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La physique des signifiants depuis Démocrite, page 2

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Il y a des choses de la physique qui ne peuvent pas êtres expliquées par nos équations mathématiques, et il y a de même des conceptions mathématiques qui ne peuvent pas être réalisées par notre physique.

Seule l’illusion ressortit à notre idée de perfection.

Un simple saut ne peut pas être effectué au ralenti, mais il est possible de le voir au ralenti au cinéma.

Cela ressortit à l’infinitésimal et à l'illusion du continu.

 

Ainsi « l’intelligence artificielle » - tout aussi prometteuse en « bêtise artificielle » – pourrait-elle se questionner surtout le sens du mot « artifice ».

Qs. De <= Reor-reris-ratus-reri, en latin ; Mais d'où vient le verbe « rater »?

 

Cette intelligence produira-t-elle du rêve, de l’éveil, du S.P., des sentiments, ou encore autre chose ?

Sans doute un bien grand nom pour ce que personne n’a jamais défini :

- «  L’intelligence ? C’est ce que mesure mon test », disait Alfred Binet, l'inventeur du Q.I. (le quotient intellectuel) [1]

 

-         « Lu et à prouver » ,

écrivait dans notre hôpital et sans humour,

« en bas et adroite »

une personne réputée « faible d’esprit » sommée de reconnaître qu'elle avait cassé un carreau !

 

 

 

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1.     « … nous faisons nous-mêmes partie du mystère que nous essayons de résoudre. »

 

En 2016, Michel Jouvet, dont nous avons eu à déplorer le décès en octobre 2017, publia le livre suivant :

 

 

Puisque Internet le permet, en voici 3 pages :

 

 

Charles Darwin aussi rapporte l’origine de la croyance à l’existence des  esprits aux contenus des rêves. Darwin y associe également la croyance aux dieux (in : La descendance de l’homme 1871)

 

Michel Jouvet adhère donc à l’explication de Max Planck citée sur cette page 16 de son livre :

« La science ne peut pas résoudre l'ultime mystère de la nature, et cela parce que, en dernière analyse, nous faisons nous-mêmes partie du mystère que nous essayons de résoudre. »

 

Et tout se tient :

Une remarque ici, qu’il est intéressant de replacer dans l’histoire de la physique : La fin du XIX ème siècle a été marquée en physique par un crise de la physique classique, qui est devenue une torture pour certains savants, et je crois que l’on peut compter Max Plank parmi ceux-ci.

Max Planck dut faire appel à « la constante h », la bien nommée « constante de Planck », mais ne participa pas à l’élaboration de la physique quantique.

Pour moi, le fonctionnement mental ne peut – non pas être expliqué - mais être mis en forme - qu’en adoptant le « principe de superposition ».

Or justement, le principe de superposition, est la physique quantique, mais Planck ne l’a pas connue.

Quant à Freud, qui est de la génération suivante, il n’en parle jamais.

Dans le domaine neurologique, Freud a connu le neurone (de Ramon y Cajal) mais n’a pas connu « les synapses », ni les circuits inhibiteurs.

Cependant, comme chacun sait, on est toujours à mille lieues de pouvoir rapporter la conscience à quelque phénomène neurophysiologique que ce soit.

Cependant, un peu comme il en va des rapports (inconciliables) entre la physique classique et la physique quantique, il me semble que l’homme se sent volontiers vivre dans un environnement de physique classique, qui lui est souvent familière, alors que son comportement mental intime – et peut-être donc son fonctionnement cérébral, mais on ne peut justement pas l’en déduire – échappe jusqu’à maintenant à toute possibilité de mise en forme scientifique sérieuse – c’est du moins mon avis – faute peut-être d’outils appropriés, mais peut-être plutôt pour une raison plus radicale, et pourquoi pas du fait de principes apparentés au « principe d’indétermination », bien que ce dernier n’ait pas fait obstacle à l’élaboration de la physique quantique.

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Retour aux rêves :

Encore un des aspects des rêves plaide en faveur de l’activation de structures cérébrales différentes (ou d’association  de structures différentes) durant la vie éveillée et durant la vie onirique : Cela tient :

1.    Aux différents caractères de l’oubli :

Les oublis des rêves sont dans l’ensemble massifs et plutôt définitifs, mais il y a des nuances.

Les oublis de la vie éveillée sont en général très limités, et la chose oubliée revient souvent facilement, d’elle même ou grâce à des stratagèmes.

Durant la vie éveillée, un oubli, un lapsus, un acte manqué, s’accompagnent toujours à des degrés divers de sentiment désagréable allant de la frustration à l’angoisse.

Au contraire, l’oubli des rêves ne s’accompagne en principe pas d’angoisse : Le réveil peut au contraire apporter du soulagement si le rêve était un cauchemar, et son oubli est alors plutôt bien venu. 

Mais le rêve invente les cauchemars les plus violents que nous connaissons, au point qu’ils peuvent nous réveiller.

Il faudrait étudier si la syncope qui fait suite à la réception d’une mauvaise nouvelle fait passer l’intéressé directement dans une phase de rêve. Peut-être.

Par contre, il est vrai que le réveil peut aussi s’accompagner d’un sentiment de déception de retrouver un vieux monde terne ou malheureux, mais cela n’est pas lié à l’oubli du rêve.

 

2.    Aux différences des affectivités vécues :

L’affectivité durant le rêve est toujours importante. Ce n’est pas toujours le cas dans la vie éveillée, et cela s’appelle alors « l’ennui » (ou « a-thym-hormie » = « non-excitation de l’humeur »)

Michel Jouvet parle très peu  de l’affectivité dans ses « onirothèques » Je pense que cela est du à ses préoccupations savantes de neurophysiologiste, et, pour l’instant, on est incapable de mesurer objectivement les sentiments, aussi bien dans la vie onirique que dans la vie éveillée.

 

3.    Le passage d’un état à l’autre :

Le passage d’un état à l’autre est différent dans les deux sens :

L’entrée dans le sommeil commence toujours par un sommeil vrai, de repos cérébral, mais jamais par une phase de rêve.

 

Mais les rêves sont construits essentiellement à partir d’éléments empruntés au monde diurne.

Il n’y a jamais de passage direct du monde diurne au rêve

A l’inverse, le rêve peut être mentalinterrompu par le passage direct et même brutal dans le monde diurne.

Dans ce monde diurne, les rêves tiennent un place d’intrus lorsqu’ils sont remémorés.

Et lorsqu’il son remémorés, leur charge affective s’estompe toujours avec le temps, probablement davantage que la charge affective des souvenirs vécus.

 

Les comportements dans le rêve (on peut employer ce mot, même si les afférences et efferences périphériques sont inhibées) ne sont donc en aucune façon construits comme les comportement durant l’éveil diurne.

Ce monde diurne comporte très peu de souvenirs spontanés de rêve.

 

4.     « La conscience » dans les différents états : n’a été observée de façon habituelle que dans l’éveil et exceptionnellement dans le rêve (Descartes ; novembre 16.. , et quelques autres) Le seul passage dont on prend régulièrement conscience est celui de l’entrée dans l’état d’éveil.

 

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2.     « Nous sommes intriqués »  (peut-être « étriqués » mais c’est autre chose J)

 

Au vu de ce qu’il m’apparaît - cette explication, qui n’est en rien le résultat d’un calcul, mais uniquement celui d’un raisonnement – qui d’ailleurs n’a jamais aucun caractère de certitude - s’inscrit dans plusieurs de mes réflexions que j’ai dégagées précédemment :

 

Þ    Elle s’inscrit dans le même schéma que celui de la vue, lorsque je dis :

« Chez les animaux, les yeux ne sont pas faits pour se regarder soi-même, mais pour voir le monde extérieur. Ainsi, aucun être humain ne s’est jamais vu lui-même, sinon en image, celle inversée du miroir, ou celle non-inversée d’une photographie »

Ainsi il serait tout autant impossible de voir son monde que de se voir soi-même.

Les expressions populaires comme « passer de l’autre côté du miroir » prennent ici tout leur sens, qui semble être d’ailleurs en même temps « celui de l’impossible ».

 

Þ    Puisque le regard de l’autre sur nous n’apporte non plus aucune réponse supplémentaire sur ces « mystères de la nature », c’est que « soi-même », « l’autre », et jusqu’aux « confins de notre monde », sont intimement liés, jusqu’à ne former que comme un seul monde ou un seul personnage.

 

Þ    Et cependant, lorsque l’on parle à son prochain, même s’il partage avec nous quelques croyances, on a toujours rapidement l’impression qu’il habite un autre monde – qui est pourtant par certains côtés le même.

Et même si quelques formulations banales permettent de se croire un instant dans une situation de partage partagé, avec le temps et/ou une insistance pénétrante, cette impression laisse place à bien davantage d’éloignement.

Et bien sûr les mondes oniriques de chacun sont différents.

Et finalement, plus on y regarde de près, moins nos mondes ne nous apparaissent les mêmes.

IL faut ici signaler les convergences exceptionnelles issues des données très mal connues des jumeaux homozygotes.

 

La génétique nous rattrape à grands pas : Est-elle la prédestination ?

 

Ignotus parle avec Simplicius :

 

-         « Et la liberté, alors ? »

-         « La liberté de quoi ? »

-         « Juste la liberté de penser… je ne suis pas naïf ? »

-         «  Les aires corticales de ta décision se sont activées dans ton cerveau 300 milli-secondes avant que tu n’aies décidé ce que tu appelles « ta décision »… »

-         « Décision de quoi ? »

-         « D’appuyer sur le bouton du test… ou de demander à ton chien d’arrêter de me lécher … »

-         « Alors, c’est pour çà que tu dis « je suis décidé » ? « je me suis décidé » Mais par qui ou quoi alors ? »

-         « Chi lo sa ? 

-         « Et quand on met un doigt dans une prise de courant et reçoit une décharge, on parle bien de « la volonté du courant » de rejoindre la terre ? »

-          « Come mai… ? »

-         « E uguale ! »

 

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3.   « Les états mentaux »

 

On sait que :

Notre cerveau contient 100 milliards de neurones. Chaque neurone peut avoir environ  5000 synapses (connexions).

Ils sont très gros (quelques microns) par rapport aux dimensions atomiques.

Mais la production de l’influx électrique est produite par la dépolarisation membranaire (échanges ioniques Na-K) : l’échelle est électronique.

A part les neurones de l’Hippocampe, la neurogénèse chez l’homme s’arrête à l’âge de 3 semaines après la naissance, puis on en perd de 1000 à 10 000 par jour.

De nouvelles synapses se forment continuellement alors que d’autres disparaissent.

Les synapses transmettent l’influx électrique par des vésicules de neuro-médiateurs chimiques (on en connaît une centaine) elles-mêmes régulées.

Mais certains neurones peuvent également communiquer par « champs magnétiques »

Quelles sont alors les « physiques » de la conscience et de la décision ?    

 

Mais dans le cerveau il y a aussi la névroglie, qui a été considérée jusqu’ici comme un tissu (des cellules) de nutrition et de soutien pour le neurone.

C’est peut-être une très grande erreur selon Yves Agid. :

Dans le cerveau – à part les vaisseaux etc., il y a en réalité 2 types de cellules particulières : les neurones et les cellules gliales (= collantes).

Ces dernières n’étaient traditionnellement considérées que comme des cellules de soutien et de protection, annexées aux neurones (un peu comme la gaine isolante d’un fil électrique en cuivre) et c’est le cas pour les nerfs périphériques.

Mais certaines cellules gliales sont spécifiques du cerveau et pourraient avoir un rôle bien différent de cette simple fonction de « colle » et, outre le rôle nutritif que l’on connaît depuis très longtemps, elles pourraient avoir des fonctions propres très élaborées.

 

C’’est le cas des astrocytes ; fonction d’horloges clic.

Il y a beaucoup plus d’astrocytes que de neurones dans le cerveau.

Un neurone n’est jamais directement en contact avec un vaisseau sanguin : Il y a toujours un astrocyte entre un vaisseau et un neurone. Les voies métaboliques ne sont d’ailleurs pas les mêmes.

L’hypothèse de Yves Agid est que les astrocytes seraient les « ateliers du cerveau » (ce n’est pas le mot qu’il emploie) et que les neurones n’en seraient que les moyens de communication (circuits routiers ou ferroviaires, avec ponts, échangeurs, etc.

 

Les images et les mots, les pensées et la conscience

Les « neuro-physiologistes » – qu’on appelle aujourd’hui« neuro-biologistes » (je trouve le passage de « physis » à « bios » regrettable, car la biologie est physique – et est en partie à l’origine de notre science physique : alors pourquoi dépouiller les biologistes du titre honorable de physiciens ? ce nouveau clivage intellectuel ne peut être profitable !) s’interrogent de plus en plus pour savoir si on allait bientôt pouvoir déchiffrer l’énigme de la conscience. Mais on n’en est loin !

