Vocabulaire

 

« Page I – b »

 

1.      Titre du site

 

2.      plus de vocabulaire

 

3.        Histoire du mot  « psychè »

 

4.        Etude conceptuelle : « Hôtel » et « Autel » 

 

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1. Le titre du site :

 

Le titre de ce site comporte deux parties :

*   La première, « Terres d'asiles psychiatriques , des lieux pour les « non-lieux » des loi » concerne les locaux, lieux des « placements », qui, à l’extrême de la réduction spatiale, dans le cas des « formes ambulatoires » de placement, peuvent devenir, d’une façon excessivement problématique, « le corps du sujet ».

*   La seconde, « la « caution sacrée » concerne plus largement le système législatif, étudié dans ce site, dont  le placement, est une conséquence.

            « Asiles » : Ce titre joue sur une allusion aux « asiles d’accueil pour les réfugiés du monde » de la façon suivante :

Alors même que l’on peut accueillir des « réfugiés persécutés » et donner des papiers à ceux qui n’en ont pas, par une sorte de « mécanisme inverse », nos lois du XIXème siècle ont fabriqué quelque chose qui ressemble à une « privation de papiers », en réalisant, selon les cas, une privation de certains « droits civiques fondamentaux » (d’être jugé[1], de voter, de gérer ses biens, etc. ) et/ou une privation de liberté du fait de « l'internement administratif » pour des personnes appelées « aliénées[2] », aboutissant ainsi à une sorte d’«expulsion vers l’intérieur » du citoyen. Mais ces lieux ont été appelés « Asiles » !

On a alors créé des « Asiles d’Aliénés » pour accueillir cette nouvelle sorte d’«exilés vers l'intérieur ». Mais, qu'est-ce qu'un refuge qui se referme sur le réfugié en même temps que celui-ci est privé de droits civiques qu'il avait auparavant ?

On a aussi voulu et cru pouvoir, avec la création des « asiles » en 1838, donner en même temps à cette institution une fonction soignante. Or, une telle entreprise est une impossible « chimère », car pour « réhabiliter »  un « psychisme », il faut justement ne pas le priver de la « reconnaissance civique ».

Alors que l’entreprise soignante était déjà difficile, cette « subordination» de la « Santé » à « l’Exécutif » condamnait d’avance la Santé, autant probablement que « l’Ordre public » d’apparences auquel on a voulu la rattacher.Alors que les hôpitaux sont un bien éminemment souhaitable, qu'il faut aujourd'hui préserver, ce n'est pas l'existence de ces centres, appelés depuis de mille façons différentes, qui est inacceptable: c'est le statut des personnes et le régime auquel elles sont soumises dans ces lieux :

             « Lieux d'hospitalité » : « Hôpitaux » (= lieux d'hospitalité), « Asiles » (=lieux de non poursuite), c'est le moindre que la société se devrait d'accorder à des personnes nécessiteuses. Mais, bien autres choses sont :

*   la « contrainte policière » et

*   la « dé-judiciarisation » qui conditionnent la vie de nombre de personnes dans ces lieux.

Ainsi, il n'est pas utile de supprimer les « hôpitaux psychiatriques » en continuant à imposer aux personnes les mêmes statuts en d'autres lieux, en voulant les contrôler tout autant et de même façon par toutes sortes de moyens. Rien ne peut remplacer l'élaboration d'un échange entre un nécessiteux et la personne qui se propose de s'occuper de lui. En réalité, c'est le mot « aliéné » et non le mot « asile » qui a déterminé tout le destin que l'on connaît de nos « Asiles d'Aliénés Départementaux ». C'est l'objet de l'étude de ce site.

 

Ainsi, voyons-nous maintenant deux paradoxes,

*   d’une part les « Asiles d’Aliénés » n’ont guère jamais eu de « fonction asilaire » au sens « d’accueil librement recherché », et

*   d’autre part, les « formations » qui en sont issues, sont de plus en plus « ambulatoires », mais avec les mêmes législations de contraintes, au prix de consultations périodiques, et de prises de médications plus ou moins imposées, dans le suivi des contrôles et des soins.

Dans ces conditions, il serait possible aussi de parler seulement de « Terres psychiatriques », en supprimant le mot « Asile ».

Cela aurait l’avantage de faire ressortir à quel point la psychiatrie divise : elle divise non seulement le monde en deux parts:

*   « les terres où s’appliquent les législations psychiatriques dé-judiciarisantes» et

*   « les terres où elles  ne s’appliquent pas », de plus en plus rares, peut-être, dans le monde. D’une certaine façon, dans le monde, plus les religions reculent, plus la psychiatrie avance ! Quel en est le « primum movens » ? Cette constatation nous a longuement porté à réfléchir aux fonctions religieuses dans la régulation sociale.

Plus schématiquement encore on pourrait parler ici de « Terres de psychiatrie » et de « Terres de Justice », comme si l’asile s’était « ouvert » sur les terres, et que, loin qu’il en fut fragilisé, c’est plutôt lui qui s’est étendu à la mesure du territoire.

Mais ce premier clivage ne repose que sur un autre qui le précédait : la psychiatrie clive véritablement les sociétés vivant sur ces terres de « législations d’exception psychiatriques », en deux parts,

*   les « citoyens » pour lesquels l’application de ces législations ne demeure que « potentielle », et

*   les « psychiatrisés » pour lesquels elles sont en application.

