie de relation sur un mode administratif traditionnel et fortement imprégné de culture montre que l’on ne peut rien en appréhender sans considérer l’entourage.

Cette structuration (du temps, des formes, des abstractions) vole en éclats dans les rêves, dans certains états qu’on appelle de « pathologie mentale », etc.

Les apports au cours du XX eme siècle de Sigmund Freud en psychanalyse, sur l’inconscient et les rêves,  puis de Michel Jouvet en neurophysiologie, sur le sommeil et ce 3 éme état insoupçonné jusqu’à lui qu’il appelle « Sommeil Paradoxal » et au cours duquel il situe les rêves, nous permettent aujourd’hui à la fois de repérer avec une certaine précision ces états et de mettre au jour bon nombre de démystifications et aussi d’interrogations qu’ils nous apportent.

Pour sa recherche – et depuis au moins 1945 - Jacques Lacan, [à reconnaître comme psychanalyste et mathématicien – et certainement pas comme philosophe, ce dont il s’est toujours défendu] s’appuie sur les outils linguistiques (école structuraliste) et mathématiques – particulièrement la topologie ( « surface de Boy » découverte par Boy en 1902, etc.)

Ses apports, on le sait, sont immenses par les portes qu’il ouvre.

Ainsi, de même qu’un signifiant n’a de valeur que celle « d’un représentant » « dans et pour » le champ des autres signifiants, de même tout individu « n’ex-siste » que parmi un ensemble de repérages. 

 

Mais les apports du XX ème siècle apportent plus encore, en décentrements de type coperniciens, dans des domaines très différents :

D’une part, « la cible des pulsions » ne serait rien sans ladite pulsion qui prend origine, non de la cible, mais de l’émetteur : et c’est pourquoi elle peut être détournée de sa cible (et même dite « sublimée ») La découverte des hormones fait partie de la compréhension.

D’où il découlerait qu’il n’y a « d’ex-sistance » que de relations

D’autre part enfin – et ceci est un renversement d’autant plus considérable qu’il découle autant des travaux des psychanalystes que des neuro-physiologistes : Alors que l’on était parti jusqu’ici de la raison raisonnante et éveillée pour tenter de cerner le rêve, le sommeil et l’inconscient - qui s’en échappent constamment - on s’aperçoit aujourd’hui que l’on pourrait procéder de façon inverse - non pas que les états soient réversibles, mais relatifs – et s ‘étonner d’autant de « l’éveil » qui surgit, en apparence comme spontanément, après un état tel que ceux que Jouvet qualifie de « paradoxaux » ou que d’autres qualifient aussi, selon les circonstances de leurs apparitions, de « pathologiques » : C’est alors « l’éveil », voire « le réveil », qui deviennent surprenants, et non plus « le sommeil » ou « le rêve »

Enfin, l’inconscient [5] apparaît partout sans doute comme l’état le plus fondamental.

 

 

 

φ ->  Phy-sique <-> fi-o ; fi-eri : devenir

 

Voir en fin de notes de bas de page : vocabulaire clic

 

Dictionnaire latin –français F. Gaffiot

 

 

 

 

De l’élaboration directe sur le net résultent quelques bizarreries : Les paragraphes écrits le plus tôt sont en fin de page

Il en résulte la même chose pour les notes de bas de page : les premières sont les plus récentes.

La lecture chronologique de l’écriture commence donc par la fin ; mais c’est sans aucune importance.

 

De même je dois m’excuser de ne plus corriger certains « errata » – même si je les ai repérés - lorsqu’ils me semblent sans importance eu égard à la compréhension du texte.

[notons que le pluriel neutre latin (« errata ») a une exacte apparence de féminin singulier mais s’accorde en latin au pluriel neutre pour les adjectifs. En grec et en arabe il s’accorde au singulier pour les verbes. Mais il s’accorde en français sous l’apparence d’un masculin pluriel : c’est bien que le neutre est reconnu par le français, mais que le français ne peut pas le reproduire ; Semblablement, ici, j’aurais besoin d’un 2 ème degré « d’italicisation » des caractères, que le clavier ne me permet pas d’écrire] 

 

Je sais bien que mon travail de recherche peut être regardé de haut par ceux pour qui la physique est un monde d’axiomes, d’équations, de médailles et de brillantes technologies.

Ces définitions sont des restrictions neuves et appauvrissantes : Ils emploient le mot physique dans le sens de « mécanique », même dans les chapitres qui portent d’autres noms ; mais la physique n’est pas seulement cela.

J’explore la physique dans un sens différent, plus vivant, * à partir de questions précisément écartées par le précédent, les mondes de la vie et de la médecine, les mondes des signifiants à côté de ceux qui n’en ont pas.

Il ne s’oppose pas au précédent et c’est pourquoi le mot « physique » y a toujours été le même.

Le mot « physique » existe en grec depuis 3000 ans sans n’avoir jamais changé de sens contrairement à tout un autre vocabulaire se référant à l’esprit, à l’âme et états d’âme.

Le mot est passé directement en français sans être relayé par les latins (Galien, né à Pergame, a exercé la médecine en Italie en grec) et en a gardé exactement tous les mêmes sens en français (en fait un seul [6]) jusqu’à cette sorte de confiscation que nous venons de mentionner (dans le contexte de l’exaspération du divorce récent (XVI ème s.) science/religion)

 

* Paradoxalement, « la mécanique des véhicules spatiaux » emporte les astronautes « à la recherche « de la vie » dans l’univers », mais sans qu’aucun savant ne dise jamais dire ce qu’il entend par là.

Les astronautes partent en voyage avec beaucoup d’instruments, d’idées et de poésie. Ils évoquent quelquefois Magellan ou Christophe Colomb, sujets qui n’ont strictement rien à voir. mais ceux qui les emploient ont chacun des ambitions de recherches qui leur sont propres, et la cacophonie est dans l’ensemble considérable.


 

 

 

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BIBILOGRAPHIE utilisée pour cette page et commentée :

 

Langues :

·         « Recherches sur le développement historique du grec » ; Jean Psichari ; Paris 1892 ; Bibliothèque électronique Gallica ; en pdf. Téléchargeable : clic [7]

·         « Les présocratiques » ;  Y. et O. Battistini ; Les intégrales de philo Nathan 1990.

·         « Démocrite, grains de poussières dans un rayon de soleil » ; Jean Salem ; Vrin 1996.

·         « Vie et œuvre de Démocrite : les bases de la théorie atomique » (en grec) imprimé à Thessalonique 2004 : www.zitros.gr

·         « Les avatars du vide » ; Heinz Wizmann ; éditions Hermann ; Paris 2010.

·         « Les débuts de la philosophie: des premiers penseurs grecs à Socrate » (André Laks et Glenn W. Most) Ouvertures bilingues. Fayard novembre 2016

 

Outils mathématiques en linguistique :

·         Langage, transformations syntaxiques et analyse mathématique, etc… => analyses formalisées et traductions informatiques : Cf. Travaux de Zellig S. Harris (1909 – 1992) comme « La langue et l’information » (paru en 1988 ; mais traduction en français seulement en 2007) : clic

·         Pour l’application au grec : Thèse de doctorat ; « Le lexique-grammaire des verbes du grec moderne » Anastasia Yannacopoulou (2005) : clic

 

Linguistique pure :

·         « Cours de linguistique générale » de Ferdinand de Saussure

·         « Six leçons sur le son et le sens » de Roman Jacobson.

 

Sujets culturels connexes :

§         « La nature et les Grecs » recueil de cours donnés par Erwin Schrödinger en 1948 à Dublin puis de nouveau à Londres ; Les Belles Lettres ; Paris 2O14.

§         « Du démon de Socrate, 1836 » du docteur F. Lélut (livre numérique gratuit) : clic (cité dans la présente page web ; le mot démon n’a pas le sens de diabolique mais de divinité)

[La recherche d’un mot, dans tout un livre paru il y a presque deux siècles, devient immédiate : un prodige de la technique, (à l’heure des reconnaissances faciales, par les caméras, dans les gares)]

§         « Un saint est né » 1975, de Naguib Mahfouz, dans le recueil « hiqayat haratina » (« histoires de notre quartier ») (transformation de la vie après un rêve)

§         « Némésis médicale » 1974 par Ivan Illich ; actualisation par l’auteur en 1999 : clic . Travaux qui alimentent toujours nos réflexions mais ici, accords et désaccords : je trouve que ses réflexions reposent sur des présupposés ; A l'époque qui arrive, la première question qui va s'imposer de plus en plus est « qu'est-ce qu'un homme ? »

Jusqu’ici, on n’a commencé à aborder la question qu’en prenant le sujet à l'envers, c’est-à-dire par « tout ce qui concerne les droits et/ou les interdits de tuer la chose ».

On ne pourra répondre à la question des origines qu’en en décentrant le sujet.

Ivan Illich parle de la disparition du sujet : J’y vois davantage la métamorphose des repérages, la disparition de concepts au profit d’autres, etc. cf. infra.

Je ne parlerais justement pas comme lui du « gouffre qui existe entre le somatique et le mathématique » Pour moi, les mathématiques, les calculs probabilistes, etc. font partie de nos signifiants constitutifs et que nous transmettons.

 

Sur les rêves :

·         Tout le monde connaît de nom Sigmund Freud et ses trois livres à partir desquels il fonde la théorisation de l’inconscient : « La science des rêve », « le mot d’esprit » et « psychopathologie de la vie quotidienne »

Beaucoup moins cités sont des petits textes courts souvent très intéressants, sur des sujets précis, tels  « Quelques notes additionnelle à l’interprétation des rêves dans son ensemble » (NB toujours se méfier des traductions qui changent souvent un mot pour un autre) dans lequel Freud traite de « la question de la responsabilité du rêveur dans son rêve », et en quoi elle n’a aucune valeur juridique - aussi immorale puisse-t-elle paraître ; puis de « la question de la télépathie » – que Freud ne rejette pas - assortie d’exemples précis et expliqués.

On y aperçoit alors là un Freud beaucoup plus ouvert que celui que rapporterait volontiers une image stéréotypée régulièrement reproduite, de représentant guindé de la haute société viennoise du XX ème siècle débutant.  

·         Il faut tout autant citer dans une direction toute différente les travaux neuro-biologiques purs – en particulier Electro-Encéphalo-Graphiques - dont l’un des plus remarquables acteurs a été Michel Jouvet à Lyon : clic 

Il se dit Yungien, non freudien ; Mais je crois qu’il en mal saisi les différents (eux-mêmes aussi peut-être) pour des raisons de lecture : d’un côté Jouvet rapporte avec beaucoup de précisions de fines observations de Freud, mais d’un autre, il me semble qu’il lui fait dire des choses qu’il n’a jamais dites (ou bien peut-être Freud a-t-il évolué dans le temps ?)

A la relecture, je m’efforcerai de rapporter les propos de Jouvet sur Freud : [ … ].

·         Ce dont ni Freud ni Jouvet ne parlent – il me semble - c’est non pas de la mémoire qui mène au rêve – mais de la mémoire du rêve ; qui suit le rêve.

Quand je me réveille, il arrive que je me souvienne bien d’un rêve, mais son souvenir s’estompe en général très vite, mis à part certains cas très particuliers de grande valeur théorique.

En revanche, si je lis l’heure à la pendule à ce moment là, je ne l’oublie pas durant quelques jours, même si je n’y prête pas grande attention. Ce souvenir ne s’estompe pas de suite, et il s’inscrit bien dans ce qu’on appelle « la mémoire à court terme » et qui se construit dans le « circuit de Papez », ce que l’on sait depuis plus d’un demi-siècle. Si on m’interroge, je pourrai m’en souvenir le lendemain, alors qu’un rêve habituel - en un sens beaucoup plus fondamental pour moi - sera en général déjà oublié. Pourquoi ? Comment ?

Le « refoulement » nous dira Freud ! Certes, mais cela ne dit absolument pas comment ça marche physiologiquement : Personne n’en a jamais rien dit.

Ainsi, il est probable que les structures qui supportent ;

1)      La mémoire du rêve ;

2)     La mémoire à court terme 

3)     La mémoire à long terme – sont de nature très différente, même si dans tous les cas elles sont responsables d’une projection corticale dont l’activation trahit la connexion.

Mais il y a aussi de particulier cet état de semi-confusion « entre rêve et réalité » - de superposition de ces informations discordantes -  qui ne dure guère, et qui ne se produit absolument pas lorsque l’on juxtapose la mémoire à court terme et la mémoire à long terme.

 

Sur le sommeil : Travaux neurophysiologiques (ici sur le sommeil physiologique et non pas l’anesthésie générale) :

Jean Michel Jouvet : Beaucoup de travaux, peu d’écrits spécialisés, mais d’intéressantes (et faciles à lire) mémoires publiées en 2013 (Editions Odile Jacob).

Jouvet a découvert le Sommeil Paradoxal (par sérendipité [8], dit-il) en lisant les enregistrements d’activation rapide de l’électroencéphalogramme (EEG) généralement 4 fois 15 minutes par nuitée, contrairement au ralentissement des ondes durant tout le reste du sommeil.

Durant ces phases on observe des mouvements oculaires rapides + atonie musculaire extrême + érection (on connaissait déjà la crampe du matin) et c’est là que Jouvet place les rêves et d’autres fonctions neuronales importantes. Et ce faisant, il sort le rêve du sommeil.

Contrairement à ce que disent ceux qui ne le comprennent pas, ces découvertes qui ouvrent beaucoup de portes et encore d’autres interrogations, ne contredisent pas les acquis de Freud sur l’inconscient et les rêves, lesquels Jouvet n’interprète pas car il fait de la neuro-physiologie.

D’ailleurs la psychanalyse est bien autre chose qu’une interprétation, plutôt à bannir – mais évitons de nous perdre ici ! 

Freud, lui, ne s ‘est jamais dégagé de ses premiers travaux de neurophysiologie (sur la cocaïne, l’hypnose, etc.) et il les imagine premiers dans un processus d’engendrement des fonctions mentales parmi lesquelles il y a le rêve.

IL installe ainsi finalement l’aporie de la page web précédente : Si chaque un occupe un monde, comment se rencontrent-ils ?

Cependant, par son travail remarquable, il a fait émerger la psychanalyse.

Mais dans celle-ci, il dit qu’il « s’est toujours heurté » à ce qu’il nomme  « le roc biologique », et qu’il n’a jamais pu dépasser « le nombril du rêve »

Pourtant pour moi, ce roc biologique pourrait être un écran à la façon de l’écran du fétichiste, voire d’un écran comme tous les écrans, c’est-à-dire « un cache » : en étendant ma main, je saisis le cercle de lumière qui était sur le sol l’instant d’avant.

La vision de Yung permet sans doute d’échapper à l’aporie sus-dite.

Et si l’on inverse les propos, et que le rêve engendre la biologie, ou mieux, s’il se « superpose » au sens physique moderne du mot, tout le problème s’évanouit [9].

Les travaux de Jouvet n’excluent  aucune façon de considérer ces choses.

Le rêve reste un état dont on peut déplacer le champ, et c’est le pas que Michel Jouvet peut franchit en isolant ce qu’il nomme « le sommeil paradoxal », car en réalité, il sort complètement le rêve du sommeil.

(Cf. la chanson de Nizar Qabbani dans ma page « présentations » Clic : l’objet de cette chanson se limite métaphoriquement à l’amour, mais lequel engage toute la vie du malheureux héros)

Si je comprends bien, la fonction que Jouvet attribue au rêve est celle d’un « tri » opérationnel, ce qui pourrait nous amener à penser que « l’oubli du rêve », que jusqu’ici on a plutôt déploré, fait en réalité partie de sa fonction-même.

Notons aussi que là où Jouvet rejoint Freud et Yung, c’est quand – dès qu’il y a la racine « phy » comme dans « physique » ou « physiologie » - c’est tout un écosystème qui est impliqué – et ici l’écosystème n’est pas seulement individuel – ou plus exactement les repères administratifs de l’individualité n’existent plus – il est l’univers entier.

Jouvet dit que c’est à partir des rêves que les anciens ont élaboré leurs conceptions des « au-delà » que regagnent les âmes quand elles quittent les corps, lors de chaque rêve ou après la mort.

 

Pourtant…  C’est quand même comme ça ; même si « au paradis des amours » les amants ne se rencontrent pas… : A chacun son « ciel » et son « δαίμων » au sens socratique du terme.

 

Tableau de F. Goya :

El sueno de la razon produce monstruos

 

A l’heure du rêve, « le sommeil de la raison produit des monstres »

comme Francisco Goya l’a si bien montré à travers ses peintures :

 

 

 

Mine de rien :

J’espère surtout que les travaux de Michel Jouvet ne seront pas détournés de leur pureté originelle, car les fantômes de l’inquisition n’ont jamais cessé de hanter la médecine (d’où le « serment d’Hippocrate ») :

Lu dans LE MONDE / 29.06.2017 à 10h39 :

Titre « Comment faire pour se souvenir de ses rêves ? » par Sylvie Chayette :

Développement « Certaines personnes rêvent plus que d’autres, comment expliquer cette injustice ? »

Mon avis : Je pense qu’elle voulait dire « différence !

 

 

 

FIN DU PROLOGUE

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LES AJOUTS progressifs à  MA PAGE :  irréguliers et datés, positionnées de telle sorte que les plus récents sont les plus hauts dans la page, 

En attendant une mise en page plus expressive pour un lecteur (ce qui est à la fois très long et prématuré).

 

Octobre 2017

 

Alors même que j’écrivais les lignes qui suivent, j’apprends la triste nouvelle :

 

Décès du Professeur Michel Jouvet

 

https://www.univ-lyon1.fr/actualites/deces-du-professeur-michel-jouvet-914269.kjsp
Michel Jouvet, médecin, spécialisé en neuro-physiogie, membre de l'Institut et médaille d'Or du CNRS.

 

Michel Jouvet est décédé le 3 octobre 2017 à Villeurbanne à l’age de 91 ans.

Hommage soit rendu ici à ce très grand clinicien et chercheur.

 

LE REVE :

 

Michel Jouvet  nous a livré en  2016 un livre nommé « Le sommeil, la conscience et l’éveil »

Dès la première page, il interprète une fresque de la grotte de Lascaux  (ayant 30.000 ans) « la  scène du puits », très connue mais toujours énigmatique jusqu’à présent pour nos contemporains.

Tout en ayant l’air de trouver sans avoir cherché – ce qu’il appelle sa « serendipité » -  Michel Jouvet nous explique que la scène représente un dormeur, rêvant en phase de sommeil paradoxal  puisqu’il est en érection – et dont l’esprit représenté par les oiseaux ici, vagabonde sur le thème de la chasse au bison.

C’est la très belle introduction d’un ouvrage sur le rêve.

 

L’explication, pour inattendue qu’elle soit, serait alors celle d‘un savoir très ancien tombé dans l’oubli depuis ce temps reculé.

Pour lui le rêve est à l’origine de la croyance en un détachement possible de l’âme qui quitterait le corps lors des rêves.

 

Scène du puits de la grotte de Lascaux.

 

Pour Michel Jouvet  y apparaissent  alors :

 

Un homme endormi, rêvant puisqu’il est en érection

2 oiseaux (tête du rêveur + tête du propulseur)

2 états symbolisant la connexion de l’esprit du rêveur avec le vagabondage de son rêve

un bison aux entrailles ouvertes, image du désir accompli dans le rêve.

 

Le songe serait alors celui de la mise à mort du bison et la peinture suivrait une théorisation.

 

 

Mais :

A à la réception du message :

·        On pourrait aussi admettre qu’aucun signifiant n’a jamais de valeur propre en lui-même et que faute de connaître les codes d’un langage, toute interprétation d’un message ne peut que s’alimenter des codes de celui qui le reçoit. Qu’en est-il ici exactement ?

·        En linguistique et ailleurs, on parle de « traits significatifs », dans une langue, dans un texte, ou tout ouvrage, alors que d’autres « traits » n’ont aucune importance eu  égard au champ spécifié. Par exemple un accent étranger, eu égard à l’énonciation d’un théorème en mathématiques, etc. : Quels sont dans cette fresque ces 2 catégories de traits et dans quel espace de validité ?

·        Quelques fois des erreurs de datation, etc.

 

Enfin, dès l’envoi :

 

Les codes culturels :

Il est déjà difficile de partager les émotions de gens d’il y a 3000 ans, comme les Grecs anciens, qui ne partageaient pas du tout nos concepts culturels actuels, qui ne partageaient rien qui ressemblât de près ou de loin à nos catégories mentales, en ces temps homériques,

Leroy Gourhan nous a largement mis en garde sur l’interprétation des fouilles, de la mise en terre des morts, qui ne signifient nullement a priori une croyance en un dieu, etc.

Alors pour ce qu’il en est des Cro-magnons ou des Néandertaliens…

Par exemple, chez les héros de l’Iliade, on  ne trouve rien qui puisse se rapprocher en quoi que ce soit de notre conception de « l’individu » : le héros grec est toujours qualifié par une caractéristique de son corps ou de son esprit, un attribut quelconque, ou l’une de ses vertus - et il n’est rien sans la référence unitaire par rapport à laquelle on le situe, en général un groupe : Achille aux pieds légers, etc.

Il en va de même de nous-même à ceci près que « l’unité est un être humain » – laquelle n’est d’ailleurs valable que dans le champ précisé d’un défilé étroit de représentations signifiantes qui constituent ce qu’on appelle pour l’occasion l’observateur.

En Europe au moins, « la catégorie de l’individu » est récente.

Si la langue grecque contemporaine a adopté le mot « to atomo », c’est qu’elle ne disposait d’aucun autre auparavant.

De même – on le reverra infra, « la volonté » n’existait pas chez les Grecs anciens : Aucun mot, rien : Le verbe Bouleuô signifiait délibérer ; Bouleusis, la délibération ; Bouleuterion, le lieu ou l’on délibère ou un tribunal ; Aujourd’hui la Boulè (Vouli), c’est le conseil, le Parlement.

Comment alors « deviner » dans ces conditions, ce qu’ont bien pu éprouver des gens qui avaient – il y a 30 000 ans - des catégories mentales si différentes des nôtres ?

Au total, avec quelques arguments forts, on ne peut alors qu ‘avancer une appréciation plombée « d’un pourcentage de forte probabilité ».

On pourrait continuer…

On pourrait surtout revenir à notre interrogation : Qu’est-ce au juste qu’une communication entre 2 choses ou 2 êtres ?

 

HIPPOCRATE :

 

Quelques pages plus loin, Michel jouvet cite le traité d’Hippocrate sur « le mal sacré » ( l’épilepsie) (mais en français). Ecoutons-le le présenter :

p.p. 24 – 25 :

« La localisation, à l'intérieur de l'organisme (et pas seu­lement dans le cerveau), d'organes responsables de l'éveil - et secondairement de la « conscience » - n'a pas été facile, et c'est une longue histoire qui a duré presque une vingtaine de siècles et qu'il est passionnant de résumer.

Curieusement, un génie, à qui nous devons faire une place à part, avait deviné, il y a plus de vingt siècles, où se trouvait l'organe qui commandait à la fois l'éveil et la conscience.

C'est Hippocrate de Cos (né en 460 avant J.-C., l'année où Périclès prit le pouvoir à Athènes).

La légende raconte qu'Hippocrate était descendant d'Her­cule (du côté maternel) et d'Asclépiade (du côté paternel).

Hippocrate nous a laissé de nombreux livres.

L'un des plus connus s'intitule « La Maladie sacrée ».

Dans ce livre, où il est question de l'épilepsie, Hippocrate démontre à la fois son sens de l'observation et son esprit critique.

Il reconnaît qu'une lésion cérébrale peut entraîner une paralysie du côté opposé et il enseigne que l'épilepsie n'est pas une « maladie sacrée » :  lui attribuer une cause divine n'est qu'un signe de l'ignorance de l'homme - mais qu'elle a des causes naturelles.

Très en avance sur son temps, Hippocrate fut le pre­mier à enseigner que 

 [ c’est Hippocrate qui parle] : « le cerveau est l'organe le plus puis­sant du corps humain, qui puise sa force dans l'air que l'on respire. [...] Les yeux, les oreilles, la langue, les mains et les pieds sont commandés par le cerveau. Donc j'affirme que le cerveau éveillé est l'interprète de notre volonté. Il y a encore des gens qui pensent que le cœur est l'organe avec lequel nous pensons, nous ressentons le plaisir, la douleur ou l'anxiété, mais cela est faux »

Reconnaissons donc la priorité et la puissance du grand Hippocrate car si on remplace le mot « air » par « oxygène » dans le paragraphe précédent, on ne peut qu'être admiratif devant son extraordinaire génie - d'autant plus que, plus tard, Aristote (384-322 avant J.-C.) enseignait que le cœur était le siège de l'esprit, tandis que le cerveau ne servait qu'à refroidir le sang.

Souvenons-nous aussi qu'il a fallu ensuite mille années pour que Vésale (1514_1564) reconnaisse le rôle du cœur dans la circulation et du cerveau dans nos actes et nos idées… »

 

Mon attention a alors été attirée par les termes traduits à partir du texte d’Hippocrate :

 

Donc j'affirme que le cerveau éveillé est l'interprète de notre volonté.

 

car :

D’une part, ils correspondent exactement à mon idée que le cerveau n’est pas le siège de l’origine de la pensée – si tant est que l’on pense - mais que le cerveau a justement pour fonction de connecter toutes les sensations et fonctions de tous les organes de notre organisme – et même au-delà ; et pour cela, « l’éveil » n’est pas nécessaire.

Mais d’autre part, je ne sache pas que le mot « volonté » ait existé chez les Grecs anciens au sens où nous l’entendons aujourd’hui, particularité qui est d’ailleurs liée à la remarque précédente sur la valeur de l’ensemble des pièces de l’organisme pour le cerveau, et les Grecs de l’Iliade ne semblent pas avoir eu la conscience d’une unité de l’individu.

 

Quant à l’expression « cerveau éveillé » elle résonne pour moi bien davantage comme l’appréhension d’un « un cerveau de laboratoire », que comme le langage d’un médecin de l’Antiquité devant un organe in vivo,  même si mal connu.  

 

J’ai donc voulu retrouver les mots du texte original d’Hippocrate, et aussi en particulier celui traduit ici par « interprète »

J’ai donc cherché et j’ai trouvé sur internet un site qui met en ligne des textes bilingues de l’antiquité gréco-latine ; clic (http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Hippocrate/maladiesacree.htm).

Ce texte d’Hippocrate semble reconnu comme authentique, et il ne mentionne rien qui puisse être traduit par éveillé : il dit « ton enkephalon », c’est tout. Et ne laisse aucune place pour y introduire un mot comme « éveillé »

 

Je pense que la traduction ici s’écarte trop du texte grec connu.

Même Littré commettait cette erreur en traduisant « ton en-kephalon » (au neutre) par « cerveau » puisque le mot signifie rigoureusement « en-céphale », mot que nous avons parfaitement adopté, et qui contient aussi le cervelet, etc.

Si on voulait « disséquer » davantage le mot « en-céphale », on irait jusqu’à dire en français  « ce qui est dans la tête » et il serait du coup beaucoup trop « traduit donc trahi » : Lorsque Galien parle avec les mots que nous avons adoptés, il faut en profiter pour les conserver, même si le texte de Galien a , à l’évidence, vieilli. 

Jouvet a travaillé à partir de découvertes électro-encéphalographiques sur les rapports entre les états neuronaux (selon leur état pharmacologique) et les états ide l’individu  1] constatés, de veille/sommeil ; 2) inférés de conscience/absence ? (cf. absences épileptiques – et, en plus, Galien parle ici de l’épilepsie) ; 3) et/ou supposés de rêves et REM/absence de rêves].

Il introduit alors ici ses propres précisions.

 

J’en reproduis ci-dessous tout le [paragraphe 17] du « traité de la maladie sacrée », mais je commence d’abord par la phrase qui est le nœud de la théorie  :

 

[17] Διὸ φημὶ τὸν ἐγκέφαλον εἶναι τὸν ἑρμηνεύοντα τὴν ξύνεσιν.

 

1.       Les mots « ἑρμηνεύοντα » et « ξύνεσιν » correspondent bien à la traduction présentée par Michel Jouvet tout en allant même plus loin sémantiquement dans le même sens fonctionnel.

2.     Par contre, le mot « éveillé » n’y figure pas, et, à mon avis, c’est tant mieux, parce qu’il n’est pas nécessaire.  Les textes originaux sont peut-être différents.

3.     Le premier mot : « ermèneuonta » me semble être le participe présent au pluriel neutre de « erméneuô » qui signifie bien « interpréter ; exprimer en paroles » (cf. herméneutique).

4.     Le second, « Xunésis  » est la forme attique de « sunésis » qui signifie d’abord « jonction, connexion [de 2 bras de rivières] ; et de là éventuellement intelligence, voire conscience » ici à l’accusatif (COD de interpréter) mais au singulier, ce qui renvoie déjà à la conception d’une unification - là où nous dirions « les connexions » - d’un individu ; et pourquoi pas d’une intelligence… Mais le Hippocrate emploie ici un article défini.

Plus on polit la traduction, plus on s’écarte du – ou des – sens de l’original : Règle de la lectio difficilior – lecture la plus difficile - qui en philologie est généralement la plus vraie.

5.     Une traduction plus proche du mot à mot donnerait donc :  « C’est pourquoi je dis que l’encéphale est [les choses qui] interprètent la connexion (ou  l’intelligence) » ou plus simplement mais moins subtilement : « l’encéphale est l’interprète de la connexion ».

Je n’y vois aucune apparition d’un mot désignant « la volonté » au sens moderne.

Mais « synésis » est un singulier ce qui permet de choisir un mot français au singulier aussi et le mot intelligence pourrait faire l’affaire si on savait ce qu’il veut dire.

Et je serais surpris que Hippocrate ait privilégié le mot intelligence dans le sens du rationalisme dans lequel nous l’employons habituellement.

Je serais tenté d’y voir une image comparable à ce que sont les unités centrales de nos ordinateurs auxquelles parviennent tous les périphériques, mais en y ajoutant aussi en quelque sorte des périphériques émotionnels car Hippocrate ne négligeait jamais cette part de l’homme ni des animaux.

Hippocrate ne connaissait ni les neurones ni les synapses – il faut en tenir compte.

Le sage Hippocrate – ici dans une optique foncièrement matérialiste, comme on dit -  c’est son but - nous met en garde contre les égarements de l’interprétation (avis aux psychologues) : car cela implique : « On connecte ce qu’il y a [s-e : et rien d’autre] »  Cf. l’aphorisme de sagesse grecque : « Μηδέν άγαν, rien de trop »

 

(Si le précepte « Μηδέν άγαν »  existe, c’est que l’inflation n’est pas chose nouvelle, mais si les adeptes de la connectique gadgeto-cratique - comme des amulettes - pouvaient en prendre de la graine, nos ordinateurs en seraient plus transparents)

 

 

Voici le paragraphe [17] en entier, suivi de la traduction par de E. Littré ; 1849.  Je rends ici hommage au travail de mise en ligne :

 

[17] Διὸ φημὶ τὸν ἐγκέφαλον εἶναι τὸν ἑρμηνεύοντα τὴν ξύνεσιν. Αἱ δὲ φρένες ἄλλως οὔνομα ἔχουσι τῇ τύχῃ κεκτημένον καὶ τῷ νόμῳ, τῷ δ´ ἐόντι οὒκ, οὐδὲ τῇ φύσει, οὐδὲ οἶδα ἔγωγε τίνα δύναμιν ἔχουσιν αἱ φρένες ὥστε φρονέειν τε καὶ νοέειν, πλὴν εἴ τι ὥνθρωπος ὑπερχαρείη ἐξ ἀδοκήτου ἢ ἀνιηθείη, πηδῶσι καὶ ἅλσιν παρέχουσιν ὑπὸ λεπτότητος καὶ ὅτι ἀνατέτανται μάλιστα ἐν τῷ σώματι, καὶ κοιλίην οὐκ ἔχουσι πρὸς ἣν δέξονται ἢ ἀγαθὸν ἢ κακὸν προσπῖπτον, ἀλλ´ ὑπ´ ἀμφοτέρων τούτων τεθορύβηνται διὰ τὴν ἀσθενείην τῆς φύσιος· ἐπεὶ αἰσθάνονταί γε οὐδενὸς πρότερον τῶν ἐν τῷ σώματι ἐόντων, ἀλλὰ μάτην τοῦτο τὸ οὔνομα ἔχουσι καὶ τὴν αἰτίην, ὥσπερ τὰ πρὸς τῇ καρδίῃ ἅπερ ὦτα καλέεται, οὐδὲν ἐς τὴν ἀκοὴν ξυμβαλλόμενα. Λέγουσι δέ τινες ὡς φρονέομεν τῇ καρδίῃ καὶ τὸ ἀνιώμενον τοῦτό ἐστι καὶ τὸ φροντίζον· τὸ δὲ οὐχ οὕτως ἔχει, ἀλλὰ σπᾶται μὲν ὥσπερ αἱ φρένες καὶ μᾶλλον διὰ ταύτας τὰς αἰτίας· ἐξ ἅπαντος γὰρ τοῦ σώματος φλέβες ἐς αὐτὴν συντείνουσι, καὶ ξυγκλείσασα ἔχει ὥστε αἰσθάνεσθαι, ἤν τις πόνος ἢ τάσις γίνηται τῷ ἀνθρώπῳ· ἀνάγκη γὰρ καὶ ἀνιώμενον φρίσσειν τὸ σῶμα καὶ συντείνεσθαι, καὶ ὑπερχαίροντα τὸ αὐτὸ τοῦτο πάσχειν· διότι ἡ καρδίη αἰσθάνεταί τε μάλιστα καὶ αἱ φρένες. Τῆς μέντοι φρονήσιος οὐδετέρῳ μέτεστιν, ἀλλὰ πάντων τουτέων ὁ ἐγκέφαλος αἴτιός ἐστιν· ὥσπερ οὖν καὶ τῆς φρονήσιος τοῦ ἠέρος πρῶτος αἰσθάνεται τῶν ἐν τῷ σώματι ἐνεόντων, οὕτω καὶ ἤν τις μεταβολὴ ἰσχυροτέρη γένηται ἐν τῷ ἠέρι ὑπὸ τῶν ὡρέων, καὶ αὐτὸς ἑωυτοῦ διάφορος γίνηται ὁ ἠὴρ, ὁ ἐγκέφαλος πρῶτος αἰσθάνεται· διὸ καὶ τὰ νουσήματα ἐς αὐτὸν ἐμπίπτειν φημὶ ὀξύτατα καὶ μέγιστα καὶ θανατωδέστατα καὶ δυσκριτώτατα τοῖσιν ἀπείροισιν.