Les inquisiteurs de toutes sortes, depuis toujours cherchent à connaître les pensées du cerveau.

On décrit aussi toujours la même histoire - qu’on rapporte à n’importe qui - qui aurait isolé un enfant pour connaître la langue spontanée de l’homme…

Les radiologues parlent de plus en plus des pensées, mais il est possible que personne ne pense.

Chez un homme « parlant » ( = « non- in-fans ») pourrait-on trouver des mots dans sa tête ? Peut-être, mais alors, ni sous forme de sons, ni sous forme d’écriture, peut-être de courants électriques, d’atomes et de particules de plus en plus virtuelles … Rien de moins sûr !

Quoi qu’il en soit, on brûle toujours des étapes en construisant la Science.

Ici, alors même qu’on est bien content d’avoir su assigner notre « connaissance des signaux du rêve » à quelques instants du nycthémère, il n’en reste pas moins que, durant tout l’ensemble du sommeil, et tout l’ensemble de la veille, les patrimoines innés et acquis de chacun, révèles dans ses rêve, n’en demeurent pourtant pas moins, latents, virtuels, muets, en chacun de nous et même certainement au-delà – mais où ? - alors même qu’ils ne s’expriment plus et qu’on en ignore tout. 

La principale chose qui sépare le neurologique du mental (mais ce ne sont là que des mots) c’est le sens beaucoup plus omniprésent qu’a toujours eu ce dernier, comme si le neurone en était maintenant devenu pour nous  l’instrument (ce qui n’est pas prouvé) et le mental le résultat.

A un autre niveau, on peut dire aussi que le mental est un instrument opératoire.

Noter dans les langues latines le nombre incroyable de mots qui se terminent par « -ment », dans les langues germaniques de mots composés avec « man », et en anglais le doublet latino-germanique pour « homme » : « human » et « man »

Ci dessous un extrait d’un livre (j’ai fait des collages) qui a l’avantage de stimuler l’esprit, à lire avec une certaine prudence, mais que tout écolier (pouvant se recommander d’un indispensable maître) apprenant une langue européenne – et a fortiori si sa langue natale n’est pas européenne – pourrait avoir dans son cartable :

 

 

 

La nature « va de l’avant » et anticipe.

(anticipation  surprenante, d’un type tel que nous n’avons pas de mot pour le dire)

Tant de neurones pour quoi faire ?  (NB : les vers les plus simples en ont une centaine, mais les éléphants en ont le double de nous)

Sans doute la nature voit-elle grand,  peut-être loin, et surtout « divers »

Que fera l’Homme de tout cela car pour l’heure il semble bien que son équipement soit encore peu (et assez mal ?) Utilisé (destructions).

Il est clair que la nature anticipe, contrairement à l’idée darwinienne toujours répandue que l’existence n’est qu’un « résultat » et même celui d’une sélection.

Au contraire, la nature crée [2], prévoit, programme – et à long terme (sur plusieurs générations) - invente, anticipe, et cela même « avant » d’avoir mis son ouvrage à l’épreuve.

 

Horloge.

On le constate dès les algues marines : En effet, les espèces les mieux adaptées sont douées d’une « horloge biologique » prévoyante (nul ne sait où ni comment) qui leur permet de s’ouvrir au soleil dès avant même de le voir levé [3].

Le mammifères et autres oiseaux ont certainement beaucoup d’horloges : On en localise bien plusieurs.

Cela incite donc à se redemander ce qu’est une horloge : Une horloge n’a pas besoin de chiffres, ni de cadran ni d’aiguilles !

On peut d’ailleurs retrouver des horloges dans le règne minéral : Les astres sur leurs orbites sont de remarquables horloges qui tournent sur elles-mêmes et autour d’autres astres, même si les savants – un peu caustiques - font remarquer que certaines période ralentissent au cours des milliards d’années.

Et le monde de l’infiniment petit ( drôle d’expression !) ne déroge pas : La radioactivité nous donne une grande variété de tempos –presque fiables - nous permettant d ‘étalonner nos horloges.

 

L’heure c’est l’heure.

Les plantes et des arbres non seulement se réveillent de bon matin, et connaissent les saisons, mais il existe même des « communications d’informations entre arbres (de la même espèce au moins) », qui sont prouvées, mais on ignore tout du « comment ».

On prend le petit déjeuner ensemble et on se parle dans la nature.

 

La génétique,

 (mot de même racine que nature) anticipe : les progénitures naissent bien armées pour leur vie.

Puis aussi recycle ou reprogramme (cf. rêves)

Non seulement la programmation est bien assurée, mais mieux encore, tout ou presque est automatisé, du cœur à l’esprit : L’identité des comportements défient les distances, et point n’est besoin de rechercher jusqu’aux homozygotes pour le découvrir : Les chasses à cour de Louis XIV ne doivent certainement rien aux chasses au tigre des maharadjahs, mais les hommes sont en cela semblables.

La nature prévoit - même si bien des prévisions ne servent jamais, comme il en est des projets des hommes, dont chacun sait que beaucoup  se réaliseront jamais.

 

Miroirs et symétries,

Font épisodiquement l’objet de publications fracassantes.

La question « cheirale » (symétrie des 2 mains) des molécules actives dans notre monde est assez bien connue : la plupart sont lévogyres : Par exemple pour le glucose, seul le lévogyre est actif et, je crois, présente le goût sucré (vérifier) .

La question des mondes miroirs est différente :

Les travaux du  physicien Jean Pierre Petit fraient dans ce sens, depuis plusieurs décennies des voies inexplorées et peut-être inexplorables (cf. univers Janus)

A ce jour, c’est surtout la découverte des antiparticules qui s’est avérée fertile, et, déductible de la physique quantique, l’existence de l’antimatière est une réalité maintenant connue et exploitée.

Reste que beaucoup de questions mettant en causes les symétries et les énantiomorphismes restent encore un terrain presque vierge de notre savoir.

 

Etats : Rêve, sommeil, éveil, mort, inné…

Il est donc entendu que l’on peut admettre trois états dans la vie de l’homme, qu’on appellera « l’éveil » - et n’est pas le moins surprenant - « le sommeil » et « le rêve ».

Dans ces trois cas « la conscience » n’y figure qu’au titre de perception.

Mais qu’en est-il du 4 ème état qu’on appelle tantôt « la mort » tantôt « la vie au-delà de la mort » et dont toutes les civilisations ont fait l’un de leurs plus essentiels repères ?

 

Notre XXème siècle a été riche en débats conceptuels : Après avoir aboli l’existence de « l’éther » et conçu « l’espace-temps », Einstein refusa de s’incliner devant la « complétude » de la physique quantique : discutions avec Bohr ; Pourtant, finalement l’existence « des états intriqués » (q.s. sur internet) est démontrée pour la première fois par Alain Aspect à Orsay en 1982, etc.

Einstein déclara à la veille de sa mort en 1955 que le temps était « une formidable illusion », déclaration qui n’a eu pratiquement aucun écho chez les physiciens.

Il pourrait sembler alors qu’il ne reste plus qu’à abolir aussi l’existence de « l’espace » pour mettre fin à ces controverses de la physique, et à notre question des communications.

Quelle sont la nature de cet espace et de cette fameuse communication ?

On dit que « la beauté d’une femme est dans les yeux de celui qui la regarde » Rien n’est plus vrai, sans doute ! Mais n’en est-il pas de même de « la laideur » et, partant,  pourquoi pas alors de tout le reste ?

 

Mais s’il n’y a plus de spatialité, « l’existence » perd du même coup une particularité d’état qui l’oppose à ce qu’on dit de la mort – mais pas davantage que l’abolition du temps - ce qui devrait inciter la physique à se pencher sur cet état qu ‘elle n’a jusqu’ici appréhendé qu’en termes de credo.

Des percées pourtant existent.

Cet état dans notre culture n’avait jamais été mentionné autrement qu’en termes de « psychique » et c’est ainsi que le Chant XI de « l’Odyssée d’Homère » parle de « la psychè des morts »

Puis, il reste difficile de dire lequel d’entre le christianisme ou de la laïcité a le plus stigmatisé un sujet que les hommes de jadis avaient considéré parmi les plus importants pour eux.

Mais pourquoi ne pas parler aussi d’avant la naissance ?

En repoussant la question des origines aussi loin qu’un big bang bien caché par un mur de Plank, même à la « vitesse » de la lumière, on ne l’a pas repoussée bien loin !

Il faudrait se garder de minimiser la sorte d’enchaînement intellectuel que constitue toute culture, quelle qu’elle soit. Ce pourrait être le cas de notre Big Bang, comme aussi de la remarque de Max Plank de la page 16 citée plus haut.

C’est inévitablement le nôtre en ce qui concerne la mort.

L’idée que la mort ouvre la porte de l’accès au jugement divin, lequel décidera d’une entrée en enfer ou d’une éternité passée au paradis n’a à notre connaissance été partagée de façon aussi précise (le jugement) que par les religions pharaoniques, chrétiennes et musulmanes. Même ladite laïcité ne pourrait pas s’en détacher d’un claquement de doigt quoi qu’on en veuille.

Là sont sans doute de façon plus détaillées les causes de la limitation dont parle Plank.

     On n’a jamais trouvé la quinte-essence de la Science.

     Alors, pourquoi le cerveau ?

     Je crains que l’on ne sépare trop le cerveau et le « reste », mais « le reste », on n’a pas la moindre idée de ce que c’est…

     Or une prise de courant ne fournirait rien sans de subtiles connexions.

    

 

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4.   « L’individu en crise : mythes et limites » ; DARWIN ; HOMEO-STASIE.

Deux phases :

-         L’individua-lisation : mise en boite entomologique d’un compacté administratif

-         L’individua-lysation qui en résulte : disparition des particularités du chacun pour n’en retenir que la numérotation – plus maniable.

 

DARWIN :

La question des définitions est assez arbitraire et représente – comme on pourrait s’en douter – une grande difficulté pour un biologiste comme Charles Darwin :

 

Il écrit in LA DESCENDANCE DL L'HOMME [Ire PARTIE] CHAP. VII LES RACES HUMAINES

Traduction Edmond Barbier pp. 191 – 192 :  

« …Un naturaliste qui a eu le malheur d'entreprendre la description d'un groupe d'organismes très variables (je parie par expérience) a rencontré des cas précisément analogues à celui de l'homme; s'il est prudent, il finit par réunir en une espèce unique toutes les for­mes qui se confondent les unes avec les autres, car il ne se reconnaît pas le droit de donner des noms à des organismes qu'il ne peul pas définir. Certaines difficultés de cette nature se présentent dans l'ordre qui comprend l'homme, c'est-à-dire pour certains genres de singes…

…nous rencontrons, d'autre part, d'insurmontables difficultés à définir ces races; il semble donc que, dans ce cas, on pourrait recourir avec avantage à l'emploi du terme c sous-espèce…

Le choix des termes n'a, d'ailleurs, qu'une importance secondaire …

Le genre humain se compose-t-il d'une ou de plusieurs espèces? C'est là une question que les anthropologues ont vivement discutée pendant ces dernières années, et, faute de pouvoir se mettre d'accord, ils se sont divisés en deux écoles, les monogénistes et les polygénistes. Ceux qui n'admettent pas le principe de l'évolution doivent considérer les espèces soit comme des créations séparées, soit comme des entités en quelque sorte distinctes; ils doivent, en con­séquence, indiquer quelles sont les formes humaines qu'ils considè­rent comme des espèces, en se basant sur les règles qui ont fait ordinairement attribuer le rang d'espèces aux autres êtres organisés. Mais la tentative est inutile tant qu'on n'aura pas accepté générale­ment quelque définition du terme « espèce », définition quine doit point renfermer d'élément indéterminé tel qu'un acte de création. C'est comme si on voulait, avant toute définition, décider qu'un cer­tain groupe de maisons doit s'appeler village, ville ou cité: Les interminables discussions sur la question de savoir si l'on doit regar­der comme des espèces ou comme des races géographiques les Mammifères, les Oiseaux, les Insectes et les Plantes si nombreux et si voisins, qui se représentent mutuellement dans l'Amérique du Nord et en Europe, nous offrent un exemple pratique de cette difficulté. Il en est de même pour les productions d'un grand nombre d'îles situées à peu de distance des continents.

Les naturalistes, au contraire, qui admettent le principe de l'évolution, et la plupart des jeunes naturalistes partagent cette opinion, n'éprouvent aucune hésitation à reconnaître que toutes les races humaines descendent d'une souche primitive unique; cela posé, ils leur donnent, selon qu'ils le jugent à propos, le nom de races ou d'espèces distinctes, dans le but d'exprimer la somme de leurs dif­férences.