 

Ainsi, même si les bâtiments disparaissent, alors qu’en réalité, un bon hôpital est la meilleure des choses, même si les mots changent, même si les fondements sont occultées, les ambiguïtés de la fonction, celles que nous dénonçons ici, pourtant, elles, demeurent, et pour cela, le rappel des origines est quelquefois encore utile. C’est ce rappel que contient le mot « Asile », à la fois plein de promesses aux plus hautes vertus[3], mais rempli aussi de déceptions qui lui ont souvent valu le sens de « perdition ». De fait, la matérialité de « l’asile » n’est plus nécessaire au fonctionnement de la chose.

 

Un peu « d’étymologie » permet parfois de comprendre plus de sens[4], ainsi que l’orthographe « que l’on donne » aux mots :

 

Le mot « Asile » :

en grec « a » est une négation

« sulon »« poursuite »

=> donc « asile » = « sans poursuites »

Le mot « Psychiatrie » :

« psuchè »« âme »

« iatros » = « médecin »

=> donc « psychiatre » = « médecin de l’âme ».

 

Mais le « » du grec classique s’est prononcé « » ensuite et jusqu’à aujourd’hui. C’est pourquoi le « y » français a pour fonction de transcrire le « » grec qui se prononce « », d’où son nom. Ainsi la forme académique de notre titre serait : « Terres d’asyles psychiatriques » mais sa forme phonétique serait : « Terres d’asiles psichiatriques ». Il suffira ici de signaler cette amusante et instructive curiosité avant de se plier à l’usage de mettre un « y » par-ci et un «  i »  par-là.


 

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2. Plus de Vocabulaire

1.       

 

(suite de la page d’accueil) :

 

1.      Avant toute chose, une mise en garde contre, « l’interprétation de ce qui n’est pas dit » ici, et les incompréhensions :

Dévoiler combien un vocabulaire est imprécis et/ou inapproprié (de même qu’une législation –et il peut y avoir un lien entre ces deux faits), ne signifie pas qu’il n’y a pas de malades, mais bien au contraire que les « justes soins » sont recouvert d’une « chape d’à priori » qui entrave l’approche libre et scientifique du « fait médical » (Cf. :   « la chose dont on parle »  : « …il n’est pas possible de faire entrer sans forçage les pathologies de chacun dans des entités morbides préconçue, tant chacun est particulier, et les concepts à ce jour incertains … ». Le concept de « malade » et celui de « maladie » sont des concepts à toujours distinguer, particulièrement en psychiatrie.

 

2.      Le vocabulaire changeant souvent pour désigner des choses qui, même si elles évoluent, restent tributaires de leur origine, il est resté habituel et plus « évocateur»  pour beaucoup de locuteurs de parler encore «d'internement»  à la place «d'hospitalisation sous contrainte», «d'hôpital» à la place d'autres formules, de « préfet » à la place de «commissaire de la république», etc. C'est souvent le cas sur ce site.

 

3.      Les mots de la psychiatrie peuvent quelquefois prêter à confusion. Il faudrait, en fait,

éviter de  parler de « psy- », trois lettres au sens trop incertain (psychothérapies, psychologies, psychanalyses, psychoses, et même psychosomatique…), qui mélangent, plus ou moins intentionnellement :

*   d’une part ce qui est l’objet de contrainte exécutive et ce qui choix individuel,

*   et d’autre part ce qui est du domaine physique (psychosomatique !) et ce qui est du domaine spéculatif.

éviter de parler aussi de « la » ou « des » « psychiatries », sans en préciser le sujet, qui renvoie

► tantôt à des théories écrites dans des « livres » : Ces théories sont multiples et souvent fort incompatibles entre elles, (organicistes, sociales, psychologiques, etc). qu’ils aient été écrits aux XIXème, XX ou XXI èmes siècles.

► tantôt à des « mesures » ou à des « soins » : qui renvoient à des schémas de fonctionnement radicalement différents, et là aussi incompatibles :

« mesures d’internements », qui ne sont pas authentiquement de la médecine

« hospitalisations libres, qui ne sont pas toujours aussi libres que le dit leur appellation

« recherches mondaines », jusqu’à des sens infinis plus ou moins philosophiques

« soins véritables », enfin.

mais préférer parler :

► soit de « pychiatrie-médecine de soins » qui est, quand elle est possible, une « psychiatrie clinique », soumise aux soins du patient, dans une relation duelle et libre.

► soit de « psychiatrie dogmatique et/ou administrative » qui se compose , en fait, de vastes compilations, offrant un panorama qui permet, selon le cas et un choix sélectionné selon une préférence occasionnelle, d’aller du dogme à son exécution, en l’appliquant « à qui » l’on veut soumettre à ses règles. Cette compilation est « la psychiatrie des livres, des hypothèses et des théories », toutes choses ayant leur valeur propre dans des champs bien précis. Parfois ces livres sont entendus dans un sens religieux ou équivalent, (en accord avec le choix originel du mot « psuchè = âme », d’ailleurs), mais qui ne dit jamais vraiment son nom, d’où, quelquefois, le « succès » de ce phonème « psy… » employé dans un sens très vague « jocker et passe-partout ». La qualification de « religieux » n’a pourtant rien d’injurieux, mais sa signification implique un champ d’usage précis.