 

[17] Je dis donc que le cerveau est l'interprète de l'intelligence. Mais le phren (diaphragme) a un nom (de g-phroneoh, penser) qu'il doit au hasard et à l'usage, mais non à la réalité et à la nature. Je ne vois pas en effet quelle influence il a pour la pensée et l'intelligence. A la vérité, quand on éprouve à l'improviste un excès de joie ou de chagrin, il tressaille et cause des soubresauts; mais cela tient à son peu d'épaisseur et à ce que dans le corps il est le plus étendu en largeur. Il n'a point de cavité où il puisse recevoir le bien ou le mal qui survient ; mais il est troublé par l'une et l'autre de ces passions à cause de la faiblesse de sa nature. Il ne ressent rien avant les autres parties du corps, et c'est en vain qu'il a un tel nom et une telle attribution, comme cet appendice du cœur qu'on appelle oreille et qui ne contribue en rien à l'ouïe. Quelques-uns disent que nous pensons par le cœur, et que cet organe est ce qui éprouve le chagrin et les soucis; il n'en est rien. Le cœur se contracte comme le diaphragme et davantage encore pour ces causes-ci : des veines se rendent de tout le corps au cœur, et il les ferme, de sorte qu'il se ressent de tout travail, de toute tension qui arrive à l'individu. En effet, nécessairement, dans l'état de chagrin, le corps a le frisson et se contracte; il en est de même dans l'excès de la joie. De tout cela le cœur et le diaphragme se ressentent le plus. Toutefois ni l'un ni l'autre n'a part à l'intelligence; C’est le cerveau qui est la cause de tout ce que j'ai indiqué. Donc, de même que, avant toute autre partie du corps, il reçoit l'impression de l'intelligence qui provient de l'air, de même, s'il arrive quelque changement notable dans l'air par l'effet des saisons et que l'air devienne différent de lui-même, le cerveau le premier en reçoit l'impression. Aussi je maintiens que le cerveau est exposé aux maladies les plus aiguës, les plus considérables, les plus dangereuses et de la crise la plus difficile pour les médecins inexpérimentés.

 

 

Tout est vraiment très intéressant pour notre propos dans ce chapitre d’Hippocrate sur « le mal sacré » d’ailleurs célèbre à juste titre.

Il y parle de la folie et des délires, sur un mode d’ailleurs assez léger, car il en parle surtout dans ce contexte d’états aigus – plus ou moins proches pour lui de l’épilepsie – et cela existe en effet - et le temps n’était d’ailleurs pas encore venu d’interner « les mal pensants ». D’ailleurs le mot épilepsie n’est pas pour lui le nom d’une maladie, mais désigne seulement la soudaineté d’une attaque, comme en rend compte le mot lui-même.

Il remarque aussi que les chèvres sont très volontiers soumises à des crises d’épilepsie. Je ne sais si cela est un caractère propre à la chèvre – comme son caprice - ou dépendait de conditions hic et nunc, voire de l’alimentation.

 

Toute la lecture d’Hippocrate laisse apercevoir, à côté de tout ce que la médecine a gagné depuis lui en moyens d’analyses sophistiqués, combien sont profitables en médecine l’observation directe et sans écran, le contact direct avec bêtes et gens et toute la nature.

Hippocrate ira jusqu’à l’élargissement contextuel et/ou conceptuel des situations, mais ne s’exprimera toujours que dans le cadre de la solide théorie des 4 éléments et c’est ainsi qu’il imaginera les causes de « la mélancholie = la bile noire » – dont il inventera, sinon l’état, du moins le terme et la cause, avancée par lui mais fausse, pour satisfaire à la symétrie que le 4 ème organe, la rate aurait secrété une 4 ème humeur, la bile noire, qui n’a jamais existé.

La croix géométrique est remarquable, formée par l’encéphale, le cœur, le foie et la rate, secrétant eux-mêmes 4 humeurs, dont 2 sèches et deux humides, etc.  mais on préférera ici avec Blaise Pascal se méfier « des belles paroles pour la rhétorique comme des fausses fenêtres pour la symétrie »

Ainsi aussi, si Hippocrate découvre et décrit des fonctionnements du cerveau, des attaques, des délires, des remèdes, il reste très loin de la psychanalyse – dont Sophocle au contraire, son aîné d’une génération, est, mais en tant que dramaturge, beaucoup plus proche.

 

L’un n’exclue pas l’autre, bien au contraire, et pourtant rien ne remplacerait la connaissance de soi-même, au sens socratique, mais assurément aussi au sens de l’impossible !

_________________________________________

 

Juillet ‏2017

 

Introduction (début du moins) :

 

         A priori, en suivant la plupart des emplois et de ses sous-entendus de notre vocabulaire habituel, parler de « la physique des signifiants » pourrait presque ressembler à un oxymore, tant il est coutumier de rattacher le mot « physique » à ce qui se rapporterait une certaine « matière inerte », en opposition à ce que serait la « matière vivante »

Pourtant, comme on le verra, à notre avis, il n’en est rien.

         Ce qui ne veut pas dire que l’affaire soit limpide, bien au contraire.

Si notre propos est de rattacher dans leur complète totalité « la physique » et « la médecine », nos mêmes interrogations les traversent toutes deux, et pour tout dire, notre ignorance semble en être un trait constitutif fondamental, au point qu’on pourrait peut-être s’interroger sur le pourquoi même de cette impossibilité de savoir ou comprendre.

Peut-être est-ce le génie de la psychanalyse, d’avoir remarqué la présence de l’inconscient, d’abord, puis de l’avoir considéré comme un instrument, voire un organe, ensuite, utile, au même titre qu’un bras ou une jambe.

Et ces remarques valent partout. 

Souvent, on opposerait, sans vraiment le dire, « la physique (mécanique, relativiste, quantique) » comme propre aux choses, à  « la physiologie » comme propre au vivant, à « l’éthologie, à la médecine »  – et c’est bien à tort [10] – en faisant peut-être une exception – devenue alors incompréhensible – lorsqu’on en arrive à « la biologie », peut-être parce que le mot est grec, qu’il évoque des concepts devenus trop spécifiés d’études – in vitro – en laboratoire et sous microscope ou autres instruments - pour être réputés « vivants » et pouvant possiblement  avoir une âme

Qu’est-ce à dire au juste ?

L’âme – pourtant mot issu de ses signifiants latins de « l’animal » et de « l’animé » - se referme alors sur ses mystères dans un « immatériel » que l’on a du mal à concevoir comme de « l’existant »

On se perd alors très vite dans des séries entières de mots, parmi lesquels on ne sait plus lesquels opposer aux autres : « virtuel ; réel ; concret ; abstrait ; etc. » et on ne s’en sort qu’en cloisonnant leurs domaines supposés, tout en prétendant rechercher la simplification, voire l’unification.

Faute d’y parvenir, on recourt alors aux mots grecs, mais l’obscurité y demeure tout en y devenant plus opaque encore, emplie de contradictions : « l’âme » devient « psyché », et « psyché » à son tour est confié à une « médecine » qui en devient « psychiatrie », et, du coup, rejoint bien ce qu’on appelle « matérialité » avec force contraintes et violences « physiques », etc.

(Sautons ici la « psychanalyse » pour y revenir ensuite : tout autant qu’en psychiatrie, c’est le préfixe « psy- » qui m’est devenu insupportable, non pas parce qu’il est partout, mais parce qu’il ne veut rien dire, ne désigne rien, ni du plein ni du vide, ni même du rien… mais tout et rien, n’importe quoi – et bien sûr, ne sert à rien) )

 Il n’y est plus alors question « d’immatériel » dans aucun traité reconnu où s’appose avec confusion « le médical » à « l’administratif » : On ne voit en effet aucune contradiction à parler « d’individu schizophrène » lorsque là serait justement l’oxymore si on prêtait un tant soit peu attention aux sens reconnus des mots qu’on emploie :

Ø      « in-dividu » veut dire « in-divisé », soit « to a-tomo » en grec d’aujourd’hui,

Ø      tandis que « schizo-phrène » veut dire « esprit (phren = coeur-poumons-diaphragme) divisé », en grec à usage médical.

Là aussi « l’âme » a disparue du vocabulaire et « l’esprit » reste un mystère aussi grand que celui des battements spontanés d’un « cœur » -  prélevé, dénervé, isolé et perfusé, dans un cristallisoir de laboratoire – qui continue de battre… auquel on attribue aujourd’hui la cause des battements aux impulsions électriques envoyés par lesdits « nœuds sinusaux » logés dans ses cloisons internes…. adressés à ses fibres musculaires.

C’est quand même pas mal !  Les cellules transforment le sérum glucosé en courant électrique …

- « Présentez un morceau de sucre à votre Zoé électrique et elle viendra le croquer pour recharger ses batteries ! »

 On a alors pensé que pour qu’il y ait vie, il fallait que le cœur batte !

Mais on ne peut parler « du cœur » ainsi, sitôt que l’on élargit un peu notre vision du monde : il y a aussi des animaux sans cœur (bactéries ) et les plantes !

 

Et « phren », à l’origine ce n’est pas du tout « un esprit fantôme » : c’est d’abord « le siège de l’humeur et des émotions », de « la thymie » ; comme en français on dit « avoir la pèche ! », (ce qui est probablement une traduction de l’espagnol (ou de  l’italien ou de quelque chose comme çà). : « Tener el pecho » ; « el pecho »,  c’est « la poitrine » ; « tiens toi droit » se dit ; « saca el pecho », « sort ta poitrine », « bombe le torse! »)

Rien d’immatériel en tout cela.

Quant au second terme de notre titre, le signifiant, on ne saurait mieux en parler que Jacques Lacan qui a passé sa vie à le faire : citons-le dans « Les Ecrits » (1966) : => [11]

 

 

 

 

 

Juin 2017 :

 

In : Le modèle JANUS (du nom du dieu qui regarde à la fois vers le passé et vers le futur) de Jean Pierre Petit ; 22 nov 2016 ; en pdf p.43 :

 

 

 

 

 

Mai 2017 :

 

 

En réalité, « Quod dirimi non possit », « ce qui ne peut être séparé », c’est le signifiant lui-même, (noter la confusion dans le « de natura deorum »), qui désigne l’ensemble de ce qu’il évoque/rassemble.

Il permet : (cf. S.R.I.) d’imaginer ces éléments – au risque de se tromper comme toujours dès que l’on imagine.

C’est aussi ce qui fait les pièges des symboles mathématiques et des nominations : Ces pièges peuvent tromper et on peut même, par eux, vouloir tromper volontairement.

Ces symboles, on peut aussi

·         les imaginer sans garant du réalisable ;

·         ou les réaliser sans garant de l’imaginable.

 

Comparer les assemblages courants :

 

 

« L’homme et Dieu »

Démocrite

« Les atomes et le vide »

Platon

« Œdipe tyran »       le su et le non-su [12]    

cf. sujet toujours actuel : la question de la prohibition de l’inceste dans les codes français.

Freud

Conscient – inconscient   

Dieu = reliquat non symbolisé des parents

Gaétan Gontran de Clérambault (disparu suicidé)

« L’automatisme mental » 

En clinique :

·         « Docteur, on me prend mon image ! »

·         « Tout ce que je pense passe à la télévision ! »

·         « Je vais m’enfermer aux toilettes ! »

·         « J’ai entendu un appel au secours qui sortait de la cuvette ! »

·         Etc.

Lacan

« Sujet (barré) - lieu de l‘Autre

Et dans la conformation du sujet, il y a aussi s1, s2, a,  et dans la théorisation Symbolique, Réel, Imaginaire, triple est le Un, et  c’est la conformation « borroméenne » du nouage des 3 qui témoigne du « nom-du-père ».

« Syndrome de Cotard »

Mélancolie, négation d’organes, éternité :

En clinique :

·         « Docteur, je me suis suicidé, et c’est encore pire »

Georges Brassens : La traîtresse :  Clic

« J'en appelle à la mort, je l'attends sans frayeur,  Je n' tiens plus à la vie, je cherche un fossoyeur … » 

Physique  : Après avoir été célèbre il y a quelques décennies pour ses B.D. de vulgarisation scientifique : « Les aventures de Lanturlu », Jean Pierre Petit, désormais jeté aux gémonies pour son opposition au « projet ITER » et autres prises de position « scientifiquement non correctes » qu’il explique d’ailleurs dans d’autres écrits, s’est décidé à vulgariser directement ses travaux au moyen d’une série suivie de You-tube.

Il ne faut pas se priver d’écouter les séquences : l’une des plus récentes : https://www.youtube.com/watch?v=Icd79yHAwTM&feature=youtu.be 

« Big Brother »

 

 

De même que pour expliquer l’isotropie de la vitesse de la lumière, Einstein s’est débarrassé d’un élément embarrassant de la théorisation de la physique d’alors, l’éther,

ici, pour expliquer la communication des sujets entre eux (Ic1 et Ic2 de la page précédente) il est bien tentant de supprimer toute substance (un mot exact manque) existant entre ces deux Ic, sans que pour autant cela ne les empêche d’être tantôt séparés, tantôt communicants : la notion de barrière, de limite mesurable, alors tomberait :

 

Einstein

et physique quantique

Photon (départ et arrivée)

Pas d’interface, pas d’éther

Etats corpusculaire ou ondulatoire des photons (diffraction : alternance de lumière et d’obscurité 

Freud

« a1 a2 a3 » dans Ic1 =>

« a1 a2 a3 » dans Ic2

Pas de barrière entre Ic1 et Ic2

Etats d’échange ou de non-communication de 2 types : séparation ou intrication :

 

Non communication

Originelle (cf. absence ou forclusion)

Ou secondaire et intrication latente (phénomènes para normaux)

Echange

Echange d’objets

Diffractions (alternance des contrôles de C par Ic)

 

 

On a longtemps cru pouvoir opposer physique à psychique, l’un étant fait de matière et l’autre d’immatériel, mais cette conception n’a mené à rien.

C’est la notion même du concept de matière dans son sens commun actuel qui est sans issue.

On ne pourra peut-être opposer la matière à l’anti-matière qu’en sortant de nos définitions infécondes.

La matière n’est peut-être qu’un fantasme, ou même qu’un mot, mais qu’on repousse maintenant à des années lumières, plus au-loin, s’il se peut, que la « mater » qui lui en a donné son nom : la « materia » du Bing Bang !

 

 

Mars 2017

Sécable et non sécable :

 

Voilà une notion qui aura fait couler beaucoup d’encre et non sans raisons - essentiellement querelle de mots – (mais les mots ont de l’intérêt) :

 

En psychanalyse parce qu’on mélange « la castration chirurgicale » avec ce que les psychanalystes ont appelé « castration et complexe de castration » en utilisant le même mot, mais ici concernant « la constitution du sujet » par ce qui le constitue, et dont la « clé de voûte » est en gros subsumée par ce que Lacan appelle « les noms du père ».

A  y regarder de près – ce mot recouvre :

·        « d’un côté une coupure » car la notion engage « l’individu » comme tel et le sépare donc des autres individus du groupe ;

·        et « d’autre part un collage » car elle lie les éléments constitutifs du sujet.

D’autres mots auraient pu être choisis et peu importe, sinon que dès lors que les repères ou une langue est choisie, le choix, comme tout choix, implique des contraintes :

Par exemple si l’on a choisi de parler une langue, on ne peut pas en mélanger les mots avec ceux d’une autre langue car les mêmes mots y auront une signification différente : c’est ici l’environnement (comme « un champ » en physique) qui décide du sens du mot :

·        si l’on choisit de parler grec, « mia » signifie « une »

·        mais si l’on choisit de parler espagnol, « mia » signifie « la mienne »

·        si l’on choisit de parler arabe « mia » signifie « cent ».

 

En mathématique, le choix des unités, etc. engage de la même façon.

Si l’unité de longueur choisie est « un » (mètre par exemple) on ne peut pas la couper avec des ciseaux exactement en 3, car les morceaux devraient avoir 33, 333333… cm ce qui n’est  pas possible.

Par contre si on choisit une autre unité de longueur qui comporte exactement 3 sous-divisions unitaires , la division en 3 morceaux devient possible, mais alors ce sont d’autres coupures qu’on ne pourra plus réaliser exactement : Il existe toujours « des contraintes » dès qu’un ensemble est déterminé – (à moins de découvrir un nouveau système mathématique qui puisse s’affranchir de cette contrainte) . 

 

En physique, tout le monde sait bien que le mot « atome » a été mal choisi pour 2 raisons : L’une est la signification fausse qu’on a prêté au mot : en grec « a-tomos » ne signifie pas nécessairement « insécable », mais d’abord « non coupé » : Ce premier sens est parfaitement attesté en Grèce ancienne.

Cependant le mot aurait pourtant en fait sa place dans de l’atome en dehors des moment où l’atome est divisé, divisions dont on décrit plusieurs aspects.

Mais il n’empêche que « en tant que signifiant »,  « le mot atome », lui est indivisible comme tel, car si l’on en extrait le « » d’un côté, et le « tome » de l’autre, il n’y a plus de « mot atome » du tout.

Ainsi, que ce soit en physique, en mathématique ou en linguistique, c’est le destin d’un signifiant d’être indivisible pour garder son statut et sa fonction de signifiant dans le langage (parlé, écrit, visuel, tactile, etc.)  : Si on découpe le signifiant « Louis XIV » en « Louis » et en « XIV », on obtient deux autres signifiants, mais on perd Louis XIV.

 

En résumé, le signifiant est indivisible par essence, comme tel, dans sa fonction de représentant du signifié – (ce qui ne s’oppose en rien au « glissement de sens » qu’on appelle « glissement du signifié sous la barre du signifiant »)

D’autre part ce qui ne peut pas être appréhendé par des signifiants – de quelque nature qu’ils soient -  ne peut pas être su (ce qui ne veut pas dire forcément que ce « su » soit « conscient » ou « vrai »)

Comme il existe toujours une inadéquation constitutionnelle d’exactitude entre un signifiant et le signifié qu’on en infère, les lois régissant sciences et langage sont donc ici les mêmes : une phrase et une équation ont exactement le même statut ; mais l’un n’est jamais réductible à l’autre, sinon approximativement – comme il en va de toute traduction de langue.

La rigueur de l’exactitude n’existerait que dans la pure transmission du code.

Le fait même que le signifiant soit fixé (comme un code), pour être transmissible, introduit toujours une part de subjectivité dans la réception du message que contient le code, même si le receveur reçoit parfaitement le code.

L’écart, aussi infime soit-t-il entre le signifiant (le code) et le signifié (le message), laisse toujours un place d’indétermination qui est fonction du receveur.

Et le même « principe d’indétermination » (en physique quantique, nous pensons bien sûr à Heisenberg) y joue le même rôle structural essentiel : un signifiant peut se transmettre, mais ce faisant, il reste dans « le champ » qui lui permet d’être transmis, et du même coup l’empêche « d’atteindre universellement » la saisie exacte de l’objet qu’il veut désigner.

Toute détermination « locale » engendre donc ipso facto à la fois

·        la possibilité d’une transmission

·        et celle d’un malentendu « à distance », dont les plus banaux en sont ce qu’on appelle des querelles de noms, des querelles de mots.

 

Il y a un agent spécialisé exclusivement dans les coupures et les collages, c’est l’opérateur qu’on appelle « le temps ». Quel rapport entretient-il avec les constructions administratives que nous avons énoncées ?

Avec ses morceaux, on fait « des durées » : de quel type de réalité s’agit-il au juste ?

Il intervient fondamentalement « quand » on passe « d’un état à un autre », non seulement de la veille au sommeil, mais même d’une seconde à l’autre.

 

IL en résulte tous ces états : ceux que l’on trouve bien réussis, et d’autres déclarés inconvenants, pourtant quelquefois intéressants, mais qu’on fait volontiers passer en psychiatrie : « cachez ce sein que l’on ne saurait voir ! ».

Sans temps local, on obtiendrait beaucoup d’états superposés. Les chronologies seraient rompues. Il n’y aurait plus de synchronies ; plus de diachronies ; plus de causalités : il n’y aurait plus d’avant ni d’après, etc.

Il y a quelque mystère à ce que Einstein qui a tant élaboré l’espace-temps ait déclaré lors de la mort de son ami Michel Besso que « le temps est une formidable illusion ».

 

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Fin Février 2017

Actuellement, je cristallise la question qui me préoccupe d’une façon qui, me semble-t-il n’a jamais été posée : c’est à dire que d’une décoction chimique surgissent des signifiants ou inversement.

En réalité, la question est sans cesse formulée depuis toujours, mais dans un seul sens : « On ne voit que ce qu’on veut voir, etc. » : Mentalement, le signifiant engendre la chose.

Mais inverser le propos consisterait à trouver une chose qui engendre un signfiant, et alors il faudrait trouver le point de départ de La Chose 

C’est en tous points la même question que celle du Big bang.

Qu’est-ce donc qu’une chose si elle n’est pas signifiée ?

virtuelle pure, donc ; sans apparence.

 

L’intérêt de la notion de signifiant, c’est de ne pas se limiter à « une chose => qui parle », ni à quoi que ce soit : ni lettre, ni parole, ni langage, etc.

Qu’est-ce qui pourrait bien pu produire du signifiant ?

Le signifiant est il le produit d’un auto-engendrement ?

 

Chimique et physique ont désormais – on le sait – le même sens profond : c’est maintenant le vieux mot « physique » qui est devenu d’un emploi difficile – trompeur à l’occasion - du fait du poly-sémantisme qu’il a acquis au fil de son age [13].

Et ma formulation rejoint une question bien actuelle : qu’est-ce au juste que le virtuel (en principe de l’existant non révélé – ce qui peut relever d’une foule de causes) et qu’est-ce que le réel ?

 

Officiellement tout ce qui est reconnu comme existant en ce monde est classé.  Il y a même « l’état des choses » « l’état X » ou  «  état Y », etc.

Ainsi, on dit que quelqu’un « dort » ou qu’il est « réveillé ».

On connaît même depuis très longtemps des substances qui font dormir, et d’autres qui réveillent, comme la caféine.

On considère que l’organisme fait spontanément à peu près la même chose en induisant nos rythmes de veille et de sommeil, au moyen de neuro-médiateurs, etc.

Les travaux de neuro-physiologistes de grandes valeurs humaines et scientifiques, Henri Laborit, Michel Jouvet, etc, ont apporté beaucoup sur nombre de sujets,  comme l’anesthésie générale, et même, des activations cérébrales classées en  phases, rapportées à des rêves, etc. mais justement, de tels travaux ne sortent plus jamais de leur lit bien assigné : j’y arrive

Au total, rien n’étonne de ces travaux - qui font progresser « La Science », laquelle, tel un grand et bel arbre, croît et se ramifie : Mais on ne s’étonne en rien de ce qui, familier, est appelé par nous naturel, comme que l’on dorme allongé, etc. Telle est, dit-on,  la physiologie « normale »

Mais tout ce qui sort de notre classement dans la catégorie du « normal » est rarement considéré autrement que comme devant devoir être combattu – à juste titre sans doute : tel le somnambulisme, les délires hallucinatoires, etc.  et « La Science » a bien des réticences à descendre de son grand arbre.

 

Il faut dire aussi les conséquences considérables en neuro-sciences des coups de freins qui ont été imposés à la recherche il y a déjà plus d’un demi-siècle, par les interdits opposés aux travaux de recherches, même à visées thérapeutiques, sur des substances qui passaient à l’époque rapidement dans le domaine des toxicomanies.

On pense ici, par exemple, aux travaux d’Albert Hofmann (1906 - 2008) qui découvrit dans les années 1938 – 1943  le lysergamide - qu’il appela alors « psycho-vitamine » - mais popularisé par les toxicomanes sous les simples noms « d’acide » ou de « L.S.D. », et qui fut responsable d’accidents d’autant plus graves que l’information sur les produits faisait défaut.

Bien d’autres produits furent expérimentés,  mais sur lesquels l’information n’est autorisée que depuis peu et toujours parcimonieusement.

Pourtant justement, ces produits sont du plus haut intérêt : en ce domaine les anomalies induites méritent de retenir toute notre attention.

 

Et, dans la vie courante, on oublie toujours que quand on dort, en général on rêve, et que quand on rêve, le rêveur est dans des dispositions particulières par rapport à son état civil, ses coordonnées temporo-spatiales etc. qui présentent un intérêt double :

·        pour le rêveur lui-même, dans une optique psychanalytique,

·        et pour tout le monde en ce que nous appelons banalement « l’existence ».

Et, sitôt qu’on est bien réveillé, que l’on sort des brumes matinales et que l’on boit son café, ou que l’on sort plus ou moins aisément d’expériences oniroïdes – dont il serait tout à fait exclu de faire la promotion d’un usage sauvage - on est censé retrouver son état civil « habituel », ce qui d’ailleurs n’est jamais exactement le cas – à moins que ce ne soit l’inverse.

Plusieurs choses me semblent ici dignes de retenir l’attention eu égard au présent sujet que nous traitons, et dont on ne parle que peu, ou jamais, bien qu’elles soient pourtant quotidiennes :

 

1.  D’abord la séparation radicale entre ces 2 états de sommeil et d’éveil [14]

 

2.  Ensuite que certaines substances chimiques ont un effet de « décollage », de « dispersion » sur tous les signifiants de notre état civil : on les appelle des somnifères.

(cf. boutade : « tous les problèmes sont solubles dans l’alcool »)

Rappel ici de ce qui est devenu notre langage pour transcrire la notion psychanalytique de « la castration » : nos premières considérations se trouvent maintenant en bas de page (en barre d’outils, cliquer sur « rechercher mot ») : « castration symbolique » vue comme « collage » et non « clivage ».

Et que d’autres au contraire, on un effet de « recollage » très rapide : On retrouve son nom , la date, le lieu (ce qui n’est pas toujours immédiat) : ce sont des substances de réveil, et elles s’accompagnent – d’un coup ou progressivement - de l’oubli de l’immense majorité des rêves qui ont animé le sommeil de nos nuits.

Que la nature des phénomènes ne soit d’origine chimique ne s’oppose en rien aux questions du refoulement, des découvertes freudiennes, etc.

Enfin, il demeure tout de même beaucoup de communications entre la veille et le sommeil (états hypnagogiques), entre le conscient et l’inconscient, etc.

 

3.  Ensuite, ce qui est non moins étonnant, c’est que lorsqu’un fonctionnement mental passe d’un état virtuel (on dit justement qu’il est en sommeil) à un état de fonctionnement réel, il change complètement de nature, comme c’est le cas lorsque l’on passe du rêve à ladite « réalité partagée » : Il n’est pas à proprement parler habituel, dans les passages de quelque chose d’un état virtuel à un état réel en physique classique, comme par exemple en informatique, en optique, etc. que la chose change de nature.

Une telle propriété est au contraire banale en  physique quantique.

 

4.  En ce qui concerne les délimitations : Comment se fait-il qu’une herbe à partir de laquelle nous avons fait une infusion, herbe des champs qui n’a, a priori, rien à voir avec nous (ce qui est évidemment faux), que cette infusion composée de molécules chimiques que nous avons bues, dissolve - en nous endormant - notre perception de toute notre existence, de notre vécu éveillé en notre « état civil », opère collages et décollages, fabrique des associations qui nous semblent imprévisibles et échapper à tout contrôle possible, pour nous faire entrer dans un monde chimérique, mais qui lui nous concerne de très près et même souvent répétitivement – au contraire de cette plante bue en infusion qui nous semblait étrangère ?

On pense ici aux états intriqués quantiques

Le sommeil est aussi un moment où le mot liberté n’a plus aucun sens : notre liberté y est-elle totale ou inexistante ?

 

Quoiqu’il en soit, dans ces conditions, les signifiants se présentent à peu près comme des particules, qui, virtuelles, peuvent dans certaines conditions devenir réelles, mais en subissant du même coup cette extraordinaire métamorphose dont chacun est le témoin tous les matins.

Qui est alors ce « chacun » ?  Peu importe ici, dans la mesure où ce que je souligne ici comme extraordinaire, c’est la métamorphose.

Les signifiants deviennent alors différemment organisés (et/ou organisants), en tant qu’objets ou autres formules.

Et alors cette verveine qui pousse dans les près -  et qui avait a priori pour nous tout d’une chose étrangère, manifeste alors un rapport très fort avec nous – puisqu’elle va jusqu’à nous transformer totalement : ses effets apaisants et hypnogènes sont si surprenants que notre mental, lui, « s’éveille à un monde sur lequel nous n’avons plus la moindre prise »,  en même temps et au même titre que « nous nous endormons » [cette syntaxe française, médio-passive, est ici intéressante : « qui endort qui ? » ; et c’est le « en - » (déictique d’espace ? de manière ?) qui suffit à transformer un verbe intransitif en verbe transitif pour transporter le dormeur vers les infinis pascaliens : il n’est plus alors « ni comme être ni en un lieu » sujet d’un « je suis » à la Descartes ou Charlie, mais d’un « je me suis », à ceci près qu’il n’y a plus ni « je » ni « me » ni « suis ».

 

Notons aussi comme faits importants que :

·        les effets chimiques d’un produit ne sont les mêmes ni pour tout le monde, ni à n’importe quel moment ;

·        L’importance de l’environnement

·        et jusqu’à l’effet bien connu depuis toujours en médecine des paroles de vérité sur les maladies.

Au total, je crois que pour y comprendre quelque chose, il faut faire complètement table rase de notre façon traditionnelle de penser le mental ;  de celle qu’on a voulu nous apprendre – si difficilement !

5.  Pour ce qu’il en est des considérations physiques plus traditionnelles de la physique quantique (elle a tout de même 100 ans), on remarquera qu’un organisme comme « un corps humain » (son cerveau est loin d’être seul à modifier ses états) rentre dans le cadre des corps que l’on appelle « macroscopiques » (ce qui ne veut pas dire grand chose), mais que les évènements mentaux sont réputés déterminés par des fonctions qui se déroulent à la fois à cette «  échelle macroscopique (pour de la physique) », (parmi 5 à 10 milliards de neurones, communiquant tous abondamment entre eux, noyés dans une masse de névroglie de 1, 5 kg pour ce qu’il en est du seul cerveau), mais simultanément animés par des « évènements particulaires » qui eux se déroulent dans les plus petites dimensions connues (photoniques (champs électriques), champs magnétiques, etc.) Le principe de décohérence est inapplicable en raison de la cohérence de la raison qui suit :

 

6.  La plus exceptionnelle particularité  de ces évènements particulaires chez le vivant, est évidemment leur survenues non-aléatoirescomme le démontre la moindre explication psychanalytique ; si particulière à l’humain ; dont certains étendent aussi l’emploi aux animaux domestiqués ; mais que nul ne songe encore à étendre à des bâtons de chaise.

 

Ainsi, pourrait-on apercevoir dans le mental humain un alliage particulier, alliant

·        des lois fondamentales de la physique quantique

·        à des lois de déterminations non probabilistes ?

·        la question se ramène toujours à celle de « détermination/indétermination »: les changements d’états ne sont-ils que d’apparentes illusions  [15] ?

Et comment appliquer le principe de superposition sans le conjuguer à l’indéterminisme d’Heisenberg ?