 

La lecture de ce livre m’a beaucoup étonné en ce sens que je n’y ai nullement retrouvé les analyses caricaturales que j’en avais lu :

- Si le principe de « l’évolution des espèces » y est admis en entier, je n’ai trouvé encore (il me manque quelques chapitres) nulle part l’invocation du hasard – et bien sur, il ne pouvait pas connaître les mutations génétiques. Ainsi aucune explication n’est avancée.

- La création est éliminée pour la raison qu’il appelle (ci-dessus)  « apport d’élément indéterminé »

Dans ce livre qui est postérieur à L’évolution des espèces », je n’y vois aucune allusion à une quelconque loi de la jungle sauvage et sans pitié.

- Au contraire, les émotions abondent, et dans le rôle primordial accordé à la sexualité, Darwin parle de relation d’amour, chez les animaux, avec beaucoup de sensibilité : C’est ainsi qu’il relate le cas d’un chien qui léchait encore la main de son maître lorsque celui-ci l’opérait au moyen de la vivisection.

- Il pense que tous les hommes descendent d’un ou quelques seulement (il en faut au moins deux !) ancêtres communs et explique qu’il existe beaucoup trop de paramètres pour pouvoir parler de race, puisqu’il constate tous les intermédiaires issus des mélanges. Il réfute que la couleur de la peau soit essentiellement due à l’ensoleillement et propose d’invoquer de nombreuses autres raisons.

-         Il reconnaît la présence de langage chez les animaux, et quand il parle d’espèces inférieures, cela n’est en rien une appréciation de valeur mais de complexité, et il s’émerveille devant l’intelligence et les aptitudes au jeu des fourmis.

-         Sur la « civilisation », point d’éloges, mais une constatation et sur la disparition définitive de groupes humains éliminés, amertume et recherche des causes.

-         Finalement je n’ai pas encore trouvé   l’éloge de la race blanche que j’avais lu dans les analyses

 

En réalité, les « doxas » lues ou enseignées autour du darwinisme méritent un retour de lecture directe des textes.

Or même si l’on prononce beaucoup le mot « Darwinisme » son contenu est rarement explicité et encore moins souvent appuyé par des textes exceptionnellement cités.

Le mot est utilisé par deux catégories d’auteurs :

1 - tantôt par les « adversaires de l’eugénisme » qui dénoncent une responsabilité de Darwin dans le courant de pensée qui va mener à la création de l’institut d’Hygiène racial de Berlin en 1905 – (qui avait le mérite de prohiber l’alcool et le tabac, etc.) puis aux massacres des malades mentaux en  Allemagne, puis aux génocides que l’on sait.

On peut lire : André Pichot : La société pure de Darwin à Hitler ; Flammarion ; Champs essais ; 2000.

ou Paul Weindling : L’hygiène de la race Tome 1 1870 – 1933 ; La découverte ; série Histoire contemporaine ; 1998

Je trouve dans le premier de ces é livres quelques lignes du texte de Darwin – objectif et non dénué de sensibilité - que je reproduit infiniment plus longuement infra.

Les autres citations sont principalement sinon exclusivement des documents de seconde main. L’autre livre se consacre davantage à une histoire de l’Allemagne.

        

Darwin LA DESCENDANCE DE L'HOMME [Ire PARTIE]  CHAP. VII]         EXTINCTION DES RACES HUMAINES pp. 198-202 [« le texte est O.C.R.isé » « it’s an O.C.R.ised text » comme disent les descendants de Darwin, et comporte de ce fait des erreurs de frappe, mais contrôlables avec le .pdf : clic.]

« Extinction des races humaines.— L'histoire enregistre l'extinction partielle ou complète de beaucoup de races et de sous-races hu­maines. Humboldt a vu dans l'Amérique du Sud un perroquet, le seul être vivant qui parlât encore la langue d'une tribu éteinte. Les anciens monuments et les instruments en pierre qu'on trouve dans toutes les parties du monde et sur lesquels les habitants actuels n'ont conservé aucune tradition, témoignent d'une très grande extinction. Quelques petites tribus, restes de races antérieures, survivent encore dans quelques districts isolés et ordinairement montagneux. Les anciennes races qui peuplaient l'Europe étaient, d'après Schaaffhausen Note 29 , « inférieures aux sauvages actuels les plus grossiers » elles devaient donc différer, dans une certaine mesure, des races existantes. Les restes provenant des Eyzies, décrits par le professeur Broca note 30, paraissent malheureusement avoir appartenu à une famille unique; ils semblent provenir, ce­pendant, d'une race qui présentait la combinaison la plus singu­lière de caractères bas et simiens avec d'autres caractères d'un ordre supérieur; cette race diffère « absolument de toute autre race, ancienne ou moderne, que nous connaissions s. Elle différait donc de la race quaternaire des cavernes de la Belgique.

L'homme peut résister longtemps à des conditions physiques qui paraissent extrêmement nuisibles à son existence Note 31. Il a habité, pendant de longues périodes, les régions extrêmes du Nord, sans bois pour construire des embarcations ou pour fabriquer d'autres instruments, n'ayant qne de la graisse comme combustible et de la neige fondue comme boisson. A l'extrémité méridionale de l'Amé­rique du Sud, les Fuégiens n'ont ni vêtements, ni habitations mé­ritant même le nom de huttes, pour se défendre contre les intem­péries des saisons. Dans l'Afrique australe, les indigènes errent dans les plaines les plus arides, où abondent les bêtes dangereuses. L'homme supporte l'influence mortelle des Terai au pied de l'Hi­malaya, et résiste aux effluves pestilentiels des côtes de l'Afrique tropicale.

L'extinction est principalement le résultat de la concurrence qui existe entre les tribus et entre les races. Divers freins, comme nous l'avons indiqué dans un chapitre précédent, sont constamment en action pour limiter le nombre de chaque tribu sauvage : ce sont les famines périodiques, la vie errante des parents, cause de grande mortalité chez les enfants, la durée de l'alliitement, l'enlèvement des femmes, les guerres, les accidents, les maladies, les dérèglements, l'infanticide surtout, et principalement un amoindrissement de fécondité.

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Note 29 : Traduit dans Anthropological Review, oct. 1868, 431.

Note 30: Transact. Internat. Congress of Prehistoric Arch.,1868, pp. 172-175. Broca, Anthropologicat Review, oct. 1868, p. 410.

Note 31: Docteur Gerland, Ueber das Aussterben der Naturvolker, p. 82, 1868.

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Si une de ces causes d'arrêt vient à s'amoindrir, même à un faible degré, la tribu ainsi favorisée tend à s'accroître; or, si, de deux tribus voisines, l'une devient plus nombreuse et plus puis­sante que l'autre, la guerre, les massacres, le cannibalisme, l'escla­vage et l'absorption mettent bientôt fin à toute concurrence qui peut exister entre elles. Lors même qu'une tribu plus faible ne dis­paraît pas, brusquement balayée, pour ainsi dire, par une autre, il suffit qu'elle commence à décroître en nombre, pour continuer gé­néralement à le faire jusqu'à son extinction complète Note 32.

La lutte entre les nations civilisées et les peuples barbares est très courte, excepté toutefois là où un climat meurtrier vient en aide à la race indigène; mais, parmi les causes qui déterminent la victoire des nations civilisées, il en est qui sont très claires et d'autres fort obscures. Il est facile de comprendre que les défri­chements et la mise en culture du sol doivent de toutes les façons porter un coup terrible aux sauvages, qui ne peuvent pas ou ne veulent pas changer leurs habitudes. Les nouvelles maladies et les vices nouveaux que contractent les sauvages au contact de l'homme civilisé constituent une cause puissante de destruction; il paraît qu'une nouvelle maladie provoque une grande mortalité, qui dure jusqu'à ce que ceux qui sont le plus susceptibles à son action malfaisante soient graduellement éliminés ". Il en est peut-être de même pour les effets nuisibles des liqueurs spiritueuses, ainsi que du goût invétéré que tant de sauvages ont pour ces produits. Il semble, en outre, si mystérieux que soit le fait, que le contact de peuples distincts et jusqu'alors séparés engendre certaines mala­dies Note 34.

M. Sproat a étudié avec beaucoup de soin la question de l'extinction dans l'île de Vancouver; il affirme que le changement dès habitudes, qui résulte toujours de l'arrivée des Européens, provoque un grand nombre d'indispositions. Il insiste aussi beau­coup sur une cause en apparence bien insignifiante : le nouveau genre de vie qui entoure les indigènes les effare et les attriste; « ils perdent tous leurs motifs d'efforts, et n'en substituent point de nouveaux à la place Note 35.

Le degré de civilisation constitue un élément très important pour assurer le succès d'une des nations qui entrent en concurrence.

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Note 32 : Gerland (op. c., p. 12) cite des faits à l'appui. -

Note 33 :Sir H. Holland fait quelques remarques à ce sujet dans Médical Notes and Reflections, 1839, p. 390.

Note 34 : Dans mon Journal of Researches ; Voyage of the Beagle, p. 435, j'ai enre­gistré plusieurs faits à cet égard; voir aussi Gerland (op. c., p. 8). Pœppig dit que « le souffle de la civilisation est un poison pour les sauvages » .

Note 35. Sproat. Scenes and studies of savage Life, 1868, p. 284.

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L'Europe, il y a quelques siècles, redoutait les incursions des bar­bares de l'Orient ; une pareille terreur serait aujourd'hui ridicule. Il est un fait plus curieux qu'a remarqué M. Bagehot, c'est que les sauvages ne disparaissaient pas devant les peuples de l'anti­quité comme ils le font actuellement devant les peuples modernes civilisés ; s'il en avait été ainsi, les vieux moralistes n'auraient pas manqué de méditer cette question, mais on ne trouve, dans aucun auteur de cette période, aucune remarque sur l'extinction des peuples barbares Note 36.

Les causes d'extinction les plus énergiques semblent être, dans bien des cas, l'amoindrissement de la fécondité et l'état maladif des enfants ; ces deux causes résultent du changement des condi­tions d'existence, bien que les nouvelles conditions n'aient en elles- mêmes rien de nuisible. M. H. Howorth a bien voulu appeler mon attention sur ce point et me fournir de nombreux renseigne­ments. Il convient de citer quelques exemples à cet égard.

Au moment de la colonisation de la Tasmanie, certains voyageurs estimaient à 7,000, d'autres à 20,000, le nombre des indigènes. En tout cas, et quel qu'ait pu être le chiffre de la population, le nombre des indigènes diminua bientôt, en conséquence de luttes perpétuelles, soit avec les Anglais, soit les uns avec les autres. Après la fameuse chasse au sauvage à laquelle prirent part tous les colons, il ne restait plus que 420 Tasmaniens qui firent leur soumission entre les mains des autorités anglaises et à qui on vou­lut bien accorder la vie Note 37.

En 1832, on transporta ces 120 individus dans l'île Flinds. Cette île, située entre la Tasmanie et l'Australie, a 64 kilomètres de longueur sur une largeur qui varie entre 19 et 22 kilomètres ; le climat est sain et les nouveaux habitants furent bien traités. Quoi qu'il en soit, leur santé reçut une rude atteinte. En 1834, on comptait (Bonwick, p. 250) 47 hommes adultes, 48 fem­mes adultes, et 46 enfants; en tout 111 individus ; en 1835, ils n'étaient plus que 400. Comme ils continuaient à diminuer rapide­ment en nombre et qu'ils étaient persuadés qu'ils ne mourraient pas si rapidement dans une autre localité, on les transporta, en 1847, dans la baie d'Oyster, située dans la partie méridionale de la Tas­manie. La peuplade se composait alors, le 20 décembre 4847, de 14 hommes, 22 femmes et 10 enfants Note 38. Ce changement de résidence n’amena aucun résultat.

L'Europe, il y a quelques siècles, redoutait les incursions des bar­bares de l'Orient; une pareille terreur serait aujourd'hui ridicule. Il est un fait plus curieux qu'a remarqué M. Bagehot, c'est que les sauvages ne disparaissaient pas devant les peuples de l'anti­quité comme ils le font actuellement devant les peuples modernes civilisés; s'il en avait été ainsi, les vieux moralistes n'auraient pas manqué de méditer cette question, mais on ne trouve, dans aucun auteur de cette période, aucune remarque sur l'extinction des peuples barbares 36.

Les causes d'extinction les plus énergiques semblent être, dans bien des cas, l'amoindrissement de la fécondité et l'état maladif des enfants; ces deux causes résultent du changement des condi­tions d'existence, bien que les nouvelles conditions n'aient en elles- mêmes rien de nuisible. M. 11.-II. Ilowortb a bien voulu appeler mon attention sur ce point et me fournir de nombreux renseigne­ments. Il convient de citer quelques exemples à cet égard.