 

4.      ♥ Autre vocabulaire :

 

Généralités.

      La première chose à faire dans ce que les « journaux » appellent « le débat sur la psychiatrie », serait de savoir de quoi on parle… c’est à dire d’utiliser des mots clairs et compréhensibles, donner des définitions et s’accorder sur les définitions. C’est ce que nous nous appliquons à faire sans cesse. Peu de gens le font. Toute réflexion est pourtant absolument inutile si on ne fait pas ce travail.

      Tout ce vocabulaire peut trouver sa pertinence chez des professionnels de la santé en recherche permanente, et par convention - provisoire - entre membres d'une même école. C'est ainsi que l'on a parlé de "miasmes" ou de "phtisie", ou de "phlogistique" avant la découverte de l'oxygène par Lavoisier.
Ce peut être encore un vocabulaire littéraire de romancier par exemple pour recréer une ambiance.
Ce ne peut en aucun cas être un vocabulaire juridique ou administratif. Preuve est faite!
Je me souviens d'un collègue qui parlait à dessein de "psychose" dans ses certificats adressés à la préfecture afin que celle-ci ne les comprît pas!
Cependant la loi demande au préfet de motiver son ordonnance par des faits et des situations et non pas des maladies, bien sûr, et au médecin de donner son avis sur l'opportunité actuelle des contraintes. C'est tout.
Mais comme souvent et là comme ailleurs, beaucoup, zélés dans l'accomplissement de leur tâche, s'y montrent "plus royalistes que le roi".  

      Parler de « folie », remplacer le mot « folie » par le mot « aliéné », remplacer le mot « aliéné » par le mot « psychose », remplacer le mot « psychose » par le mot « schizophrénie », etc. ne servent absolument à rien, sinon à « brouiller les carte » et à « tourner en rond » si on ne les précise pas. Il s’agit pourtant d’un sujet grave.

 

Etymologies :

Il y a des étymologies qui sont explicites, d’un théorie, d’une explication, d’une volonté de signifier quelque chose :

      C’était le cas du mot « mélan-cholie » = « bile noire », supposée être secrétée par la « rate », pour satisfaire aux besoins de symétrie de la théorie des quatre éléments. En excès elle était supposée provoquer la tristesse. Cette théorie s’est malheureusement avérée fausse : La rate n’a jamais rien secrété du tout. Le mot a été conservé bien qu’ayant perdu tout son sens !

      Pour accorder ce matérialisme rigoureux aux aspirations spiritualistes qui commençaient à animer la Grèce (Cf. « La conversion de la Grèce ») , Aristote introduit la « penté oussia »,  la « cinquième substance », qui pour lui est « l’éther » (que discutera Einstein), et qui deviendra « la quintessence »  en bas latin et surtout chez Rabelais.

      Il est possible que certaines recherches sur les « maladies mentales »  y aient puisé ( Chercher sur le « net !), mais ce n’est pas le ton des « courants » actuels, ni bien entendu de la « psychiatrie dogmatique et /ou administrative » qui ne retient que les interactions physiques[5], jusqu’aux contraintes par force, pour solde de toute théorisation.

 

Mais il y a des étymologies qui ne laissent même pas, malheureusement, l’éventualité d’être explicites de la moindre chose. Or, il n’est pas bien difficile d’inventer des mots nouveaux, en langue étrangère quand le génie de notre langue est épuisé, et qui feront d’autant plus peur qu’on ne les comprendra pas… Mais l’utile serait d’employer des mots au moins chargés de sens, même hypothétique, puisque tel est le lot de toute science de n’être jamais chargé de certitude définitive.

 

Autres étymologies de mots : :

*    Le mot « paranoia » signifie mot à mot en grec : « à côté de l’esprit » (« para » = « à côté de » et « noos - nous » = « esprit (abstraction) »). Ce que les américains des Etats Unis d’Amérique du Nord appellent « paranoia » correspond très souvent à ce que les français appellent « schizophrénie ».

*   Le mot « shizophrénie » signifie mot à mot en grec : « esprit divisé » (« schizein » = « diviser » et « phrènè » = « esprit, (pensée personnelle »)  ; Cf. « nerf phrénique », nommé ainsi car il mobilise le « diaphragme », muscle qui ,meut les poumons, et l’on a considéré que la pensée était liée à la respiration.)

 


 

 

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3. Histoire du mot « psychè »

On ne peut que s'interroger sur le sens des mots français composés avec « psych- », car pour l'instant, ce « psych- » n'est absolument pas défini. On ne peut donc que d’abord essayer de comprendre l’usage qui en a été fait, pourquoi recourt-on  à un vocabulaire du grec ancien, en 2005, à l’heure où même l’administration juridique essaie de rendre ses dossiers « lisibles» pour ses usagers ? « Qui » y trouve « quel » intérêt ?

Note : les évocations de ce mot étant multiples et incluses dans différents textes du site, on comprendra facilement qu’il est difficile de les rassembler en une seule rubrique.