 

A moins que…

Si la communication est  corrélée au principe d’indétermination, l’apparition d’une détermination (comme en apportent les rigueurs de la psychanalyse) met fin ipso facto à toute communication (en état superposé) et alors, en même temps que la superposition s’évanouit, je retrouve du même coup à la fois mes déterminants propres et ma solitude existentielle : plus rien ne répond :

Etats et principes alternants comme suit :

 

1

communication

ó

superposition

ó

indétermination

2

détermination

ó

dé-communication

ó

solitude existentielle

 

Ici 2 voies de recherche :

·        les fentes de Young ne seraient-elles pas aussi la matrice métaphorique d’une fonction mentale « à éclipses » ?

·        et « L’alternance d’états » le plus simple paradigme de la fonction temporelle ?

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En voici Février 2017

J’ai trouvé sur internet un texte en pdf ( aisément téléchargeable) et que je n’ai pas encore lu en entier, mais dont je reproduis la photo d’un extrait.

Cet extrait a pour moi l’intérêt d’alimenter un débat qui est le mien.

Bien que je pense très différemment de l’auteur sur tout ce qu’il appelle « la conscience humaine ».

En voici l’extrait que j’évoque :

 

 

 J’ai souligné en rouge ce que je crois être le cœur du passage :

Je ne perds pas de vue l’origine de mes présentes recherches (exprimées page web précédente) qui sont de mettre en évidence « le mécanisme de la communication entre deux êtres humains »

Peut-être ensuite pourrons-nous poursuivre et étendre davantage les conclusions de ce travail limité – comme la chose me paraît de plus en plus envisageable.

La question – peut-être la plus fallacieuse - d’où découlent bon nombre de celles qui restent sans réponse est : « Qu’est-ce que la matière ? » ou seulement : « Que peut-on entendre par cette idée dans certains cas ? »

La matière qui apparut longtemps la plus subtile et la plus mystérieuse aux savants, est celle de « l’éther ».

 

[Le grec ancien avait 2 mots pour désigner « l’air » :

·        « aer » pour « l’air d’en-bas » que nous respirons,

·        et « ether » pour désigner « l’air d’en-haut » des espaces lointains.

Cet « air d’en-bas » respiré était censé être nécessaire à la vie par « la fraîcheur » renouvelée qu’il apportait aux corps vivants.

On ignorait « l’oxygène » découvert par Lavoisier il y a 200 ans, mais on s’était bien aperçu que le manque d’air entraînait rapidement la mort.

Du fait du besoin d’équilibre (« homeo-stasie ») des « gaz du sang » de notre corps, on continue à parler « d’hyper-capnie » (qui signifie seulement « excès de gaz ») pour désigner ce qui est en réalité autant un manque d’oxygène qu’un excès de « gaz carbonique » (= « CO2 » = « di-oxyde d’oxy-gène » ; Léger il fait des bulles dans « le champagne ») [16].

Cet excès n’est que relatif, le CO2 étant lui-même nécessaire à la vie comme puissant stimulant des centres respiratoires.

Toutes ces façons de parler ont exactement la même « signification/utilité » - chimiquement parlant – mais c’est dans le sang que l’on dose aujourd’hui couramment les 2 gaz que sont : O2 et CO2 , car en réalité ce sont nos cellules animales qui ont, à divers titres, besoin d’oxygène, et les molécules d’oxygène leur sont apportées par « l’hémo-globine » (de « aima-aimatos » = « sang » en grec) globuline qui leur arrive lorsqu’elle est rouge (Hb-O2), venue des poumons, via les « artères pulmonaires ».

« Artère » est un autre mot dérivé de « aer » car autrefois on croyait les artères chargées de véhiculer « l’air » puisque du fait de leur rigidité - relativement aux veines - on les découvrait toujours vides et creuses sur les cadavres.

Ce va-et-vient incessant de la circulation pulmonaire, dite « petite circulation » a été découvert par Ibn Nafis  bien avant l’oxygène et rapporté en France par le Valencien Miguel Servet douloureusement brûlé à Genève sur un bûcher humide par la Sainte Inquisition, par l’entremise de Calvin qui lui avait livré son hôte. 

J’aimerais bien arrêter d’écrire sitôt que je suppose que Wikipédia pourrait prendre la relève J,  mais je signale ici la douloureuse histoire parce qu’un travail de recherche historique reste à faire, personne ne sachant comment Miguel Servet avait eu connaissance des travaux du Syrien musulman Ibn Nafis.

J’en parle en une autre page. La dissection humaine était alors interdite par l’Eglise.]

 

Comme il arrive quelquefois, le mot désignant « l’air frais » allait un peu plus loin que l’objet qu’il désignait et participait aussi de la fonction vitale attribuée à la chose puisque cet « air frais » était nommé « psuchros », de la famille du mot « psuchè », ce dernier mot ayant connu le long destin que l’on sait, en changeant complètement de sens au cours des âges ; en commençant par « la vie » ; en continuant par « la survie » du spectre après la mort (cf. La « Nekuia » dans l’Odyssée) ; en continuant par « l’âme » qui sera jugée après la mort chez les chrétiens (subsumant simultanément plusieurs concepts parmi ceux des croyances égyptiennes) ; pour en arriver à tous les composés confus dans lesquels il rentre aujourd’hui comme préfixe banalisé, et il faut bien dire, beaucoup trop « passe-partout »

 

Ether et principe de superposition : Il semble bien que dans le cas qui nous occupe, malgré que les théorisations actuelles les rangent dans des chapitres différents de la physique, le « principe de superposition » (fondamental à la théorie quantique, comme l’explique Paul Dirac [17]) apporte du même coup une solution à la question de « l’éther » (ou « quinte essence » (« penta oussia » d’Aristote) – ou de bien des solutions de continuité entre deux formes/formations/fonctionnalités, comme c’est le cas entre les deux inconscients de notre exemple de la page précédente (« Ic1 » et « Ic2 »).

 

[On sait que Einstein en avait balayé l’existence d’un revers de main pour ce qu’il en était de sa forme dite « éther luminifère ».

La question n’est pourtant pas épuisée puisqu’il n’a pas pour autant été mis fin à toutes les autres questions qui persistent autour de ce qu’on subsume encore sous la vague appellation de « vide ».

Il n’est pas d’ailleurs impossible que les questions de « l’expansion infinie de l’espace-temps », de la raréfaction des molécules dans la « substance intermédiaire » intergalactique et celle du « vide qui n’est pas vide » ne puissent également être expliquées par – ou du moins obéir aux applications de -  « le principe de superposition » qui serait alors décidément « plutôt bien » universel.

Quoiqu’il en soit, le principe de superposition permet peut-être un autre balayage d’un autre revers de main – « au sujet de l’inconscient » :

Tout de même que ce principe même le fait échapper à toute représentation picturale, il échappe aussi aux descriptions verbales, et même beaucoup d’algébriques, d’où l’extrême difficulté d’en parler.] 

 

Dans notre cas particulier, j’ai pris en compte les travaux de Freud, qui ont l’intérêt de considérer justement que le mental de l’être humain [18] (mot que je préfère décidément à psychisme – lequel est devenu pour moi sans signification) ne se résume pas du tout à sa conscience.

Bien au contraire, l’essentiel du mental échappe à la conscience individuelle (aussi imperceptiblement que les battements du cœur ou la respiration)

En suivant Freud (et bien d’autres), toute communication consciente implique la participation obligée de l’Inconscient, lequel peut aussi se manifester sans participation consciente (par ex. dans le lapsus linguae)

Je me suis donc posé la question : Comment « l’Inconscient 1 » pouvait-il donc entrer en relation avec « l’Inconscient 2 » ?

Et c’est alors que je me suis tourné vers ce qui m’a, petit à petit, semblé être la plus simple explication possible – et qui me semble même maintenant couler de source comme une évidence – à savoir « le principe de la superposition d’états », maintenant bien connu des physiciens.

 

Les arguments en sont multiples :

·        les superpositions d’états temporo-spatiaux originaux et innombrables au cours des rêves durant le sommeil, rêves libérés des censures diurnes et qui paraîtraient complètement aberrants à toute conscience bien formatée ; (point important ces superpositions à n dimensions ne sont pas représentables sur un dessin)

·        Le fait que, hors la vie hypnique, ce principe de superposition paraisse tout particulièrement applicable aux « expériences » au cours desquelles la personne paraît en grande partie quasiment dépossédée de sa conscience habituelle, « dépersonnalisée », dit-on :

o       états amoureux au premier chef ;

o       expérience de la relation transférentielle durant une psychanalyse,

o       le phénomène dit « des médiums »,

o       les expériences toxiques ou hallucinatoires aussi,

§         au cours de

§          – ou sans – ce qu’on appelle banalement « maladies mentales », etc.

·        Et puis il y a peut-être des « états de vacuité mentale », de « néant idéique », que la mémoire ne retiendrait pas : Lorsque quelqu’un nous dit : « je n’ai pensé à rien », « je n’ai rêvé de rien », pourquoi ne pas le croire plutôt que de murmurer : « hum ! il a tout oublié » ?

·        Enfin l’oubli lui-même – même quand il laisse des traces à partir desquelles la remémoration peut faire réapparaître diverses manifestations - ne pourrait-il pas être « un état de néantité » d’une « même chose également en un autre état » question que la physique quantique invite tout naturellement à poser ?

 

Bref, on touche à l’indénombrable.

 

J’en rapprocherais bien entendu la révélation de « l’équation de Schroedinger », au cours de ce qu’il a lui-même appelé « un épisode amoureux fulgurant et tardif » comme se plait à le rappeler  le physicien Etienne Klein dans ses succulents enseignements,  puisque, comme je viens de le dire, je considère l’état amoureux comme un prototype-même de la dépossession de sa propre conscience d’individu socialisé et – en ses grands moments – une superposition de parts de deux inconscients, et même souvent accompagnée de modifications de parts de la personnalité habituelle qui en résultent, ce qui est bien connu depuis toujours.

Ainsi, finalement, l’Inconscient obéirait de la façon la plus banale et la plus générale aux  lois  de la physique quantique, alors qu’ou contraire, la conscience ne serait que le bien fragile résultat d’un polissage social, celui qui impose l’existence (« l’ex-sistence » disait le psychanalyste Jacques Lacan)  – de « l’in-dividu » - (qui rime comme un participe passé en français) – comme résultat d’une « opération d’individualisation » – en général à partir de « l’acte d’état civil », laquelle individualisation  ne demande qu’à trébucher à la première occasion, comme chacun sait !

 

On pourrait braver « la culture officielle » - qui, même changeante, est par définition dogmatique et consensuelle - en disant qu’elle-même, ainsi et de même que « la conscience de soi », sont « des états exceptionnels » et non le contraire, de la même façon que « la géométrie euclidienne » n’est qu’un cas exceptionnel, déduit de quelques axiomes (eux-mêmes représentatifs de la culture de l’époque *) , parmi beaucoup d’autres géométries possibles, plus banales, plus générales et incluant l’euclidienne – déduites d’autres axiomes, aujourd’hui couramment utilisées.

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[* « O tempora o mores ! » Aujourd’hui le premier physicien venu pourrait sourire si un maçon lui déclarait qu’il a construit deux murs d’une maison bien parallèles, sous prétexte qu’il a utilisé un fil à plomb ; car en réalité le fil à plomb pointe vers le centre de la terre (et ce n’est là encore q’une approximation) et les deux murs forment un « V », grâce à quoi justement ils tiennent bien debout !

Et j’imagine un sourire bienveillant d’Einstein au vu de la pendule que j’ai acquise, dont la synchronisation électro-commandée depuis Francfort ignore superbement le temps mis par l’information pour me parvenir à la vitesse de la lumière à l’endroit où je l’ai placée. Evidement si je l’emportais aussi à la vitesse de la lumière, j’arriverais en retard à tous mes rendez-vous !]

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Tout ceci repose en des termes nouveaux toutes les questions qui furent les nôtres en psychiatrie – tout en asseyant plus fortement encore notre exigence d’indépendance :

 

Le « sujet de la médecine mentale » est avant tout constitué de signifiants – la plupart non sus et à l’insu du sujet, son dépositaire.

Aucune identité univoque, aucune personnalité simple, aucune responsabilité, aucune moralité, etc. ne pourraient y être décelés car ses quanta de signifiants ne sont pas ordonnés à l’aune de ces concepts.

 

En tant que  véritable médecine, la médecine que l’on dit mentale - c’est à dire plus qu’une médecine qui serait arbitrairement tronquée par limitation arbitraire à ce qu’on appelle le « somatique » (« to soma » = « le cadavre » en grec, comme « corpse » en anglais) -  relève exclusivement du particulier, et ne peut être entrevue que dans un rapport aménagé et soumis, et en dernière analyse, en « termes de vie » et « de physique » aux sens premiers de ces termes.

Elle n’a aucune place ni dans les lois, ni dans nos prétoires, pas plus que le « tuberculome verruqueux du prosecteur de Laennec » ou la « méningite à purpura fulminans ».

Si on rencontrait dans nos lois des précisions sur ce qu’on appelle « être humain », ce serait déjà pas mal, parce qu’au train où vont les greffes, on en aura bientôt besoin.

Mais on a préféré légiférer d’abord sur l’avortement, c’était plus facile.

Et si on contemple le droit dans sa longue durée, depuis l’Antiquité par exemple - ce qui n’est pas dénué d’intérêt - on s’aperçoit malheureusement que la « nature animale » de l’homme – pour ne pas dire « animée », sans même aller jusqu’à chercher à parler de son « âme » (<= « anima ») - se réduit par exclusion  comme une peau de chagrin : ce qu’il en restera pourrait bien finir par éclater d’infatuation, comme « la grenouille de la fable » de La Fontaine [19]. 

Cf. Antigone à Créon : « Et si je te semble avoir agi follement, peut-être suis-je accusée de folie par un insensé »

 

A l’inverse, « le représentant juridiciarisé qu’en est « l’individu sujet du droit » a, lui, pleinement sa place dans les tribunaux, dans l’expression attendue, même – et surtout si - sa parole n’est pas celle de « l’homme-type », considéré comme modèle standard accessible à tous, et pour cette raison plutôt arasé vers le bas.

Ainsi, c’est précisément son interpellation par l’ordre de la loi, qui permet à ce sujet d’accéder à une « majorité juridique » - qui n’a pas nécessairement lieu d’être confondue avec la « maturité sexuelle ».

Que la justice soit « juste » est une autre question, qui n’a rien à voir avec la médecine [20]. Elle n’est en définitive rien d’autre que la recherche du meilleur accord de toutes les parties ; d’où sa nécessité de cohérence, et j’ai expliqué ailleurs comment et pourquoi on n’a pu que diviniser Maât.

 

Ces deux catégories étant ainsi repérées, aussi étrangères l’une à l’autre que le sont le soleil et la lune, la seconde, celle de « l’homme du droit civique » – pour nous, « l’homme redondant des droits de l’Homme » - devient d’autant plus difficile à saisir que cet homme – dont la représentation n’a jamais cessé d’évoluer - est de plus en plus difficile à cerner par ses capacités.

L’apparition des mécanisations, robotisations, neuronalisations de nos ordinateurs (qui nous dépassent déjà très facilement en nombre d’opérations) est certainement un aspect important de la difficulté. 

Aristote et son « zoon logoticon » (« animal éloquent et/ou raisonnant ») sont totalement hors-jeu – si tant est qu’il ait été dedans un jour - (seul le « zoon » était à retenir [21] - mais malheureusement il est à craindre que des deux mots il soit celui qui durera le moins - et le « Hayawan mantiqiy » (« animal articulant » de « nataqa » = « articuler en  parlant ») qu’en a tiré Farabi était un peu mieux ciblé) – puisque aujourd’hui la moindre machine écoute, raisonne et répond, et les enfants auxquels nous avons donné le jour ne sortent plus des champs fécondés de Cérès… ni les animaux ne sont plus ceux du Panchatantra.

Mais ce n’est pas une raison pour faire appel à des réputés psychologues ou psychiatres pour leur demander d’apporter leur éclairage, car ce qu’ils pourraient apporter ne pourrait être que les échos particuliers de myriades de mondes tous étrangers au propos demandé.

 

Janvier 2017

1.       Les sensations :

Toujours mentales [22] (dans la présente distinction sensations/mouvements, on ne fait que suivre la traditionnelle distinction des « sens » ; (ici sens au sens de direction, mais c’est le même mot que sens au sens de perception ou sens au sens de signification : on tourne donc toujours en rond autour des 3 sens du mot sens, mais c’est par là-même que le 3 devient 4) ; directions donc, dans des informations animales (particulièrement neurologiques) qu’on retrouve dans nos classifications anatomiques et physiologiques de la vie de relation (équivalentes à réception/expression ; mais on pourrait en retenir bien d’autres).

 

[en attente : LES rires et LES raisons dans l’antiquité : Démocrite et Hippocrate ; Freud (Witz = le mot d’esprit).

De même que ce qui est raison pour l’un ne l’est pas pour l’autre, ce qui est drôle pour l’un ne l’est pas pour l’autre.]

 

2.     Les mouvements :

Toujours relatifs et/ou relationnels :

a) le plus simple d’entre eux : La translation :

Son appréhension nécessite la représentation d’un lieu et d’un corrélat du lieu (objet relatif à ce lieu). D’autres mots sont possibles mais reviennent toujours à cette dualité (ajouté à la signification, ce 2 devient 3 et l’union des 3 apporte le 4).

b) Tout déplacement :

Il n’est pas possible d’imaginer, de symboliser, d’exprimer, de calculer un déplacement sans signifiants (lexical, sémantique, littéral ou mathématisé) signifiant le déplacement.

On peut différencier un trajet avec mouvement apparent (avec changement de référentiel)  d’un trajet sans mouvement apparent (sans changement de référentiel).

Et pointer la relativité de l’énoncé selon que :

L’interprétation  d’un énoncé peut changer en fonction de la présence ou non d’une particule dans un repère contextuel

Ou ne pas changer en fonction de la présence ou non d’une particule dans un autre repère contextuel :

Comparer les couples phrases :

« Georges prend le train à Paris et lit le journal [jusqu’] à Milan »

« Georges prend le train à Paris et lit le journal [] à Milan »  => Le sens est totalement différent

avec

« Georges transporte la caisse [jusqu’] à l’entrepôt »

« Georges transporte la caisse [] à l’entrepôt » => le sens ne change pas

(Exemples empruntés à la thèse d’Anastasia Yannacopoulou (clic => 1.3.2 : Le critère de déplacement spatio-temporel ; 1.3.2.1 : La notion de trajet ; page 40 note 34.)

0n retrouve donc « mathématisée par le langage »  la physique relativiste galiléenne (« Dans un système clos uniformément accéléré le mouvement est comme rien ») car dans le premier couple, on passe d’un système de repère à un autre ; alors que dans le second, on conserve un unique système de repérage (cf. équivalence « noms du père-repèrages »).

D’où l’on peut conclure que les signifiants et les signes mathématiques jouent ici le même rôle : Qu’est-ce donc qu’un « système mathématique », sinon un système de « messages encodés » -  à l’égal de « toute chaîne de signifiants », et donc capable d’engendrer « d’autres messages » dans le même « système de codes » ?  Et les « codes adoptés et/ou imaginables » sont indénombrables, bien que tous ne soient pas appropriés aux mêmes expressions, ni non plus en usage.

D’où viennent ces codes ? On évoquera ici les célèbres « lois éternelles » rappelées par Antigone  au jugement de Créon, lequel la fera enterrer vivante : cf. note 4 clic

Malheureusement – si l’on peut dire – on ne peut opérer ce genre d’assimilation que chaque fois sous les auspices du nouveau facteur (au sens de « modulo ») ici celui du « sens », lequel introduit toujours chaque fois un « forçage » (une ré-interprétation) de chaque signifiant, dont le sens est forcément contextuel ;  (Il en va de même en mathématiques lorsque 2+2 = 4 ou 2+2 = 2 selon le modulo)

Car en l’absence de prise en compte de référentiel (par exemple « sens ») on ne peut jamais opérer aucun rapprochement, ni échanger d’information du tout.

Or ce référentiel (sens ou autre) est lui-même déjà l’introduction de présupposés supposés partagés.

L’étape suivante serait la mise en rapport de la sensation et du mouvement, dont l’assimilation coïnciderait alors avec la réalisation du « Un » par excellence.

 

 

Décembre 2016

Galilée a été le fondateur de la physique relativiste (sans en avoir jamais prononcé le mot) : son expression à ce propos est bien connue : « Le mouvement est comme rien » :

A -  La trajectoire du mouvement d’un objet dépend du système référentiel :

1.       Un marin, à quai, laisse tomber une pierre dans l’eau : elle tombe verticalement (oublions ici que pourtant la surface de la terre tourne à grande vitesse par rapport au pied du soleil, mais on peut considérer que le quai est immobile par rapport à l’eau : ce n’est qu’une approximation).

2.     Un marin à bord d’un voilier laisse tomber une pierre du haut du mat : la pierre tombe encore verticalement, cette fois au pied du mât, quelle que soit la vitesse du voilier, si la vitesse du voiliers est uniformément accélérée, même dans un référentiel « terre ».

3.     Le marin resté à quai verra par contre  la pierre tomber du mât du voilier selon une trajectoire courbe.

Mais qu’en est-il du passage d’un référentiel à l’autre, d’une part pour un 3ème marin en situation de « voyeur », mais surtout pour la pierre : comment la pierre peut-elle se situer dans deux référentiels à la fois qui n’on rien à voir entre eux, au cours de ce qui pour elle, peut même aller jusqu’à l’absence totale de tout déplacement ? Des équations de transformations répondent à ces questions.

B - A la page précédente, nous avons deux systèmes de référentiels :

1.       un objet C1 dans un système Ic1

2.     un objet C2 dans un système Ic2

3.     et un paquet de signifiants (« structurés comme un langage ») afin de passer de C1 à C2 (considérés comme deux formations étrangères l’une à l’autre) doit passer par Ic1 puis Ic2 (sous forme de sons, ou de tout autre support, même peut-être pour une part inconnus) qui alors deviennent une interface un moment partagée.

Qu’en est-il du passage de Ic1 à Ic2 pour ce paquet de signifiants ?

Il n’est pas habituel d’assimiler les paquets de signifiants à des corps solides comme le sont une pierre, un atome, une particule de physique élémentaire. Pourtant il devient intéressant de voir les physiciens en prise avec de nouvelles redéfinitions  - à vrai dire de concepts ayant tout aussi bien déjà pu être envisagés par l’homme des cavernes dont nous n’avons aucune raison de penser qu’il en savait moins que nous sur l’essence des choses. 

Et nous sommes fort tentés de formuler l’hypothèse que certaines lois physiques sont très probablement communes à ces deux situations A et B.

La physique, est une, science de la nature, science de la vie [23].

C – Le passage Ic1 => Ic2 a été hasardé par Lacan grâce à ses représentations par des lettres s1, s2, a, etc. mais jamais mathématisé. On peut certainement aller beaucoup plus avant.

DMais toute particule élémentaire aussi est susceptible de changer sans cesse de référentiels, au gré ou selon, le seul qui soit reconnu (seul reconnu, à tort ou à raison) capable de les définir – subjectivement – c’est –à-dire l’observateur.

E Illustration : changements de systèmes référentiels pour les signifiants

Prenons un exemple concret qui nous fera comprendre une partie de cette question de changements de systèmes référentiels.

Il va sans dire que ce qui est valable entre deux individus (rendus plus ou moins indivis-individus par et en ce qu’ils sont « signifiés ») est du même ordre que ce qui se passe en l’individu lui-même, entre « le sujet conscient » et « celui de son inconscient » ou entre « tous les autres de ses sous-groupes » qui se délient durant ses états oniriques ou confusionnels par exemple :

Exemple : Monsieur A  est souvent sur le quai du port et voit souvent passer Monsieur B qui se rend sur un bateau de pêche, qui semble être le sien et avec lequel il se rend en mer.

Il y a aussi un 3 ème personnage qui les regarde tous les deux, mais il n’interviendra pas ici. Il les surveille ; c’est grâce à sa famille de personnages que messieurs A et B ont étés nommés et Monsieur C se porte ici.

Après quelque temps, Monsieur A et Monsieur B se connaissent bien de visu, mais tout le reste n’est que supposition, et d’une certaine façon le restera, mais selon une autre approche :

L’un et l’autre finissent par se dire «  Bonjour ». Puis Monsieur B continue son chemin et repart en mer, puis il oublie la rencontre, et se livre à la pêche et à ses rêveries.

Puis les coquilles de chacun finissent par s’entre ouvrir de plus en plus et les bonjours se transforment en conversations, puis en libations au café du port, etc.

Monsieur A  dit qu’il a ouvert une agence sur le port, qu’il est marié, qu’il a une famille, etc.

Monsieur B de même et les relations s’animent, se réchauffent  et se multiplient.

Il y a des grands moments d’échanges, et même des mélanges de personnalités, de tics empruntés à l’insu de celui qui les adopte, de manières de s’exprimer, etc.

Les échanges sont authentiques et profonds ; mais aussi loin qu’ils puissent aller, il n’y a jamais coïncidence exacte entre les systèmes référentiels de chacun ; jamais aucun ne peut avoir les yeux de l’autre dans ce monde d’individus.

Et cette impossibilité radicale de se mettre dans la peau de l’autre est tout autant ce qui alimente les plus vives passions des hommes.

Et cela serait aussi vrai en cas de dite maladie mentale déclarée.

Chacun voit l’autre avec son ou ses systèmes référentiels propres, exactement comme dans les énoncés précédents, chacun voyait tomber la pierre à ses propres  pieds :

On peut s’en approcher, on peut avoir envie d’être à la place de l’autre, de se mettre à la place de l’autre, la relation peut être amoureuse, délirante, transférentielle, mais jamais l’exacte substitution ne se peut : il y a toujours un petit décalage, aussi infime soit-il, qui fait que la pierre du voisin dessinera toujours une trajectoire (symboliquement) un peu courbe… et qu’on pourra toujours par quelque mégarde la recevoir (symboliquement) sur son pied.

Chacun voit l’autre par rapport au monde dans lequel il est lui-même irrémédiablement assigné – momentanément ici - mais ce pourrait être la même chose dans d’autres dimensions que temporelles, dans un monde à n dimensions, voire dans n mondes différents ; et il n’existe aucun critère permettant de dire qu’il n’y a qu’un seul monde et le bon.

Bien plus, tel l’homme de l’ascenseur d’Einstein, celui qui est dans un monde donné, n’a aucun moyen d’en prendre conscience sans appel à une indication extérieure, telle qu’il pourrait l’obtenir de situations exceptionnelles telles la psychanalyse , et l’on explique alors pourquoi une demande authentique engageant toute la personne est si importante pour y parvenir.

Enfin, il serait difficile de ne pas ajouter ici un mot touchant à la morale : Tout le monde se plaint maintenant que les gens sont de plus en plus individualistes, égoïstes, égocentriques.

C’est probablement vrai, mais induit ; d’une certaine façon, imposé.

Tel est le prix à payer notre sociabilité ontologique, laquelle, à la différence de celle des animaux est une nécessité générique : Telle est notre espace programmé de liberté ; celui d’un choix sous menace de couperet, écho de nos misérables incomplétudes.

Ce sera « ça ou rien » : ce qui permet du même coup de clore l’alternative : « libre arbitre ou pas libre arbitre » : certes nous avons un choix, mais c’est le seul : « to be or not to be » !

Voilà le choix.

(cf.  aussi la fable de Platon sur les premiers hommes hermaphrodites que les dieux ont coupé en deux parts irrémédiablement condamnés à chercher leur moitié pour s’y réunir)

C’est sans doute aussi ce qu’il faut entendre chez Aristote (qui a quelquefois aussi proféré quelques vérités) dans sa définition de l’homme comme « zoon politicon », mal traduit par « animal politique » : l’homme ne peut « qu’être sociable ou ne pas être ».

Mais c’est aussi être lucide que de mesurer notre égocentrisme constitutionnel et être sociable que de le contenir.

L’égocentrisme imposé, tyrannique est constitutif de l’individu comme tel : il en est le plus pur témoignage d’une opération aboutie, qui condamne toute la vie de l’homme à se dérouler dans la tension de l’aporie d’un dipôle : celui d’un irrémédiable « égocentrisme sociable »…

Car ce n’est pas l’égocentrisme qui fait l’individu ; Mais c’est au contraire l’individualisation qui a construit l’individu,  et qui, ce faisant, lui a assigné les repérages incorporés dans la construction de ce qu’on appelle son ego.

C’’est donc là « son moi », lieu d’échanges plus ou moins « harmonieux », modulable assurément, mais marque centrale – personnelle et non plus générique - dans ce processus qui produira le statut même d’individu ( à l’état de veille, répétons-le, et même de vigilance, pour ne pas dire plus encore d’auto surveillance, même si devenue automatisée, elle passe habituellement inaperçue).

Il est de son genre d’être personnalisé.

Ce qui ne veut pas dire ineffaçable, comme on le voit au cours d’expériences diverses de dépersonnalisation, qu’on appelle pathologiques.

Les rares états de superpositions ou d’échanges que notre exemple a voulu faire surgir ne sont que des « adoptions d’éléments » de référentiels d’un alter ego, de « points de vue », comme on dit, mais pas davantage.

Et il ne serait pas trop de dire : « et dont 90% de la matière échangée s’échange d’inconscient à inconscient », si la chose était mesurable.

Quant à Monsieur C, il contemple les effets d’une individualisation toujours relativement fragile, et à durée déterminée.

Tout ceci n’est qu’une petite métaphore.

 

Novembre 2016

 

1)    Feu le psychanalyste jacques Lacan donnait une représentation du « Réel » grâce à l’image du nouage du nœud boroméen, dans lequel les 3 « ronds de ficelle » représenteraient : « le Symbolique, le Réel et l’Imaginaire ».

La seule définition qu’il donnait alors du Réel, est que, noué boroméennement au Symbolique et à l’Imaginaire, l’ensemble fait 3.

C’est donc un triplet

Le Réel y figure alors comme une abstraction de la Réalité : Dans la topologie lacanienne, le Réel est une fonction continue (rond de ficelle, noué).

La Réalité, elle, n’a jamais été définie jusqu’à ce jour : Le mot n’existe que tardivement dans des langues anciennes comme le grec et le latin :

 

Dans le cas de Démocrite, fait essentiel, nous ne possédons actuellement pas une ligne de lui transmise directement, et son univers ne nous est pas plus familier que ne l’était celui des pharaons avant Champollion, même si nous en avons quelque peu hérité, quand bien même ce serait à notre insu.

A notre avis, un approfondissement de l’Indo-logie, tant de l’Inde ancienne que de l’Inde contemporaine d’ailleurs sont prometteurs, en valorisation des liens antiques de la Grèce avec voisins et parents naturels que sont les mondes indiens et persans, tant pour la langue que dans les travaux savants qui n’ont probablement jamais connu de rupture. 

Les transmissions indirectes de l’expression démocritéenne, elles, sont innombrables, mais, bien souvent, réinterprétées, et ne peuvent que gagner à être comprises sans anachronisme si cela se peut.

A partir des textes, la recherche de l’authenticité peut prendre 2 directions :

Dans les fragments des rapporteurs, chercher les phrases qui reviennent souvent chez des rapporteurs de lignées différentes et sans liens de filiation. Alors, lorsque les textes diffèrent significativement, et défient les préjugés, parfois la compréhension, c’est en général la « lecture la plus difficile » qui est la plus fidèle, parmi les différentes retranscriptions des copistes, conformément à la loi philologique de la « lectio difficilior » (c’est en général la même chose en psychanalyse !)

On peut aussi de temps en temps s’abstraire des phrases pour retenir des mots, des emplois, des tournures, manifestement authentiquement forgés . Dans ce cas, sorti des phrases, le mot seul peut avoir un intérêt. C’est ce que les physiciens avaient trop hâtivement cru découvrir avec le mot « atome ».

Par contre, nous sommes tentés d’accorder beaucoup d’intérêt à la façon dont Démocrite a traité nos concepts de « réalité » ou « des réalités » :

Certains auteurs anciens s’accordent à dire que, pour parler de « réalité », Démocrite se démarquerait en utilisant le mot « eteos » [24] : Ainsi, selon Sextius Empiricus ; ou selon Eléments hippocratiques N° A 49, pour signifier « dans la réalité », Démocrite prendrait le datif féminin « eteiè » (comme un adverbe),  à côté de « to eteon » pour « Réel » (au neutre) [25]; etc.