Au moment de la colonisation de la Tasmanie, certains voyageurs estimaient à 7,000, d'autres à 20,000, le nombre des indigènes. En tout cas, et quel qu'ait pu être le chiffre de la population, le nombre des indigènes diminua bientôt, en conséquence de luttes perpétuelles, soit avec les Anglais, soit les uns avec les autres. Après la fameuse chasse au sauvage à laquelle prirent part tous les colons, il ne restait plus que 420 Tasmaniens qui firent leur soumission entre les mains des autorités anglaises et à qui on vou­lut bien accordir la vie ". En 4832, on transporta ces 120 individus dans l'île Flinds. Cette île, située entre la Tasmanie et l'Australie, n 64 kilomètres de longueur sur une largeur qui varie entre 19 et 22' kilomètres; le climat est sain et les nouveaux habitants furent bien traités. Quoi qu'il en soit, leur santé reçut une rude atteinte. En 4834, on comptait (Bonwick, p. 250) 47 hommes adultes, 48fem­mes adultes, et 46 enfants; en tout 111 individus; en 1835, ils n'étaient plus que 400. Comme ils continuaient à diminuer rapide­ment en nombre et qu'ils étaient persuadés qu'ils ne mourraient pas si rapidement dans un' autre localité, on les transporta, en 1847, dans la baie d'Oyster, située dans la partie méridionale de la Tas­manie. La peuplade se composait alors, 20 décembre 4847, 'de 14 hommes, 22 femmes et 10 enfants". Ce changement de résidence n'amena aucun résultat.

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Note 36: Bagehot, Physics and Polities; Fortnightly Review, 1er avril 1868, p. 45.

Note 37 : J'emprunte tous ces détails à l'ouvrage, de J. Bonwick, The last of the Tasmanians, 1870.

Note 38 : Ces chiffres sont empruntés au rapport du gouverneur de la Tasmanie, sir W. Denison, Varieties of Vice-Regal Life, 1870, vol. I, p. 67.

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La maladie et la mort poursuivalent encore ces malheureux et, en 1864, il ne restait plus qu'un homme (qui mourut en 1869) et trois femmes adultes. La perte de la fécondité chez la femme est un fait encore plus remarquable que la tendance à la maladie et à la mort. A l'époque où il ne res­tait plus que 9 femmes à la baie d'Oyster, elles dirent à M. Bon­wick (P. 386) que deux d'entre elles seulement avaient eu des enfants et, entre elles deux, elles n'avaient donné le jour qu'à trois enfants !

Le Dr Story cherche à approfondir les causes de cet état de choses; il fait remarquer que les efforts tentés pour civiliser les sau­vages amènent invariablement leur mort. « Si on les avait laissés errer à loisir comme ils en avaient l'habitude, ils auraient élevé plus d'enfants et on aurait constaté chez eux une mortalité moins grande » M. Davis, qui a aussi étudié avec beaucoup de soin les habitudes des sauvages, fait de son côté les remarques suivantes

« Les naissances ont été fort restreintes et les décès nombreux. Cet état de choses a du provenir en grande partie du changement ap­porté à leur mode de vie et à la nature de leur alimentation; mais, plus encore, du premier changement de résidence qu'on leur a imposé et des regrets profonds qui ont du en être la conséquence. »

(Bonwick, pp. 338, 390.)

….. » Les quelques pages qui suivent ajoutent quelques faits et quelques chiffres qui illustrent d’autres situations parfaitement identiques.

 

2 - tantôt – et c’est presque le contraire – par ceux qui en font leur maître à penser pour appuyer

-         Leur laïcité (cf.lignes supra)

-         Et/ou une théorie de l’évolution invoquant :

1)    Les mutation génétiques généralement imputées au hasard

2) A partir de ces mutations, une sélection naturelle opportune pour l’évolution 

 

Or Darwin critique la création mais ne parle pas théologiquement de l’existence ou non d’un Dieu

D’autre part, s’il reconnaît l’existence de l’évolution, il ne l’explique pas, et ne dit jamais qu’elle implique le hasard.

Sur la question de la sélection naturelle, l’extrait ci-dessus est suffisamment complet pour que le lecteur puisse l’apprécier par lui-même.

D’après les commentaires que j’ai lus, le premier livre de Darwin devait mettre davantage en avant les moyens de lutte, et ce dernier livre met davantage en avant les comportements sexuels – traçant peut-être déjà la voie dans laquelle s’engagera Sigmund Freud.

En toutes ces choses, les faits sont à retenir, mais les explications restent encore non-assurées.

On constate d’ailleurs la perplexité de Darwin lui-même.

Mes lectures récentes de Darwin tempèrent donc tous mes commentaires antérieurs issus de lectures de secondes mains !

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HOMEOSTASIE :

 

D’une certaine façon, l’évolution est un alea de « l’homéo-stasie ».

Qu’est-ce que l’homéostasie – Pourquoi et Comment ?

 

Un équilibre aussi insaisissable et fugitif que le « moment présent »  dans un temps

Développement à venir.

 

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En physique, il a toujours été radicalement impossible de mettre des noms exacts sur les choses – sinon occasionnels, momentanés, dépendants des langues.

Aucun domaine n’est mieux placé pour le dire que la médecine : On ne nomme jamais rien correctement en médecine, et c’est d’ailleurs presque inutile.

Je me souviens d’une savante palpation appendiculaire : « Ca vous fait mal ici ? » dit l’homme de l’art, puis se reprenant : « Ne dites rien, je préfère observer votre mimique ! »

(Il nous amusera de dire ici que la psychiatrie voire la médecine psycho-somatique, prétendent à l’occasion, faire le contraire)

Il en va de même quel que soit le type de signifiant.

On rappellera qu’il y a des signifiants invisibles pour les uns (animaux) mais visibles pour les autres.

Les signifiants sont-ils toujours des objets physiques ?

Une représentation pourrait-elle ne pas être physique ?

Les signifiants mathématiques sont-ils différents des signifiants linguistiques ?

 

Cette question a bien sûr tout à voir avec la question identitaire : Cette question n’est peut-être pas propre à l’homme, mais l’homme l’amena à une extrémisme indépassé dans le règne de la nature, et l’homme est la seule catégorie naturelle à « exterminer massivement » pour des raisons autres qu’alimentaires ou de reproduction.

Quand on constate un tel comportement chez des animaux, c’est en général en cas de nécessité alimentaire ou extrême ou d’un état rare et particulier – quelque fois de rage – et souvent après l’absorption involontaire de drogue ou de dérèglement hormonal.

La question des « combats de coqs » est à ce sujet intéressante : Les coqs sont depuis longtemps devenus des animaux domestiques, et il est fort possible que la mise en scène par l’homme du spectacle – qui rappelle celui des gladiateurs - y ait une fonction déterminante.

L’homme ne tue pas seulement ni pour se nourrir ni pour assurer sa descendance, mais souvent pour la seule valorisation de sa représentation, présente, ou imaginée comme posthume.

Il est donc intéressant de suivre l’évolution de l’homme à ce sujet : il apparaît que la notion d’individu n’a fait que s’imposer progressivement et de plus en plus – ou plus probablement « être imposée » - au cours de l’évolution de l’espèce jusqu’à nos jours.

La violence de cette imposition a été considérable.

 

Il s’agirait en quelque sorte d’une possibilité de repérage de ses semblables par l’homme, par le moyen de signifiants, les uns linguistiques, ou d'autres de comptage, que l’on peut dire mathématiques.

Parmi les premiers écrits trouvés et connus figurent toujours des listes qui témoignent de filiations, tels « …X fils de Y… fils des Z… etc. »

Sont apparus aussi – à des périodes qu’il serait intéressant de dater par rapport aux précédents beaucoup d’autres groupements de nature moins individuels : drapeaux, etc, représentant lignage, tribu, nation, idéal, au nom desquels on se bat.

La question du plaisir y est assez subjective, difficile à apprécier, différente de la pulsion aperçue par Freud appelée « thanatos » (qui est suicidaire), mais au contraire rattachée par lui à celle de « l’éros », pour la quête d’une épouse - aperçue sous les traits de la mère.

Mais dont cette quête il rencontre un obstacle qui est « le père et époux de la mère », dans la représentation de « la scène primitive » réelle ou fantasmée – en écho au schéma de la « horde primitive ».

Ce fantasme étant selon Freud assez partagé, on voit mal d’ailleurs ici ce qui le distingue des archétypes inconscients de Carl Gustav Yung.

Mais à la suite de refoulements et déplacements, la recherche du meurtre pourrait paraître première, alors que dans le mythe – auquel Freud donne une séquence logique et rationnelle – elle n’est que secondaire, accessoire.

Quoiqu’il en soit, on voit mal ce qui pourrait faire supposer que les signifiants mathématiques soient plus « naturels » que les signifiants linguistiques.

Le comptage peut mener à de nombreuses figures aliénantes :

Soit para hiérarchisation ; soit par groupements ; soit par les individus unitaires, mais comme nul ne s’est jamais engendré lui-même, il faut bien que l’individualisation vienne d’un ailleurs que l’individu lui-même, ce qui revient à associer « l’individualisation unitaire » au phénomène de massification

Sous l’égide d’un maître humain ou mécanique, au nom de chiffrages qui ne peuvent apparaître que dans un registre choisi.

 

C’est là que s’aperçoit la soumission de toute administration à une idéologie arbitraire – même si elle est acceptée comme telle – et c’est là que la mathématisation y tient une place remarquable, en particuliers grâce à l’introduction d’opérateurs pressentis comme « universels » puisque justement la mathématisation semble faite pour pouvoir engendrer la possibilité de classements.

Il y a là une question : Quel serait l’opérateur le plus « uni-versel » : serait-il le un, le zéro, voire un inconnu ?

Cela pourrait dépendre des opérations et des physiques : additions (opérateur neutre le zéro) (principe de superposition en physique quantique), multiplication (opérateur neutre le un), etc.

 

Les signifiants linguistiques et le signifiants mathématiques sont-ils de même nature ?

Sans vouloir trop jouer sur le sens du mot nature, ces signifiants ont-ils quelque chose de naturel ?

On serait tenté de répondre oui au sens ou la nature serait en même temps un phénomène culturel, mais que nous ne comprenons pas.

Par exemple : les onomatopées au départ d’un langage ; les expressions visuelles, l’apparition des nombres, etc.

Mais on revient ici à l’irrationnel de la question des couples d’opposés : nature/culture ; etc. qui sont en même temps autant de « mêmes » et de « complémentaires », comme cela se lit de façon particulièrement transparente dans beaucoup de mots et de langues dites archaïques – comme par exemple en latin « sacer » qui signifie en même temps « sacré » et « impur », « haram » en arabe (« sacré ; illicite ; prohibé ; tabou », etc.

 

Le mental et le moral : - « Oui mais il paye bien ! » :

C’est l’une des confusions majeures de notre société.

-         « Madame, Mademoiselle, Monsieur, Autre, ce que vous faite est sordide, aberrant, destructeur, anti-social : Construire une piscine privée à 50 mètre de la mer, en un pays où les populations n’ont pas à boire, où les adolescents sont réduits à l’esclavage pour nourrir leur famille, etc. »

-         « Oui, mais ils payent bien ! »

Qu’en est-il ou qu’en  sera-t-il en France ?

J’évite de situer en un lieu et un temps cette conversation toute imaginaire, bien que j’ai entendu ce « Oui mais il paye bien ! »

Génétique et épi-génétique :

La dialectique morale/mental est conditionnée directement par la place de la fonction de la neurologie dans notre tissu social, mais de façon complexe et la génétique et l ‘épigénétique y entretiennent pour ainsi dire des fonctions croisées.

La place de la neurologie  fut longtemps très hésitante, après avoir d’ailleurs été longtemps totalement ignorée.

La génétique moule le cerveau : il en résulte de façon innée un système nerveux accompagné d’un comportement.

Mais alors que les cellules neuronales des espèces animales les plus anciennes (non pas inférieures !) : poissons, etc. se reproduisent durant toute la vie de l’animal, le développement des cellules nerveuses humaines s’arrête pratiquement à la naissance - à l’exception des cellules de l’hippocampe (réseau olfactif, émotionnel, mémoire, etc.), pour ce qu’il en est de ce qui est connu.

C’est les cas des neurones, mais non pas de leurs connexions, qui s’appellent « synapses », et mettent quelque temps à se former, de quelques heures à quelques jours ou davantage, en fonction de nombreux paramètres : C’est par exemple en travaillant les connexions encéphaliques que se fit l’apprentissage d’un doigté au piano, etc.

L’enfant est beaucoup plus réceptif à cet apprentissage, ce que chacun sait.

Des chatons élevés 3 mois dans l’obscurité seront définitivement aveugles à l’age adulte.

Il y a aussi de nombreuses modulations intermédiaires entre la génétique et l’épi-génétique, qui se chiffrent alors plutôt en milliers, centaines de milliers ou millions d’années.

On connaît bien maintenant les neurones : On transfert d’ailleurs actuellement de plus en plus les propriétés de leur activité dans les astrocytes, mais peu importe ici.