En médecine aujourd’hui, « Psychè », théoriquement, s’oppose à « soma = le corps physique ». (Et en grec très ancien: « psuchè=vie » et « soma=cadavre ». « La chair = sarcos »).

Mais alors, puisque de plus en plus, depuis 200 ans, s’affirme un courant « matérialiste », « organiciste », quel sens donner au mot « psychè » ? 

Il y a 3000 ans en Grèce ancienne, « psyché = la vie ».

Puis avec le christianisme, et même bien avant, pour traduire et utiliser des concepts égyptiens, « psychè » désigne « l'âme immatérielle » qui monte au ciel, ce qui est parfaitement logique puisque, pour ces égyptiens, (depuis il y a au moins 7000 ans, et certains parlent de beaucoup plus) la « vraie vie » était celle qui commençait après la mort. C’est pour cette raison qu’ils momifiaient les corps des défunts, construisaient des pyramides et des sarcophages, ont décrit « l’au-delà » structuré par « le jugement d’Osiris » en « un enfer » et « un paradis » etc..

On ne retrouve rien de tel en Asie, chez les sumériens ou mésopotamiens, chez qui, en réponse au problème du vieillissement et de la mort toutes les recherches concouraient à découvrir « l'élixir de l'éternelle jeunesse ».

Les Grecs, découvrant l’Egypte, ont nommé « sarco-phage », c’est-à-dire « mange-chair » de « sarcos = chair » et « phagein = manger », ce qui en langue égyptienne était appelé « protecteur de vie ». Le sarcophage fut ensuite adopté par les chrétiens, d’où le mot français « cercueil », mot dérivé du grec. Ces mots sont donc les reflets de croyances importantes.

Puis les latins ont traduit la « psychè » des grecs par « anima »  = « principe animal », ce qui anime, vit, et qui produira notre mot «  âme ».

L’Eglise catholique passe de l’Orient à l’Occident et L’Egypte puis le grec sont, pour nous, oubliés et figés dans un rituel immuable. En tant que langues religieuses, l’égyptien hiéroglyphique survivra chez les « coptes » et le grec chez les chrétiens orthodoxes. Durant ce temps, naît l’Islam. Byzance deviendra la seconde Rome, puis Moscou la troisième Rome après 1453. La Renaissance européenne retrouve Aristote[6], les philosophes, et les accommode au « matérialisme » grandissant, et aux crises religieuses (invention du purgatoire, question des indulgences, banquiers de Venise). Au XIX ème siècle, fait essentiel, Champollion déchiffre les hiéroglyphes égyptiens, dont le sens avait été perdu durant 1500 ans : Les effets de cette découverte commencent à peine à redessiner nos connaissances comme ils le devraient.

 

Puis la psychiatrie abolit le double système traditionnel « Corps au médecin, Ame au prêtre » pour adopter le schéma unique « Corps + âme au médecin », avec disparition du « prêtre » dans ce système officiel, mais sans disparition de l’âme :

Le « psychiatre » (« iatros = médecin » et « psuchè = âme ») est donc le « médecin de l’âme ».. Soit :

 

Prêtre   =>

âme

=>

Médecin

   =>

âme

Médecin =>

corps

corps

 

Mais dès lors, tout le système revient à l’Etat. On pourrait même parler d’un certain prolongement du « gallicanisme ». Telle fut la naissancedu mot « psych-iatrie ».

Mais, comme à la même époque, les croyances dans les principes religieux dont l’âme était l’émanation ont été écartés des croyances fondamentales de la Nation, la « psuchè », « l’âme », en Droit, en médecine, en psychiatrie, maintenant, c’est quoi ? Nul ne peut le dire officiellement.

 

      Maintenant, semble-t-il, très paradoxalement, sous la domination d’un courant « organiciste - pragmatique », de plus en plus dominant, en langage « psychiatriquement correct », « psycho- c'est bio- », (entendons « biologique »), dire qui engage, tacitement, dans la voie de tous les remèdes physiques. (contrainte par corps, neuroleptiques etc.), mais d’une façon « à part »,  particulièrement du fait qu’ils sont souvent imposés, et distribués sans explication, voire sans « justification » juridique.

      Finalement, on le voit, le mot psychiatrie, certes, désigne un « médecin-prêtre », mais n’indique nulle part le moindre rapport, la moindre relation, ni de loin ni de près, avec ce que l’on appelle couramment « raison » ou « folie ».

      Si le domaine de « la folie » peut trouver quelques approches par le vocabulaire, et même par un vocabulaire descriptif qui admettrait une infinité de figures, c’est à un autre niveau qu’il faut le chercher, en relation avec d’autres mécanismes de régulation, en décrivant la fonction de l’instance mentale pour le sujet.

      En fait, il n’y a pas de sens « officiel et laïque » (voir notre texte :  « l’invention de la psychiatrie ») au mot « psy- ». Ce «psy-» indiquerait-il une matière (?) non définie ?  Le plus important étant peut-être ce point d'interrogation, il ne semble pourtant actuellement possible de ne parler clairement que du « suffixe », qui lui est toujours accolé pour lui donner un sens opérationnellement reconnaissable qui, lui, est parfaitement défini :

*   -iatrie (iatros = médecin)

*   -logie (logos = élocution :  même racine « loq - » en grec, en latin et en français),

*   -thérapie (thérapeuein = rendre culte au dieu, puis, soigner), etc.)