Il semble que plus tard, Sextus Empiricus notamment, réemploiera ce mot à la place de « a-lètheia » ( = « vérité » ), (lequel est en grec une négation : mot à mot : « non-oubli ») (cf. Le Léthè aux Enfers ;  cf. Lamartine : « le calme du Léthè »)

 

En physique, la Réalité pourrait être virtuelle si se démarquant ainsi du Réel, mot antinomique de virtuel - à moins qu’elle ne puisse s’y trouver occasionnellement confondue ? - concrète (si non abstraite) et discontinue (dès lors qu’on peut en nommer les éléments, cf. infra).  On a bien sûr ici l’impression ici de manier un vocabulaire dont la portée nous échappe, tout autant que celle d’équations difficiles : c’est sans doute la loi du genre sitôt que quelque chose se révèle comme ne nous étant pas familier.

Finalement, tout cela pourrait-il être autre chose que vocabulaire et équations ?

 

On peut trouver d’autres triplets, aptes à d’autres opérations :

 

2)    Par exemple les « idées indivises » de Démocrite, composées de « rhusmos », « tropè » et « diathigè » (termes traduits par Heinz Wizmann (« Les avatars du vide » ; éditions Hermann ; Paris 2010) par « rythme », « tournure » et « toucher traversant » ; et que nous appelons infra « calligraphie d’écriture », en relation avec le contexte textuel de l’élaboration démocritéenne, qui les rattache manifestement au tracé des lettres dans la dynamique de l’écriture du langage)

Démocrite aurait-il pu alors penser en cela « aux mathématiques », dont on sait précisément que, bien que les signes n’en soient qu’une représentation, aucun cerveau humain ne pourrait aller bien loi en la matière sans eux ?

 Au sens actuel du mot,  certainement pas pour la bonne raison que les mathématiques n’existaient pas encore en tant que tels comme science isolée, et que de plus il semble qu’aucun signe particulier n’existait pour les calculs.

Ce n’est que très progressivement que ceux-ci apparurent, et bien après les premiers signes transcrivant les son ou les idées du langage, « pense-bêtes » toujours maladroits et seulement plus ou moins appropriés - comme ils le sont restés d’ailleurs - destinés, tel un nœud fait à son mouchoir – à soulager la mémoire pour la conservation des mots.

Le moment de l’apparition des premiers mots écrits définit ce que l’on appelle « les temps historiques », par opposition à « la préhistoire ».

Les premiers mots écrits semblent avoir été des mots indiquant la filiation, du type : « X  fils de Y », etc.

Autrement dit, on ne peut qu’y voir une conjuration de l’oubli et même de la mort, fait symbolique hautement significatif, mais qu’il faut se garder d’interpréter trop rapidement comme « un fait religieux » ou plus précisément d’une « croyance en un dieu », comme ce fut aussi le cas lors de la découverte que l’on enterrait les morts : signe d’une volonté de conservation assurément, mais, précisément sans plus d ‘écriture, on ne saurait en dire davantage (cf. à ce propos les mises en gardes dans les livres de Leroi- Gourhan 1911-1986).

« Mathema » en grec signifie tout simplement « le savoir ».

Mais précisément, c’est ce qui fait tout l’intérêt de se poser la question à propos du dire de Démocrite : Les mathématiques étaient, en somme, pour lui partie de la pensée tout court, et leur outil n’en était rien d’autre que la commune écriture. L’outil n’en est pourtant pas moins nécessaire, au même titre que le marteau est l’outil du forgeron.

Et d’une certaine façon, cet outil qu’est l’écriture est devenu au fil des temps indispensable à l’homme, ou plus exactement l’homme est devenu « addict » à l’écriture, ce par quoi il a transformé le monde.

Et qui plus est - souvenons-nous – les premières apparitions de l’écriture, n’ont-elles pas surgi aux fins d’opérations de comptages, de comptages d’animaux comme on le voit sur les dessins qui accompagnent ce qu’on ne sait pas lire, peut-être à propos de vente et d’achat, ce que l’on ne saurait dire puisque, parmi les plus anciennes écritures auxquelles nous faisons allusions, celle de Mohenjo Daro, par exemple, dans la Vallée de l’Indus, aujourd’hui au Pakistan, ne sont toujours pas déchiffrées.  

Portons ici connaissance en note de bas de page d’un fait contraire à ce que beaucoup supposent : l’évolution certaine de l’abstrait vers le concret dans la langue grecque, et non l’inverse histoire de la langue grecque [26](cf. aussi clic). Il semble en avoir été de même dans toutes les langues.

Ainsi, dès le départ (au sens « d’archè [27] » non chronologique), la langue elle-même pourrait être perçue comme une « superposition », et même une « superposition de  groupes » (idées atomiques et écriture) dans laquelle l’adjectif démocritéen « in-divis » pourrait y prendre le sens et la valeur « d’intrication ».

 

Propriétés intriquées

« rhusmos » ; « rythme »

« tropè » ; « tournure »

« diathigè ; « toucher traversant »

Ecriture

oui

oui

oui

Idées atomiques

oui

oui

oui

 

3)    Les triplets « signifiant/barre/signifié ;

 

4)    sujet/idée/objet ; etc.

On pourrait les appeler des « triplets de réalité , de réalisation, de matérialisation, etc. », en donnant chaque fois des aspects de sens différents à ces mots étranges.

Ils deviennent alors aptes à construire des mondes en nombres illimités, que l’on peut tenter d’écrire sous forme de fonctions mathématiques sur lesquelles on pourrait opérer : « compter sur ses doigts » ne serait-il pas déjà un  paradigme d’écriture ?

 

Une conjonction est-elle possible entre ces triplets ?

 

Notons ici que « des doublets » à « deux dimensions » sont aptes aux réflexions d’images,  et « les lignes à une dimension  » à la représentation d’irréalités pures, ce qu’a déjà noté Platon.

Mais pour lier ces triplets ensembles, pour assembler ces entités, pour en faire des « mondes d’échanges », des « aires d’échanges », il semble bien que la présence d’un 4ème terme s’impose obligatoirement, lequel ne peut être autre qu’une « détermination dans un langage ; une nomination [28]».

 

1)    La saisie, la construction ou la connaissance de tout énoncé est de nature législative : C’est le groupe des idées atomiques.

Mais, ce qui prend corps à partir de l’énoncé, n’en suit pas nécessairement l’injonction.

 

Dans notre culture, la question de la divisibilité tient une place toute particulière : Le « Un » a une dimension prospective dont la seule approche résonne comme un vœux que l’on pourrait qualifier de sacré : « Uni-versus » ne signifie pas « Un », mais « tourné vers « le Un ».  Les psychanalystes voient dans le « Un » l’expression d’une dimension phallique.

A l’inverse « dia-bolos », le diable est défini comme « le grand diviseur ». Puis, à coté de ces étonnantes formulations, nous ne voyons aucune incohérence dans le fait de croire que nous possédons un psychisme, qui serait pensé comme immatériel, voire qui serait peut-être promis à une immortalité de béatitude, que l’on dit être situé dans un au-delà appelé Ciel, et auquel on oppose un  corps dit physique, ce dernier étant, lui, particulièrement chéri par les proclamés « matérialistes ».

Et cette division « psychique-physique » ne choque personne…

En contrepartie de ces curiosités, en vérité des plus étranges, on ne cesse de dire que les conceptions de la physique quantique sont, elles, « contre-intuitives », défient nos perceptions, etc…

Ne pourrions-nous pas aussi être enclins à  penser tout simplement le contraire, voire à ne rien penser du tout ?

 

2)    Face aux énonciations, ce qui n’est pas conséquence de la dénomination, garde une part de non-appréhendable existentielle : c’est le domaine de « la biologie » et de la physique, dont la réalité ne peut que nous échapper – même infinitésimalement – dans nos découvertes, ou les manipulations que nous en faisons, lesquelles restent à jamais séparées du mot qui s’en décolle aussi axiomatiquement que se formulent les indéterminations d’Heisenberg. C’est le groupe du grand vide « mega kenon ».

 

3)    Aussi, « le « quelque chose » ne vaut pas plus que le « non - quelque chose » ; « mè mallon to den è to mèden einai ».

 

On comprend donc que c’est seulement au prix de l’énonciation d’un ordonnancement préalable dans un champ défini d’opérations possibles, que l’on peut alors appliquer la « table d’opération » scolaire, comportant les 4 opérations traditionnelles.

Dans d’autres cas, c’est seulement le principe de superposition qui est applicable, parce qu’aucune catégorie ne l’enferme sur quoi que ce soit, et ce serait un cas beaucoup plus général, permettant d’opérer sur l’hétérogène, voire sur le vide.

Dire cela ouvre des portes depuis longtemps fermées par une subversion de présupposés, de préjugés, dénoncés mais en vain par Héraclite, Leucippe et Démocrite.

Mais on sait maintenant que la physique aristotélicienne est un aperçu grossier et subjectif de notre monde, celui de Protagoras (il ne retient que les perceptions) et que son aire de validité et sa précision sont moindres que celles de la physique quantique. Pour cela elle est dite fausse, ce qui pose la question de ce que serait une physique « vraie », et comme on voudrait pouvoir dire, « objective », ce qui repose la question des statuts de sujet et d’objet.

Le « roc biologique » sur lequel Freud disait s’être toujours heurté ne serait alors rien d’autre que ce cas le plus général, insaisissable par sa méthodologie, laquelle se limite à l’appréhension des signifiants et de leurs effets.

Ce « roc biologique » n’est plus alors ni un roc sur lequel on se brise, ni un océan dans lequel on se noie, mais l’insaisissable même, par un langage toujours inadéquat, toujours imprécis à nommer même les conséquences de ce qu’il a lui-même créé, et jusqu’à la radicale absence qui résultera de ce que Lacan a théorisé sous l’appellation de « forclusion du nom du père ».

Dans ces conditions, on s’étonnera moins que la vielle physique aristotélicienne reste totalement étrangère aux concepts freudiens et à leurs opérations dans la simplicité d’une désillusion qui résonnerait plutôt comme une certaine frustration.

 

Ni Héraclite ni Démocrite ne se trompaient sans doute en faisant naître les idées indivises de comme une calligraphie du vide.

Mais cette calligraphie en elle-même et par elle-même est vide de langage.

Comme telle pour un langage, cette calligraphie est vaine et vide.

Et Démocrite ne semble apercevoir nulle part dans son processus d’atomisation la séparation existentielle  « du nommé et du non-nommé ».

J’aimerais bien le vérifier dans ses fragments originaux en grec (publiés récemment à Harvard).

C’est peut-être pourquoi ni Platon  ni Aristote ne purent (en choisissant 2 directions opposées), hériter d’une esquisse qui malgré l’étendue de sa vision, restait avortée.

Puis les esquisses suivantes masquèrent durablement « l’inaccessible » du sceau d’opacités de plus en plus savantes.

Où en sommes nous aujourd’hui, éblouis par de très brillantes réalisations dans un monde que nous sommes parfaitement incapables de saisir et de nommer ?

 

Que l’échelle de ces réalités soit nano-métrique ou giga-métrique, qu’est-ce que cela change, dans un espace-temps désormais déclaré soumis et appréhendable seulement en passant sous les arcanes d’une divine constante qui enferme le sens de tout chiffrage ou déchiffrage du « cosmos » dans un triptyque qui se referme sur lui-même, sans temps et sans dimension : « c = d/t  , t = d/c  et  d = c.t , dans laquelle chacun des 3 éléments repose sur les 2 autres ?

On vivrait donc toujours sous la chape d’une axiomatique dont la lumière et ses vieux dieux d’éclairs et de feu (Mazda, Zeus (prononcer Zdeus) sont les grands paradigmes [29].

 

 

Novembre 2016 :

LE VOCABULAIRE « SUJET-OBJET »

Il est maintenant connu, reconnu et même compris, pourquoi et comment le mot « atome » a été utilisé en contre-sens par les physiciens : En réalité, « le mot atome » est « un nom », et « ce qu’il est » est « autre chose » (NB : une chose ne put être que « autre »).

On continue d’utiliser le nom de cette façon, ce qui nécessite simplement de pas chercher à comprendre le sens du mot, ce qui n’est pas trop difficile.

Mais l’important n’est pas vraiment là : Il est dans le rapport du sujet à l’objet, où le quiproquo est quasi omniprésent.

Le contre-sens est en effet le même dans ce qu’on pourrait appeler « la relation « sujet-objet » que dans la relation « mot atome/chose atome » : dans un halo d’égarement partagé il est devenu culturellement compris depuis la philosophie des lumières que « le sujet » est « un homme libre », alors que c’est le contraire du sens du mot « sujet », et on en fait découler que « l’objet » serait « une chose vile et inerte », dévalorisée.

Cela découle d’un phénomène purement culturel de révolte et de renversement des valeurs qu’il est inutile de développer ici.

L’important est que le sens physique des mots comme opérateurs est exactement l’inverse de ce qu’en entend aujourd’hui le langage courant : qu’il soit homme ou pas homme, le sujet est ce qui est assujetti - privé de liberté.

Au contraire l’objet est, pour le dire vite, « un électron libre ».

Et ce n’est qu’en rétablissant le sens des mots, qui sont les mêmes en sociologie qu’en physique, qu’on peut comprendre ce qui est toujours qualifié de « contre intuitif » en physique quantique :

Dans l’opération d’observation, le sujet de l’observation, l’observateur, est assujetti à l’objet de l’observation, par exemple un photon.

Le sujet qui croyait avoir la maîtrise de l’objet en a l’esprit dérouté.

Rien de contre-intuitif pourtant, à ce que le photon soit libre (dans son espace de liberté ?) et que l’observateur qui croyait lui que la liberté ne pouvait être que de son côté, en soit dérouté : Il croyait avoir apprivoisé le monde et il redécouvre qu’il lui est assujetti.

La question pascalienne du libre arbitre, celle du jansénisme de Pascal, et jusqu’à celle du « pari » [qui d’ailleurs est déjà exprimée dans les mêmes termes – c’est curieux -  par Abou a’la el Ma’ari] reviennent donc sous les feux de l’actualité.

Dans la relation « sujet –objet », c’est bien évidemment le sujet qui est assujetti à l’objet.

 

 

Octobre 2016 :

La non-connaissance est « fondamentale à la connaissance ».

Quelles que soient les formulations (verbale, écrites, autres), la connaissance passe toujours par des formulations.

D’une certaine façon, elles ont toutes quelque chose de comique, parce que bancales, incomplètes, boiteuses, malgré notre aspiration à la symétrie.

C’est un épiphénomène obligé (comme une particule nécessaire au bilan énergétique) important (« ridere humanum est » « le rire est le propre de l’homme »).

la connaissance ne peut se passer de formulations (de soi à soi, ou de l’un à l’autre).

En mathématiques les formulations les plus radicales sont les axiomes. On peut chercher à les purifier, à en repousser l’essence jusqu’à l’infini, mais on se heurte toujours à un infini impossible à atteindre (dont Pascal écrivait la probabilité nulle = 1/l’infini), car on peut dès lors gloser sur tout, sauf sur l’axiome lui-même, aussi petit que l’on cherche à le définir.

Les physiciens parlent « d’éléments » : Qu’est-ce qu’un élément ? Comment un élément pourrait-il être distingué s’il n’était pas « par ailleurs » défini ? Le vocabulaire se cherche toujours, s’enrichit, mais n’est jamais en parfaite adéquation avec son objet.

Et chaque livre de physique donne sa propre définition de la physique. ; pour nous c’est la science de la vie, bien qu’elle ne l’explique pas.

On peut y voir « la science de la vie » dans son sens le plus général, « bios » étant plutôt réservé aux « sciences animales et végétales », et « zoon » aux seules « sciences animales » y compris l’humain, en principe.

En général on lit que la physique est  « la science de la matière » (ce qui est plus restrictif que la vie) bien que même là, elle soit incapable d’expliquer de quoi il s’agit.

« L’objet » (de telle ou telle expérience, passée, présente ou à venir) ne peut être considéré que par le sujet qui expérimente.

Mais on peut aussi inverser les désignations ; mais même en les rapprochant, on ne peut jamais faire coïncider « objet » et « sujet ».

L’image du miroir s’impose : le miroir produit une image inversée qu’on appelle spéculaire.

Deux miroirs peuvent indéfiniment se renvoyer l’image, chaque fois inversée, toujours envers de l’envers, chaque « objet » devenant alors à son tour « sujet » et inversement - bien que les termes consacrés en optique soient « image réelle » et « image virtuelle »… ce n’est toujours qu’une question de référentiel.

Qu’est-ce qu’un objet ? Qu’est-ce qu’un sujet ? Ce sont là les 2 termes minimaux conditionnels et ineffaçables à toute existence.

L’un s’impose chaque fois à l’autre comme le couperet d’un « a priori », mais seul un terme tiers peut y mettre un terme – arbitrant et peut-être toujours arbitraire si le mot qui donne sens a un sens.

Un seul signe pourrait remplacer les milliards de relations qu’implique « le principe de décohérence ».

En physique quantique, la prévisibilité d’une nouvelle particule en est encore une manifeste confirmation.

Toute existence est radicalement le produit d’une implacable opération tyrannique.[30]

Bienheureuse tyrannie peut-être, mais tous les « a priori » ont aussi une face maléfique ; particulièrement en médecine :

La phrase de Roger Bacon « homo naturae non nisi parendo imperat » note, loin de pouvoir servir de guide – sinon seulement d’un appel à la prudence - pose la question comme une aporie : Il est clair que si le médecin applique ses préjugés au lieu de se soumettre chaque fois à la nature, il ne peut qu’échouer ; mais comment obéir à la nature, et comment s’y soumettre, puisqu’elle est inconnaissable par nature du fait de sa nature de devenir, de futur (c’est le sens du mot [31]), et donc de sa non-prévisibilité (c’est le sens que nous donnons toujours au mot : il est peut-être fallacieux),  de sa non-connaissabilité fondamentale : dans tous les cas par définition, car peut-on connaître l’inexistant ?

De la même façon - sans invoquer de maléfice – toutes les civilisations semblent s’être posées la question : comment un enfant parvient-il à comprendre les mots ? Quel est le langage primordial ? Les expérimentations autour de ces questions se sont toujours soldées par des résultats dramatiques.

A ce sujet, on suivra avec intérêt le livre du médecin Itard, rendant compte de ses efforts pour apprendre le langage à « l’enfant sauvage de l’Aveyron ». Celui-ci ne survit pas plus que très peu d’années après son transfert à Paris. 

On tourne en rond et l’on ne pourrait pas faire autrement.

Ce n’est pas parce qu’une chose est indicible en mots, mais écrivable en équations, que le diptyque s’efface.

Par exemple, certes la physique quantique est impicturable, non représentable en images, mais les signifiants des désignations n’en peuvent jamais être absents – et perturbant – aussi délicats soient-ils.

Un objet ne peut jamais s’objectiver lui-même ; pas plus qu’une perception ne peut se percevoir elle-même.

L’expression familière « cela n’a aucun sens » est ici largement détrônée : l’impossibilité n’a rien à voir avec le sens. 

 

 

Octobre 2016 :

Pour la traduction de « è idea atomos » , mot pour mot : « l’idée atomique », il y a 2 choses à dire :

 

1.  A-tomos (adjectif) , signifie « non coupé ». point barre [32].

Et  évidemment, si la chose est coupée, elle n’est plus la même .

Mais l’affaire est négligée par le langage administratif, par exemple après un passage des administrés chez le dentiste.

Pour l’administration, « l’individu » reste le même, même s’il en ressort édenté : d’où ce qui suit :

Il est essentiel de savoir que « to atomo » maintenant substantif neutre , en grec contemporain , signifie « l’individu, la personne » : L’idée a donné naissance à la chose et simultanément au langage administratif qui la désigne, utilisable dès lors par l’administration pour désigner la chose dans son champ propre, administratif pur [33]; c’est à dire aussi bien en tant que « cadavre : [« soma » (ou « corps » en anglais (prononcer « korpsss »), que d’être vivant :

ð      Acte de naissance, de mariage, de divorce, de décès sont des paradigmes du langage administratif.

ð      Que ledit « individu » soit mort ou vif n’est pas son problème car pour elle, les échanges de l’individu avec le monde extérieur ne font pas partie de lui : elle les dénie purement et simplement. Ce n’est pas son affaire. Elle enregistre un mariage entre 2 individus (morts ou vfs, simple question de droit). Puis la naissance d’un troisième individu « issu des liens du mariage » ; comment ce bébé a-t-il été fait ? Ce n’est pas son affaire. L’administration n’a jamais été apte à saisir les échanges entre les éléments biologiques qu’elle appelle « l’environnement » : elle n’est pas faite pour ça. Et tout va bien.

ð      Il y a des indivisions, il y a des indivisés, il y a des individus.

ð      Il suffit de croire que « c’est comme ça » : on ne nous en demande pas plus.

 

 

2.  Pour comprendre le mot « idea » du grec, que certains (qui se disent « matérialistes ??????? ») s’acharnent à traduire par « aspect » ou même « corps », il faut faire un peu de « biologie », et dans cette biologie, de la « phylogénèse » - laquelle est « résumée en accéléré »  (si ce mot « accéléré » a un sens)  dans « l’embryogenèse » de l’être humain. :

 

C’est au fruit qu’on reconnaît la graine dit le proverbe.

Mais ici l’idée est « la graine », qui a donné  naissance à la chose « l’individu », lequel est lié d’origine au langage, et même dans notre « façon de voir les choses », dans nos yeux, puisqu’on a bien l’impression de voir des individus.

« L’homme a plus besoin de certitudes que de vérité » disait Montherlant, lui qui se disait aussi « pratiquant , non-croyant ».

 

Démocrite avait raison : « les idées atomiques sont une manifestation du vide ». (« le grand vide », en grec : « a-peiron » = c’est une négation d’un adjectif mis au neutre : « sans terme, sans fin, in-extricable, in-expérimentable, etc. » 

Je note au passage qu’on n’est vraiment pas loin de l’enseignement védique : « un avatar » du vide » : le mot est indien.

Tel se présente du moins l’aspect de l’un des univers, parmi leur infinité possible.

 

C’est donc, selon cette cosmogenèse – ce qui est déjà trop dire, puisqu’il n’y a jamais eu d’engendrement – constituée « du grand vide » et « des idées atomiques » l’idée (mais qu’entendre par là ?) qui a créé du langage, et non l’inverse comme on l’entend toujours dire (psittacisme ordinaire).

Mais qu'est-ce qu’une idée ?

Dès lors qu’est posée la question, loin d’avancer le moins du monde en connaissance, ce que nous pensons être notre connaissance recule [34] devant le dévoilement du monde.

Et le cas est loin d’être unique.

Il est même peut être général et universel : On a l’impression que tout ce qui peut se dire – ou même ne pas se dire, mais simplement [se penser ?] - peut se faire.

Baliverne !

On n’est le jouet de mots, rien de moins , rien de plus : On découvre du savoir, on en invente même : pourtant il était déjà là, tapis sous des mots que l’on n’avait pas encore entendus !

Passé, futur, unité, séparation n’ont alors plus aucun sens.

Voilà tout l’intérêt de notre sujet.

 

Ainsi :

1 qu’est-ce qu’une idée ?

2 Comment une idée peut-elle se faire chose, puis langage ?

 

3.  j’ai fait un petit paragraphe sur l’embryologie dans ma page « immunité » (clic) : Continuons :

 

Phylogenèse de l’œil : Chez les premiers animaux ,

(on pourrait aussi parler – différemment - des plantes qui se tournent vers le soleil),

la peau est sensible, et apporte ses sensations (électriquement) grâce aux nerfs  à l’ordinateur de bord (l’encéphale).

Pour plus de confort dans l’utilisation du soleil (chaleur ? lumière ? autre ?) la peau, en certains points, se creuse, puis construit un globe creux (« steno-type » ancêtre des chambres des appareils à photos ») – d’abord non fermé – mais qui permet cependant déjà à l’animal de repérer la direction du soleil.

Sans plus.

Puis ce globe se spécialise, la rétine apparaît , se ferme avec la cornée, etc., et tout cela envoie des informations électriques au cerveau :

Où sont les images dans tout cela ? C’est l’animal qui les « invente ». point barre.

Mais comment, et en fonction de quoi ?

Ses parents comptent aussi parmi ses enseignants.

Tout cela s’apparente autant « aux idées » qu’aux « images », mais à ce stade, la différence entre « matière » et « esprit » n’est guère qu’une question de vocabulaire...

Si vous appuyez sur voss paupières avec vos doigts (ce qui ralentit les battements du cœur), selon la pression, la direction, la durée, etc. vous voyez des tas de très jolies images, et peut-être même, si l’on travaillait un peu la question de la mémoire de la rétine, arriverait-on à refaire apparaître des courants rémanents de la veille.?

Mais le cerveau a prévu de les stocker ailleurs : dans la « RAM » = « mémoire à court terme » et sur un « disque dur » = « mémoire à long terme »

Comme nos inventions sont anthropomorphiques !

Sont-ce vraiment des images ou des idées qui sont stockées ? C’est plutôt des arrangements nanométriques de composants, mais ça marche très bien.

La biologie n’était pas du tout transposable en langage administratif, mais elle l’est peut-être devenue avec nos ordinateurs :

Avec eux la biologie est devenue un peu mécanique, mais la frontière n’est pas fixée.

Rien ne permet mieux de connaître l’homme que l’ordinateur : l’homme est la graine dont l’ordinateur est le fruit.

 

Phylogenèse de l’oreille : On pourrait bien sûr élargir les exemples à d’autres sujets, mais selon la même thématique :

les oreilles ne sont autres que l’évolution des ouies des poissons qui sont des organes multi-fonctions permettant « l’oxygénation », mais elles sont aussi des « baromètres » (= « mesure des pressions »).

Ces baromètres servent à l’équilibration dans les 3D (3 canaux semi-circulaires) et enregistrent toutes les variations de pression de l’eau à leur contact.

Mais ces organes sont bientôt devenus des organes que nous appelons « acoustiques », non pas parce qu’ils entendent, mais parce que, à partir des informations que nous recevons de ces variations de pressions, nous avons conçu du langage et de la musique.

Mais on pourrait bien dire qu’il n’y a ni langage ni musique dans la nature…

La nature ne parle pas : C’est nous qui, à partir de ce que nous considérons être des pressions plus ou moins modulées, en faisons des chants de roseaux , d’oiseaux., de voix humaines, etc.

En termes biologiques, physiques, écosystémiques, ces éléments – si tant est qu’on puisse vraiment leur accorder une existence propre – sont inséparables.

 

Et les plantes, que disent-elles ?

Si nous, nous les faisons quelquefois parler, cela ne veut nullement dire qu’elles n’ont aucun langage à elles, un ou plusieurs autres  (celui des odeurs par exemple + les inconnues). Quoi qu’il en soit, elles étaient là avant nous et nous sommes leurs enfants.

 

4.  On en arrive irapidement a la question du rêveur et de ses images : le rêveur « voit » (- ou plutôt « rumine ses dépôts de courants électriques transformés en beaucoup de choses dont la plupart nous sont ignorées » -) que nous appelons « les images qu’il a stockés  [35]» il y a plus ou moins longtemps (ce mot a-t-il encore un sens pour le rêveur ?)

et qui n’ont rien à voir avec ce que le rêveur pourrait voir paupières closes « en dormant à poings fermés » dans son lit.

Mais là encore, il y a de temps en temps des « bugs », « des fuites » – comme chez le somnambule, qui semble mélanger assez mystérieusement les 2 états, de veille et de rêve – et aussi, bien sûr, parmi ce qu’on appelle « les ratées », ces tours de la mémoire, qui nous joue mille tours, comme « ses associations étonnantes, des oublis variés, ses mélanges, les lapsus, les jeux de mots, etc. »

Très souvent « ces ratées » sont ce qui est pour nous – à de très nombreux points de vue - le plus riches d’enseignements et de compréhension – mais il ne faut pas non plus abuser de ce qu’on croit être « compréhension »… Il y a des « échappées »

Dom Quichotte – nous dit Cervantès – est devenu fou pour avoir lu trop de romans de chevalerie, et c’est ce qui lui aurait desséché le cerveau – théorie psychiatrique à la mode en son temps.

Mais qui pourrait affirmer que nos logiciels « up tous date » sont meilleurs ?

La vérité est que « le meilleur » n’existe pas dans l’absolu..

Une place « du meilleur » qui serait collective ne peut exister que dans « les prix nobels , les élections de Miss Monde ou les Jeux olympiques » ; et encore… ! (NB : c’est de l’humour).

 

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 Octobre 2016 :

1.       En fait , il serait très tentant d’établir une correspondance simple entre :

·        l’énoncé de Démocrite rapporté à la physique quantique : « Il n’y a rien d’autre que :

1.       « ideai atomoi » (les images ; idées ; représentations, indivises)

2.     et le vide infini  to apeiron »)

·        et l’énoncé - façon lacan - de la psychanalyse :

1.       « un signifiant représente le sujet pour un autre signifiant »

 

Démocrite

Représentation indivise

vide

 

Physique quantique

Particules ou champ

Vide qui n’est pas vide

Etats superposés, intriqués, etc.

lacan

signifiant

Sujet et/ou signifié

S1 représente S/ (S barré) pour S2

 

Etant donné que pour la physique quantique :

·        D’une part, il ni plus de « corpuscules », ni même de « particules », mais que des « champs »

·        Que, d’autre part que le « vide quantique » n’est nullement rien, n’est pas le néant : (une façon simple de se le représenter est de mettre un morceau de fer dans un tube à vide et de placer un aimant à l’extérieur : le champ magnétique de l’aimant attire le fer)

Le rapprochement paraît simple.

 

Le problème des communications semble mathématisable .

Pourtant, en réalité, il ne pose rien moins que les questions de « l’existence » et de ses représentations., tant à la physique quantique qu’à la psychanalyse .

Pour la physique quantique, l’existence d’un champ est inséparable de ce qui est « champ - ifié »

Pour jacques Lacan, l’existence s’écrit « ex-sistence ».

 

N’est-il pas un peu simple d’éluder toutes les questions ? On ne les éludera pas ; mais on ne pourra pas y répondre non plus, sinon en retournant tous les propos dans tous les sens.

- « Pourquoi c’est comme ça ? »

- « Parce que c’est comme ça ! »

 

2 Plusieurs analogies intellectuelles me frappent depuis longtemps : elles ont à voir aussi avec le principe d’indétermination d’Heisenberg – et, pourquoi pas avec l’insoluble question du libre arbitre.

Certes, c’est un lieu commun de dire que les êtres humains sont semblables autant que dissemblables, prévisibles autant qu’imprévisibles : Que sont donc ces êtres dans ces mondes ? Considère-t-on qu’ils sont animés par « des variables cachées » au sens einsteinien de l’expression ?

On sait pourtant aujourd’hui que la physique quantique se passe fort bien de ces variables cachées.

Le poids des « normes » est énorme sur nos façons de concevoir.

C’est tout l’intérêt de la physique quantique, et des sciences en général, de se permettre de renverser « l’ordre établi ».

A côté de cela, on dit souvent que la médecine n’est pas une science exacte ; qu’elle est « à la fois une science et un art, etc. ». Il est vrai qu’elle répond – peut-être trop souvent – à des « normes, préjugés, valorisations/dévalorisations » de toutes sortes, mais je m’insurge en faux contre le fait que la médecine ne serait pas une science exacte comme les autres. Qu’on la connaisse aussi mal que les autres est une autre affaire (que dire exactement des unes et des autres ?).

 

Et voici pourquoi  :

 

Ø      La vérité est que si on part de la notion d’individu (– et en cela, ce n’est déjà plus de la médecine au sens large où nous voulons l’entendre ici –) devant répondre parfaitement à des normes préétablies pour ce dit individu – ce qui ne peut évidemment jamais être complètement le cas, oui, une telle science serait une science inexacte, et même ne serait pas une science du tout, mais surtout une opération de triage.

Ø      Si au contraire, on s’efforce de suivre la physique « des éléments » (mais déjà ce mot « élément »est trop administratif) ou bien à la physiologie d’on ne sait quoi, de la vie (« physio – logie = élocution sur ce qui relève de la physique »), alors oui, la médecine devient une science exacte par nature, car entièrement soumise au sujet qu’elle explore – en dépit de notre immense ignorance – et surtout de l’impossibilité radicale – actuellement au moins - d’être traduite correctement en langage articulé. Tout au mieux, s’efforce-t-on de faire des dosages, d’user de comparaisons et de métaphores, toutes choses auxquelles ladite nature ne répond qu’à sa façon : c’est pourquoi, quel qu’en soit le degré, il y a toujours de la surprise au rendez-vous.

Ø      On retrouve là comme une idée bien chère aux physiciens et aux mathématiciens, à savoir que les équations ne parlent pas : ce sont les hommes qui les font parler.