Notre système nerveux, encéphale et autres structures, est le résultat de la construction chromosomique, de la génétique, du moule.

La génétique fait le lit du mental, et d’une morale de l’espèce - si on entend pas morale les mœurs, les coutumes - bien qu’interviennent aussi de nombreux facteurs intercurrents : malformations, maladie, toxiques, etc.

Par dessus ce système – mais lié à sa mise en place achevée – se développe progressivement au cours de la phylogenèse jusqu’à l’homme, la construction nerveuse épi-génétique, qui est l’intégration patrimoniale des données nouvelles, sociales ou a-sociales, créatives, etc.

L’épigénétique est une donnée comprise durant la seconde moitié du XX ème siècle, et dans laquelle le rêve semble avoir un rôle essentiel.

Les traces diurnes sont alors réintroduites et réintégrées dans la vie onirique, etc.

Là et alors, se forme en chacun une morale (on pourrait dire un peu amèrement : « ou ne se forme pas ») puisque le comportement qui est résulte affecte le SN (Système nerveux) et les mœurs, les coutumes, en fonction de données qui ne sont pas innées, qui sont remarquablement malléable en fonction du contexte – surtout dans l’enfance, etc.

Mais les données acquises de l’épigénétique ne concernent pas exclusivement la morale, par exemple elles concernent le doigté du pianiste.

Il y a longtemps que j’ai remarqué qu’il n’y a strictement aucune relation entre la  virtuosité d’un artiste et ce qu’on appelle sa moralité !

C’est comme ça !

On appelle cela « l’adaptabilité »

Il devrait appartenir alors aux tribunaux d’en juger, c’est à dire de décider d’un accord entre l’individu et son groupe .

On remarquera ici que si le mental relève de la neurologie, la morale relève des tribunaux.

La psychiatrie n’a ici absolument aucune place en tant que science, mais seulement une triste fonction : celle de soustraire l’individu et à son groupe et à la justice.

On a déjà largement suffisamment analysé cette fonction pour ne pas trouver d’intérêt à y revenir, puisque, scientifiquement, sa valeur est nulle.

Et comment soigner ce qui n’est pas maladie ? toute la part médicale est ici exclusivement de neurologie, mais n’a rien à voir avec la morale (cf. la moralité de l’artiste)

 

Tous ces phénomènes bien sûr ne concernent pas que la neurologie, mais comme la neurologie est pour ainsi dire présente partout chez les animaux, on la retrouve partout.

Qu’est-elle au juste ? Quelle en est son essence ?

Elle est une sorte de réification de l’intégration de l’information.

Comment est-elle apparue dans l’univers ?

 

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5.   « Le sentiment de réalité »

Je ne sais pas si on peut nommer autrement ce ressenti que l’on appelle communément « la réalité ».

La réalité est pourtant un « sentiment macroscopique » - qu’on me permette cette expression curieuse.

Il y a des sentiments dont l’expression est plus manifeste que les causes qui les déclenchent ou que les subtiles alchimies de leurs élaborations : c’est le cas des explosions de joie, de peines, et de « l’érection » - que l’on peut appeler « expression érotique » lorsque les circonstances d’apparition de ce qui est subjectivement éprouvé témoignent de leur effet causal.

Sinon l’observateur extérieur non avisé pourrait aussi bien n’y voir qu’un priapisme,bien qu’un examen soigneux puisse faire la différence.

 

Autrement dit, les apparences peuvent toujours être trompeuses, aussi bien dans le sexe masculin que dans le sexe féminin,  et aussi bien dans le sens d’une expression que de sa négation.

Cette « dérogation à la sincérité » aura été depuis toujours exploitée au cours de l’histoire – mais pourrait le devenir peut-être de plus en plus, en liaison, comme c’est souvent le cas du mensonge chez l’homme, avec le commerce et l’industrie, dans tous les sens de ces mots.

Le factice n’est cependant pas le propre de l’homme

Mais si l’on connaît assez bien des stratégies de prédation chez les animaux, on sait très peu de choses de ce qu’il en est du factice des sentiments chez eux – sans doute précisément parce que le domaine confine au caché ou à l’imprécision des mots et des choses.

 

Il est peu fait état dans les livres savants – hors grandes sagas mythiques ou bibliques – tant de ce factice que de ce trait d’union entre rêve et réalité, à l’aune de sa fréquence, de son importance théorique, et de ses conséquences.

De ce point de vue, la science scientifique témoigne plutôt de moins de curiosité – ou de plus de prudence - que la science des savants religieux au sens large.

 

Tout particulièrement parmi les états que nous essayons de nommer,  et comme le rappelle Michel Jouvet, l’érection est une caractéristique objectivable socialement et extérieurement au dit « individu » durant son rêve.

Mais l’érection est aussi une manifestation qui, au moment du réveil, du fait de sa prolongation, peut encore témoigner - de façon au moins  aussi assurée que le fugitif souvenir de la scène de rêve qu’elle accompagne –  à la fois de la continuité d’un individu dans un environnement qui change et du passage de ce dernier du rêve à la réalité.

Mais c’est pourtant ce dernier passage qui est le moins assuré puisque, hors électroencéphalogrammes et autres considérations scientifiques, le sujet du vécu pourrait parfaitement être embarrassé pour affirmer qu’il ne passe pas tout simplement d’un rêve à un autre.

De toutes façons, il s’agit bien, dans tous les cas, de « continuité de quelque chose » dont la manifestation physiologique se prolonge au-delà du passage d’un état à  un autre.

Les neurophysiologistes parlent encore très peu de la différence entre rêve et réalité, dont la  continuité physiologique est visible et objectivable, mais dont rien ne permet d’affirmer qu’il s’agit d’autre chose que d’un sentiment. 

 

Il me semble qu’il y a là une articulation extrêmement vive avec cette constatation – j’allais dire cette consternation – que les savants de laboratoire isolent probablement beaucoup trop l’objet de leur étude de l’ensemble dudit monde pour en comprendre justement ce qu’ils cherchent.

Peut-être ne peuvent-ils pas faire autrement.

Il en serait alors de ce sujet comme il en est de certains mirages qui se dérobent d’autant plus qu’on les approche de plus près.

 

 

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6.   « Le sentiment de certitude, les réalités et l’objectivité en  physique »

 

 

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7.    « La vie avant l’œuf »

Au risque de brisures de sophismes et de mouvements perpétuels illusoires, on doit avouer qu’aucune poule n’est jamais sortie d’un œuf qu’elle a pondu !

Comme il y a des clés des songes, il y a des clés de l’évolution.

Tout œuf en effet est à la fois « même » et « autre ».

 

La vie est-elle un phénomène physique et temporel ou une illusion intemporelle ?

Plus simplement, l’objet physique ne pourrait-il pas être lui-même une illusion, ?

Il y a en effet comme une collusion entre les termes « physique » et « temporel », si profondément inséparables qu’on comprend très mal dans quel registre se situe Albert Einstein lorsqu’il déclare en 1955 que « le temps est une formidable illusion » à moins d’entendre par là que la physique toute entière est aussi un formidable objet d’illusion, ce qui alors ne change donc rien à l’étude de l’objet.

Illusion ou non, qu’est-ce que ça change pour faire de la physique ?

Dans les 2 cas, d’une illusion ou non, le phénomène serait-il individuel ou collectif ?

En traiter reviendrait à définir préalablement la notion « d’individu », indépendamment de toute problématique humaine.

Curieusement en effet cette notion « d’in-dividu », et même de [divisions réunies sous forme d’individus] se retrouve à la fois sémantiquement et physiquement, autant dans le règne animal, que dans le règne minéral, alors en son correspondant - parmi beaucoup d’autres – nommé « atome »,  conforme au mot grec de même sens « a-tomo » = « non divisé »,  qui connut un regain de gloire au XX eme siècle chez les physiciens de la physique dite pour l’occasion « atomique », lesquels appelèrent ainsi ce que l’on sait maintenant être un ensemble particulier au sein d’autres ensembles, dont la particularité de pouvoir être explosif lui valut le renom que l’on sait, mais qu’il s’avéra possible de décomposer lui-même en d’autres éléments.

En vérité, il est même devenu difficile de concevoir ce que sont lesdits élément, difficultés qui encadrent en sa totalité tout le champ de la physique. 

 

Physiquement, la découverte tant d’éléments de composition eux-mêmes toujours plus décomposables, que de périodes précises associées à chaque état de chaque partie, rend difficilement pensable que la vie soit apparue en un seul jour.

Il est bien possible que l’apparition physique de la vie ne corresponde pas du tout à cette image si ancrée dans la culture occidentale de l’étincelle (de feu, de foudre et de Zdeus) soudaine et d’où jaillit la vie.

On a même tenté - avec un certain succès - de reproduire l’étincelle au milieu d’acides aminés en laboratoire.

Mais il est bien possible au contraire, que la vie soit apparue si insidieusement qu’il est difficile de dire à quel moment elle est apparue et même difficile aussi de pouvoir séparer en catégories différentes ce qui est vie de ce qui n’est pas vie dans l’univers, au point qu’on pourrait même se demander si tout n’est pas vie dans l’univers.

Une fois de plus, pour se pénétrer du sujet, il faut cesser de séparer lesdites « sciences du vivant » des autres branches de la physique.

En abordant simultanément le sujet par ses deux aspects, sémantique et physique, on pourrait y voir une métaphore exemplaire dans le vocabulaire qui va de la « physique » à « l’embryon » :

1.       « phusis » est « la nature » toute entière, dans laquelle il ne faut jamais oublier le sens de « croissance » qui est le sens fondamental du mot « phusis »

Mais le mot « univers », lui signifie littéralement « tourné vers le un » [4]

2.     Dans le même sens - ou dans un sens contraire suivant le point de vue adopté - « l’embryon » signifie en grec (« em-bruon ») « ce qui pullule » : voir vocabulaire dans cette page 1 clic.

 

En « biologie du développement », nouvelle façon de parler de « l’embryologie », on définit ainsi le passage des organismes unicellulaires aux organismes pluricellulaires – qui définit en même temps le moment d’apparition de « l’œuf », dont hériteront tous les animaux évolués et l’être humain.

Le principe fonctionnel semble en être la dévolution à certaines cellules du rôle d’en nourrir d’autres par complexification des rôles cellulaires, apparition de la gastrula - donnant naissance à une bouche et un anus, etc.

Mais la gastrula elle-même n’est certainement pas apparue en un jour et a nécessairement du être préparée.

Ce disant, on ne fait rien d’autre que jalonner de « tempos » un très long parcours déjà très avancé chez les organismes unicellulaires.

En effet, ces premiers organismes unicellulaires, apparus il y a presque un milliard d’années, sont déjà des organismes très composites, faits d’éléments fonctionnels multiples et différenciés.

Le même raisonnement pourrait être longtemps poursuivi sans peine – peut-être ad infinitum - en passant en revue toute l’histoire connue de l’univers jusqu’à l’atome et aux composants connus de l’atome…

Prétendre alors qu’il s’agit pour nous de dimensions si immenses et/ou si minuscules qu’on n’y peut rien saisir, n’apparaît alors que comme une question dont le réponse résiderait en la mise en œuvres de protocoles expérimentaux difficiles, mais sans lesquels rien ne peut être affirmé.

Quoiqu’il en soit, on saisit ici dans la nature la patiente poursuite d’une fonction d’assemblage, en entités de plus en plus complexes, passant seulement d’une forme de vie à une autre, du point de vue de la vie.

Mais comment ne pas se dire alors que la vie y a peut-être été présente dès l’origine – si origine il y eut ?

 

Quant au phénomène de l évolution des espèces, il n’est toujours pas expliqué.

A la lumière de ce qui vient d’être dit, il n’y aurait aucune raison de séparer le sujet de l’ensemble de l’évolution du cosmos.

Une telle séparation aussi imposante vient peut-être de présupposés de nature « moïque » : pendant longtemps les humains ne se sont sentis avoir aucune parenté entre eux ni avec les autres mammifères etc. exactement comme aussi les peuples de l’Antiquité, grecs, latins, germain, etc. ne se sont jamais sentis avoir la moindre parenté linguistique.

Il est possible que l’explication de l’évolution des espèces survienne brusquement comme une évidence à partir de travaux en apparence sans rapports avec le sujet.

On peut ici rappeler qu ‘au XIX éme siècle encore, alors même que les 2 grandes lois de la thermodynamique avaient déjà été énoncées, personne n’imaginait que les radiateurs d’une installation de chauffage central rayonnaient des rayons infra-rouge de photons invisibles de même nature que la lumière visible, que les rayons ultra-violets ou que les rayons X ou gamma qui nous ont toujours traversés cependant...

  

Darwinisme ou non ?

Le darwinisme fait presque parti de notre credo culturel. Cependant, si le mot est partout, son contenu n’est pas toujours entièrement connu.