 

Quant au mot « psych-ose », « maladie de ce qui est « psy en soi », qui est venu remplacer nombre de champs occupés auparavant par d'autres appellations pour lesquelles « on ne trouvait  » ni lésions ni cause, (ce qui ne veut pas dire que tout fonctionne bien, cependant), il a de quoi laisser « coi », tant ses multiples tentatives de définition sont toutes parfaitement subjectives, selon la spécialité du chercheur. (Voir sur ce site: { la psychiatrie, ses livres et ses opérateurs. } ) Dans une grande mesure, le sens « populaire » de ce mot comporterait un « sentiment de rejet » par rapport à « soi » de la part du locuteur, et en ce sens, il rejoindrait directement l’acception latine de « alienus », à l’origine de la conception de « l’aliéné » . Il est possible ici d’évoquer une influence de la théorisation freudienne (« psychanalyse du président Schreiber ») qui théorise le « rejet », mais de la part du « psychisme du patient ». L’idée aurait alors été « vulgarisée » dans une inversion totale de la perspective de sa première énonciation. Autrement dit, il n’y aurait aucune corrélation sémantique entre une acception « populaire » de rejet de l’inacceptable, et les travaux « scientifiques » supposés l’expliquer par le recours au seul domaine vraiment reconnu par la « Science ». On appelle aussi maintenant « névroses » des maladies pour lesquelles on ne trouve pas de lésions du « système nerveux ».


On ne doit donc pas mélanger tout ce qui est appelé « psy- »:

*   « psych-iatrie »=« médecine » de ce qui est psy-

*   « psycho- logie »= « élocution au sujet de » ce qui est psy

*   « psycho-thérapie »=« le fait de soigner » ce qui est psy

*   « psych- analyse »= « analyse  » de ce qui est psy

      etc.

 


 

 

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4. Etude conceptuelle : « Hôtel » et « Autel ».

 

Etymologies :

Hospitalem > Hospital (lieu d’accueil) > Hôtel
Altus > Altaria (lieu élevé réservé aux sacrifices ) > Autel



 

 

Ce qui suit est une spéculation intellectuelle sur le vocabulaire, pour seulement comprendre, mais qui ne réclame bien entendu, comme on le verra, aucune innovation de « vocabulaire » en application pratique.

Il s’agit ici de considérations au sujet des « fonctions d’équilibration sociales ».

Cela afin de faire mieux comprendre ce qui sépare radicalement la « psychiatrie médecine de soins » de la « psychiatrie dogmatique et/ou administrative », dont rien ne justifie de conserver l’existence dans notre pays. Une telle fonction, toujours arbitraire, du fait de son obédience exécutive, du fait de son « non-exprimé » et même de son « non-exprimable », du fait de son fonctionnement contraire aux principes fondamentaux de l’ensemble de nos constructions, dont l’utilisation sans cesse croissante contribue probablement à amplifier la destruction du tissu social ne devrait plus être conservée aujourd’hui.

(Cf. aussi la fonction du « bouc émissaire » /page web 10).

 

 

On ne peut comprendre l’installation de la psychiatrie en France sans penser aux récits sacrificiels et aux symboles du christianisme. La psychiatrie occupe, progressivement, et sans doute avec d’autres espérances, l’espace qu’il lui a délaissé ou qu’elle lui a ravi, comme on le montre en d’autres pages de ce site.

D’Antigone à Jésus est répété qu’il existe une justice qui est au dessus de nos lois pour Antigone immémoriale et que l’on connaît parce qu’on la sent, pour Jésus d’essence divine, et pour eux, au nom de laquelle il peut être un devoir de mourir.

Comment ne pas se souvenir ici des dialogues entre Antigone et Créon, entre Jésus et Pilate, et ne pas retrouver la symbolique dans ce qui se livre et se délivre ici, en celui qui est « livré » par un monde qui ne le comprend pas ?

Ainsi, insidieusement, le quiproquo du symbole éternel serait-il à nouveau mis en scène ?

Car ni l’un ni l’autre n’ont commis de faute. Seule la violence d’un pouvoir arbitraire crucifie Jésus et enterre vivante Antigone.

Le message est subtil : 

Ce n’est pas là simplement plaidoyer pour la vie. La leçon de ces contes est que la véritable justice est celle qui ne confond pas les normes et ses caprices avec les véritables fautes.

L’histoire et les mythes nous enseignent ce qu’il ne faut pas faire.

 

Les « hôpitaux spécialisés » en France, ne l’oublions pas, sont destinés à y retenir « qui » n’est tenu pour juridiquement responsable d’aucune faute.

Dans ces conditions, en deçà même de toute « médecine » annoncée comme celle « de l’âme », à quelle type de fonction, sinon religieuse dans sa fonction la plus générale d’équilibration sociale, pourrait bien répondre le choix d’un lieu où l’on serait tenté de voir rejouée, en sollicitations, prières ou conjurations, jusqu’à la fonction de « l’autel » ?