1.       Cette sorte de dualité de la médecine explique beaucoup de ce qui s’en dit.

2.     Plus encore, de ces surprises et de ces soi-disant « anomalies », peut-on tirer peut-être le plus intéressant de la médecine – et ne parlons pas ici de la médecine mentale puisque l’on ne peut s’en faire aucune image à offrir à un public qui en est comme assoiffé : Ces dites anomalies, en réalité ne sont jamais n’importe quoi, et un savant ne saurait les rejeter d’un revers de manche. Elles peuvent être comme « l’évolution en marche », ou bien « une stratégie d’attente », ou bien « une finalité qui reste à découvrir », etc. Empruntons un exemple aux Beaux-Arts ou à la chirurgie : Quand on découvre chez un sujet n’importe quelle pièce anatomique nouvelle et/ou inattendue, surnuméraire par exemple, du jamais vu, un muscle là où habituellement il n’y en a pas, etc. ce n’est jamais n’importe quoi : Darwin aurait pu y voir une « amélioration de l’espèce » – nous, pas car ce terme d’amélioration prononcé dans le vide, « hors champ », n’a aucun sens – mais à coup sûr, le résultat d’une intentionnalité, et non d’un hasard.

 

Septembre 2016

Descartes écrit : « Je pense donc je suis » (« cogito ergo sum ») Que Descartes ait écrit en latin ou en français, c’est la même chose : la logique ferait comprendre : « Je » pense , donc « je » est .

Mais aucune de ces 2 formulations ne correspond à la fonction sémantique du verbe être dans les langues indo-européennes :

Dans nos langues en effet,

·        soit le verbe est intransitif et il indique un « étant » ou un « état » ; « un état de fait, une situation, voire un  lieu ; un état des lieux ; ou même un Etat au sens de nation, etc. (c’est le cas de tous les lieux se terminant par « -stan » ;

·        soit il fait fonction de verbe dans une phrase où dans beaucoup d’autres langues il est tout simplement omis – et dans ce cas, on parle de « phrases nominales ; non verbales ». Dans ce cas, il a un attribut : grand, petit, joli, chaud, etc.

·        Dans sa phrase, il semble bien que Descartes emploie le verbe être dans le sens tout à fait inhabituel « d’exister », que Lacan se plait alors à comprendre et à écrire « ex – sister »

 

On pourrait continuer à s’amuser comme pourrait le faire un « Raymond Devos » : Est-on dédoublé quand on dit : « je  me » ?

Ou, qui suit l’autre quand « on » dit : « Tu me suis ? Moi, je me suis bien ! »

 

Septembre 2016

Dans l'émission « La Conversation scientifique » sur France Culture, Étienne Klein [36] a reçu Heinz Wismann le 6 décembre 2014 : Le podcast est téléchargeable en mp3 : Clic ;

Grand intérêt de l’émission en physique et en étymologie.

Par contre Wismann nous semble un peu trop « européo - centré » en isolant très discutable ment l’Europe des autres continents : « La science est l’âme de l’Europe » dit-il.

A aucun instant, il ne pose la question « d’où pourrait venir l’héritage ? » dans la pensée démocritéenne.

 

(Jean Salem non plus dans son livre « Grains de poussières dans un rayon de soleil ».  Nous tentons de le faire ci-dessous.)

 

En conclusion de l’entretien, désirant terminer en rassemblant des concepts majeurs de la physique quantique, Etienne Klein se livre à un remarquable exercice de substitutions (*) (*vocabulaire cher à Evariste Galois) de signifiants (on n’est plus dans les anagrammes dans lesquels il excelle aussi ), lorsqu’il énonce ce « jeu de mots » qu’il appose à son « je » : « je néant vide rien » ó « je n’ai envie de rien ».

 

Pourtant Heinz Wismann nomme son livre de 2010 ( que j’ai acheté mais pas encore lu) : «  Les avatars du vide » et en sous titre « Démocrite et les fondements de l’atomisme ».

Or le mot « avatar » est indien ! Apparemment il n’explique pas ce titre (à vérifier) ; il le nomme, peut être guidé par une spontanéité naturelle plus savante qu’il ne le croirait lui-même ?

Ce que confirmeraient les remarquables 4 dernières pages qui sont de haute volée psychanalytique, avant d’être plus franchement « démocritéennes » :

Il écrit p. 87 : « … C’est là le logos d’Héraclite, qui s’empare du sens, quel qu’il soit … pour le rapporter au discours qui le signifie. Or le sens dit par le discours embrasse tout sauf le dire qui le dit… » etc. 

Un peu de même, il ne semble ne pas savoir que « sophia » (dans le mot « philo-sophie » par exemple) est un mot égyptien pharaonique. (possiblement aussi dans le mot arabe « soufisme », ce qui est ici hors sujet).

 

En première apparence, et par ailleurs, ce livre écrit par lui – même confirmerait ce que j’ai été amené à penser depuis bien longtemps, à savoir qu’un vrai livre ne peut être écrit que par un seul.

Pourquoi faudrait-il toujours ajouter « écrit en collaboration avec » – sinon par un geste de gentillesse, mais, en réalité, soit faux, soit un véritable boulet, source de contradictions vite incompréhensibles.

Fi du consensus, en sciences !

 

Pareil en sciences religieuses : le clerc débat. Le non-clerc est laïc (c’est le sens du mot) : ne débat pas.

Mais la distinction entre religion et science intervient en ce que la religion a pour fonction de moraliser la collectivité

Les sciences non religieuses devraient éviter de le faire en tant que sciences. Une équation n’a pas de morale !

Les usages qu’on en fait sont un autre problèmes.

En faire un idéal : non : cf. : « Dans la vie on a le droit de rêver, mais quand on rêve , il faut le savoir » :  qs.

 

Car on lit, sous la traditionnelle rubrique « du même auteur », la liste de ses autres livres, écrits avec Bollack (J’aurais beaucoup à redire sur ses 4 tomes concernant la pièce de Sophocle : Œdipe Tyran) et un autre avec Luc Ferry qui est encore de sensibilité différente. C’est la quadrature du cercle !

N’est-il pas déjà suffisant d’être soi-même plusieurs, et de porter la contradiction en nous – peut-être justement en états superposés au sens quantique de la chose ?

Il faut laisser parler chacun, un par un, et admettre que personne n’a à dire les mêmes choses qu’un autre.

Confirmation de ce « qu’un signifiant représente un sujet pour un autre signifiant » (Lacan).

 

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Les superpositions : à propos des rêves et de la vie dite onirique  :

L’état dit de veille (c’est quoi au juste ce « formatage » ?), et l’état dit onirique sont radicalement coupés l’un de l’autre : En cherchant à comprendre ce qui sy passe, tout le monde s’y casse les dents depuis des millénaires.

L’état de veille est « mono - mental » [ Mono est grec et mental est latin : ça ne va pas ! Je trouverai mieux plus tard [37]].

Par contre, l’état dit onirique est typiquement un état superposé : Ne serait-ce pas peut-être le cas le plus général, et l’état de veille, un cas particulier dans lequel on arrive à masquer ladite superposition ?

Mais il y a de temps en temps des fuites !

On appelle ça des « lapsus linguae » ou des délires ou des caprices … C’est selon.

 

Il peut sembler apparaître une objection à la conception des multl – mondes [38] pour soit pour plusieurs individus – et leurs rencontres entre eux – soit pour un seul et même individu et ses différents états : celle-ci : lorsque le rêveur rêve, il mélange des histoires, des dates et des personnages qu’il a connu dans ladite réalité en apparence « partagée ».

C’est un fait fréquent auquel on pourrait ajouter aussi que les rêves nocturnes sont souvent alimentés ou créés à partir d’évènements survenus la veille.

C’est vrai mais tous ces arguments ne s’opposent nullement à la multiplicité des mondes si l’on considère justement que le rêveur nocturne et ledit individu de la vie éveillée, sont justement la même personne : Il y a donc là une articulation : là est justement un lien intemporel ( pour cette personne elle même) et qui explique ainsi facilement n’importe quelle rétroactivité, même de très longue latence : un grand père décédé il y a 50 ans peut apparaître « maintenant » (quel sens donner à ce mot ?) – que le rêveur a ou non connu -  mais ce grand-père décédé il y a 50 ans, c’est le même rêveur qui l’avait conçu dans son esprit ; à quelque moment que ce soit.

Mais cette articulation n’est exclusive d’aucune autre !

Rien ne prouve qu’il y a davantage de réalité physique dans un monde que dans un autre et il est impossible de différencier sur le moment un monde dit onirique d’un autre qui ne l’est pas (« pince-moi, je rêve ! ») .

Et les superposition y jouent un rôle fondamental : un personnage fréquenté ces temps-ci, peut y prendre en même temps les apparences, les  comportements, et y tenir le propos et les réflexions d’un autre connu quelques 20 ans plus tôt.

Cela ne prouve en rien l’existence réelle de cette personne connue 20 ans plus tôt, et maintenant mélangée avec une autre, et sur laquelle est bâtie un rêve actuel, mais prouve seulement que c’est la même personne qui est le producteur de l’une et l’autre représentations – sans pour autant exclure que n’importe quelle de toutes ces représentations puisse aussi exister complètement en dehors de la propre existence du témoin-et-rêveur, avant, pendant ou après la sienne.

Le paradoxe du même type et tout aussi incompréhensible que celui du principe de superposition.

Puis « l’éveil », au sens ordinaire « de la vie commune partagée » se charge d’effacer les traces des autres mondes, par tous les mécanismes qu’on voudra : refoulement, lésion organique, etc. Mais ils reviennent aussi.

Alors, sans repère sérieux, ne pourrait-on jamais savoir dans quel monde on vit ? Un peu comme dans l’expérience d’Einstein de l’ascenseur en chute libre ?

C’est bien possible ; et qui plus est, pourquoi n’y en aurait-il qu’un seul ?

Mais « l’emmagasinement » du rêve n’est pas plus neutre pour la vie éveillée que ne l’est la vie éveillée pour le rêve ; pas plus que ces choses ne sont neutres – d’une façon ou d’une autre - pour tout ce qu’il en est ou n’en est pas dans l’existence des autres.   

Il est pour le moins étonnant que ce découvertes qui ont radicalement changé la physique moderne n’aient eu aucun écho dans notre façon de « penser le monde ».

De façon plus obscure encore, on a préféré donner deux sens différents au mots « physique » (la lecture de Wikipedia est explicite sue ce point) afin de préserver ce qu’il est convenu d’appeler notre « psychologie ». ;

 

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La particularité de l'homme par rapport à tous les autres animaux, ce n'est pas comme disait Aristote d'être un "zoon logoticon", mais c'est de vouloir toujours faire ce pourquoi il n'est pas fait, et à tous les niveaux (Aristote n’en est plus à une erreur près – sans compter qu’il n’a jamais compté l’influence de la lune sur les marées !) :

La question reprend dans son sens le plus large l’aphorisme lacanien « le désir de l’homme est le désir de l’autre » : il faut l’entendre dans tous les sens possibles de ce qui est « autre » ; et pas seulement « autre homme ».

Il faut y considérer « autre » :

Par rapport au dit semblable : jaloux de ce qu'a ou est l'autre :

Par rapport au sexe autre : vouloir celui de l'autre

Par rapport aux animaux : ce qu'ils sont et ce qu’ils font sera imité (plutôt toujours mal d’ailleurs) : voler, nager, etc.

Mais comment voir les UV comme les abeilles, sentir les IR comme les serpents, les champs magnétiques absolument infimes comme les requins, et surtout tt ce dont on ne soupçonne même pas l’existence ?
par rapport aux objets.

Quant à son invention de la monaie … 

Aucun autre animal « normal » n'est comme ça ; et une des choses qui me frappe le plus, c’est que les animaux non-hommes ont toujours leurs outils avec eux…

L’homme est  « addict » à ce qui est média… ( les drogues en font partie ) ! De quoi laisser rêveur !

Alors que le « normal de l’homme » est à la fois dans une norme sévère et dans la fantaisie : aporie irréalisable !

Mais en réalité, si on observe de près les écosystèmes, il y n’y a aucun « struggle for life (Darwin) » ; bien au contraire, il y a de la place pour tout le monde, et même très largement, à la condition… d’être tous différents + et de ne pas s’entretuer à l’intérieur d’une même espèce.

Pourquoi n’en serait-il pas de même pour tous les objets de la physique ?

 

Mais cette condition est le contraire de nos slogans favoris, dont l’essence « administrativo – commerciale » est en réalité évidente 

(Cf. : en ce site  clic : « Mais, comme dans les mythologies, il est des couples funestes aux engendrements malheureux : Tel est le cas de l’union du « commerce » avec « l’administration »[39]. (Cf. clic) : c’est ce qui nous avait déjà fait perdre la guerre de 7 ans, et tout espoir de francophonie mondiale en 1763, face à une Angleterre dont les compagnies commerciales n’étaient pas étatisées, contrairement à notre « Compagnie des Indes » (clic).

 

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Il n’y a pas de nœud dans la nature, à quelque échelle que ce soit, ni dans les vaisseaux ou les nerfs, ni dans un serpent qui étouffe sa proie, ni dans les branches des arbres ou les lianes, ni dans les molécules d’ADN (très longues), ni dans les queues ou les longs flagelles des spermatozoïdes etc.

C’est en cela que dans le journal de Spirou, le marsupilami qui faisait un nœud avec sa queue pour matraquer, par son coté 100% anthropomorphe, et irréel – notre instinct s’en apercevait aussitôt même à notre insu - était amusant.

Cela en soit suffirait à prouver que toute la nature est vivante et n’est pas suicidaire, car un nœud est fait pour être serré, et la tension du serrage serait une entrave mortelle à l’écoulement de la vie dans les canalicules des fibres, ou dans les attractions particulaires ou quelques autres organisations, à quelle échelle que ce soit.

Ensuite, il est notable que les lianes ne reviennent pas sur leur pas, etc.

Je retiens à l’actif des « théories des cordes » qu’elles n’ont pas prévu de nœuds !

La vraie physique (une physique que l’on ne décrète pas « inerte » a priori) – celle que nous estimons partager, est en perpétuelle croissance. Elle témoigne partout de sa nature vivante – (mais non pas nécessairement indestructible !) _ et pour parler en termes modernes, son concert témoigne d’un « écosystème vivant » en permanente évolution – dont nous ne faisons qu’induire des supposées compréhensions de ce qui serait sa mécanique, bredouillements généralement démentis tôt ou tard, même s’il nous est très difficile d’abandonner nos anciennes inductions erronées.

 

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Quelques conclusions se dégagent un peu :

 

1.  Il n’y a d’indivis, d’indivisible, d’indivisé, d’individu, autre que « administratif ». Un individu « biologique » ne peut pas exister comme tel : Rien en biologie (et physique) ne peut être défini, limité, posséder une corporéité propre et indépendante.

« Le participe passé » se trouve ici employé correctement : « l’individu » est le résultat d’une opération qui a eu lieu : « opération d’individualisation », généralement par  l’attribution d’un nom.

Il en va de même pour toute chose nommée.

 

2.  Ceux qui se définissent comme étant des « matérialistes » et qui d’ailleurs sont en réalité des « définisseurs de ce qu’ils pensent être la matière » sont typiquement des « administrateurs ».

 

3.  Il y a de quoi rester coi sur nos sensations en ce monde; Dans le cerveau, toutes, quelles qu’elles soient, sont médiatisées par les courants électriques et toutes les inconnues qu’on n’a pas recenséer.

 

4.  Dans ces conditions, ladite matière est nécessairement sécable jusqu’à l’infini, de façon totalement illimitée, et donc absolument in-cernable pour cette bonne raison que la notion d’objet précis, de plantes précises, d’individus, n’y existe pas et n’est qu’une façon administrative de voir les choses.

 

5.  Pour un français « cartésien », quand on lui arrache une dent, son identité d’individu ne change pas.

Mais sur le plan biologique, tout l’écosystème pourtant, jusqu’à des milliards d’années lumières plus loin – d’ailleurs justement inexistantes en tant qu’objets physiques autre que « représenté », s’en trouve en entier modifié.

 

6.  Une question essentielle du paradoxe EPR : le vocabulaire : « La réalité physique n’existe pas ou ne peut pas être dite ! ».

On ne peut en parler que « mise en forme verbale ou mathématique ».

C’est pourquoi de nombreux milliards de chiffres après la virgule risquent bien de ne jamais être trouvés dans certaines constantes.

 

Archimède avait trouvé avec le calcul infinitésimal et « Pi » la faille qui existe entre « l’énoncé et la physique » ce que l’on peut exprimer de nombreuses façons.

Notons que dans beaucoup de langues anciennes (en leurs débuts, en grec et latin), le mot « réalité » n’existe pas, et reste encore très difficile à traduire dans certaines langues contemporaines..

 

 

Energie cinétique , force inertielle :

Dur et mou c’est vague : le bois est dur par rapport à du beurre mais mou par rapport à du fer qui est mou par rapport à du diamant.

A propos de vague, si on fait du ski nautique et qu’on tombe, la surface de l’eau est dure comme une route.

 

A la guitare ta force lancée par un doigt sur une corde, au moment de l’impact : l’énergie cinétique du doigt est bien plus forte que l’énergie de repos (force inertielle) de la corde => Donc la corde bouge beaucoup et le doigt ne semble guère freiné, mais il l’est quand même un peu et il y a une composante de la force ( = recul du canon) qui envoie la main dans le sens opposé de la direction du doigt, voire tout le guitariste à la renverse!

Je sais , on n’a pas besoin de le savoir pour bien jouer, et on le sent sans le savoir, mais ça existe quand même.

De même :

A la pétanque : l’énergie cinétique de la boule qui frappe est bien plus forte que la force inertielle de la boule frappée => donc la boule frappée est éjectée et la boule percutante recule peu, mais elle recule un peu.

Un cordonnier qui cloue une chaussure doit sentir un contre coup dans son bras. Comme il est bien assis, et qu’il frappe de haut en bas, il n’est pas déséquilibré.

En haut d’une échelle, on est beaucoup moins stable quand on enfonce un clou.

Quand on saute en parachute, il faut faire un « roulé-boulé »

Quand on sautait du métro en marche, il fallait courir sur le quai dans le sens de l’avancement du métro.

Quand un neutron bombarde un nucléon , si l’on raisonne en physique classique, ce qui nécessite adaptation, le neutron a un mouvement de recul – toujours négligé pour des raisons que j’ignore – peut être de négligence pure.

 

Le principal obstacle à la construction savante de la physique c’est de l’énoncer (en langage alphabétique aussi bien que  mathématique)

 

D’autre part « le son » :

Tout est convention : dans le cerveau il n’y a que des courants électriques, et personne ne peut faire la différence entre un son entendu par l’oreille et un son entendu par stimulation électrique avec une électrode d’une zone quelconque.

D’ailleurs, maintenait, en neurochirurgie, souvent on réveille l’opéré pendant l’opération et on lui demande ce qu’il ressent pendant une stimulation, pour enlever des tumeurs de façon la plus précise possible, en faisant le moins de dégâts possibles autour.

 

Autre fait très intéressant, l’oreille et les voies auditives sont construites essentiellement comme des voies réflexes (homo-latérales); à la différence des voies de la motricité, des yeux, etc. qui sont toutes croisées (hétéro-latérales), comme toutes les oies motrices et sensitives qu’on considère comme conscient.

 

7.     Les mondes antiques parmi lesquels nous avons déjà opposé l’Egypte pharaonique aux Babyloniens – comme ils le faisaient d’ailleurs eux-mêmes – (cf. page web : « la conversion de la Grèce ») peuvent étonnement être repérés dans l’alternance signifiant/signifié : L’Egypte pharaonique – qui a fini par conquérir mentalement tout l’occident – via le christianisme mais pas seulement, (et à côté aussi d’emprunts asiatiques : système hexadécimal, alphabet phénicien, etc.)  – est manifestement du côté du signifiant : les hommes à tête d’animaux (parmi lesquelles la représentation du Sphinx détonne curieusement), l’écriture hiéroglyphique, les représentations humaines schématisées, symbolisées, en témoignent : elles sont de purs signifiants. L’Egypte pharaonique a rejeté le « vrai monde d’éternité » - comme ils disaient eux-mêmes – celui du signifié, dans l’au-delà.

Au contraire, la culture babylonienne (cf. tous les ouvrages de l’assyriologue jean Bottéro) avec ses représentations d’animaux à têtes humaines (a contrario des précédents, animaux parfois très chimériques), sa recherche de l’immortalité sur terre, de l’élixir de jouvence (cf. épopée du super-sage, épopée de Gilgamesh, éléments desquels les tribus abrahamiques tireront souvent leurs inspirations et que l’on retrouve dans l’Ancien Testament (Torah) (descriptions du déluge, etc.) sont d’abord du côté du signifié - perçu comme antérieur au signifiant – et qu’on s’attachera donc à essayer de décrire, à rechercher, à mathématiser. Ce n’est qu’ensuite qu’apparaîtront les mathématiques pures.

Les pharaons se montrent donc plus administrateurs que les tribus asiatiques, bien que chez les uns et les autres y soit recherchée l’éternité de façons totalement différentes, (ou admise, sinon recherchée, jusqu’au moment du Nirvana (Inde Védique) – après lequel il n’y a plus rien – cosmologie si ma traduite par « les atomes (en fait « signifiance ») et « le vide » (en fait « l’inexprimable »).

8.     Les blocages de la physique (ou biologie) surviennent à chaque fois qu’on y cherche du sens, « qu’on veut comprendre » (au sens étymologique du mot : « prendre ensemble ») ; à chaque fois qu’on veut « saisir ensemble » et qu’on oublie cette distinction entre « administrance » et « vivance physique » – la seule qui tienne comme irréductible mais se retrouve sous plusieurs appellations selon le contexte.

C’est justement la raison pour laquelle on entend très souvent dire que la physique quantique (autant dire maintenant « la physique tout court ») a beaucoup apporté à la physique classique, à l’astronomie, à la dynamique des fluides, etc. mais pratiquement rien à la biologie !

Et bien c’est complètement faux parce que justement c’est la même chose : les bosons de Higgs, les neutrinos, l’électrodynamique, etc. se retrouvent aussi bien au niveau des champs magnétiques de l’Hippocampe cérébral, des échanges ioniques des membranes cellulaires, des relations inter-humaines, animales, etc…. pourvu qu’on n’y mette pas tous ces cloisonnement administratifs que l’on impose entre ces indéfinissables entités. Les choses sont ce qu’elles sont, c’est tout [40].

La physique, c’est la vie.

L’administrance n’y fait figure que d’obstacle à la manifestation de ces vies plus ou moins déliées, dites oniriques, paranormales, maladies mentales, etc. faisant l’objets de rejets, quoique souvent les plus créatives pourtant. Pour « la mise en équations », cf. infra le problème de Galilée.).

9.     Dans le texte de cette chanson aux paroles déliées, en trame de fond de cette page web, c’est « le souvenir ineffaçable », « recuerdo imborrable », qui tue !

 

      

Arrêt sur « absence d’image [41] » :

 

Les travaux de Freud et Lacan sont clairs, précis - à la fois limités et illimités – nous y reviendrons – et relevant de la « science » restent ouverts à la discussion [42].

De quoi parlent –ils ?

1.    Premièrement de « l’individu » ou du « sujet », (ce qui indique des mises en valeurs différentes) par rapport à lui-même, c’est à dire de son conscient par rapport à son inconscient

2.    Et deuxièmement de ce sujet ainsi constitué en rapport avec, pour Freud, ce qu’il appelle « le monde extérieur », et pour Lacan, ce qu’il appelle « le grand Autre », lieu topologique du « Symbolique » [43].

Sans que l’un ne soit exactement l’autre, l’un et l’autre sont les uniques pièces extérieures ou, plus précisément, « distinctes » du sujet lui-même, bien que d’une certaine façon le constituant, en relation directe avec lui.

 

Quoi qu’il en soit de ce que l’on peut discuter ici de ce qu’il en est des autres relations,  il reste que :

Il me semble exister un manque théorique immense d’explication conceptuelle , et jamais signalé par eux :  Il s’agit de la mécanique de la communication.

Plus précisément, cette communication peut concerner, soit deux inconscients entre eux, puisque toutes les communications conscientes sont filtrées, censurées, par les communications inconscientes ; soit à la rigueur un inconscient avec ledit « monde extérieur », s’il n’y a pas de médiateur, bien que l’on n’en aperçoive pas vraiment la possibilité, hors phénomène hallucinatoire. 

Or, on ne peut pas ignorer les communications entre individus.

C’est probablement cette situation qui avait amené Young  à la conception d’un « inconscient collectif », mais trop de travaux et de pratiques ont apporté un démenti à cette formalisation pour pouvoir l’admettre.

 

On peut tout au plus considérer que l’individu n° 2 soit, pour l’individu n° 1, partie intégrante du dit « monde extérieur » ou du « grand Autre », mais cela ne fait que repousser le problème d’une case, sans lui apporter en rien un soupçon de théorisation – quand bien même fusse-t-elle incompréhensible :  Il y a là « un blanc » conceptuel.

 

Or une telle possibilité de sommation sans mélange des parties additionnées, « d’addition vraie » en somme, c’est à dire sans mélange, est le principe de base de la physique quantique. 

On y emploie alors l’expression de « principe de superposition ».

 

Dans un addition commune, 14 est un mélange ; soit de 6 et 8 ; soit de 7 et 7 ; soit de 2 et 12 ; etc.

Pour faire avancer les calculs, il n’est alors nullement nécessaire de savoir comment a été obtenu le chiffre 14.

En physique quantique, dont la formalisation remonte maintenant à 100 ans, bien qu’elle soit peu enseignée il en va différement :

Un état A superposé à un état B n’aboutit jamais à un « mélange de A et de B », mais à une « superposition de A et de B ».

Toutes le autres propriétés en découlent, dont en particulier les propriétés « de non localité », « d’états intriqués », etc. et, notons le en passant, cette physique nouvelle est à l’origine de pratiquement toutes les découvertes du XX ème siècle qui ont tellement transformé notre vie quotidienne, bien qu’elle soient in-appréhendables par la seule « raison humaine ».

 

Or cette situation correspond exactement à ce qui se passe lorsqu’un signifiant A (ou une chaîne de signifiants A) entre en relation avec un signifiant B (ou une chaîne de signifiants B) :

Les signifiants se rangent, mais ne se mélangent pas, pas plus que les inconscients.

Ils ne sont pas localisables, pas plus que les phénomènes mentaux.

Ils ne sont pas « dés-intricables », pas plus que ne le sont les phénomènes psychopathologiques.

Et il pourrait bien encore en aller de même de nombres de phénomènes appelés, on ne sait pourquoi, « parapsychologiques », non expliqués – et peut-être destinés à le rester longtemps, tant se montre impuissante et rapidement dépassée la « raison emprisonnée »  .

 

Comment se répètent les présupposés (qu’il faut abattre) ?

On lit partout que le mot « atome », en grec signifie « insécable » … C’est totalement faux : « Atomos » signifie « indivis », et se disait d’un homme avec sa barbe, sans que cela ne signifie qu’il n’aurait pas pu se raser !

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

 

En grec 

Correspondance latine

Correspondance française

a-

« a- » est l’alpha privatif

Lui correspond « in - » 

Le préfixe négatif est également « in - »

- tome

De la racine de « tomein » = « couper »

Cf. exemple : « ana-tomie »

De la même racine indo-européenne, lui correspond en latin « Tempus » = « temps », dans ses deux sens (temporel et climatique).

Cf. « tempête, tempestif, intempestif » = « interrupton ; coupure »

Ce qui est autant valable pour parler du « temps qu’il est » que du « temps qu’il fait »

« Temps »

a-tome

Grec ancien : adjectif : « a-tomos, os, on » (s’accorde au masculin, féminin, neutre)

« è idéa atomos » (genre féminin) = « idée indivise »

Grec contemporain : « to atomo » (au genre grammatical neutre) = « l’atome ; l’individu, la personne »

 

 

Démocrite : Idéa atomos = idée indivise ;

 

Grec contemporain : Atomo  = individu

Avec l’idée de « non-coupé », le grec évoque le résultat d’une nomination : « élément, individu, personnage ».

 

A partir de la même racine, le latin et le français, incluraient à la fois « le non-coupé ; l’individu ; l’intemporalité »,  mots dans lesquels on oublie, en pratique, la fonction créatrice du vocabulaire (alors qu’on s’acharne sur le « Big Bang » originel)

Ces mots, devenus en français nettement séparés dans le vocabulaire courant, ne se rejoignent que dans un horizon initial fictif, ineffable, conjuguant « nature et culture » (pour essayer d’approcher ainsi en mots des notions indicibles (tant avec les mots qu’avec des équations).

Ce qui incite à la méditation 

 

 

On lit partout que la physique quantique est « contre intuitive » !

Il faudrait d’abord préciser ce qu’on entend par intuition : Platon dans le Menon, fait demander par Socrate à l’esclave (= non instruit) de dessiner sur le sable d’abord un carré (l’esclave y arrive facilement), puis de dessiner un carré de surface double du précédent : Il n’y arrive pas parce que cela n’est pas « intuitif » pour lui.

2.500 ans plus tard, après avoir annoncé à un agent immobilier (bachelier) que le volume d’un cube de 1 mètre d’arrête est de 1 mètre cube, demandez-lui quel est alors le volume d’un cube de 2 mètres d’arrête ? Je n’en ai encore jamais entendu un seul me donner la bonne réponse. Et de se justifier, en général, en  ajoutant qu’il « vend des surfaces » !

Qui se doute que le volume d’un bateau de 12,59 mètres est exactement le double de celui d’un bateau identique de 10 mètres ? etc.

Dans ces conditions, vu la conformation mentale moyenne des êtres humains, il me semble qu’il n’y a pas que la physique quantique qui soit contre-intuitive.

Bien souvent, le liseron se débrouille beaucoup mieux !

 

D’où les recherches qui suivent.

 

 

 

*

Ecrit avant juin 2016

 

I Prologue :

 

Depuis longtemps, j’ai cherché à comprendre les mécanismes de la communication :

 

Les modélisations freudiennes, à côté de leurs parts d’évidences, me paraissaient trop souvent « freudo-centrées », cependant porteuses de géniales découvertes.

Et même, une théorisation désuète peut fort bien apporter des résultats intéressants : Les 40 cercles de Ptolémée ne prédisaient-ils pas fort bien les éclipses de soleil ?

 

Puis Lacan, freudien s’il en fut, frayant des voies complémentaires, mais tout à fait nouvelles a avancé substantiellement les théorisations freudiennes :

1.       d’une part dans les domaines linguistiques (signifiants et sujet : qs.) et les modélisations optiques (entre autres « l’aliénation fondamentale de l’image spéculaire » et « le stade du miroir » qs.)

2.     d’autre part, et ultérieurement, en introduisant une théorisation topologique de sa conceptualisation du monde (dont il avait d’ailleurs déjà initialisé l’élaboration plusieurs décennies auparavant avec d’autres figurations caractéristiques), principalement en théorisant la fonction représentative des nœuds, d’abord avec le « nœud boroméen à 3 » (Symbolique, Réel et Imaginaire), puis le « nœud à 4 » en y ajoutant un quatrième rond représentatif des « noms du père ».

Ces dernières avancées topologiques, frayage théorique opérationnel, ne dissipent cependant pas notre perplexité sur au moins 2 directions :

§         Dans la mesure où la topologie est par définition « une science des lieux », c’est à dire de la localité, de la localisation, et donc de la représentation géométrique, elle se heurtent à la même difficulté que celle de Freud (énoncée page précédente) à représenter graphiquement les instances du sujet et les possibilités de communications entre 2 individus (au contraire des avancées sémantiques de la première période, telle qu’apparaissant par exemple dans le séminaire « la relation d’objet »;

§         Si les très belles mathématisations, présentées au final par Michel Thomé et Pierre Soury, tentant de d’affiner algébriquement l’axiomatique nouvelle introduite par cette topologie, doivent pouvoir prédire un destin déjà écrit du sujet (« tout le monde devient un jour le personnage de sa propre histoire »), là non plus n’expliquent en rien l’intégration individuelle au consensus cosmologique ainsi relaté, et donc les communications entre 2 supposés personnages.

Plusieurs questions peuvent en découler, parmi lesquelles :

1.       Les personnages sont-ils autres que fantasmatiques, et alors que signifierait le mot ?

2.     Les relations entre lesdits personnages sont-elles individualisables ?

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La correction d’un vocabulaire « approprié », dit « spécialisé » devrait tenir une place – hélas – trop importante : Des conceptions « philo-sophico-anthropo-morphiques » confuses dirigent trop souvent les raisonnements même des chercheurs. Les conséquences en sont importantes :

Dans un exposé de haute volée, j’ai entendu plusieurs fois l’expressions « dans le monde de l’infiniment petit…», etc.

Qu’est-ce que cela peut bien signifier, sinon cumuler deux absurdités linguistiques :

Que signifie « infiniment » quand « l’infini » n’a rien à voir avec la physique quantique, qui justement ne brille pas par son infinie petitesse : Le mot « infini » est précisément l’inverse du mot « quantum » !