Ses grands principes sont un mélange de métaphysique, d’observations et de déductions invérifiables.

Il semblerait que Darwin ait voulu démontrer l’erreur de la description de la création du monde en 6 jours énoncée dans la Torah.

Ses principes engendrent pourtant des conséquences que tout semble contredire, dont l’une des plus prégnantes est peut-être l’énonciation de l’inégalité des races dans « the descent of man », races parmi lesquelles la race blanche serait la race supérieure, qui pour cette raison serait appelée à dominer le monde. Cette théorie aura présidé à la fondation de la « Société d’Hygiène Raciale » de Berlin en 1905 et du courant qui alimentera certaines idées d’Hitler exposées dans son livre « Mein Kampf ».

Je ne sais si l’on pourrait dire que l’échec hitlérien est un démenti apporté au darwinisme.

Paradoxalement,  ces chapitres de Darwin eurent moins d’échos en Angleterre, son propre pays.

 

Au fond des choses, comment confirmer ou infirmer une théorie qui fait appel au hasard et met en jeu une telle infinité de paramètres ou hypothèses qu’il est impensable de jamais pouvoir les dénombrer un jour faute de pouvoir jamais être sûr de n’en ignorer aucun ?

Le mécanisme de l’évolution des espèces selon Darwin comporte 2 temps, dont le second est premier dans l’explication :

Þ    Ce second temps est « la sélection naturelle », qui est « la lutte pour la vie », « the struggle for life », qui ne laisse vivre que les animaux les plus forts - ce que dément la moindre observation, puisque aucun lion n’a jamais épuisé un troupeau de gnous, ni l’inverse, et que l’apparition des éléphants n’a pas mit fin à l’omniprésence des bactéries.

Quant aux plantes, leur moindre connaissance nous montre toujours que là où une espèce pousse bien,  c’est toujours là qu’il existe la plus grandes variété de sous-espèces qui ne s’excluent pas : Là où le thé pousse bien, c’est là qu’on en trouve la plus grande variété.

J’ai vraiment beaucoup de peine à comprendre comment tant de gens ont toujours plein la bouche de Darwin et darwinisme.

On ne peut apparemment penser la nature qu’en terme d ‘équilibre sans cesse remis en cause, mais plutôt basé sur des complémentarités, allant jusqu’à leur absolu besoin dans les cas que l’on appelle « vie en symbiose » ou de « saprophytose »

Finalement, la régulation n’est pas l’évolution, mais au contraire une stabilisation d’un écosysteme, bien qu’une nouvelle différentiation dans l’évolution puisse être une solution apportée à une « poussée expansionniste » car, à ce moment là, la meilleure solution peut être dans la diversification.

Þ    Pour Darwin, la réussite de ce second temps sera décidée par un premier temps qui fournit en quelque sorte le matériel, la « chair » Voilà et ce premier temps, cette production sera le résultat du hasard, des mutations sélectionnée par la lutte.

Là, dans la lutte, on ne saurait être systématiquement darwinien ni antidarwinien : Tout se voit.

En suivant radicalement la conception darwinienne, on concevrait davantage la lutte comme « une guerre civile » que comme une lutte entre des espèces qui précisément ne se dérangent pas si elles sont diverses.

En ce sens, « the struggle for life » serait davantage concevable comme la régulation d’un conservatisme contraire à l’évolution.

 

Þ    Premier point : La sélection. C’est l’axiome du darwinisme proprement dit.

Cette conception théorique de Darwin peut apparaître - plus que toute  autre peut-être - du type d’une « projection anthropomorphique »

N’aurait-il fait alors que réserver aux plantes et aux animaux l’exclusive de mécanismes de pensées auparavant projetées aussi sur les dieux ?

Mais c’est évidement trop dire car ce darwinisme combattant ne peut en aucun cas expliquer le foisonnement de vie sur terre, et finalement ne peut guère s’appliquer qu’à l’homme et même particulièrement à l’homme moderne et récent, combat qui par la théorie s’en trouva peut-être renforcé.

La question, qui n’est pas neuve, ne fait que se faire plus pressante au fur et à mesure que la puissance de destruction humaine croît : « Pourquoi dans la nature, l’homme apparaît-il comme étant le seul parmi les autres animaux a manifester si massivement sa violence au sein même de son espèce ? »

A l’instar de feu le psychanalyste Jacques Lacan, nous y répondons par les questions de l’identification, de l’image spéculaire, du miroir (cf. décussation) mais rien n’empêche qu’il y ait d’autres choses à en dire.

 

En biologie, quand on parle de la répartition du pelage ou des plumes, on décrit autant de mécanismes inhibiteurs que de mécanismes activateurs pour harmoniser le développement.  On n’a pourtant pas l’habitude de parler de « combat » sinon plutôt de régulation.

Même les mouvements des spermatozoïdes ne sont plus vus aujourd’hui en terme de compétition, mais plutôt en terme de stratégies ou synergies de groupes, etc.

La vie implique des reconnaissances et des sélections à toutes les étapes : Sans reconnaissance et sélection il n’y aurait aucune différenciation, donc aucune vie.

A l’intérieur même d’un organisme, et même à l’intérieur des cellules de cet organisme, il existe des protéines activatrices et d’autres inhibitrices permettant de différencier la tête de la queue, etc. Mais une telle sélection (naturelle) qui se fait par des mécanismes d’inhibition ressemble davantage à une porte fermée qu’à un meurtre, car il  n’y a aucune destruction d’aucun concurrent.

Il existe aussi des mécanismes de ménage qui nécessitent la sélection d’organites à conserver et d’autres à éliminer. Il n’y a là qu’un simple travail de nettoyage.

Le dimorphisme sexuel est un codage de reconnaissance et de sélection, à la fois des fonctionnalités dévolues et des nécessités de reproduction, qui couvre un champ qui va des dimensions atomiques aux dimensions animales telles que nous les côtoyons.

 

Þ    Second point devant rendre possible le premier : Le hasard. Ce second point n’a reçu un long développement – qui n’est pas terminé - q’après Darwin, de façon à rendre plausible le darwinisme.

Pour rendre possible l’axiome darwinien de la sélection, il faut qu’il y ait choix.

Pour qu’il y ait choix, on fait appel à la présentation du hasard.

Pour qu’il y ait hasard, on fait appel à la question des mutations, bien que l’on n’ait jamais prouvé que les mutations baignent dans les océans du hasard – sinon en faisant appel aux dimensions elles aussi axiomatiques de l’infini, dans les calculs probabilistes.

On sait qu’on peut en induire, de types plus ou moins variés, et par des moyens divers : radiations, produits chimiques, etc.

Les résultats semblent généralement plutôt défavorables à l’espèce. Mais rien ne dit que ce que l’on pense être des  « mutations spontanées » obéisse aux même règles que les mutations que l’on sait induire (mais non pas diriger), ni que les mutations dites « spontanées » n’obéissent pas à des enchaînements qui nous échappent totalement.

 

Mais surtout, il me semble qu’en physiologie humaine et animale – et donc en médecine - on peut ajouter en général et à notre échelle pour être prudent et ne froisser personne – les choses ne doivent pas grand chose au hasard :

On entend souvent dire que « la médecine n’est pas une science exacte ! »

Or, en médecine, comme ailleurs et dans note monde, 2 et 3 font 5 et une tête coupée ne repousse pas.

Les mauvais résultats de la médecine dans l’ensemble tiennent à d’autres raisons : A savoir que l’erreur est humaine (ce qui ne veut pas dire due au hasard), l’ignorance, la bêtise, la fanfaronnade, et bien sûr la mauvaise foi le sont aussi.

La physique quantique, elle, qui repose sur des probabilités, est une autre question qui n’intervient guère lorsque l’on conduit un homme à l’échafaud.

Mais, même en physique quantique le mot hasard n’a nullement le sens de « n’importe quoi ».

 

En résumé cette théorie de la sélection naturelle me semble fantaisiste et les arguments en sont si nombreux que je ne les reproduis pas ici.

Si tant est encore qu’elle soit propre à l’homme, peut-on encore l’appeler naturelle ?

Pour sûr, on ne peut pas dire qu’elle présida au développement des premiers temps de l’univers théorisés en « big-bang » puisque alors il n’avait n’aurait eu ni sélection ni prédateur.

Elle ne peut pas non plus expliquer l’apparition de la vie, pour les mêmes raisons.

Et il en va ainsi de suite jusque dans les moindres détails.

 

Bref, la réalisation du « surhomme » ni du « bébé à la carte » ne sont non plus encore pour maintenant.

On arrive par contre assez facilement à produire des chimères très rapidement létales.

Plus intéressantes sont les perspectives thérapeutiques : on pourrait peut-être bientôt savoir réparer un œuf… du moins de mouche drosophile.

 

Contrairement à ce que pourraient laisser penser certaines vulgarisations, un œuf et un spermatozoïde occupent des fonctions, qui sont tout sauf équivalentes ou symétriques.

C’est l’œuf qui met en place les grandes structures de la forme future de l’embryon – et non pas le spermatozoïde - et il peut même le faire avant la fécondation.

Le développement de la vie à partir d’un œuf non fécondé est très fréquent chez les amphibiens (« parthéno-génèse ; du grec parthenos = vierge ») et ne produit que des femelles.

Par contre le développement d’un spermatozoïde seul et isolé n’a jamais été constaté, même dans les espèces qui se reproduisent à partir de spermatozoïdes produits presque en proportion de un spermatozoïde pour un ovule.

Mais même appariés avec des ovules un pour un, les spermatozoïdes ne sont pas comparables aux ovules, de même que les cycles ovariens et les réceptivités des femelles n’ont aucun correspondant masculin.

Il est étrange que nos physio-crates contemporains s’expriment si souvent sur ce sujet comme de fallacieux mixo-crates !

 

Þ    Sur le plan philosophique :  Il est permis de se demander ce que signifie vraiment le mot « vie » dans l’histoire des espèces : La fonction des ovules et des spermatozoïdes est de transmettre la vie de façon héréditaire. Mais un ovule et un spermatozoïde sont-ils en vie ? Il est admis que ce sont des cellules vivantes et mobiles puisqu’on peut même dire que beaucoup ne survivront pas. Mais lorsqu’il y a fécondation, et fabrication d’un embryon, comment appeler ce que sont devenues ces 2 cellules – qui justement sont celles qui survivent - puisque à la fois elles survivent en « donnant la vie » et à la fois elles ne sont plus du tout elle-mêmes.

La question est d’ailleurs la même presque à chaque instant pour chaque atome de matière.

 

Þ    Des questions : Au final l’observation constate, mais aucune théorie de l’évolution n’a encore jamais pu être prouvée, ni même expliqué ce que sont les concepts de vie et d’évolution.

Quoiqu’il en soit de nombreuses questions persistent :

Une des plus intéressantes est celle de l’évolution continue  « transgénérationnelle » (celle qui va dans le même sens, génération après génération) Les chercheurs bien souvent n’expliquent pas comment une « forme dite intermédiaire » peut présenter une « supériorité » au sens darwinien du terme. Au contraire, de telles formes peuvent présenter une vulnérabilité, même si la forme aboutie très longtemps plus tard pourra apporter une réelle et solide innovation.

C’est du point de vue de la vulnérabilité un peu la même question que celle du fragile embryon, ou « du petit », mais « à l’état adulte »

D’autres interrogations sont les liens qui existent entre les cellules germinales et les cellules somatiques ; la transmission des caractères acquis ; la réponse que donne la nature à de nouveaux problèmes imprévisibles qu’elle apporte avec le temps, etc.

Toutes ces questions restent encore sans réponse.

Il me semble probable que les explications devront tenir compte d’ensembles, voire de la nature toute entière, et non seulement de spécimens unitaires comme on les étudie au laboratoire.

Le sujet prend un regain d’intérêt avec les modifications humaines [5] attendues des nouvelles technologies.

Un intéressant passage tiré du livre : « Biologie du développement » de Lewis  Wolpert ; édition Dunod ; 2017, p. 648, concernant l’évolution du maxillaire inférieur et de l’oreille chez les mammifères pourra provisoirement refermer ce paragraphe en montrant la modestie des chercheurs à cet égard sur ce point théorique de l’évolution des espèces :

 

 

De façon positiviste, il serait donc peut-être bien plus intéressant de s’intéresser aux faits avant la théorie.

Ainsi, on peut suivre l’évolution d’un organisme depuis sa phase monocellulaire - tel que l’est le zygote d’un œuf venant d’être fécondé – jusqu’à l’apparition de l’organismes évolué, ayant impliqué plusieurs mécanismes, tous génétiquement codé, tels la formation du patron, la morphogénèse, la différenciation cellulaire et la croissance sous forme de grossissement, ou de multiplication, out d’accumulations extracellulaires.