 

Après quelques dizaines d’appellations de ce lieu mythique, dont la simple énumération pourrait faire l’objet d’un intéressant volume, depuis celle « l’asile d’aliénés départemental », jusqu’aux « lieux de vie » et « hôtels thérapeutiques » actuels, en passant par beaucoup de structures dites « spécialisées », comme « E.P.P.S », « E.P.S », .et « G.P.S. », où le « S » est généralement le sigle de « social » ou « santé » ou « spécialisé » et le « P » celui de « public » ou « psychiatrique » etc., celle « d’autel départemental », offrirait la crudité d’un retour à « l’authentique ».

 

La fonction énoncée de « sanctuaire » le rattacherait directement au « culte de la raison » des révolutionnaires, dont « l’asile de 1838 » a probablement en partie hérité, et l’indice « départemental », au nouveau découpage territorial, tout à l’égal de ce que chaque « paroisse » avait eu son « clocher ».

Il éviterait les confusions avec la filiation des « Hôtels Dieux », c’est-à-dire « lieux d’accueils » des personnes « consacrés à Dieu », devenus « hôpitaux » et « hospices » et aurait aussi l’avantage d’inciter à montrer que l’on pourrait en conserver la fonction de « cérémonial » sans les personnes.

L’analyse d’un dédoublement des fonctions permettrait alors, en reprenant la terminologie que nous avons exposée avec les mots « pharmacos » au masculin (« personne physique-remède ») et « pharmacon » au neutre (« produit-remède »)[7], d’accorder au mot  « autel » un pur sens de « psycho-pharmacon », grâce à une subtilité sémantique que permet facilement la langue grecque.

Rien n’est plus difficile, voire inutile, que d’ébranler les croyances, quelles qu’elles soient. La gestion sociale, certes, ne manque jamais de s’intéresser, en amont des comportements, aux croyances qui les sous-tendent. Mais, en vérité, c’est souvent sans véritable profit, et toute croyance doit être traitée avec les plus grands égards.

Les compréhensions intellectuelles, comme les ouvertures culturelles, individuelles ou massives, sont généralement lentes, et n’ont pas de raison d’être traitées de la même façon que les comportements.

En ce domaine comportemental, bien des frustrations sont parfaitement inutiles, alors que bien des licences sont des plus nuisibles à la collectivité.

La clairvoyance appartient alors au Législateur.

 

Finalement, ce travail d’une certaine recherche de véritable « archéologie mentale », permettrait de faire éclater le concept « d’hôpital psychiatrique » d’où il résulterait une topographie double :

*   Un « autel », recueillant une fonction « d’interface » hautement collective.

*   « Un hôpital », au sens moderne de « lieu de soins » recueillant une fonction de soins aux particuliers.

                  

      On remarque que :

      Ce dédoublement se superpose exactement aux fonctions que nous avons dégagées de :

*   « Psychiatrie dogmatique et/ou administrative »

*   « Psychiatrie médecine de soins ».

           On remarquera enfin :

*   que les « hôpitaux généraux » existent déjà.

*   tout comme la « psychiatrie médecine de soins » qui y est déjà dispensée !

 

On comprend alors que, de ces deux parts, c’est « l’autel » et sa fonction « administrative » quasi religieuse qui créent l’objet et le lieu des embarras :

Comme toute société évolue, par à-coups, plus ou moins brutaux, coup d’états, ou révolutions, les fonctions religieuses évoluent aussi, avec leurs rites, mythes, croyances, prêtres et autels.

Il en découle un certain nombre de standards et d’obligations chaque fois nouvelles engendrant alors décalages et désynchronisations.

Ce qui n’est pas énoncé n’en ressurgit pourtant pas moins, d’une façon plus ou moins inattendue.

Les contraintes psychiatriques purement répressives, par leurs possibilités de « multi-usages » fonctionnent alors ici comme un « joker » social.

 

Mais, pour être utilisable, une bonne religion a besoin d’être énoncée et enseignée : L’énonciation n’implique aucun joug. Au contraire, la connaissance est ennemi du fanatisme. Davantage, toute liberté de choix ne peux s’appuyer que sur les énonciations ! Si la condition n’est pas « suffisante », elle n’en est pas moins « nécessaire ».

A cet égard, l’attitude de la psychiatrie est particulière : La psychiatrie dont l’exploitation n’est que « quasi » religieuse, dogmatique dans la « forme », mais non dans un « fond » jamais fixé, n’énonce aucun « credo ». Elle le reçoit, variable (Cf. Jeanne Goldstein in : bibliographie).

La France, généreuse, mais au nom d’un laïcisme en réalité ambigu, en est arrivée :

à accepter un incompréhensible mélange :

*   de tolérances envahissantes (la liste serait longues, allant des abus de diffusion de substances hautement toxiques, tabac et gaz des automobiles, sans doute aux premières places, jusqu’à certaines tentatives d’officialisation de pratiques contre nature). Dans nombre de ces situations, du fait de l’asymétrie des nuisances, le plus toxique devient aussi le plus fort (toxicocratie).

*   et de répressions obscures et/ou désordonnées,

et, de là, à condamner ou laisser détruire une grande partie de ce qui faisait le ciment de son tissu social.

 

Elle en est arrivée :

*   « au nom des libertés », à « admettre » de plus en plus des inscriptions sociales dont l’usage généralisé ne peut nécessairement que mener à la disparition de ladite société.