1.       Quand on prononce le mot « infini » en physique quantique (aussi bien vers le grand que vers le petit), fait peut-être en soi paradoxal, mais il y a bien d’autres paradoxes, actuellement c’est en réalité plutôt de « l’in-défini » qu’il s’agit. Il est seulement possible que …

2.     Pourquoi dire « petit » - ce qui est tout à fait faux d’ailleurs - en place de « sub-atomique » ? J’aillais écrire, dans un lapsus significatif « sub-anthropique », car c’est bien là, la seule véritable idée qui fut ici contenue dans ce mot « petit » : La vision « anthropomorphique » du monde est là, bien perceptible, car sans unité de mesure, les mots « grand » et « petit » n’ont aucun sens.

Enfin, rappelons en passant que des mots comme « sub-atomique » ou « sub-anthropique » sont des barbarismes consacrés par l’usage : les mots étant grecs, on devrait dire : « hypo-atomique », etc.

Fait essentiel pour le raisonnement surtout, la dimension de l’homme n’est plus une « unité de mesure en physique, telle qu’on conçoit maintenant cette discipline  scientifique – à tort ou à raison  ».

C’est plutôt l’homme qui, par un jeu complexe de réflexions multiples, se retrouve lui-même « physiquement interprété » - encore là un chapitre à écrire sur ce sujet !

Pas plus que le « S.M.S. » n’est une unité de mesure de rayonnement, en matière de compteur électrique, bien que ce soit en de telles soi-disant unités, que m’ait répondu par écrit un service que j’ai questionné sur le fameux compteur Linky !

 

Entrée en matière :

 

Depuis longtemps je me suis demandé, très naïvement « comment une idée aurait-elle bien pu ne pas être matérielle » au prix d’être mathématiquement conjugable … comme tout le reste ?

Puis – chronologiquement cela aurait aussi bien pu être le contraire – en me retournant vers nos anciens – comme me suggéra de le faire la lecture de Schrödinger, j’ai cherché à repenser la pensée de Démocrite, mais en essayant de lire ce qu’il dit – et non pas tout ce qu’on lui a fait dire…

Il va sans dire ici qu’une constante préoccupation soutiendra tout ce que l’on peut inférer non seulement d’un auteur aussi ancien, mais au moins autant, vivant en aire culturelle différente de la notre : Ses dires sont-ils exportables ?

Certes, cette précaution est valable aussi chaque fois qu’il y a « rencontre », mais à des degrés divers [44]. 

Et alors la question que j’en fais venir – au prix de faire offense aux « matérialistes » obtus est : N’en est-il pas exactement le contraire !

Voire encore : les 2 ne sont-ils pas « la même chose » ?

Comme on ne sait ni ce qu’est « une idée », ni ce qu’est « la matière », les 2 formalismes y demeurent plongés dans un même niveau de perplexité !

Mais plus encore, pourquoi n’existerait-il pas encore beaucoup d’autres éléments, auxquels il n’est pas habituel de se référer ?

 

Les préjugés du sens :

 

Mon métier de psychiatre – peut-être - m’a amené à une grande méfiance vis à vis de tout ce à quoi on s’efforce trop souvent de vouloir « donner du sens » – à grand renfort d’interprétations et de préjugés – car, en réalité, en psychiatrie, il ne faut surtout pas se laisser piéger par le « soi-disant sens ».

De sens, il n’y en a généralement aucun, ou du moins est-ce l’affaire de chacun – ce qui n’empêche en rien chacun de débattre et de se passionner, ce qui ne va pas bien loin, tant que, grâce au ciel, ladite nature – et c’est là toute la sagesse qu’on lui en a pu y mettre - n’attend pas grand chose du terme de nos élucubrations !

 

Ce que risque le psychanalyste, c’est avant tout « d’en faire trop » :

Non pas de parler trop (on ne lui demande pas de s’assoupir) mais – même sans le vouloir – d’immiscer  son sentiment, son sursaut, etc. 

[je pense au « chat de Schrödinger »]

– « Vous me dites que le chat est vivant, mais quoi ? vous m’avez dit il y a deux minutes qu’il était mort… ! »

Seul le « mais quoi ? » est ici de trop .

Car le reste n’est rien d’autre que le rappel fidèle et utile de l’inconscient du patient qui a parlé.

Or l’inconscient ne connaît pas la contradiction : l’inconscient ne voit strictement aucune difficulté à admettre que le chat soit mort et vivant en même temps. Il faut admettre toutes les formes de la pensée (bien grand mot ici) pour laisser parler l’inconscient.

Et dans UN monde (non pas LE monde, mais dans la configuration la plus générale d’un monde dit « quantique » pour parler vite) cela n’a rien de « contre-intuitif », de fou… Ce qui est bien en physique, c’est justement que le mot « folie » n’y figure pas.

Et voilà le travail ! comme on dit.

 

Une nouvelle physique : La physique des « quanta ».

 

Premiers prémices : En 1899 Max Planck avance l’idée que : L’énergie de la lumière se distribue par « quanta ».

2 éme avancée : En 1905, Einstein constate que : non seulement l’énergie de la lumière se distribue par « quanta », mais que la nature même de la lumière est faite de « quanta » qu’il appelle « photons ».

3 éme étape : La construction d’une nouvelle physique, de 1922 à 1928, devenue « la physique quantique ». Jamais mise en défaut, elle ne fait qu’enregistrer des succès depuis 100 ans.

Elle s’inscrit dans le sillage de la pensée de Galilée, (en opposition totale avec celle d’Aristote) et elle dépasse la « mécanique newtonienne », qui ne reste opératoire que dans certaines limites dimensionnelles.

 

Ecoutons Etienne Klein (« youtube », « Parenthèse Culture », fin de l’épisode n°15) :

 

« … C’est ça qu’est bien avec la physique quantique, c’est que vous ne pouvez pas en déduire une vision du monde !

Donc c’est la fin de l’image ; c’est la physique iconoclaste.

D’ailleurs, vous pouvez faire l’exercice suivant : vous prenez n’importe quelle représentation d’atome : vous prenez l’atome de Rutherford ; vous prenez celle de Bohr ensuite, - vous pouvez encore le dessiner : il y a le noyau, il y a les trajectoires des électrons, qui ne sont pas quelconques, mais qu’on peut dessiner sous forme d’ellipses : vous pouvez dessiner l’atome de Bohr -  puis après il y a Eisenberg qui dit : « oui mais les électrons n’ont pas de trajectoires ! » ; donc déjà on ne peut plus dessiner les … [il esquisse le geste de dessiner une ellipse] ; puis après on vous dit : « les « vecteurs d’état », c’est des « faisceaux de probabilités ! »

Et, du coup, ce qui vous reste à la fin, c’est l’absence totale d’image, et l’atome devient simplement « une matrice » qui représente tous les coefficients de transition permettant les sauts entre « un état autorisé » et les autres états. Donc « la physique quantique » c’est quelque chose qui vient déconstruire toutes les représentations concrètes, pour venir vous projeter ou vous emporter dans un espace abstrait.»

 

Ainsi, du concept de « matière », on est revenu à celui de « matrice » (au sens abstrait latin de <- « mater » cf. plus bas, étymologies).

 

 

NOTES A EXPLOITERER PLUS TARD :

Ø       

Ø      Personnellement, j’aurais préféré une physique « idéoclaste » plutôt « qu’iconoclaste », considérant qu’il est plus radical de combattre « les préjugés » que « leurs images ».

Ø      Les deux mots ne sont pas d’ailleurs sans lien, et leur racine sémantique est de la même famille.

Ø      La querelle des icônes à Byzance témoigne d’une sorte d’appétit grec pour les images (cf. la différence entre (« pyr - » et « ignis »).

Ø      En réalité, la nouvelle physique est à la fois les 2, mais bien sûr, la « non-picturabilité » de l ‘atome frappe davantage les esprits :

Ø      le modèle de Rutherford était encore un modèle dessin able, à l’image des orbes célestes.

Ø      L’atome de Borhr : cf. supra.

Ø      Et que dire si l’on ne sait pas réellement si un électron se trouve à « un nanomètre » ou à « une année lumière » du noyau de son atome.

Ø      Mais l’intérêt de dire « briser les icônes » est bien de faire comprendre – encore par une image – que l’image n’a plus aucun sens parce que la distance n’a plus aucun sens : on le reverra avec « les états intriqués ».

C’est pour cette raison, en réalité topologique, que les cercles énoncés par Freud (de la conscience de chacun enclose dans un cercle lui-même enclos dans son cercle figurant son inconscient cf. page précédente) – mais non dessinés – m’avaient amené à un rapprochement avec cette « physique non-dessinable », et que la traduction, dans le passage de Freud, de « kreiss » par « sphère » me paraît être un recul intellectuel par rapport à la pensée freudienne – « jamais localisante ».

 

Un pas de plus nous amène à anticiper ce qu’il y aura – ou aurait – à dire, (infra=, à propos de la  si célèbre phrase de Galilée : « la nature est écrite en langage mathématique ».

Cette phrase comporte plusieurs mots intéressants :

Ø      Passons d’abord sur le mot « écrit » qui ne se réfère ici, ni au papier ni au crayon, mais tout de même à un sceau, une empreinte, ce qui est peut-être déjà trop.

Ø      Remarquons ensuite le mot « nature » que Galilée emploie sans la moindre précaution, comme si la chose allait de soi qu’il y ait une nature ! Ce n’a pas toujours été, et ce n’est pas toujours, le cas, dans les différentes cultures, ou surtout chez les différents individus, de ce monde, et ce n’est pas notre avis que la chose va de soi.

Ø      Arrétons-nous enfin sur l’idée qu’apporte Galilée et d’ailleurs plus radicale que celle de bon nombre de commentateurs :

 

Pour Galilée, « la nature est écrite en langage mathématique), et si l’on veut « comprendre humainement » la nature – il ne dit pas ; « pour comprendre ce qu’elle dit » ! » - cette langue mathématique, il faut l’apprendre.

Pour trop de commentateurs, cette langue « il faut la traduire » ! – ce qui est impossible évidemment.

Toute traduction apporte toujours « erreurs », et c’est bien un aphorisme italien qui énonce « traduttore traditore » !

Par contre, une question demeure pour nous majeure :

 

En allant plus loin que Galilée, on pourrait poser la question : « La nature est-elle en effet écrite en langage mathématique ? » Parce que : « elle une production des mathématiciens – toujours en marche d’ailleurs ? » , ou n’est-elle pas , tout simplement, « les mathématiques » ? au sens d’ailleurs où « mathéma » en grec, n’est rien d’autre que « le savoir » ; et du « savoir », on n’a jamais fini d’en produire !

 

On retrouverai ici exactement les remarques que nous avons déjà faite sur la différence entre  l’analyse que fait Saint Jean de la substance de Dieu ( franchissement de la barre signifiant/signifié dans le fait divin)

et l’ énonciation dans l’Ancien testament ou dans le Coran ( non franchissement de la barre) :

Saint Jean écrit « En archè èn o logos, xai o logos èn o theos » : (fait essentiel, le mot grec « archè » est très difficile à traduire)  : « A l’origine était le verbe, et le verbe était Dieu » - lui-même – abstraction pure.

Ainsi dans les 2 autres religion décrivant « l’origine » : (« Qala, fa iakun » = « Il dit et il fut » : c’est « la parole » qui est créatrice et « ce n’est pas la parole qui est création ».

 

Dans ces conditions, la différence aurait pu être exactement la même avec Galilée s’il avait dit : non pas : «  la nature est écrite en langage mathématique », mais : « la nature est elle-même mathématique », d’où aurait pu découler une sorte « d’évanouissement du concept même de nature », et la triade d’une succession pure – quasi religieuse : Mathématique => physique => métaphysique ; voire la mathématique et rien d’autre si on identifie la nature qui est la physique-même à la mathématique

Est-ce un pas que l’on pourrait-être autorisé à franchir ?

On notera que « logos » et « mathema » (cf. étymologie dans Wikipedia : clic ) peuvent très bien être synonymes, de la même façon qu’en français, « raison » peut très bien avoir le sens de « calcul ».

 

ASPECTS, RAPPORTS ET REALITES PHYSIQUES :

Le « bon sens » naïf (aristotélicien) est trompeur :

A chaque fois que l’on change les rapports des dimensions des objets (individualisés ; ce qui est rigoureusement impossible) entre eux, on change les lois qui régissent les rapports entre les corps intéressés, depuis l’infiniment petit jusqu’à l’infiniment grand. Changer de dimensions est aussi changer de nature. Les rapports changent les lois, mais le nombre de rapports possibles est infini. Cela ne concerne pas que la gravitation.

L’idée qu’un son lointain et fort est égal à un son faible et proche n’est qu’une impression dans un système de repérage limité : Le champ de la mesure se limite à l’impression des oreilles de l’observateur, en les considérant comme référentiel. Il en va de même de l’image, toute aussi trompeuse.

La réalité apparaît différente dès que le référentiel est soumis à un déplacement.

Les sens ne sont pas trompeurs, ce sont leur rapport à l’objet qui le sont.

Depuis que l’on a voulu utiliser des maquettes de bateau dans les films de cinéma, on sait bien que l’on ne peut généralement pas filmer une maquette de bateau pour la faire passer pour un bateau réel :

Les mouvements sur l’eau de la maquette seront toujours plus brutaux que les mouvements d’un bateau en grandeur nature. Cela s’explique très facilement en physique.

Mais en l’absence de l’eau, les mouvement se la chute des bateaux seraient les mêmes.

Une bille de plomb et une plume chuteraient à la même vitesse dans le vide, mais non pas s’ils sont lâchés dans l’air. Aristote s’est trompé.

Les rapport entre la période et l’amplitude du mouvement elliptique des astres est indiqué par la 3ème loi de Kepler : T3/a2= Cste.

La lune et le soleil paraissent plus gros à l’horizon au lever et au coucher de ces astres car nous sommes habitués à apprécier les distances par rapport au diamètre apparent des arbres.

Laisser un enfant construire une maison en « Lego » sans explications, est « anti-didactique » : Les lois qui régissent la solidité d’une maison de 10 cm, ne sont pas du tout les mêmes que celles qui vont régir la solidité d’une tour de 300 mètres. Les lois de la pesanteur ne sont pas les seules en cause.

Un gros animal comme un éléphant ne pourra jamais avoir les proportions d’un gros moustique. Une montagne sur terre ne pourra jamais excéder 20 km en hauteur.

Un bébé ne pourra jamais être « un homme en petit », pour de nombreuses raisons, dont beaucoup sont biologiques,

Un spermatozoïde ne peut pas non plus être « un homme en petit » (« homonculus »), comme l’a cru à tort Aristote.

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Beaucoup d’axiomes :

 

 Cf. l’émouvante vidéo de J.M.Souriau, décédé à l’age de 90 ans à Aix en Provence le 15 mars 2012 : « Quantique, alors c’est géométrique ! »

Jean Marie Souriau, a aussi écrit dans « La grammaire de la nature » (8 juillet 2007) (téléchargeable en pdf. gratuit) (12 Mo)  : cet extrait de la page 63 :

 

«... La Boutique aux atomes: pureté.

 

Armés de cette « géométrie » du « moment », essayons de faire comme Démocrite ou Platon, de concevoir par la pensée pure les « atomes » (les « éléments », en termes contemporains), les « particules élémentaires ».

« A-tome » = « qui ne peut pas se couper » ; on pense à des points - qu'on déclarera « matériels ». Mais la « matérialité », nous savons maintenant que c'est le « moment ».

N'essayons plus de nous représenter une particule comme un objet infiniment petit, mais plutôt comme « un élément pur de cette matérialité ».

Une « particule élémentaire », ce sera donc « un moment pur ».

Pensez donc à « un électron ». Alors, « un autre électron », ce sera quoi ?

Eh bien ce sera un moment de la même famille, juste comme nous le disent les « grammairiens » (Note de bas de page 1)

Le « géomètre » sait classer ces familles-là : il peut donc les proposer aux « physiciens » comme « modèles de particules » :

- « Ce modèle vous plaît? »

Qu'il classe les cristaux ou les particules, le « théoricien » est comme un bottier possédant des chaussures de toutes les pointures, et qui attend les clients.

Sa collection est riche, probablement toutes ses chaussures ne serviront pas - mais il se sent capable de chausser tous ceux qui se présenteront.

Ici, les chaussures, ce sont des « espèces de moments », soigneusement rangées dans des tiroirs, et étiquetées.

Ecoutons ce qui se dit dans la boutique : Arrive un client, goûts classiques, qui désire seulement un « point matériel » :

- « Bien sûr, nous avons ça. Dimension 6. Quelle masse voulez-vous? - etc. »

 

(Note de bas de page 1) : Cf. l'origine des espèces, p. 29.

 

Mais le nouveau ne cesse de frapper à notre porte, en apportant chaque jour « davantage de théories et davantage d’expériences », de plus en plus fines, qu’on estime de plus en plus parfaites, remettant en question beaucoup de nos impressions familières.

Pourtant, point d’absolu, jamais, sinon seulement en mathématique, et là, seulement à partir d’axiomes – lesquels sont comme dans un jeu, sinon arbitraires, du moins « sans preuves de leur absolu bien-fondé »

Toute science, tout verbe, n’est-il que « préjugé » ? On aurait, en notre siècle beaucoup de mal à le faire entendre.

Pourtant, déjà, il n’y a plus de « masses » : il y a « des champs » : champs de Higgs, etc.

« Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà ! » - toujours.

Et, en utilisant un vieux langage, encore utilisable à condition de l’expliquer, on vient d’attribuer le prix Nobel de physique 2015, pour la démonstration que les neutrinos avaient une masse [45], aussi petite soit-elle, mais affirmée, ce qui remettrait en cause « le modèle standard » ! Grave, pour un physicien !

En regard de ces précisions phénoménales, face au nombre π toujours aussi énigmatique, bien que peut-être de plus en plus omniprésent, on n’est guère plus avancé que ne l’était Archimède.

Alors, qu’en est-il exactement de ce fatras de savoirs ?

 

L’idée indivise :

 

Dans le concept démocritéen « η ιδέα ά-τομος  » (« è idéa atomos ») de Démocrite (460 - 370 av. J.-C.),

Les sens de l’un et l’autre mots sont souvent mal rendus, sinon, comme souvent, intraduisibles sans explication.

Le mot « idea » en grec est une sorte de « mot-matrice ». Il est de la même famille que :

« Idea » signifie en grec : « image vue » dans l’Iliade, comme le rappelle Jean Salem, mais peut prendre aussi une foule de sens « subduits ».

Ôn pourrait donc traduire ici l’expression par :

 

(Notons que le sens du mot « science » a lui aussi été lui modifié en français, introduisant un sens profane à côté du sens religieux, mais on dit plutôt « la science » et « les sciences religieuses ».

Mais une certaine sacralisation est peut-être encore perceptible même dans la « science profane », même si on dit que le doute y joue un rôle essentiel).

 

Dans tous les cas, l’idée est que l’entité « idée indivise » perdrait radicalement toute existence comme telle du seul fait d’une section, division ou amputation.

Le mot « atome », en tant que substantif du genre neutre, est apparu plus tard, avec le sens de « corps indivisible », chez Aristote (384 - 322 av. J.-C.) ; et fut repris  dans le Nouveau Testament etc. et par les physiciens, qui ont conçu « un atome » « petit, corpusculaire, et nommé ainsi parce que initialement supposé, par erreur, « insécable ».

Ces dernières propriétés atomiques devront d’ailleurs toutes être discutées et précisées.

L’ennui est que, en français, le neutre est devenu rare. Il existe à l’état résiduel (ce que certains ne comprennent plus).

 

Fait éclairant, aujourd’hui, en grec contemporain, le mot « το άτομο » (« to atomo »)  substantif neutre, signifie aussi très communément : « individu, personne ».

Ce qui nous importe n’est pas fondamentalement une question de vocabulaire : il y a en effet des « signifiants » hors vocabulaire.

 

Pourtant, « la matière » étant – qu’on le veuille ou non - indéfinissable, parmi celle-ci, l’individu lui est sémantiquement « l’indivisible en personne ».

 

Pour la langue française, le fait est plus délicat qu’en grec : On n’est pas très loin d’entendre quelque femme féministe revendiquer d’être « une in-dividue »

Il faut bien faire attention quand on substantifie un adjectif : En français, c’est un peu affaire de circonstances : 

 

Par ailleurs, il est amusant de se souvenir que certains philosophes se sont demandés : « quand on arrache une dent à quelqu’un, de quel côté se situe alors son « moi » : dans la dent, ou bien dans la personne sans sa dent ? ». Certes, les pièces biologiques en sont alors devenues autres, mais ici, ce sont les conventions administratives – peut-être parfaitement arbitraires – qui fixent les représentations ; Ce qui n’est pas rien [48] !

On a coutume de considérer que la dent arrachée ne fait plus partie de l’individu, qui en est « le reste ». Ici la biologie s’incline devant la coutume  linguistique catégorielle.

 

Quoi qu’il en soit de cette discussion sans fin, un « quantum » est défini par l’indivisibilité  - où plutôt c’est l’indivisibilité qui a défini le « quantum » - même si nous ne pouvons dire en soi, ni ce qu’est l’un, ni ce qu’est l’autre, d’aucune façon isolée, hors contexte, hors système référentiel – quelle qu’en soit la nature, etc. ;

Cf. « un signifiant représente un sujet pour un autre signifiant » ;

c’est important et nous y reviendrons.

 

Signalons d’emblée cette remarque importante, assez peu connue – peut-être parce qu’elle va dans le sens inverse de ce qui se passe de l’enfance à la maturité – sur une évolution de quelques millénaires, on constate que les mots anciens, au moins dans les langues européennes, ont très souvent un sens beaucoup plus « abstrait » que les mots de la modernité [49].

 

Ces quelques données pourraient paraître anodines et simplistes.

Elles deviennent vertigineuses sitôt que l’on se souvient que : qui dit « quantum », dit ipso facto, « principe de superposition » et tout ce qui en découle.

 

 

Prêtres et astronomes : « Des cosmogénèses aux particules et de l’embryologie à la médecine ».

 

L’embryologie n’a rien à voir avec « un jeu de Lego », fait de pièces et de morceaux empilés, dont, encore une fois, la valeur pédagogique « à la Rousseau » (cf. « plus l’enfant apprend moins il sait »), soit-disant intuitive, est bien souvent désastreuse : les limites de ses démonstrations « dévitalisées » doivent toujours être enseignées à l’enfant.

 

La médecine est le nom donné à la « pratique de la physique humaine », d’abord exercée par un « prêtre » (du grec « presbuteros » = « plus agé ») puis aujourd’hui par un « praticien », lorsque l’objet de l’attention est « l’homme » - désassemblé à tort ou à raison de l’ensemble de la nature.

Les anglais appellent avec raison les médecins « physicians ».

 

NB : le mot « prouvaire », rencontré en France au Moyen age (au cas régime du français roman) (cf. noms de rues à Paris) est à apparenter à la formation du couple « troubadour – trouvère » qui signifie (le « trouveur* », (« - dor » dans le Sud = « - eur » dans le nord = « - nom de métier ») = « celui qui fait du [« Tarab »].

[« Tarab », mot arabe  = « art de la trouvaille poétique »], du verbe arabe « taraba », toujours en usage, = « faire de la poésie » ;  et « moutrib » = « chanteur » ; de là viennent : en espagnol les mots « trobar » = « faire de la poésie » ; et en français « trouver », dont le sens a été élargi, employé aussi souvent que sa famille en est restée très petite :

Dans le langage des archéologues, on continue à employer le mot latin « inventare » en parlant « d’un « inventeur » de fouilles ».

Ce rappel est là parce que les dictionnaires étymologiques refusent – par ignorance – d’admettre cette évidente étymologie : on ne la trouvera donc actuellement nulle part ailleurs que dans ce site, en dépit des ouvertures que cette connaissance apporte. Il en va d’ailleurs de même d’autres mots : « macabre », « haras », etc.

 

Cette parenthèse médico-embryologique a toute sa place ici, parce qu’elle rend compte au final d’une certaine mécanique constructive, de ce que peuvent être les « états intriqués » en physique quantique.

 

De même que la fabrication, puis la dispersion de particules élémentaires, durant la cosmogénèse – ou toute création de particules quantiques - peut rendre compte de leur couplage définitif et leur interdépendance intemporelle – quelle que soit la distance qui les sépare – et défie donc la « localité einsteinienne » limitée par des communications qui ne pourraient pas dépasser la vitesse de la lumière – principe définitivement rejeté par les travaux d’Alain Aspect et son équipe d’Orsay dans les années 1980 (Prix Nobel) ;

 

De même, mais c’est surtout ici une métaphore, car elle n’est pas quantique – c’est l’embryogenèse – une des parties les plus importantes de la médecine – qui explique que par l’entremise de quelques petits rameaux nerveux de quelques microns de diamètre, un pincement discal vertébral puisse engendrer des douleurs à distance des orteils, abolir le réflexe achiléen (tendon d’Achille)  (encore faut-il le rechercher !) et mille autres choses qui sont en définitive « des intrications embryologiques », et qui montrent que l’être humain est bien autre chose qu’un simple assemblage de « pièces de lego », ce qu’un aperçu visuel rapide pourrait laisser croire.

La science ici va d’ailleurs beaucoup plus loin : qs. …

 

Signalons aussi en passant ces impressions trompeuses – philosophiquement importantes – non plus visuelles, mais sensitives : le point de la douleur n’indique en rien l’origine de la lésion au patient lui-même s’il n’est pas initié ; la conscience de la douleur semble toujours instantanée et se propager en ligne droite, même si le membre est fléchi dans ce cas.

De telles supputations sont fausses.

Mais comment ne pas supputer ? La douleur engendre la supputation.

 

Ø    II Un peu d’historique et de vocabulaire :

 

Cette page est l’initiation d’un travail de recherche, qui se propose dans un premier temps de rassembler plusieurs types de considérations, et surtout 3 :

 

1.  Ce qu’on a souvent fustigé, parmi les pensées des écoles de l’Inde ancienne (pré-bouddhique), sans véritable justification, du terme devenu péjoratif de « pensée magique »[50].

 

2.  Les travaux de l’école grecque d’Abdère, et particulièrement de Leucippe et de Démocrite, desquels on a probablement tiré de fulgurants contre-sens, en particulier à partir du mot « atome » - à partir de présupposés, jamais définis, appelés « matérialismes », souvent contraires aux relectures que l’on pourrait faire de ce que leurs auteurs en avaient voulu exprimer, en particulier à la lumière de « la physique quantique ».

 

3.  Des absences totales, si répandues, de la véritable fonction de la psychanalyse, où « l’interprétation » se répand comme une « doxa » afin de ramener le « névrosé » au bercail, aussi bien dans sa dimension « inter-individuelle » que « intra-individuelle » et d’où découlent de péremptoires explications des mondes, de la vie et de la mort :

La plus fallacieuse des démarches tient dans ces velléités fort mal venues « d’interprétation » des pensées attribuées à l’autre :

C’est le sens même du mot « interprétation » qui mène à l’erreur : Comment peut-on dire à la place d’un autre ce que précisément il n’a pas dit ?

La Psychanalyse ne devrait mener qu’à « la révélation », jamais « à l’interprétation ». 

La vie n’est pas « un standard » !

 

 

Ø     De l’importance des chiffres et des lettres dans le langage en général:

 

 

Un physicien français, célèbre dans l’aéronautique, m’a dit un jour :  « Quand on ne connaît qu’une seule langue, on n’en connaît aucune ! ».

 

L’anglais semble assez proche de l’allemand, et ces 2 langues ont l’une et l’autre beaucoup de points communs.

Cependant elles sont différentes entre elles, et plus encore différentes du français.

A ce propos j’ai pointé quelques remarques :

Que dirait aujourd’hui Einstein, s’il avait connu les expériences d’Alain Aspect violant « les inégalités de Bell », faisant fi magistralement de « la vitesse de la lumière », et des « réalités » d’Einstein en physique quantique ?

Que pouvait bien représenter pour Einstein ce qu’il appelait : la « réalité physique » ?

Qu’était pour lui « la vitesse de la lumière » ?

Un français comprend vite que « Dieu » et « la lumière », pour lui, c’est le même mot !: il connaît « divin » et « diurne ». Même s’il n’a pas fait de latin, il connaît « jour » et « aujourd’hui », au point qu’il ne sait même plus qu’il connaît les mots, mais il ne peut pourtant pas les oublier !

Qu’en était-il pour Einstein, de ces concepts, de « l’indépassabilité de Dieu », et de « l’indépassabilité de la vitesse de la lumière dans le vide » et qu’était pour lui « le vide » ?

 

Un anglais, lui, a à sa disposition « God » et « light » qui ne sont pas du tout de la même famille. Mais avec « quels concepts » pense un anglais ?

Avec « quels préjugés » – puisque « les préjugés » sont, en définitive, la définition même de la langue - pense-t-il ?

Où sont ses blocages, où sont ses ouvertures ?

La mathématique ne passe outre la langue que le temps très brefs de l’oubli total du sens – qui est en somme le seul moment de vérité, celui où il n’y a rien à comprendre - et ce n’est pas même le cas de tous les instant en mathématique :

Il y a beaucoup de moments où la mathématique « fait sens » : Quelle différence y a-t-il à écrire « a est plus petit que b » ou : « a < b » ? Il n’y a aucune différence.

En un peu plus abstrait, on peut encore écrire aussi bien  : « quatre fois quatre font seize », que « 4 x 4 = 16 », même si on en arrive un peu à compter sur ses orteils !

Je me demande souvent si - à part la facilité des opérations - la mathématique est vraiment différente du langage parlé.

Qu’est-ce donc d’autre, sinon du langage écrit facile à manipuler ?

Quant aux équations imprononçables, il en va exactement de même des mots : Il y a des mots que l’on ne peut pas prononcer ; alors on les transforme ; mais on a renoncé depuis longtemps à en comprendre le sens.

Ils deviennent des moments de vérité dans leur « champ opérationnel » ; qulquechose comme une « vérité sous surveillance ».

De la « vérité » ou de la « surveillance » que et comment choisir ?

 

Par ailleurs et par contre, un français aura en général depuis longtemps oublié de faire la différence entre « foi » (« fides » = « fidélité à la parole donnée ») et « croyance » (« credo »).

Alors que pour ces mêmes mots, un anglais n’oubliera jamais – même s’il ne sait plus qu’il le sait – que « believe » est de la famille de « love » (et il en va de même en allemand), alors que « foi » correspond à « faith » ou à « trust ».

 

J’aurais pu aussi parler du ton, de la rime, du rythme, de ce qu’il y a entre les mots, et jusqu’à de l’indicible, si essentiel dans toute communication : sans doute reparle-je de la question de la communication, mais qu’existe-t-il d’autre, même quand on croit qu’on n’y pense pas ?

 

 

Ø     Historique de l’atomisme

 

Wikipédia présente un article intéressant sur « l’atomisme » envisagé sous un aspect historique, que l’on pourrait appeler « philosophico-naturaliste ».

Naturellement, dans l’Antiquité, des concepts comme celui « d’atome » qui signifie en grec « in-divis » (plutôt « qu’indivisible ») étaient essentiellement intuitifs, puisque les plus petites particules « vues » étaient « les grains de poussière dans un rayon de soleil » ! Tout le reste ne peut encore être que spéculation.

 

Pourtant, l’idée est intéressante dans la mesure où il n’y a pas lieu de séparer, comme on le fait trop, ce qu’on appelle « les sciences » de ce qu’on appelle « la philosophie ».

Il est certain qu’aujourd’hui, l’on exagère la séparation ! Mais peut-on faire autrement, vu l’accumulation, le « trop plein » de savoir ?

Il faut se souvenir que « trop de connaissance tue la connaissance », c’est-à-dire la compréhension de ce qu’elle signifie.

A vrai dire, dans chaque registre, elle est sans limites.

 

Dès le début de la Renaissance, Montaigne et Rabelais nous mettaient en garde : Le premier préférant « une tête bien faite à une tête bien pleine », et le second écrivant « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

Trop de « savoir » noie la réflexion, et il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir manier les deux options.

 

La difficulté de la conception de « l’idée de très petit élément » est double, car, autant l’homme semble avoir toujours « cru à l’invisible », autant il a du mal à imaginer l’existence de choses « trop petites pour être visibles à l’œil nu ». Ce sont les effets indirects qui sont observés !

 

Une considération peut paraître surprenante, et jeter un trouble qui ajoute au caractère enjoué de tout science, quelle qu’elle soit : Personne n’a jamais vu d’atome ni d’électron, ni non plus d’étoile vraiment lointaine ; et l’on pourrait considérablement étendre une telle remarque.

 

 

Þ1 On lit dans Wikipédia (clic) :

 

« En Inde : La philosophie Vaisheshika, dont Kanada est le fondateur, contient une théorie atomique.

Son traité, les Vaisheshika Sutra, date des premiers siècles de notre ère[3].

L’atomisme en Inde s’est développé à travers plusieurs écoles bouddhistes et hindouistes, chacune caractérisée par ses propres théories philosophiques.