Comme on le dit, l’embryogenèse résume la phylogenèse, ce qui est dire  que l’on peut trouver une analogie entre toutes les pièces et les étapes qui mènent à la formation d’un « individu » (comme on l’appelle de façon arbitraire et même projective) adulte, et toutes les pièces et les étapes qui mènent à la formation du monde animal en son entier.

Cependant, on peut se demander encore s’il n’est pas possible que des mécanismes communs président à la formation de l’un et de l’autre.

Une telle confirmation serait féconde, parce qu’on pourrait alors étudier la possibilité de déduire des mécanismes organisateurs de l’un pour les rapporter à l’autre et réciproquement.

 

Þ    Communications inter-individuelles  : Et puisque l’origine de cette page est mon interrogation sur « l’existence et le comment des communications inter-individuelles » on pourrait alors être tenté de les comparer aux « communications intercellulaires » entre les cellules d’un organisme lui-même connu.

On sait que ces communications entre cellules sont variées. Pour les contacts de proximité 1) par l’intermédiaure de l’espace extra-cellulaire, 2) par contact, 3) ou par passage direct ; Mais il y a aussi des contacts très divers à distance.

Mais un tel raisonnement par analogie nécessiterait de répondre au préalable à la question la plus difficile : Quelle analogie existe-t-il entre le milieu intérieur séparant 2 cellules du corps d’un animal et le monde extérieur séparant 2 animaux ?

 

Une association d’idées me vient à l’esprit comme « naturellement » bien qu’elle soit hors de mon sujet au sens strict, mais elle me vient quand même à l’esprit.

C’est celle du « monde atomique » de Rutherford qui lui apparut tout d’abord semblable à « un système planétaire en petit »  Il comprit rapidement son erreur.

Þ    Dans le cas de l’atome, c’est ce dernier qui apporta avec lui une certaine idée d’insaisissabilité, rapportée à l’assurance de la physique newtonienne alors.

Mais est-il bien sûr que la physique planétaire soit aussi saisissable que ce que l’on se croit en droit de déduire chaque matin du lever du jour ?

Dans le cas de la « communication entre deux individus », comparée aux « communications cellulaires » c’est la première dont la mécanique paraît insaisissable - au point que, bien qu’on ne l’étudie jamais, elle soit au cœur de tout ce qui se subsume actuellement sous l’extension *.psy - mais il se pourrait aussi que l’on découvre un jour dans les communications cellulaires tout autant de ce « mystérieux psychisme » que dans ce que l’on imagine propre aux « individus constitués », lequel reste à l’heure actuelle aussi dérangeant que le fut « l’éther » dans l’élaboration einsteinienne ! 

 

 

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8.   « Métaphore et métamorphose »

 

La métaphore est une figure de style : Par exemple en parlant d’un homme rusé : « Le renard (= cet homme) a dit que.. » Ce n’est rien d’autre que la substitution d’un signifiant par un autre.

La métaphore est, avec la métonymie, à la base du langage.

La métamorphose est la transformation d’une forme matérielle.

Les métamorphoses sont en définitive la chose la plus présente et banale qui soit dans la nature en permanence (la larve du papillon devient chrysalide, etc.)

Mais pour décrire une métamorphose, il nous faut utiliser une façon de dire, « une enveloppe », par exemple : « La chose X est devenue la chose Y »

On peut aussi dessiner quelque chose,  sans que l’enveloppe n’ait nécessairement le moindre lien obligé avec la réalité : Les correspondance peuvent être arbitrairement choisies.

Les métaphores (substitutions de termes) sont des métamorphoses de pensée.

 

Dans un roman l’effet recherché par la métaphore peut être  la surprise : les Métamorphoses d’Ovide, L’âne d’or d’Apulée, etc.

Mais elle est aussi présente dans toutes les descriptions de la nature, telles que le font les livres de botanique ou d’embryologie animale.

Pourtant dans le langage populaire, les métamorphoses sont « de l’alchimie », mot dévalorisant dans le sens alors employé, telle la transformation du plomb en or, etc. car les pensées populaires sont ce qu’on appelle « le bon sens » enseigné.

 

La science des atomistes n’a pas encore produit quelque chose qui soit équivalent au passage de la larve en chrysalide, puis à la fin, en papillon (ni même en inventions domestiques) mais elle excelle en destructions.

 

Peut-être vaut-elle davantage par sa pensée que par ses réalisations.

La valeur de sa pensée quand elle se manifeste, se situe surtout dans la démystification, la désillusion.

Les « atomistes » comme Démocrite - à ce qu’en rapporte Sextus Empiricus - n’ont jamais dit rien d’autre que dans ce sens :

 « Nόμωι γάρ φησι γλυκύ καί νόμοωι πικρόν νόμοωι θερμόν νόμοωι ψυχόν νόμοωι χρομή  ετεήι δέ άτομα καί κενόν » :

«  Convention que le doux, convention que l’amer, convention que le chaud, convention que le froid, convention que la couleur ; et en réalité : les atomes et le vide »

(On remarquera que le champ sémantique du mot grec « Nomos » employé ici est considérable : partage territorial ; district (=> nomade) ; coutume, opinion ; etc. »)

 

Depuis Démocrite, ces conventions n’ont pas changé, mais le champ sémantique des « atomes » - qui ne sont rien d’autre que des pièces unitaires aperçues, reconnues et nommées, discontinues - a été repoussé.

Pourquoi et comment ?

La matière est tout à fait sécable, peut-être ad infinitum, mais on en définit des objets – qui entretiennent entre eux des rapports très divers, d’emboîtements, de combinaisons, mais une chose demeure, c’est « la nomination des signifiants », qui, même si elle change de langue, reste indivisible, elle, tant qu’elle existe.

Toute division produit bien davantage que les seules choses divisées : La division !

L’opération de nomination et celle de la découverte sont alors liées.

 

On saisit là la différence entre un chiffre et un nombre : Un chiffre est divisible, mais un nombre ne l’est pas.

Les appellations sont arbitraires, mais si on a appelé notre année l’an 2018, c’est un nombre composé de chiffres, et l’année restera numérotée, et on ne pourra pas dire au milieu de l’année qu’on est en l’an 2018/2 =  1009 !

Mais les noms ne valent que de l’usage qu’on en fait - et même n’obéissent qu’aux lois qu’on leur donne.

 

Je me souviens avoir fait une présentation devant un de mes bons maîtres : «  Comme l’enfant crée, crie, crayonne … sur une face, une surface, pas encore une façade… »

Et c’est ainsi que chacun construit son monde.

C’est ainsi aussi que se construit le délire.

C’est ici que le délire est souvent une excellente guérison…

Mais guérison de quoi ? De la vie ? Car enfin, il n’y a aucune maladie avant cette guérison (qu’est le délire) qui est couramment appelée maladie !

Et ce que l’un appelle délire est loin d’être toujours une maladie.

Maladie et guérison peuvent aussi être simultanés : La grippe est la guérison de la grippe, et mieux encore, la grippe vaccine contre la grippe : Quant tout se passe au mieux, l’état vacciné remplace alors la sensibilité primaire.

Mais est-ce la vie qui serait prise pour une maladie - sexuellement transmissible ? Ces banalités humoristiques du bon sens commun sont pourtant celles dont proviennent nos institutions et nos lois.

Pourrait-il en être autrement [6] ?

 

« Entre délire et débilité, on n’a que le choix ! » (cf. dans ce site, in : « page décussation ») : Mais s’agit-il d’un choix ?

La réponse à cette question est affaire de mot ou de foi : même sens si l’on ne croit qu’au mot.

Je pense ici au « Discours de la servitude volontaire » d’Etienne de la Boétie, grand ami de Montaigne : Quel sens donner au mot volontaire ? On ne peut que se perdre en conjectures sur le sens du mot volontaire.

Souvent, on tente de s’engager [ le « s’ » = « sa volonté »] « un peu » - « moitié-moitié » - mais comme chaque moitié engage la totalité de l’être, il y a alors deux êtres : Tout le monde est alors un « Docteur Jekyll et Mister Hyde » voire plusieurs.

Les ignorants parlent de schizophrénie : C’est absurde car il ne peut pas exister « d’esprit divisé » !

Plus encore que l’atome des philosophes, l’esprit est insécable – ce n’est d’ailleurs que de l’esprit, que l’atome tient son indivisibilité - et il y a alors deux esprits - ou davantage – chacun entier : principe de superposition.

 

Quoi qu’il en soit, comme se le demande Michel Jouvet, quel est cet aspect de l’esprit – un des moins bien compris – que l’on appelle l’éveil ?

 

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  9. L’esprit, l’objet et Heinsenberg

 

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  10. L’homme glial

 

D’abord le livre très important de Bernard Zalc : Mars 2016:

 

 

Puis :

 

 

Ce livre comporte globalement deux sujets, dont j’ai l’impression que chacun correspond à un auteur, mais il y a aussi des mélanges.

Il est dommage que les pages ne soient pas signées individuellement, reproche que je fais souvent aux livres soi-disant écrits « en collaboration »

Après un siècle d’oubli (imputable au fait que seuls les neurones sont électriquement visibles) la névroglie est remise en valeur :

Le rôle des astrocytes est dégagé dans plusieurs fonctions : les rythmes circadiens, la mémorisation (des astrocytes humains greffés dans des cerveaux de souriceaux leur apporte de meilleures performances aux tests de mémorisation - anthropo-théisme !)

Les auteurs dégagent une unité fonctionnelle tripartite - une trinité: « Neurones, astrocytes, capillaires » ; En fait, on pourrait même y voir une multitude d’éléments si l’on considère que l’important n’est pas le capillaire, mais tout ce qu’il transporte… etc.

Et voilà : Pour nous, c’est ici que se profile l’idée que c’est le signifiant qui est insécable (non abordée dans le livre)

La question du « un » et de « la conscience » est évoquée  p. 96-97 :

 

« La conscience serait-elle gliale?

La plus complexe et la plus élevée des fonctions men­tales de l'homme, la conscience, a autant de définitions que d'auteurs spécialistes du domaine.

- La conscience, est-ce l'accès à la représentation mentale?

- La capacité pour un individu d'interagir avec un environnement qui change en permanence?

- L'aptitude à « rapporter à soi » ?

- La pensée sur une pensée, sur une perception ou une action, sur soi-même?

Quoi qu'il en soit, le cerveau conscient est celui qui est capable de traiter une multitude d'informations afférentes de manière unifiée, alors même que ces informations sont parcel1isées d'une façon apparemment incompréhensible.

Cette masse d'informations doit être intégrée quelque part dans le cerveau de façon à constituer in corpus mental cohérent. Or, même si la partie antérieure du cerveau, le cortex frontal, joue manifestement un rôle essentiel pour gérer la fonction de conscience, les entités anatomiques responsables, probablement distribuées de manière complexe, ont le devoir de « lier » les informations entre elles - ce qu'on appelle le binding - pour générer de la conscience.

Quels sont alors les éléments cellulaires du cerveau capables d'assurer la liaison de l'ensemble de ces informations ?

Sont-ce les neurones ?

C'est possible, mais quelle que soit la complexité des innombrables afférences et efférences neuronales, le che­minement de ces informations est plutôt stéréotypé si l'on s'en tient à la description anatomique et physico-chimique des neu­rones.

A côté des neurones, les astrocytes, présents en masse, reçoivent une copie. des informations sensorielles.

Ne sont-ce pas d’excellents candidats puisque chacun d'entre eux englobe plusieurs dizaines ou centaines de milliers de terminaisons ner­veuses et a la propriété de produire des vagues calciques lentes, capables d'assurer l'intégration et la synchronisation de toutes les informations neuronales ?

Comment assurer la spécificité d’un signal dans ce capharnaüm neuronal s'il n'y avait pas cette capacité d'intégration qu'ont les astrocytes organisés en syncytium? Malgré les progrès remarquables de la psycho­logie moderne, notamment grâce aux méthodes d'imagerie cérébrale, il faut dire et redire qu'on ne sait toujours pas répondre à des questions aussi fascinantes que : Comment donner du sens à notre monde et nous-même?

Ou : Quel est le fondement physiologique de notre «soi»?

Toutefois, la présence des astrocytes est possiblement ou probablement une condition nécessaire pour expliquer le fait « d'être conscient », même si elle n'est pas suffisante. »

 

Une coïncidence linguistique est amusante ici : En anglais « To bind = lier, attacher », même sens que « o gloios (prononcer glios) = glu, colle » en grec.

Mais il se méfier des pièges du langage comme des pièges à mouches – et qui plus est dans toutes les langues « le gluant » est insaisissable J !

Mais ce paragraphe pose surtout une question physiologique : le « binding » reste un mot.

Il est impossible de relier l’unification mentale qui serait le propre de la conscience à une unification anatomique ou physiologique quelconque :

1.       Pas plus à celle du « tsunami calcique » propre aux astrocytes

2.     Qu’à celle des « hyper-synchronisations des ondes électriques » propres aux neurones :

-         hypersynchronisation des « ondes lentes » du sommeil sans rêve,

-         ou des « spike-waves ; pointes-ondes » des états épileptiques, puisque précisément la conscience n’existe pas durant ces deux états.