*   Par la « psychiatrie dogmatique », ici sans dire « au nom de quoi », elle en est arrivée à mettre en place ou favoriser un système de répression contraire à tous nos principes modernes de liberté, autant qu’à nos traditions séculaires, dont d’ailleurs ces derniers sont en réalité issus.

Il faut ici insister sur les références exclusivement négatives qui constituent le « corpus savant » de la « psychiatrie dogmatique », puisque, à la différence en cela du « corpus chrétien » de la « Sainte Inquisition », là s’arrêtant notre comparaison sur le plan doctrinal, le système repose sur les classements en « morbidités ».

Doctrine : Elle n’énonce, ni ne propose aucun modèle ni du Bien ni même du Mal, sinon celui de la soumission « opportune » à des règles de conduites énoncées ailleurs… mais aucun ailleurs, en tant que système organisé de moralité, aucun système de « devoirs », n’a de reconnaissance officielle comme tel, du fait de ladite laïcité. Ce qui laisse perplexe. On doit mettre à part la très étroite question dite des « droits de l’homme », et que justement la psychiatrie ne respecte pas pour les aliénés, à laquelle nous consacrons, pour cette raison, une page web.

Méthode : Sur le plan de la « finalité des méthodes », aussi, la comparaison, esquissée par l’historien Bartholomé Bennasar, mériterait un développement : hormis la question des châtiment qui différent profondément, la psychiatrie n’étant pas destinée à châtier, « psychiatrie dogmatique et/ou administrative » et « Inquisition » se donnent une même finalité en cherchant à connaître et modeler les pensées, avant les actes, ce qui est pourtant contraire à nos principes juridiques.

En somme, les « grandes causes », « principes moraux et droits », qui devraient être réunies pour être cohérentes, sont éparses ou absentes, sans organisation, et ce qui devrait être séparé, « justice - exécutif - psychiatrie administrative  - médecine . », entretient un état de soumissions, sinon de rivalités.

Ainsi, au fonctionnement à type de « procédure pure » de la « psychiatrie administrative » sur le plan administratif, répond celui d’un « vide moral nouveau » et d’une veille « muette» sur le plan doctrinal. (Cf. aussi différence entre « mental » et « moral » /page web 10.htm)

 

Plus généralement, un devoir peut ne pas être respecté, mais aussi ne jamais avoir été énoncé, et donc ne jamais avoir été entendu.

Comme le droit ne peut pas tout dire, la nécessité de juger ce qui n’est pas prescrit par lui, cas fréquent, n’en est que plus considérable, mais la justice peut devenir alors sujette au reproche « d’énonciation a posteriori » vis à vis de la personne. De là cet adage, de « nul n’est censé ignorer la loi ! », naturellement inepte en ce cas, car, comment savoir ce qui n’est jamais dit ?

C’est pourquoi, les « énonciations précoces et préventives » forment ce que l’on pourrait dire « la première part » des garanties contre les violences toujours inopinées de ces types de contraintes arbitraires, la seconde étant « l’entendement du sujet ».

Toute autre est la notion « d’acceptation » des obligations.

 

On peut même aller plus loin dans les définitions :

 

Le mot « psychiatrie » actuellement désigne ces deux parts de plus en plus incompatibles dans un monde à  la fois de plus en plus « mondialisé » et habité – du moins pour ce qui concerne la partie dite « riche », de la planète - par des habitants de plus en plus « individualistes », et peut-être contraints malgré eux, si notre organisation ne change pas, à le devenir encore davantage.

 

*   Entraînée par ce courant, la « psychiatrie dogmatique et/ou administrative », du fait de l’inévitable standardisation qui résulte de cette mondialisation et qui engendre une diminution croissante des « droits à l’initiative originale », devient de plus en plus opprimante. C’est l’image d’un « clonage mental », avant l’heure, qui vient à l’esprit.

 

Ainsi les habitants sont à la fois de plus en plus individualistes et de moins en moins libres !

Mais en conjuguant la « déclaration des droits de l’homme » au « Serment d’Hippocrate », autant qu’avec les réelles possibilités effectives de le science actuelle, la médecine ne peut participer à une telle entreprise qui apparaît inadmissible. Cette fonction peut être appelée « effet pervers ». Elle n’en est pas moins dominante par rapport à la seconde.

 

*   La « psychiatrie médecine de soins », au contraire, à l’écoute du particulier, irait plus loin encore que la médecine dite « somatique » dans sa tentative de compréhension et de soins, de la totalité de la personne. En ce sens, elle serait la « vraie médecine », sans les limitation imposées par la seule dimension somatique.

 

De là sans doute cette impression que la psychiatrie tantôt n’est rien et tantôt est tout !

 

Enfin, s’il est vrai que la « psychiatrie dogmatique » opprime cette « psychiatrie de soins » et ne mérite que d’être supprimée, il n’en reste pas moins que l’individu lui-même ne peut vivre sans une dimension extérieure d’échanges permanents, tout autant physiquement que mentalement, tant avec ses semblables qu’avec l’ensemble de ladite création.

Mais cette dimension entendue médicalement n’est ni dogmatique ni administrative. Actuellement L’OMS, traditionnelle dans le domaine dit psychiatrique, ne propose aucune innovation.