L’atomisme, malgré la diversité des différentes perspectives auxquelles il a pu donner lieu, avait comme objectif de rendre compte de l’unité fondamentale qui constitue le monde que nous percevons à travers les sens, cette unité étant l’atome.

Le terme sanskrit qui désigne cette particule est aṇu[4] ou paramaṇu[5].

Les diverses écoles qui parlent d’atomes ont diverses conceptions de ceux-ci mais elles se rejoignent en ce que les atomes ne sont pas directement observables, même à travers des instruments : leur existence est certes déduite à partir de l’expérience, mais comme résultat d’un raisonnement spéculatif qui s’appuie sur celle-ci et supplée à ses limites.

 

École Nyāya-Vaiśeṣika : Pour le Nyāya-Vaiśeṣika, il existe cinq substances matérielles de base : « l’eau [51], l’air, le feu, la terre et l’éther (Ākāśa) ».

Ces substances peuvent avoir plusieurs qualités mais elles en possèdent une en particulier qui les caractérise chacune et qui les rend uniques.

Pour cette école, chacun des cinq sens est constitué par rapport à la capacité de reconnaître les cinq éléments. »

 

On comprend dès lors (à partir du mot « anu », entre autres), qu’on pourrait remonter beaucoup plus haut dans le temps.

 

 

Þ2 Il se trouve que le livre très complet et très savant de Louis Renou et Jean Filliozat « L’Inde classique », auquel il est difficile de ne pas se référer sans cesse pour notre sujet, devait comporter trois tomes, et le troisième tome devait traiter précisément des échanges bilatéraux entre les Grecs et les Indiens depuis la Haute Antiquité.

Malheureusement, ce troisième tome n’a jamais pu voir le jour et seuls les deux premiers tomes en sont parus ; ce qui représente cependant déjà une somme de données inestimable

 

 

Þ 3 Il serait difficile ici d’omettre de citer Arthur L. Basham, (in : « La Civilisation de l’Inde Ancienne » ; Arthaud éditeur) ; traduit de l'anglais par Claude Carme, Guy Durand, Angelica Lévi, Bruno et Jany Berretti ; (Les traductions des textes sanskrits sont de Louis Renou) ; livre. paru initialement en anglais, qui fit l’objet d’une traduction d’une version légèrement différente en français en 1976, revue en 1988. (© Les Éditions Arthaud, Paris 1988. ISBN 2-7003-0744-5. Imprimé en France.

 

« Ce livre est dédié à la mémoire de Louis Renou – écrit l’auteur - que j'ai eu l'honneur de connaître personnellement, et dont le souvenir reste vivant et vénéré partout où l'on enseigne le sanskrit ».

On y lit pp.286-288

 

« Les mathématiques

L'humanité doit à l'Inde ancienne à peu près tout ce qui concerne les mathématiques, qui atteignirent sous les Gupta un degré de développement supérieur à celui atteint chez tout autre peuple de l'antiquité.

Les progrès des mathématiques indiennes étaient dus principalement au fait que les Indiens avaient une conception claire du nombre abstrait, qu'ils distinguaient de la quantité numérique des objets ou de l'extension spatiale.

Alors que chez les Grecs la science mathématique était en grande partie fondée sur la mensuration et la géométrie, l'Inde dépassa ces concepts de bonne heure, et à l'aide d'une simple notation numérale, elle inventa une algèbre rudimentaire qui permit des calculs plus compliqués que ceux que pouvaient effectuer les Grecs, et qui conduisit à l'étude du nombre en soi.

 

On ignore le nom du mathématicien qui conçut le système de numération simplifié, mais les plus anciens textes mathématiques qui nous sont parvenus: l'anonyme « Manuscrit Bakhshâlî », copié d'un ouvrage du IV siècle de notre ère, et l'Aryabhatîya d'Aryabhata, qui date de 499 après J.-C., présupposent son existence.

C'est seulement à la fin du XVIIIe siècle que la science de l'Inde ancienne commença d'être révélée au monde occidental.

 

Depuis cette date une sorte de conspiration du silence - qui dure encore aujourd'hui - empêche de porter au crédit de l'Inde l'invention du système décimal.

Pendant longtemps, celle- ci fut attribuée à tort aux Arabes.

On s'est demandé si le zéro était présent dans les premiers exemples d'utilisation du nouveau système. Ils ne comportent pas en effet le signe du zéro, mais les chiffres y ont certainement une valeur de position.

  La plus ancienne inscription contenant un zéro sous la forme d'un cercle fermé date de la seconde moitié du IXème siècle, cependant qu'il figure sous la forme d'un point dans une inscription cambodgienne dès la fin du VIIème siècle ; c'est probablement ainsi qu'il fut tout d'abord écrit en Inde, car dans le système arabe le zéro est également représenté par un point.

 

La conquête du Sind par les Arabes en 712 favorisa la diffusion des mathématiques indiennes dans le monde islamique alors en pleine expansion.

Environ un siècle plus tard vivait à Bagdad un grand mathématicien, Muhammad ibn Musâ al-Khwârizmî [originaire de l’Ouzbékistan], qui dans un traité célèbre utilisait en pleine connaissance de cause le système décimalindien.

Il s'agit peut-être là, de par l'influence qu'il exerça sur le développement ultérieur de la science des nombres, du plus important texte mathématique : trois siècles après sa composition il fut en effet traduit en latin et diffusé dans toute l'Europe occidentale.

Adélard de Bath, savant anglais du XIIe siècle, traduisit un autre ouvrage de Khwârizmî sous le titre de « Liber Algorismi de numero Indorum ».

Le nom de l'auteur arabe se retrouve dans le mot « algorithme », tandis que de « Kitâb al-jabr », titre de son principal ouvrage, on tirait le mot « algèbre ».

Bien qu'Adélard fût parfaitement conscient de la dette de Khwârizmî envers l'Inde, le système algorithmique fut attribué aux Arabes comme le système numérique.

Les musulmans cependant se souvenaient de son origine et ils donnent encore communément à l'algorithme le nom de hindisat [ou « ingénierie »].

De plus, alors que l'écriture alphabétique arabe se lit de droite à gauche, les nombres s'écrivent toujours de gauche à droite, comme dans les inscriptions indiennes. …

 

… Le zéro avait été utilisé dans le système vigésimal maya, basé lui aussi sur la valeur de position des chiffres.

Mais en dépit de sa probable antériorité, le système maya, contrairement à celui de l'Inde, n'eut aucune diffusion dans le reste du monde.

 

La dette de l'Occident envers l'Inde ne saurait donc être surestimée.

La plupart des grandes découvertes et inventions dont l'Europe est si fière auraient été irréalisables sans un système mathématique élaboré. Par l'influence qu'il a eu sur l'histoire du monde et par le génie analytique dont il témoigne, le mathématicien inconnu qui inventa le nouveau système est, après le Bouddha, le personnage le plus important qu'ait vu naître l'Inde.

Les mathématiciens indiens du moyen âge, comme Brahmagupta (VIle siècle), Mahâvîra (IXe siècle) et Bhâskara (XJIe siècle), firent de leur côté plusieurs découvertes qui ne furent connues en Europe qu'à la Renaissance ou plus tard.

Ils comprirent l'importance des quantités positives et négatives, mirent au point des méthodes élégantes pour extraire les racines carrées et les racines cubiques, et ils savaient résoudre des équations quadratiques et certains types d'équations indéterminées.

Pour « π », Aryabhata a donné la valeur approchée - et aujourd'hui encore d'usage courant - de 3,1416, exprimée par la fraction 62.832/20 000.

Cette valeur, de beaucoup plus précise que celle des Grecs, fut poussée ultérieurement jusqu'à la neuvième décimale par les mathématiciens indiens.

Ceux-ci firent quelques progrès en trigonométrie, en géométrie sphérique et en calcul infinitésimal, la plupart en relation avec l'astronomie.

Brahmagupta poussa l'étude des équations indéterminées plus loin que tout ce que l'Europe a connu jusqu'au XVIII ème siècle.

L'Inde médiévale avait parfaitement compris les implications mathématiques du zéro (çûnya) et de l'infini.

Les mathématiciens précédents avaient enseigné que x/0 = x, mais Bhâskara prouva que le résultat était infini :

Il établit aussi mathématiquement ce que la théologie indienne savait depuis au moins un millénaire : que l'infini, même divisé, reste infini, ce qu'exprime l'équation 0/x = 0

 

Puis, on y lit, pp. 288-290 :

 

« La physique et la chimie »

cinq éléments étaient considérés comme les véhicules des perceptions sensorielles : la terre étant celui de l'odorat, l'air du toucher, le feu de la vue, l'eau du goût et l'éther de l'ouïe.

Les bouddhistes et les Ajîvika rejetaient l'éther, mais les seconds ajoutaient la vie, la joie et la souffrance, qui d'après eux étaient en un certain sens matérielles, ce qui faisait en tout sept éléments.

[p.288]

La plupart des écoles croyaient que les éléments étaient formés d'atomes, à l'exception de l'éther.

L'atomisme indien ne doit très certainement rien à la Grèce ni à Démocrite [mais la transmission inverse nous semble probable], car on le trouve déjà formulé chez l'hérésiarque Pakudha Kâtyâyana, contemporain du Bouddha et plus âgé que lui.

Les jaïns estimaient que tous les atomes (anu) étaient identiques, et que les différences de nature entre ces éléments provenaient de la façon dont les atomes se combinaient entre eux. La plupart des écoles, cependant, soutenaient qu'il y avait autant de types d'atomes qu'il y avait d'éléments.

On pensait généralement que l'atome était éternel, mais certains bouddhistes voyaient en lui non seulement le plus petit objet susceptible d'occuper un espace, mais également celui qui avait la plus brève durée possible, venant à l'existence et disparaissant presque au même instant, pour être aussitôt remplacé par un autre.

L'atome des bouddhistes ressemble donc dans une certaine mesure au « quantum de Planck ».

Il est parfaitement invisible à l’œil nu et pour l'école Vaiçeshika, il est un simple point dans l'espace, dépourvu de tout volume.

Un atome n'a pas de propriétés mais seulement des potentialités, qui se réalisent quand il se combine avec d'autres atomes.

L'école Vaiçeshika, dont la doctrine était particulièrement élaborée en cette matière et qui fut par excellence l'école de l'atomisme, soutenait que les atomes, avant de se combiner pour former des objets matériels, se groupaient en dyades et en triades.

Cette théorie « moléculaire » fut développée de manière différente par les bouddhistes et les Ajîvika, selon lesquels dans des conditions normales il n'existait pas d'atomes isolés, mais seulement des agrégats d'atomes réunis en proportions diverses au sein des molécules.

Chaque molécule contenait au moins un atome de chacun des quatre éléments, et c'était la prédominance d'un élément donné qui lui conférait sa spécificité (vaiçesha).

Cette hypothèse rendait compte du fait que la matière pouvait présenter des caractéristiques de plusieurs éléments ; ainsi, la cire peut fondre et brûler parce que ses molécules contiennent une certaine proportion d'eau et de feu. D'après les bouddhistes, la cohésion des molécules était due à la présence dans chacune d'elles d'atomes d'eau qui jouaient le rôle d'agglutinants.

convient donc de les porter au crédit des penseurs de l'Inde ancienne, même si l'on ne peut guère sans doute [p.289] attribuer qu'à une pure coïncidence leur concordance avec la théorie issue des découvertes de la physique moderne. [pas sûr !] »

 

Ainsi, ledit « atome », « anu », etait très subtilement envisagé : il ne se matérialiserait qu’en combinaison.

 

 

 

Ø     Retour aux signifiants :

A la radio, les commentaires diffusés s’inscrivent dans le cadre conventionnel d’un supposé –sinon imposé - « consensus », au minimum syntaxique, même si « le speaker » énonce des mots qu’il ne maîtrise pas toujours, et « le psychologue » s’acquitte trop souvent par les « mots d’ordre » qu’on lui a enseignés.

Au contraire, l’entreprise est toute différente pour le psychiatre qui s’applique à faire « accoucher des savoirs particuliers, purement individuels » d’un sujet dans une relation provisoirement « duelle ».

Peu importe alors qu’on leur accole le statut de maladie ou de normalité.

Un sentiment de chaos peut bien faire naître un réflexe de réprobation. C’est justement ce dont il faut se défier. Il faut se soumettre à un vécu qui n’est jamais le notre, sans distanciation, ni non plus adhésion. Le maniement du vocabulaire est toujours complexe, et surtout trompeur : car quoi qu’on veuille, il n’exprime jamais la pensée de celui qui l’utilise – et, à son insu, il ment.

 

 

Ø     Vocabulaire : Commentaires sur quelques concepts verbaux, utiles dans cette page :

 

« A-tome » signifie « in-divis » en grec : Pour Démocrite et les abdéritains, ce n’est seulement qu’un adjectif. Mais comment traduire « idea atomos » ? Pourrait-on dire « idée atomique » ou « aspect élémentaire insécable » ou « signifiant insécable »  ?

Si les abdéritains reconnaissaient « l’âme » et les « idea atomoi » spécifiques qui « donnent forme à l’âme », il ne s’agissait pas de « l’âme » qui sera reconnue 7 siècles plus tard avec le « christianisme », mais, fait essentiel, restera toujours pour eux, nettement distincte de « l’esprit » ; mais ils ne parlent jamais des « idées atomiques » du « corps vivant », qui n’est  pas encore reconnu au niveau de son « individualité » comme c’est le cas aujourd’hui ; le mot « sôma » est encore réservé au « cadavre » ; A chaque époque sa « doxa ».

Chez Diogène Laerce, quelques siècles après Démocrite, « atome » est devenu un substantif ; mais les atomes psychiques et les atomes mentaux cohabitent très bien avec les 4 éléments fondamentaux de ladite « matière », « terre, eau, air et feu », éléments qui ne sont donc pas « atomiques », ce qui pour nous a quelque chose d’un peu discordant, puisque nous avons estimé, après Mendéléief, que les atomes sont « les constituants de base » de ladite matière.

Mais rien n’empêche Démocrite de parler des «idea atomoi » psychiques » et des « idea atomoi » mentales ». Comment comprendre ce charabia ?

Le notre ne vaut guère mieux.

Il est d’ailleurs évolutif : l’atome est devenu sécable.

Son caractère insécable est tout simplement passé dans le mot « quantum » : on est passé du grec au latin pour le dire – le français semble très mal se prêter aux constructions de la science.

Surtout, comment ne pas imaginer que les « quanta » à leur tour ne soient susceptibles de perdre leur caractère de « la plus petite unité élémentaire existante » ?

Est-ce vraiment dans la direction dite « de ladite matière » qu’il faille chercher l’élémentarité – si tant est que la recherche soit pertinente ?

A notre avis, rien de moins sûr.

Depuis quelques siècles – cette axiomatique n’est pas très ancienne - nous vivons à l’ombre d’un nouveau couple qui s’appelle « matière/esprit ».

Cette « non – miscibilité » conceptuelle évoque assez bien la dualité qui avait tellement troublé les années 1900 – 1920, dans la dualité « onde – corpuscule ». Le mot « corpuscule » a cédé la place au mot « particule ».

Mais l’on ne peut définir aucun de ces derniers termes.

Pourquoi ne s’agirait-il pas tout aussi bien d’une seule et même chose que d’une infinité de combinaisons possibles ? 

Et nous voilà ainsi introduits dans une conformation mentale ouverte à la « quantique ». Les équations suivront.

La physique quantique est née « des expériences » : Pourtant, les expériences ne parlent pas : ce sont les hommes qui les font parler… et en rendent compte sur leur tableau noir… et se satisfont de « notre approche d’une très grande précision »…

Le mot « atome des physiciens » est né d’une erreur à son origine ; devenue contradictoire avec le sens des mots.

Notons que personne ne parle plus des « atomes du tableau de Mendéléief » : on parle « d’éléments » de son tableau.

Il serait beaucoup plus approprié que les physiciens parlassent de la « physique élémentaire » que de la « physique atomique ».

C’est aussi le sens des mots « physique » et « observateur » qu’il nous faudra reconsidérer.

 

« Psychique » : Pour Homère, « psychè », c’est la vie, et particulièrement « post-mortem ».

A partir de l’influence cultuelle égyptienne, « psychique » devient réservé à « l’âme » dans une cosmologie précise : Elle est  soumise au « jugement divin » et le défunt en parle, couplé à son «   cœur »  posé sur un plateau de la balance du « tribunal d’Osiris » : il doit se justifier et le cœur doit rester aussi léger que la plume de Mâat ( office de la « psychostasie ») posé sur l’autre plateau.

L’âme n’a rien à voir avec l’esprit, « noos », au demeurant mal défini, à côté de « phren », etc.

Notre mot « psychiatrie » ( « médecine de l’âme ») est particulièrement inintelligible. Il conviendrait mieux de parler de « médecine mentale », mais son statut et son utilisation pourraient devoir en être changés ; toute la psychiatrie étant rapportée à ses manifestations physiques : « actes » qui y sont entendus comme des « non-actes », parfois liés à des « idées » entendues alors comme « idées anormales », régies dès lors par le ministère de l’intérieur, et confiés aux soins de médecins, dans une fonction différente de celle tant des prêtres, que des « médecins non-psychiatres » (1970).

Faute de répondre aujourd’hui à quelque définition que ce soit - « l’âme » en France n’a aucun statut juridique mais de très variées acceptions religieuses - le préfixe « psych -  » est en réalité toujours défini par le suffixe qui lui est accolé, et les « sous-entendus » essentiels qui en découlent, dans le déni des personnes – « en-dessous de tout soupçon » - et des actes, souvent inconnus du public. (Voir notre page « Vocabulaire » - clic - etc. à ce sujet)

 

« Matière » : Le mystère des mystères ! Très récemment, j’ai entendu un physicien « de haute volée » dire que « la matière » ne pouvait se définir que par ce qu’elle n’est pas, « l’esprit » par exemple … ».

Et si la matière était aussi esprit ? Ou même ni l’un ni l’autre !

Tout ce que l’on sait du mot, c’est qu’il vient de « materia » en latin, dérivé du mot « mater », qui donnera « mère » et « matrice » en français, et « mater » en latin a pour sens premier « la souche vivante qui donne des rejetons ». Le sens de bois a été conservé en espagnol et en portugais, dans « madera » = « bois » (cf. l’île de Madère ») et en français dans « madrier » = « poutre en bois ».

Ainsi, le premier sens du premier mot qui a donné notre mot « matière » est, d’une manière ou d’une autre, « ce qui donne la vie »

Evitons d’assimiler le couple « abstrait/concret » au couple « matériel/immatériel », voire à « matière/antimatière » : Tout mot n’est jamais qu’un « pense-bête », et ne vaut que dans son contexte !

Car en effet, il ne faut sans doute pas trop chercher à ramener l’incompréhensible à des préjugés toujours trop ancrés, se défier toujours des mots, cela va sans dire : ce ne sont pas des « points fixes », de repèrage.

Voilà une bonne introduction à nos propos. 

Dans le livre « Nature de la physique » ; Points Seuil ; Sciences ; le grand Richard Feynman (pris Nobel 1965, partagé par 3 chercheurs) pour « l’électro-dynamisme quantique », écrit page 178 : « Avant tout, il y a la matière – et l’admirable est qu’il n’y a qu’une seule matière ».

Voire !

 

« Inconscient » : Lorsqu’on enseigne le schéma des cercles de la page précédente, - clic - et que quelque temps plus tard, on demande à un auditeur de le reproduire, très souvent celui-ci le reproduit à l’envers, « l’inconscient » étant alors représenté comme un petit cercle – contenu et contrôlé à l’intérieur d’un plus grand cercle représentant le « conscient ».

C’est exactement le contraire de ce que Freud écrit.

Pourtant, cela peut recevoir plusieurs justifications :

Lacan lui-même se plaignait de ce que le mot « inconscient » soit particulièrement mal choisi – y compris en allemand « unbewust » – en particulier par son préfixe désignant « quelque chose de négatif ».

J’y ajouterais aussi que son évocation en français, peut se rapporter à « quelque chose d’intérieur »  – le préfixe « in » désignant aussi en latin et en français « le dedans » - alors que l’un et l’autre, - « la négativité », comme « l’intériorité » - sont exactement le contraire de la conception freudienne de l’inconscient.

Il n’est pas certain que le mot soit utile à conserver pour ce qu’il a voulu désigner .

Mieux vaudrait parler de « hors-conscient », sans même parler des cercles, car ce dont il s’agit n’est « ni localisable » – loin s’en faut – « ni donc picturable », ce qui ne veut pas dire « inaccessible ».

Mais aussi, la question « d’un dehors » de l’esprit, n’est pas simple, comme le montre toute la topologie lacanienne, tout comme, en géométrie, les travaux de Jean Pierre Petit (« retournement de la sphère », etc.).

Enfin, la conscience elle-même, tout autant que la connaissance, sont des concepts mal concevables, qui nécessitent au moins l’existence d’un sujet et d’un objet : Or pourrait-on concevoir un monde sans soi ?

 

Toute science, religieuse ou scientifique, est « axiomatique » : Et, dès lors qu’on triture un axiome, on en découvre un peu de ce qu’il contient.

 

Poser un « axiome », adopter un postulat, c’est un peu comme planter la graine d’un arbre fruitier. Puis on s’émerveille d’en découvrir les fruits.

On ne savait pas qu’on savait, mais tout est pourtant la conséquence de l’axiome que nous avons posé.

On n’en a jamais fini de se fabriquer du savoir.

.

L’ambition de ce qui suit n’est pas une augmentation de notre savoir, mais seulement de notre « ouverture », en ayant en vue de ne pas opposer « les idées et les choses » ; de pouvoir les conjoindre, mais pas n’importe comment : de façon partageable.

Non pas « les mots et les choses », bien sûr ; mais « les choses et ce qu’elles ont de partageable », de « communicable ».

L’obstacle semble résider dans les signifiants eux-mêmes : ils seraient à la fois « obstacle et solution ».

 

Sont accouchées ici quelques directions de recherches, sans plus. Tout y est à interroger. 

Mais, pour excuse, ce travail de recherche (en cours ; inachevé), est difficile et novateur.

 

 

« Mémoire et états intriqués » : Il y a quelques années eut lieu une polémique sur « la mémoire de l’eau ». Pourquoi l’eau n’aurait-elle pas de mémoire ? Comment comprendre cela ?

La physique quantique nous apprend que des particules ayant connu un contact entre elles peuvent conservee définitivement un état intriqué, qu’elles soient proches de quelques nanomètres, à  quelques années lumières. Cela ne fait aucune différence, même si l’entendement des pauvres humains ne suit plus.

Mais qu’ont à voir les dimensions dans cette affaire ?

« La mémoire » est partout dans notre vie ; et elle n’est pas seulement neuronale, consciente ou inconsciente : un brûlure laisse toujours une trace, même si elle nous semble invisible ou à distance. La mémoire de l’organisme est à la base même du principe de vaccination.

Quelques jalons étymologiques :

La racine indo-européenne « Men- » =>

Sanscrit : « Men-ayati » = « il pense »

Grec : « Memnaô » = « je me souviens » (=> fr. « mémoire ») ; « Mania » = « folie » etc.

Latin : « Manus » = « la main » ; « mens- mentis » => « mental » et « mensonge ».

Angl. All. « Man » = « homme » ( avec utérus, « woom », il devient « woman »)

Et la liste est vraiment très longue.

Apparaît-il une notion de « physique » opposé au « psychique » en tout ceci ?.

 

 

III Opérations

 

 

1.      Opérations de groupes sur des signifiants :

 

1.       Commençons par le rappel de deux lignes, parmi plus connues, présentant un jeu de « substitutions » dans la « permutation » d’un « groupe », « modulo place des termes » :

 

La souris

mange

le chat

Le chat

mange

la souris

 

 

2.     Mais la « substitution » peut aussi se faire d’un « quantum » à un autre, « modulo signification » :

Ainsi, la « permutation » de la phrase « Je veux ton bien », autorise encore un autre type de « substitutions », parfaitement en accord avec les grammaires et les dictionnaires,

mais pouvant engendrer 2 significations pratiquement opposées :

 

Je

veux

ton

bien

Je

veux

ton

bonheur

Je

veux

ton

argent


3.     Dans une  « permutation » « modulo son » toute signification, en accord avec la grammaire,  le dictionnaire  ou le livre d’histoire peut s’évanouir :

Ainsi, « J’enviais » peut être substitué à « janvier » pour le son,

« N’ai-je » peut être substitué à « neige » pour le son, etc. :

 

Le

ma

nège

du  jardin du Trocadéro

 

 

 

La

 

neige

tombe

 

le premier

janvier

La

 

neige

 

carbonique

 

 

 

 

On peut aussi effectuer, dans un premier temps, des opérations sur des « sous-ensembles, qu’on regroupera ensuite :

Le groupement phonématique « manège » peut être substitué à « ma neige » pour le son.

L’idée de « réchauffement climatique » peut être substituée à « carbonique » pour le sens ou l’association lexicologique commune, etc.

 

Ces groupes forment des « présupposés », sans donner à ce mot d’autre valeur que celle de « mémorandum reconnaissable », de quelque nature qu’il soit, pour quiconque et surtout pour soi-même, trompeur à l’occasion, .

 

Mais, « chaque appréhension pleine » n’est que contextuelle : hors du contexte, le « code » apparaît vide, tandis que grâce au contexte, le « message » peut être révélé.

 

Ces substitutions sont des opérations purement mathématiques.

 

 

 

2.    Les superpositions et les intrications quantiques :

 

Les opérations quantiques peuvent être très simples ou très compliquées :

Les « phonèmes » sont parmi les plus banaux des signifiants[52]. Ils ne sont pas les seuls, mais se prêtent fort bien à l’exemple : Ils sont « insécables », contrairement aux mots.

Ils ne sont pas tous les sons possibles : ce sont les sons discriminatifs d’une langue, parties d’un ensemble fermé.

 

Bien entendu, on a toujours remarqué que les phonèmes pouvaient être « représentés » par d’autres signifiants, « multi-usages » comme « les lettres de l’alphabet » – elles aussi insécables – mais visuelles.

Depuis Leucippe, on parle de leurs « forme, position, et ordre » : AN est différent de NA, etc

Aristote fait remarquer que les mots « comédie » et « tragédie » sont fabriqués avec les lettres d’un même alphabet :

Ainsi, non seulement, avec des signifiants, on peut fabriquer d’autres signifiants, mais, par une transformation choisie, on peut transformer « un signifiant visuel », simple ou complexe en « un signifiant sonore » qui pourra être un « phonème insécable ».

 

Dans le « rêve » ou le « délire », les associations « dissonantes » n’étonnent personne parce que le contexte justifie la dérégulation, voire explique qu’il n’y a pas à chercher d’explication.

Pourtant, l’un et l’autres peuvent comporter absolument toutes les sensations de notre monde – pour ainsi dire de référence – bien que changeant, lui aussi, au gré de ce que l’on considère comme « des époques » et « des cultures ».

Donc, fait essentiel, on fabrique des signifiants nouveaux, avec d’autres signifiants anciens. Il peut s’agir de signifiants complexes, ou bien d’autres « insécables »

 

 

Quelles sont alors les différences d’une appréhension physicienne de type quantique du « psychisme »  de celle de la « psychanalyse » classique ?

Rappelons, fait essentiel, que l’une et l’autre interagissent sans cesse avec le contexte, fait trop souvent oublié sur un divan, précisément destiné à avoir la fonction d’une cloche de laboratoire.

 

Parfois, il n’y en a aucune.

Mais dans d’autres cas, tout y est différent, car les « circonstances » qui permettent le déchiffrage des « présupposés » ne sont que mathématiques.

Il peut apparaître par exemple dans les rêves, qu’une grille de paradigmes qu’on « s’efforçait » de vouloir y voir, puisse voler en éclats, sans pour autant que cela n’apparaisse associé à aucune maladie, mot absent de la méthode mathématique. 

Surtout, l’univers A peut se superposer à l’univers B : Les « univers » présentés peuvent être A ou B ou A + B sans mélanges, et à l’occasion, se présenter de façon si saugrenue qu’ils pourraient aussi bien s’accorder avec la symptomatologie d’une lésion organique, sans signification ici, puisque le clivage physique- psychique en est, par construction, rejeté.

Les états multiples, pour ainsi dire « pseudo-schizophréniques et simultanés », n’y sont plus une surprise, mais « l’ordinaire ».

La création d’univers possibles peut rapidement devenir illimitée, sans d’ailleurs pour autant approcher obligatoirement  celui du Réel.

La « physique quantique » peut alors rendre compte de « l’atomicité mentale » - au sens démocritéen du terme -  non seulement hors du sens, mais aussi hors de toute représentation, voire rendre possible des calculs, que la « psychanalyse classique » ne peut pas faire.

 

Ces « dévoilements » d’univers résultent d’opérations purement mathématiques.

 

 

 

 

III. Etats et multiplicités des mondes   :

                  

La question si importante de l’insistance ou de l’oubli de ce qu’on appelle « les rêves », pourrait bien aussi être envisagée d’une façon très différente de la façon devenue classique, et s’intégrer dans d’autres conceptions de la multiplicité des mondes.

 

Il s’entend ici par « façon devenue classique », la théorie freudienne, devenue quasi-officielle en occident depuis un siècle.

Il serait plus juste de parler « des » théories freudiennes, puisque Freud lui-même a conçu avec le temps, plusieurs catégories de mise en forme du « psychisme humain », qu’on appelle : 1ère topique, 2ème topique[53], etc .

 

Il reste une constante dans ces conceptions, c’est que ledit « psychisme » serait radicalement séparé – en ce qui concerne les explications de son fonctionnement au moins, de ce qui serait « la physique » dite « matérielle ».

La médecine dite « psycho-somatique » n’est qu’un avatar des mêmes présupposés.

 

Personne n’est d’ailleurs satisfait de cette façon de voir, et l’on y reconnaît beaucoup d’exceptions. 

·        Des religions qu’il est ici inutile de nommer ont entonné il y a bien longtemps le pas.

·        Lorsque l’on commence à vouloir y aborder les points reconnus comme étant les plus importants, toute conversation se termine en générai assez vite :

·        Un cas d’actualité – bien qu’il ne soit pas nouveau - est celui dit de « l’euthanasie » : Demandez à quiconque ce qu’il entend par « la mort » : Il arrive qu’il avoue qu’il ne sache pas du tout de quoi il parle et qu’il n’existe aucune définition universelle de la chose. On est alors très tenté, soit de changer de sujet, soit de le ranger dans des cases connues, ce qui permet  en réalité d’évacuer le sujet dont on parle ; voire, à l’occasion l’un des sujets qui parle.

De la même façon, tout le monde s’accorde à reconnaître aujourd’hui que l’un des problèmes de la physique classique est qu’il est  impossible d’évacuer l’expérimentateur[54] d’une expérience.

 

La nature ne fonctionne « naturellement » que si on ne la regarde pas !

 

Notre quotidien nous rappelle à chaque instant qu’il y a des choses qu’on ne voit pas.

Rien ne dit qu’il n’existe pas d’autres univers que celui de nos retrouvailles familières, jusqu’à des univers qui s’évanouissent sitôt qu’on le regarde, tel un rêve sitôt qu’on ouvre les yeux.

Les rêves nous spnt si familiers que personne n’en nie l’existence.

Pour expliquer certains symptômes, que l’on peut ou non appeler « délires », peut importe le nom qu’on leur donne, les amnésies de mots, etc. les explications freudiennes nous semblent parfois tout à fait satisfaisantes. Mais ce n’est pas toujours le cas :

Pourquoi, nous-mêmes certains jours, certaines personnes d’autres fois, disons-nous ne pas avoir rêvé du tout, ou au contraire rêver avec insistances et/ou ne rien oublier ?

Les explications données alors sont nombreuses, mais toujours de très courte portée.

L’explication par le « refoulement » semble parfois ne jouer aucun rôle.

La reconnaissance des nuances qu’apportent les facteurs dit « organiques », les « anesthésies médicales » etc. apportent des restrictions considérables à la théorie.

Bref, on est tout à fait incapable aujourd’hui de théoriser.

 

Venons en directement à ce que nous voulons dire ici : c’est que des concepts mathématiques comme  - ou proches de - celles des « fonctions d’ondes », qui sont en physique systématiquement associées aux aspects de « quantifications » pourraient bien intervenir en psychologie, en dépit, là encore, de leur incompréhensibilité.

Elles sont si déconcertantes, complexes, paradoxales et emplies d’indéterminations, du point de vue de la localisation spatiale, temporelle, ou du champ, qu’on ne saurait en tirer encore beaucoup de développements, mais l’investigation semble largement ouverte dans de nombreuses directions.

Enumérons seulement :

 

§                     La mémorisation face à l’oubli, l’indifférence face à l’affectation, l’aspect jubilatoire face le cauchemar,  la joie de l’éveil face au contraire de l’envie de poursuivre la vie dans un monde inopinément interrompu.