Au contraire, la conscience est constatée durant les états de désynchronisations rapides qui sont le propre

-         de l’Eveil (éveillé)

-         et du rêve durant le Sommeil (éveil) Paradoxal.

 

Ce livre rappelle la stimulation de la neurogénèse dans l’hippocampe par certains antidépresseurs, mais ne fait qu’effleurer la pharmacologie des astrocytes – et qui connaît à ce jour les effets sur les astrocytes de la dihydroergotamine - aujourd’hui supprimée du marché ?

Albert Hofmann (disparu en 2008) avait appelé le L.S.D. « psycho-vitamine » !

 

 

Notes de bas de page :



[1] Choix :

Apres avoir pensé que le secret de l’évolution résidait dans la lutte pour le vie (the struggle for life) Darwin en vint à la remplacer par la sexualité

Dieu seul sait quelles mystérieuses attractions déterminent les choix des plantes ou des animaux.

Mais on peut supposer, à défaut d’en savoir davantage que la sexualité est au moins un moyen.

 Mais ce qui paraît bien être le plus déterminant chez l’homme est loin d’avoir été généralement – du moins jusqu’à l’heure des fécondations artificielles - « l’intelligence », si tant est que ce mot ait un sens !

 

Enfantement

Le mystère que représente l’homme pour l’homme semble comme corrélé avec cette période d’amnésie de la conscience qui va de sa conception à son acquisition du langage.

L’enfantement couvre en réalité toute cette période (in utero et extra utero), et, en ce sens, on pourrait dire plaisamment que l'homme est presque un faux marsupiaux, car toute la période de l'allaitement (qui est même chez certaines femmes cause d'orgasme) fait aussi partie de l’enfantement.(in-fans = non parlant)

Mais une partie de l’humanité au moins a peu à peu accordé un statut extraordinaire à l’enfantement : On a déifié l’enfant, vénéré l’enfant-dieu, et le bébé – équivalent phallique aussi pour les psychanalystes – est de ce fait devenu tabou, et l’ambivalence de toute une société à l’égard de la procréation prend maintenant des tours surprenants : Une sorte de « sexy-tivité » de la femme peut paradoxalement en devenir « le cache-sexe », et comme telle, (comme chez le fétichiste), celle-ci peut aller jusqu’à remplacer toute procréation.

 

[2] Le mot « création » :

Ni darwinienne (pour Charles Darwin : « sélection parmi des mutations aléatoires ») ni lamarkienne (pour Lamarck « c’est l’environnement qui induit ») la nature prévoit, programme, et crée.

Mais « les bien pensant » de la laïcité se refusent à employer le mot « création » parce qu’il a des relents de catholicité qu’ils ne supportent pas.

Mais ils ne sont nullement gênés de parler d’une « nature universelle », parce qu’ils oublient que le mot « universel » en vogue à l’époque des « Lumières » est la traduction du mot grec « catholicos », et que le mot « dieu » est le sens du mot « lumière ».

 

[3] « Mignonne allons voir si la rose… » :

Il y a peu : insupportable infatuation d’un pseudo-savant à la TV

Le pseudo-savant faisait découvrir la beauté d’une fleur encore fermée et expliquait qu’elle allait s’ouvrir sous l’effet du soleil :

Faux ! La fleur ferait la même chose dans un placard !

 

[4] Univers = « tourné vers le Un » :

Ce mot employé pour désigner, depuis les sciences de l’astrophysique jusqu’en nos plus rayonnants concours de parures de la féminité, est de plusieurs façons au cœur de notre propos : Miss Univers « est » l’Univers incorporé.

La culture fascinée par la merveille de la nature – un piège tendu par la nature à la raison, selon Voltaire – mais divinisée pour un instant de trêve.

Si Sophocle avait connu Miss Univers, je crois qu’il aurait écrit encore une pièce de théâtre –  même après ses 90 ans…

Je pense à « l’incarnation de la Raison universelle » - célébrée religieusement le 10 novembre 1793 à Notre Dame de Paris – notre dame Isis, peut-être : clic  et la Convention avait établi qu’elle serait fêtée tous les ans.

Mais le mot « univers » ne dit pas « qui ni quoi est tourné vers le un »

Or que serait l’observé s’il n’y avait pas d’observateur ?

N’est-ce pas l’observé qui est une « fonction unifiante » pour l’observateur qui en deviendrait ainsi un « individu » ?

Et n’est ce pas ce même univers qui est censé « capter » les psychés (le mot univers a incontestablement une valeur sacrée) de chacun des individus ?

Chaque individu s’unifie par ce qu’il voit en tant qu’individu éveillé et chacun a alors un seul monde… Quand bien même ce monde serait le même pour tout le monde.

C’est alors exactement ainsi qu’on a toujours décrit le comportement des foules hypnotisées par le leader.

L’éveil un rêve orienté ?

 

[5] Modifier l’homme ?

Y a-t-il plus à craindre à le modifier qu’à ne pas le modifier ?

 

[6] La place dévorante de la psychiatrie : un excès français.

Le problème d’une certaine perversion du système institutionnel  français récent tient dans les contradictions de sa construction – peut-être même dans le dévoiement de cette construction - qu’on a déclarée « issue des Lumières des idéologues »

(Cf. Les parties historiques de la présente étude)

Cette psychiatrie de contrainte qui devait avoir un rôle exceptionnel (lois d’exception) est maintenant présente presque partout.

Et les lois d’exception – issues de / ou associées à / son paradigme – deviennent de plus en plus ubiquitaires.

Je me répète tant je crois la chose importante - au vu du désarroi de notre société dans presque toutes les branches de ses activités, trop souvent entravée en pratique par des peurs liées aux réalités de l’arbitraire, tant dans le laisser faire que dans le châtiment.

Que l’on me réponde qu’une telle rhétorique est aujourd’hui mondiale, je répondrais que la raison en est bien peut-être qu’au XIX ème siècle, il fut un temps où les séductions de  la pensée française exercèrent un rayonnement considérable.

Citons :

1.      L’institution d’une laïcité qui tient lieu de Credo mais qui ne respecte pas ses propres dogmes ;

2.      Une psychiatrie qui y prend une fonction de sa prêtrise religieuse (prêtrise de cette laïcité) - fonction par ailleurs déniée – mais qui, loin d’être séparée des fonctions de l’Etat, est au contraire directement dirigée par l’exécutif :

3.      Un pouvoir exécutif arbitraire qui étend chaque jour ses ramifications – très souvent mêlées ou calquées sur les législations de la psychiatrie - mais  appliquées à d’autres sujets - et prend le pas sur une justice qui se dérobe ;

4.      Une fétichisation de la fonction du corps des citoyens (Cf. « l’invention de la psychiatrie ») à laquelle s’ajoute un décomptage mathématique égalitariste physiquement abscons.

5.      Un Etat dit de Droit dont personne ne sait ce que cela signifie ni même comment l’écrire ;

6.      Un culte ambivalent voué à une nature sacralisée – mais que l’on ne craint pas de détruire.

7.      Une nature que l’on fait parler comme un dieu mais à sa guise car ce dieu aurait pour nom une abstraction indéfinie appelée l’Homme, et, dès lors, possiblement incarnée par tout homme.

8.      Une Nature donc finalement dite suprême mais qui ne se soumettrait  plus à ses propres lois - dont les puissants du jour tirent les ficelles.

9.      Des mots qui ne sont plus rattachés à aucune signification claire même dans aucun contexte :

 

En conjonction avec cette remarque, ajoutons que la psychiatrie est de tous les sujets qui touchent à la médecine celui qui touche aussi du plus près au ministère de l’intérieur.

Cela  explique peut-être le peu d’ouvrages et travaux actuels traitant du sujet (contrairement à tous ceux qui avaient suivi de près la proclamation de la loi de 1838) hormis certaines études exceptionnelles comme celles de Philippe Bernardet.

Ajoutons que depuis la séparation de la psychiatrie de la neurologie en 1970, la psychiatrie a été amputée de son lien le plus direct avec la médecine, ce qui ajouterait encore comme cause à la désertification des études constatée *.

Or de telles études ne concerneraient d’abord que « le lit du traitement »

Mais, bien plus et au-delà de ce « lit du traitement » de la psychiatrie, la neurologie elle, reste une immense spécialité en médecine, dont les ramifications pénètrent aussi toutes les autres **.

Mais sa pratique est si délicate - par ses aspects nano-métriques en particulier - qu’elle est restée, jusqu’à il y a peu, dans une grande impuissance thérapeutique, jouissant d’une amère réputation.

Aujourd’hui, du fait de techniques nouvelles, des travaux prometteurs ont déjà abouti, et de grandes avancées laissent désormais espérer de l’avenir plus que cela n’avait encore jamais été le cas.

La neurologie étant à l’évidence – sur le plan médical – l’une des disciplines médicales dont la physiologie mentale serait le plus en droit d’attendre, son exclusion en 1970 - fait déjà paradoxal - n’en apparaît que d’autant plus regrettable.

Par exemple on sait depuis peu que dans de nombreuses pathologies mentales, les cellules de la microglie encéphalique s’arrondissent, traduisant une hyperactivité spécifique, etc. type de fait qui ne peut être interprété significativement que si aucun régime intempestif n’a été appliqué auparavant au patient.

C’est dire que les pathologies sont fines et qu’on ne peut pas les aborder sans précautions.

Au total, toute recherche et considération thérapeutique dans ce champ ne peut être envisagée que dans le cadre d’une médecine dégagée de contraintes tutélaires non nécessaires, d’un champ médical libre et ouvert, d’un engagement et d’une responsabilisation médicale retrouvée et personnellement assumée.

On comprend mal que ces conditions - dont beaucoup d’acteurs, tutélaires, soignants et postulants aux soins, sont parfaitement conscients même s’ils n’en parlent pas – ne soient toujours pas rendues possibles et acquises aux Français.

Dans le cadre d’une approche différente, la psychanalyse requiert les mêmes précautions.

La religion avait un prix ; la laïcité en a un autre ! 

De cet « aperçu de fonctionnement », il résulte des conséquences car Il faut, de toutes institutions, apprécier les résultats.

Soit ici : « La qualité des soins, et leur surveillance » : Le « questionnaire de satisfaction » est une nécessité ***.

Les insatisfactions devraient donner lieu à des investigations systématiques qui – fait essentiel - ne soient pas à la charge du patient.

Ces questions quasiment laissées pratiquement en entier dans l’oubli ne peuvent pas être ignorées et des solutions existent.

La question est d’ailleurs loin de ne concerner que la médecine, mais bien une population entière, dont peu importe l’étendue, en soulignant que le mot laïcité n’est pas synonyme ni de dictature ni de déchéance.

Napoléon voulait restructurer une société qu’il trouva dans l’état de désarroi que l’on sait.

Il déclarait le 5 juin 1800 au clergé de Milan stupéfait : « Nulle Société ne peut subsister sans morale, il n’y a pas de bonne morale sans religion, etc. »

Le paraphrasant dans notre nouvelle époque, on pourrait formuler : « Il n’y a pas de bonne médecine sans bonne moralité… » et pour en excuser le prix, ajouter : « La religion avait un prix ; la laïcité en a un autre ! »

Notes de cette note :

*J’ai déjà décrit ailleurs (in : « Mai 1968 pour la psychiatrie ») les effets pervers inattendus de l’idéologie pourtant généreuse mais physiologiquement aberrante du « c’est la culture qui fait l’homme » Les effets de cette même doctrine grèveront aussi les « mouvements de libération de la femme » Le pouvoir exécutif s’est alors trouvé embarrassé d’avoir à gérer de nouvelles situations qui ne relevaient auparavant pas de lui et chercha à les gérer en s’entourant de psychologues toujours dans le sillage de cette même doctrine… maintenant enseignée aux enfants de plus en plus jeunes.

** NB : Bien entendu on est très loin de n’entendre par « neurologie » que l’encéphale ou les seuls neurones, sémantiquement assimilés bien à tort dans le langage populaire à l’intelligence.

Il y a aussi « les astrocytes » (cf. « L’homme glial » de Yves Agid et Pierre Magistretti ; Odile Jacob ; 15 rue Soufflot 75005 Paris ; février 2018) et aussi, ce bien davantage qui confine à « l’a-peiron » (= l’illimité) des atomistes de l’Antiquité grecque.

*** Tout le monde connaît les Etats Généraux de 1789, mais l’Ancien Régime connaissait aussi les Etats Particuliers, les lettres et les cahiers de doléances, qui permettaient à la monarchie de connaître les vœux d’un peuple dans lequel chaque personne, dans les trois classes, pouvait à l’occasion s’exprimer. Voir le web.

 

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