§                     La question de la nature profonde du rêve : aucune explication véritable n’en a jamais été donnée.

 

Cela est tout aussi vrai même de la vie dite commune, au point qu’on en a d’ailleurs pratiquement arrêté toute recherche.

 

Elles ont :

o       été d’abord dites religieuses, en se satisfaisant – plutôt mal – de dogmes, comme celui de la création du monde en 6 jours ;

o       puis scientifiques, au point qu’on se voue désormais à cet invraisemblable « big bang » qui déterminerait en même temps la naissance du temps de tous les temps ;

o       les opinions étant d’ailleurs très divisées sur ce point, qui en vérité semble de moins en moins nous concerner de près, au fur et à mesure que l’on décèle les accélération des expansions des immensités.

 

o       Les fonctions ondulatoires sembleraient à priori avoir aussi les plus grands rapports avec non seulement avec :

o       les fonctions d’éclairage et d’occultation, mais aussi  leurs aberrations ;

o       de renforcement ou d’annulations des houles, mais aussi de la formation des vagues géantes et des calmes,

o       et finalement de beaucoup de mystérieux paradoxes.

 

§                                                        Toutes ces étrangetés traditionnelles conservent toujours leur part d’inexplicable, si tant est que leur existence en soit seulement reconnue :

o       on est désormais convaincu que l’éther n’existe pas.

o       Il pourrait en être un jour de même de la lumière, et le mot ne deviendrait plus que métaphorique.

 

§                                                        Enfin, mais il n’y a ici aucune échelle de valeurs en soi, il serait peut-être judicieux de ne plus se limiter aux simples conceptions seulement binaires ou biphasiques de tout un tas de situation comme :

o       Les couples veille/sommeil, vie/mort, oui/non,

o       voire, plus étranges encore, les systèmes de vocabulaires eux-mêmes reposant presque toujours sur des couples d’opposés, sans nuances,

o       bien que les nuances puissent être apportées par la multiplication des descriptions,

o       ce qui , à l’évidence, s’écarte d’autant de tout ce qu’on considère habituellement comme un grand progrès scientifique chaque fois qu’on peut, au contraire, simplifier notre aperception des choses.

 

 

Démocrite :

 

Il reste alors fort intéressant de retrouver Démocrite.

Naturellement, la physique de Démocrite est fausse.

Mais elle contient beaucoup de concepts très intéressants, en particulier au sujet de ce qui est « indivisible » - laquelle nous ne retrouverons pas du tout dans « l’atome des physiciens » - au sujet du « recyclage permanent », etc.

Il serait très utile de connaître les origines culturelles de l’école abdéritaine.

 

Aux origines de la langue grecque : clic

Vocabulaire et grammaire : clic

Wikipedia langue grecque: clic

 

Mais il serait inintéressant en soi de se livrer à des exégèses – trop souvent frappées du sceau de l’idéologie « matérialiste »,  sans que ne soit d’ailleurs alors précisé ce que serait la « matière [55]».

Ne pouvant prétendre y échapper ou même simplement traduire, nous préférerions « construire », ce qui est différent.

Une des particularités bien connues de Démocrite, outre qu’il a écrit fort peu, était l’étendue de ses intérêts dans tous les domaines.

En cela, il s’oppose grandement à ce qui est devenu nos domaines spécialisés.

 

Dans l’impossibilité de le traduire convenablement, on se contentera d’évocations : Pour Démocrite, toute chose est faites « d’idées insécables » et de « vide :

Il n’emploi d’ailleurs pas toujours le même vocabulaire.

Il est pratiquement impossible de savoir ce que représentaient pour lui lesdites « idées [56]».

On n’en a donc retenu que l’adjectif qui s’y rapporte : « insécable », soit « a-tomos » en grec, pour en faire le substantif « atome », avec les succès que l’on connaît.

 

Mais l’autre partie de la théorie qui est « l’existence du vide comme condition du mouvement » n’a été exploitée que dans son sens de « vacuité ».

Il n’est pourtant pas du tout impensable que ce vide puisse être mathématiquement structuré, même si notre entendement ne peut plus suivre.

 

Et c’est ici alors qu’il faudrait introduire ce qui est aujourd’hui devenu « fonction d’onde », sujet riche en perspectives de structurations.

o       ni en opposition, avec les quanta de matière ou de force, sinon en « accords » avec eux,

o       ni non plus strictement invariable et figée comme les vibrations du diapason.

 

 

IV. Psychanalyse et physique :

 

Démocrite fut le premier à désigner « l’indivis » sous l’expression « d’idea atomos »,

Sophocle, le premier à le mettre en scène en tant « qu’individu », tragiquement, avec « Œdipe tyran »,

Freud à en cerner la ligne de division sous le vocable de « castration »,

Lacan sous l’appellation de « sujet barré ».

En tant qu’être humain, l’indivis ne tient que du fragile collage qui permet de le nommer en grec contemporain : « to atomo », « l’individu, la personne ».

       

La psychanalyse enseigne une explication simple au mécanisme du désir théorisé par Lacan avec l’introduction de ce qu’il appelle « l’objet petit « a » du désir » (cf. page précédente clic) :

 

Cet « objet » est non pas « l’objet désiré », mais celui qui est « la cause du désir », et qui l’entretient, par différentes productions, même si une satisfaction a été obtenue.

Ledit « objet » serait logé dans l’inconscient du sujet, de telle sorte que celui-ci ne peut y accéder directement à partir de sa conscience.

De cette façon, chacun est exposé à être en quelque sorte « manipulé » par lui-même, à son propre insu, par ses signifiants à lui-même cachés, s’il n’en contrôle pas les effets.

 

Ceux-ci ne s’extérioriseraient qu’en certaines circonstances particulières et rares, au cours desquelles le sujet apparaîtrait alors plus ou moins durablement comme « dépossédé » de ses comportements habituels.

L’extériorisation des signifiants en cause se faisant à l’extérieur de lui-même, opèrent donc encore à son insu, du moins en début de psychanalyse.

En effet, Freud cite parmi les circonstances d’extériorisation « l’amour » et le « transfert psychanalytique » au cours d’une psychanalyse, dont le but est précisément de faire parvenir lesdits « objet petit « a » à la conscience de « l’analysant » grâce à l’art du psychanalyste[57].

Il y a d’autres circonstances comparables par leur effet de capture : L’hypnose agirait de la sorte.

 

Les comportements spécifiques particuliers aux foules sont explicables par l’hypnose par un « leader », dont même la présence peut n’être pas nécessaire, à partir du moment où l’hypnotisé peut devenir lui-même hypnotiseur de l’autre.

Dans une foule peut ainsi se produire un effet amplificateur, si tôt que les personnes entrent en résonance par lesdits objets de leurs inconscients, ce qui est d’autant plus facile que ces objets sont simples, partagés et mobilisables

 

Les effets du désir sont connus depuis longtemps : Il suffit pour s’en apercevoir d’examiner à la lettre la construction étymologique du mot « désir » :

En latin le mot « sidus, sideris » signifie « étoile d’une constellation ».

Il a donné en français le mot « sidéral », et beaucoup de composés, comme en latin « con-siderare » (= « examiner ») qui a donné en français « con-sidérer » , et, encore en latin, « de-siderare » (= « cesser de voir ») qui a donné en français « dé-sirer ».

 

La question des moyens de communication de nombreux inconscients se pose donc à nouveau, exactement de la même manière que nous avons posé la question de la communication entre deux individus dans la page précédente :

Or il est avéré que les inconscients de 2 personnes sont nécessairement distincts – la distinction entre les rêves de 2 dormeurs suffirait à nous en assurer - mais il y a aussi des moments de communications : Comment ?

La question nous fait penser à la querelle sur l’existence de « l’ether » il y a 100 ans.

Aucune question ne peut être ici définitivement close : Même celle d’un inconscient individuel et unique pour chacun ne peut être érigée en dogme.

S’il y a bien quelque chose « d’insécable » dans un « individu », c’est sans doute bien dans le « signifiant » qu’on le trouve, et certainement pas dans les « molécules » ou les « atomes ».

 

« L’atome » est devenu presque aussi sécable qu’on le voudra, alors que les signifiants ne le sont pas.

Il en résulte que, non seulement il y a des choses beaucoup plus insécables que l’atome de nos physiciens, mais que l’insécable n’est certainement pas dans l’image ni aucun des objets que l’on appelle aujourd’hui « matériels », mot aussi peu souvent défini qu’utilisé, et qui méritera une longue digression.

 

La section d’un individu peut facilement le faire passer de vie à trépas, physiquement ou mentalement, comme on dit.

Cette remarque de la destruction de l’unité d’un support, par section, vaut tant pour l’individu homme, que pour l’animal non-homme, que pour la plante, ou la pierre, ou n’importe quel ensemble composite.

 

Le « discontinu » n’a donc rien à voir avec une quelconque dimension, grande ou petite, mais, au minimum, avec le signifiant lui-même : Radicalement , il ne peut pas exister de signifiant coupé.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle sur les hiéroglyphes égyptien, on voit souvent des représentations de serpents coupés, afin de les rendre inoffensifs tout en conservant le son qu’il transcrit : aucun serpent ne sortira du signifiant coupé.

 

C’est dans la définition du signifiant d’être « un », et il ne doit son existence qu’à se différencier des autres dans le champs d’une acception donnée.

Cela dépend du contexte.

Il en va exactement de même de toute la physique.

 

Linguistique :

 

Selon le contexte, par exemple dans une langue donnée, il peut n’exister qu’une sorte de « s ». toute sa valeur tiendra dans le trait significatif qu’il représente.

C’est le cas de la langue française : Dans  ce cas, tous les « s » prononcés différemment auront la même fonction ; ils seront le même signifiant.

Il en va différemment dans d’autres langues : en arabe par exemple il y a 2 sortes de « s » qu’il ne faut surtout pas mélanger : « saïf » prononcé avec un « sin », un petit « s » sifflant, signifie « l’épée », mais « Saïf » prononcé avec un « Sad », un « s » emphatique signifiera « l’ été ».

Pour les voyelles, c’est le contraire, une oreille arabe ne tiendra aucun compte pour le sens, de la différence vocalique qui existe entre « a » et é », alors que en français, « aima » (qu’on pourrait écrire « èma ») est tout à fait différent de « aimé ».

Ainsi il importe de savoir « dans quel champ » on opère.

 

Biologie :

 

La castration est le contraire de l’insécable, non pas parce qu’elle est « coupure » mais parce qu’elle est « collage » après « section ». 

Pour un psychanalyste, c’est le moment (mouvement) d’une acquisition définitive, de l’entrée dans le champ du symbolique

.

Mais pour un biologiste, il est tout à fait intéressant de s’apercevoir que le mouvement est le même lors de la « fécondation d’un ovule avec un spermatozoïde », après que chacune des 2 cellules qui vont se conjoindre – qui sont en réalité des demi-cellules – aient eu chacune son patrimoine génétique divisé par 2 au cours de la meïose.

Il s’agit aussi d’un collage après section.

Comme dan la nature toute règle comporte toujours une exception (ce que les physiciens ont souvent du mal à se représenter, la parthénogenèse est au contraire l’accouchement sans meïose et sans fécondation, mais ne donne don naissance qu’à partir d’un seul ovule, à des êtres non pas tous semblables, mais tous femelles.

 

(Et encore une fois, on rappellera que loin de devoir rejeter tout ce qu’on considère un peut hâtivement comme anomalie, un savant devra se pencher avec le plus grand soin sur celles-ci, car elles ne sont jamais « n’importe quoi », mais au contraire toujours révélatrices : Rien ne montre mieux un fonctionnement que le disfonctionnement d’un système.

Et très souvent même, ce qu’on considère un peu vite comme « handicap » n’est rien d’autre qu’une amélioration, telle un muscle surnuméraire, un 3ème muscle collé au biceps au niveau de l’avant bras et qui le renfoce précisément au niveau de ses attaches les plts essentielles.

Ces constatations n’apparaissent généralement qu’en fonction du « hasard » (à écrire « az-zhar » = « dès ») des interventions chirurgicales ou des dissections de cadavres. Mais elles sont beaucoup plus fréquentes qu’on ne le pense généralement.)

 

Pour aller au-delà des cellules germinales, il est bien posssible – comme on le découvre petit à petit – que des opérations de collages existent aussi après brisures – qui plus est, essentiellement par appariement de 2 structures asymétriques – mots à ne pas considérer évidemment dans un espace euclidien, mais peut-être dans un inconnu qu’on ne connaîtra jamais.

C’est peut être là la base même de la construction de tout ce que l’on prétend être matière, qui n’est rien d’autre que notre matière (« mater »).

 

Dans ces conditions, notre univers serait bel « coupé et  collé » – mais pas n’importe comment : par appariements.

Les physiciens s’efforcent de les cliver pour acquérir davantage de « savoir ».

 

Finalement c’est en transposant dans la nature ce qu’on découvre de l’homme, dans un mouvement à la fois de rejet, de distanciation et de grande charge affective envers ce que l’on aperçoit alors – c’est ce qu’on a toujours fait pour progresser dans nos découvertes – et ce transfert est le contraire du « nombrilisme ».

D’une certaine façon, il est maturité qui recherche son enfance.

 

Pour ce qu’il en est de la maturation, on reverra aux spéculations premières de l’enfant sur « son image spéculaire » - donc inversée de lui-même – qui apparaissent dès le stade du miroir (vers l’âge d’un 1 an et demi).

 

La nature n’est pas une image que l’homme fabrique dans son petit cerveau, elle une partie collée de lui-même, même s’il se pense apparu bien après son image.

Je laisse à penser ce qu’il en reste dans un décollement.

C’est un peu l’idée exprimée par Xénophane de Colophon : « Si les taureaux avaient un dieu, leur dieu serait à l’image du taureau », à ceci près que l’image fait partie du taureau lui-même, à laquelle il devrait coller pour s’imaginer une complétude..

 

Les collages :

 

Il semble même que, en ce qui concerne certaines « choses unitaires » (quelles qu’elles soient : ustensiles ou individus), sitôt qu’elles sont dénaturées par quelque opération que ce soit - qui peut aller du « mot prononcé » à la « scie circulaire » - alors, les éléments qui en résultent deviennent, de ce seul coup, indéfiniment sécables [58]:

 

Bien entendu, cela nous rappelle la fonction appelée métaphoriquement  en psychanalyse, « la castration du sujet », et par Lacan « le trait unaire », qui s’accorde parfaitement avec le présent développement : Il est tout à fait notable cependant que dans ces conditions, le mot « castration » est assimilable à un « collage » et non à une coupure :

Ledit « trait unaire » est un trait unificateur, et c’est sa fonction essentielle en tant que telle, pour « finaliser » - dirait-on aujourd’hui – la « construction du sujet ». 

Si l’on désire ici rejoindre les calamiteuses habitudes nosographiques, il faudrait dire que dans les si mal nommées « psychoses », le collage n’aurait jamais été fait, et que dans lesdits « états psychotiques » ou « psychoses intermittentes », de causes toxiques, ou autres, etc. il y aurait un « décollage immédiat ».

 

En termes savants, on peut dire qu’il y a même donc 2 « états psychotiques » possibles très différents que l’on confond toujours :

1.    Ce que l’on appelle depuis Bleuler « schizo-phrénie », soit en bon français , « esprit divisé », ce qui est un peut court ; et il vaudrait mieux parler de « sujet divisé ».

C’est une variante de l’état normal : « ça se colle et se décolle au gré des circonstances » ( rêves, émotions …).

2.    Et «l’indivision du sujet » : là le sujet est réduit à l’état de pur signifiant, et il ne ne peut sortir de cet état sans aide extérieure (cf. toxicomanie (clic).

 

La métaphore du langage populaire disant, de celui qui se surpasse soudain, ou se met à survoler ce qu’on avait cru être lui-même jusque là, « qu’il décolle », nous paraît ici très bien l’exprimer : il s’agit bien d’un « décollage ».

On pourrait aussi bien dire qu’il « se décolle » : le sens serait le même : « fêlé » a le même sens. Dans ces expressions, la « sécabilité » détruit radicalement la chose. Mais où est-il question d’esprit et de matière dans toutes ces expressions ?

Rien ne dit qu’on doive leur imposer un statut de métaphore.

Un tel décollage pourrait aussi s’opérer dans les états de rêve, etc.

 

On en retrouve superbement l’expression sur les dessins d’enfants, soit d’aspect soit éclatés voire explosés, soit au contraire unis et homogènes, selon les cas, stades, ou états des enfants, etc.

 

Ainsi, il faudrait considérer que « l’individu », en tant que signifiant insécable, par le fait même, et même s’il est lui-même composé d’autres objets quantiques à une autre échelle, aurait un comportement quantique.

 

Une telle hypothèse n’est évidemment qu’hypothèse et nécessiterait :

§                                élargissement de la théorie quitte à en changer le nom car il ne s’agit plus de la même conception des choses

§                                changement de perspective puisque la physique quantique était partie de ladite matière

§                                mais pour en arriver à en questionner la structure

§                                et expérimentations

 

Certes, il y a déjà eu souvent des expériences de transmissions de pensée, mais dans notre perspective, il s’agit de toute autre chose, puisqu’il s’agirait d’évênements incontrôlés, et qui justement ne pourraient peut-être que le rester, comme c’est le cas de l’inconscient  - pour en garder le mot..

 

__________________

 

 

Sitôt qu’on s’exprime apparaissent les difficultés du langage, quel que soit la nature de ce langage : verbal, graphique, géométrique, mathématique, etc. et les travaux des linguistes comme Saussure nous ont appris beaucoup sur le sujet : en particulier, sur la « dia-chronie » et la « syn-chronie » du langage ; d’où résultent les « glissements  du signifié sous le signifiant », ( et donc, selon les contextes, ou les évolutions, etc., les « changements de sens » des mots ou des signes, mais les mots « signifiant » et « signifié » ont une portée beaucoup plus générale que de simples mots ou signes).

 

Ainsi, je voudrais parler ici de « l’atomisation des objets naturels » : mais ce faisant, j’utilise ici 3 mots très compliqués à utiliser :

Ø                             J’emploie le mot « atomisation » dans son sens banal et populaire en français, qui signifie « l’éparpillement, l’émiettemement » en petits objets, sens qui est le contraire du vrai sens du mot « a-tome » (= « in-sécable ») à son origine.

Ø                             Ensuite, le mot « ob-jet » en français ne s’oppose guère qu’au mot « sujet ». Mais je  voudrais pourtant employer ici un mot qui ne signifie ni l’un ni l’autre. Mais il n’y en a pas. Le mot « chose » lui-même pose des problèmes encore plus complexes : Qu’est-ce qu’une chose ? Quel rapport une « chose » entretient-elle entre la « cause » et « l’effet » ? Mais je voudrais au contraire m’engager dans la voie de la physique quantique, qui, justement défie le « principe de causalité » ; (ce qui est parfaitement déroutant).

Ø                             Qu’est-ce qu’un « objet naturel » ? Je voudrais justement ne pas opposer à un « objet naturel » à un « objet culturel », dès lors que mon exposé aboutira à la « non opposition « nature/culture ».

 

Ma solution est donc de tenter une approche progressive de ce que je veux exprimer en me pliant à l’usage banalisé des mots – même si je sais que cet usage est incorrect :

Soit donc :

« L’apparence des choses est que : « la nature » tend vers « l’atomisation des formes », en divisant les objets (ou « choses »), et en cela elle tend vers la « diversité » ; et c’est dès lors une sorte d’écosystème qu’elle engendre, la vie elle-même sans doute, qu’elle développe.

Au contraire, « la culture » tend vers la réunion, l’unification, l’identification, et finalement ce que l’on appelle en physique « l’entropie », et dont on dit qu’elle est irréversible.

 

C’est bien là, en effet, toute la fonction de ladite « castration » des psychanalystes.

Mais à la condition de donner à ce mot « castration » non pas le sens d’une « coupure », mais celui d’un « collage ».

Et tant que dure la vie, en effet, ce collage est irréversible, comme « l’entropie ».

Il en va ainsi de l’apprentissage d’une langue, ou d’un « doigté » pour un musicien : On peut apprendre, mais, en un sens, on ne peut pas désapprendre.

Il y a là « de l’irréversible », même si bien sûr on peut corriger « un doigté », oublier une langue, etc. Mais, dès lors nous ne sommes plus vraiment le même, et, en effet, nous changeons même en permanence.

Et, même à notre insu, beaucoup de propriétés vont en découler.

 

C’est donc là en définitive un « message » de ce « codage » mis en forme par les signifiants que nous représentons.

Quoi, et comment, ici s’engendrent la nature de la culture, et la culture de la nature ? Comment différencier en tout ceci fantasme de réalité ?

Nous y reviendrons.

 

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Les signifiants sont-ils localisables ?

Probablement pas si on les traite en suivant les particularités de la « physique quantique », dont, encore une fois, le champ d’application n’a rien à voir avec la « dimension », petite ou grande, des objets dont elle a à s’occuper : Nous y reviendrons. 

 

Mais quels caractères doit-on accorder à ce « vide » auquel était si fortement attaché Démocrite, et dont on a trop souvent jusqu’ici négligé la fonction[59] ?

 

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V. Bases théoriques. : Physique ; Mathématique ; et autre.

L’EQUATION DE SCHRÖDINGER : (Cf. : Wikipedia) :

Au début du XXe siècle, il était devenu clair que la lumière présente une dualité onde-corpuscule, c'est-à-dire qu'elle pouvait se manifester, selon les circonstances, soit comme une particule, le photon, soit comme une onde électromagnétique. Louis de Broglie proposa de généraliser cette dualité à toutes les particules connues bien que cette hypothèse eût pour conséquence paradoxale la production d'interférences par les électrons — à l'instar de la lumière — ce qui fut vérifié ultérieurement par l'expérience de Davisson-Germer. Par analogie avec le photon, Louis de Broglie associa ainsi à chaque particule libre d'énergie E et de quantité de mouvement p une fréquence \nu et une longueur d'onde \lambda :

\left\{\begin{matrix}E=h\nu\\p=h/\lambda\end{matrix}\right.

« L'équation de Schrödinger », établie par le physicien Erwin Schrödinger en 1925, est une fonction d'onde qui généralise l'approche de de Broglie ci-dessus aux particules massives non relativistes soumises à une force dérivant d'une énergie potentielle, dont l'énergie mécanique totale est classiquement :  E = {p^2\over 2m}+ V(r).

 

Elle s’écrit, en simplifiant un peu : E psi = H psi !

 

E psi = H psi ? Pensais-je. Ça n’a pas l’air terrible.

-         On doit pouvoir simplifier par psi pour trouver E = H, non ? Hasardais-je.

-         Qu’avais-je dit là !

Ignorant ! Se désola-t-il. Ignorantus, ignorantum, ignoranta ! On ne peut rien simplifier du tout ! C’est une équation différentielle, jeune homme !

-         Et ça veut dire quoi, ça ?

En voici la version complète, dit-il en traçant quelques signes cabalistiques sur le tableau :

 

 A lire dans « le journal d’un terrien » de Serge Boisse ; in :  « la physique quantique pour les nuls » clic

 

Le succès de l'équation, … fut immédiat … Formulation moderne : Cf. : qs…

 

         Etienne Klein, physicien qui excelle dans les exposés de vulgarisation avec humour nous apprend que Schrödinger aurait trouvé son équation, selon son propre dire : 

« En vacances en station de sports d’hiver avec sa maîtresse et avec l’autorisation de son épouse, au cours d’un épisode érotique fulgurant et tardif… »

   

S’il y a bien une chose qui me saisit immédiatement, ce sont les liens que je conçois d’emblée entre l’image allégorique qui en résulte directement, celle dite du « chat de Schrödinger » - mort et vivant à la fois -  « dans un état superposé » - et la violence des pulsions de la sexualité si bien conceptualisées par Freud dans le cadre des 2 pulsions opposées et extrêmes qu’il appelle « Eros » et « Thanatos ».

Il n’y a là évidemment, on s’en doute, aucune velléité d’interprétation psychanalytique tout à fait impensable ici du grand physicien, mais au contraire place pour des réflexions de type théoriques, générales et profondes.

 

Il y en a même assez long à dire. J’espère que je pourrai développer ce point.  

 

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Autres COMMENTAIRES THEORIQUES PERSONNELS :

 

·       LA PHYSIQUE QUANTIQUE ou L’ADDITION SANS BROUILLAGE.

 

Il apparaît d’emblée que la « physique quantique » bouleverse toute la vision traditionnelle occidentale du monde des choses.

Pourtant sans être grand physicien, la moindre réflexion nous montre que la physique traditionnelle s’est – jusqu’à l’apparition de la physique quantique – de plus en plus appuyée sur des axiomes mathématiques postulés comme des absolues vérités, et dont il n’était pas admis de discuter le bien fondé.

La physique quantique a osé discuter ces axiomes : pourtant, tout en en utilisant tout de même la plupart de ces acquis mathématiques construits comme une maison à étage, les uns sur les autres.

Il y a là un grand paradoxe :

Moi, j’aimerais bien qu’il y ait dès le départ un peu moins d’axiomes, surtout quand on s’aperçoit que tôt ou tard, il faudra les revoir.

Ce fut le cas, pour prendre les exemples les plus simples, de ceux appris à la maternelle, ceux de la géométrie Euclidienne

 

Mais ici, nous nageons dans les espaces vectoriels,

·        et le principe de superposition ne concerne que le « système des opérations internes » des espaces vectoriels, celui qui ne se sert que du signe « + »

Dans ces conditions, une infinité de compositions non seulement permettent d’accéder à un même résultat unique, qui est dit le vecteur final, mais sont déjà entièrement équivalents au vecteur final et réciproquement, mais dans, et seulement dans, l’espace vectoriel.

·        Au contraire lorsque l’espace vectoriel se conjugue avec un élément externe, grâce à l’opération « point » (« . »), par exemple une multiplication par un opérateur du corps K des nombres complexes,  il en va complètement différemment et l’espaces vectoriel cange de nature. On en sort. Il y a une finitude produite par cet apport externe, et le vecteur final obtenu est d’une nature qui n’a plus rien à voir avec le vecteur conjugué ; et d’ailleurs donc, il est instantanément mis fin au principe de superposition.

·        Ce qui y apparaît est que, en réalité, la multiplication (l’opération « point ») ne peut plus être considérée comme une multiplicité d’additions : il y a d’un coup, changement de nature.

 

Les axiomes devaient être universaux ; Il n’en est rien.

Pareillement, on nous dit maintenant : « oui, mais les axiomes qu’on t’a appris, ils ne sont valables que pour « la géométrie euclidienne » : en réalité, les angles d’un triangle, ça peut faire beaucoup plus ou beaucoup moins que 180° . Il faut savoir qu’il y a plusieurs géométries… »  

Alors, si les mathématiciens le savaient depuis le début, que ne l’ont-ils pas dit dès le début ?

 

Pourquoi prendre tous les enfants pour des imbéciles, voire leur infuser l’imbécillité des programmes, quand c’est le cas ?

Puis vers la classe de seconde, on vous dit : « les nombres en mathématiques ne sont pas ce que vous croyez : Il y a aussi « les imaginaires », d’autres mathématiques, etc. »

 

On nous a enseigné que Galilée a dit : « La nature est écrite en langage mathématique ». 

- « Oui, mais alors laquelle ? » ; et là, tout s’écroule.

 

Car toute la physique en dépend : L’enfant apprend sa table de multiplication, mais personne ne lui apprend ce que sont le « zéro ; le un ; le 2 ; le 3 ; etc. »

 

Certes, pour communiquer, il faut bien partager des codes, mais il faut rester cohérent dans les choix, et donc préciser les codes, et pour le faire, on est obligé de faire appel à un élément extérieur aux opérateurs de l’opération.

 

Le champ de communication reste de toutes façons étroit, mais surtout, finalement tout est apprentissage.

Les parents arrivent à instruire leurs enfants, comme les hirondelles apprennent à voler à leur progéniture.

Avec cette image on comprend en passant que l’homme n’a pas l’exclusivité du langage, ni de l’intelligence.

Le liseron se débrouille plutôt mieux que l’être humain dès que l’on passe en 3 D : l’hommes est plus habile « à plat », « en 2D » avec ses « tablettes », qu’elles soient de cire ou de cristaux liquides.

 

« Le réel c’est l’impossible ! ».

 

Quand on demandait à Binet, qui a inventé « les test d’Intelligence » pour mesurer « les Quotients Intellectuels, « les Q.I. », à usage psychiatrique, afin de détecter « les débiles mentaux », « idiots », « crétins des Alpes » (pour cause d’hypothyroïdie, pour cause de manque d’iode) – ces mots n’étaient pas des insultes, mais un authentique vocabulaire savant … du moins au début : - « C’est quoi l’Intelligence ? », il répondait : - « C’est ce que mesure mon test ! ».

 

Autres questions :

 

Ø      C’est quoi « votre Réel », que vous appelez solennellement : « LE Réel », à part ce que ce évoque d’inaccessible ?

Ø      « L ‘impossible ? »

Ø      Mais ce qui est impossible à l’un, n’est pas forcément impossible à l’autre ! et je parle ici autant des « possibilités dites mentales », tout autant que celles dites « manuelles » qui sont tout aussi « mentales aussi ».

 

L’originalité de la physique quantique toute entière – vraisemblablement née des crises européennes du début du siècle a été de repenser la physique depuis ses bases.

Sans doute fallait-il le faire.

Mais elle a déjà 100 ans, et tout le monde de continuer à vivre et penser comme si elle n’avait jamais remis aucune horloge à l’heure.

Pourquoi ne l’enseigne-t-on pas dès la maternelle ?

On s’apercevrait alors que la sempiternelle expression « physique contre-intuitive » n’a en réalité aucun sens.

 

La physique quantique est celle qui repense « l’addition » : Quoi de plus simple ?

On a alors cessé de l’appeler « addition »

On lui préfère le mot déjà consacré depuis presque un siècle de « superposition ».

 

Si changer de langage pouvait éviter aux enfants de sombrer dans l’autisme ou la schizophrénie, il serait urgent de s’en soucier.

 

Vocabulaire et mental :

 

Une collègue et amie me disait : « Dans la vie on a le droit de rêver, mais quand on rêve il faut le savoir ! ».

Quelle profonde vérité, derrière ce défi linguistique.

Sans doute, les Aristotéliciens jugeraient-ils l’aphorisme « paradoxal et/ou  contre-intuitif ! ».

Il témoigne pourtant d’une très haute philosophie de l’existence.

 

Tout comme : « Ne fait pas de lapsus qui veut ! » : Tautologie ! Pourtant rien de plus « vrai ».

 

A l’égal, un  déclaré « malade mental » - ce qui n’exclut pas l’amitié - me fit comprendre d’un coup, qu’il avait compris ce qu’étaient « le cristallin, la rétine, le chiasma optique, les aires visuelles occipitales, les aires associatives, etc. », et pourquoi pas aussi « le photon et l ‘effet photo-électrique », lorsqu’il me dit, à propos de « la télévision » - : « Toute vision est « télé ! ».

Esprit fort assurément !

Mais, c’est pour ce genre de propos, qui n’a pourtant rien de révolutionnaire qu’on l’avait interné de force en service de psychiatrie !

Etre simple n’est pas toujours bien reçu. Ailleurs ou en d’autre temps, on l’aurait comparé à Saint François d’Assise !

 

Mais – quelle histoire, cette « Télé » qui colonisa tout notre XX ème siècle :

Aujourd’hui, on cherche à nous faire oublier ces vérités premières, en nous imposant l’apparition d’appariteurs d’opérette, sur les écran plat (en 2D, inodores et sans saveur) de notre propre chambre – rendus quasiment obligatoires à moins d’être remplacés par des P.C., et sans espoir d’aucun dialogue - afin de nous convaincre à intervalles irréguliers (on peut insister sur cette temporalité « déstabilisatrice »), que désormais « midi sera à 14 heures »  – et cela, en cachant les caméras, les équipes de tournages, etc. mais on les fera bien réellement payer au contribuable asservi, sous forme de « redevance télévisuelle » etc.

 

Mais ne pas « être au courant » des standards cosmologiques que l’on fait varier arbitrairement au gré de puissances occultes, 2 fois par an – sans jamais dire ni comment ni pourquoi – me parait grave.

 

Non seulement on asservit, mais on fait payer l’asservissement, on oblige à consommer …

 

Rappel digressif : Interner un supposé malade mental contre son gré ne lui évite pas d’être soumis à l’obligation de payer en quelque sorte « l’hôtellerie » de sa prison dorée, sous la forme appelée « forfait hospitalier ».

Dans de telles conditions, on pourrait penser que ça pourrait « donner du travail pour tout le monde », vu le nombre croissant des personnes concernées.

Mais, non ! le chômage augmente, tandis que - entre « grêves ou vacances » - jamais cumulatifs ! – il est de plus en plus difficile de compter sur la fidélité à la parole donnée.

Au point que le véritable problème