 

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[1] A l’opposé, le « Bill of Rights », en l’Angleterre, stipule que nul ne peut être arrêté sans avoir le droit d’être jugé. Cf. notre article  « Habeas corpus et système psychiatrique français ».

 

[2] Du latin « alius » = « autre » => « alienus ».

 

[3] Un collègue nous enseigna il y a fort longtemps un aphorisme que je crois utile de se remémorer souvent : « La meilleure institution si elle n’est pas étroitement surveillée dégénère toujours  et atteint  souvent un résultat qui peut être à l’opposé de ce pour quoi elle a été crée. ». Qu’il soit ici rendu hommage à ce collègue. De fait, tout bon système repose sur la « vertu » de ses ouvriers, et tout « système vertueux » n’est viable que soumis à un juste contrôle. Relire l’histoire aussi à la lumière d’un tel principe peut ne pas être peine perdue, que cela soit au regard des « Asiles d’Aliénés », des « Asiles de Réfugiés », ou de bien d’autres institutions, que tout le monde connaît.

 

[4] Quiconque connaît le grec et le latin peut  comprendre une foule d’usages et créer : prendre des libertés ici  n’est possible que si l’on sait ce que l’on fait ! C’est pourquoi il y a plusieurs façon de ne pas être « académique »:

Certaines « fautes » sont voulues et signifiantes : elles veulent innover car la langue est vivante. D'autres dites d’orthographes peuvent être seulement « logiques », ou sans importance. L’orthographe après tout a été fixée très tard. D’autres enfin ne reflètent que l’ignorance et l'incompréhension !
De même avec le vocabulaire : Lorsque Blaise Pascal, génie précoce, à cinq ans appelle les cercles des « ronds », et les traits des « barres », cela n’est pas gênant pour le raisonnement !

Bien différents sont les contre-sens !

Or l’étude de ces langues n’est pas difficile pour un francophone : Pourquoi prive-t-on de plus en plus les élèves de la compréhension de leur propre culture ?

Le grec ancien et le latin sont appelés « langues mortes », mais en vérité une langue n’est vraiment morte que si elle n’a pas « d’enfants ».Une langue est comme « une famille ». Elle nomme « l’individu » dans son « espèce ». Rien ne transcende davantage l’individu que la langue. Par essence, la langue est un partage. C’est le partage d’un code et d’un message.

Comment ne pas s’inquiéter d’une société qui en arrive presque à oublier ces transcendances que sont l’espèce, la famille, la langue, et par là sa culture, auxquelles elle doit d’exister?

Or le grec existe toujours, et du latin proviennent les grandes langues internationales que sont le français, l’espagnol, et, pour 50% l’anglais…

On veut être « up » et « in », mais que sont donc, chez nos voisins, des mots comme « Democracy » ou « Psychiatry », sinon des mots grecs toujours vivants ou même recomposés ?

A l’heure où l’on se passionne pour « l’intégration », il serait tout à fait opportun d’ajouter que plus « l’intégrant » est linguistiquement étranger aux langues européennes, plus il serait utile pour lui d’apprendre le grec et le latin. Sinon, quel lien pourra-t-il apercevoir entre « eau », « aquatique » et hydrique » ?

Cf. à ce propos le remarquable petit « dictionnaire des langues européenne » de Gransaignes de Hauteville, éditions Larousse 1948, réédité vers l’an 2000.

Le genre des mots peut plonger dans un abîme de réflexions :

Les langues indo-européennes anciennes avaient deux genres : « genre animé » et « genre inanimé ».

Puis le « genre animé » a été divisé en « genre masculin » et en « genre féminin », le neutre ayant été conservé pour le « genre inanimé », ce qui a donné trois genres au grec et au latin, « masculin féminin et neutre », puis les genres ont été réduits à nouveau à deux, mais cette fois au « masculin » et au « féminin », ce qui fait qu’il a fallu choisir un genre pour faire passer le « neutre latin » dans les langues romanes :

Ainsi, le français a choisi de traduire « lactum » par « le lait », au masculin, quand l’espagnol a choisi « la leche », au féminin !

Le neutre a cependant laissé des traces nombreuses. Pour désigner la fonction, le neutre a pris, en général, l’aspect du masculin. Mais comme on a pris le mot pour un masculin, et qu’on a assimilé la personne à sa fonction, la langue en est  au stade des recherches « eu-phoniques » pour dire : « Madame la docteure, ou la doctrice, ou la doctoresse », etc. 

Les règne « végétal » et « minéral » ont généralement été considérés comme « inanimés », bien que l’animisme leur accorde beaucoup de présences et que biologiquement, les végétaux soient très proches des animaux, et généralement sexués !

Ils sont donc passés par le neutre latin, puis de là, passés anarchiquement tantôt au masculin, tantôt au féminin, sans tenir compte de leur sexe réel !

Quant au mot « âme », il vient du  mot « anima »  perçu comme féminin, et n’a été ( finalement ) accordé qu’à l’espèce humaine, infléchissant déjà les conceptions morales en direction de la théorie des « droits de l’homme ».

Puisque nous pénétrons déjà ici le registre des belles abstractions, remarquons que l’idée d’égalité idéalisée dans la formulation des « droits de l’homme » ne fait aucunement référence aux sexes puisque le mot  « homme » tire son étymologie du mot « humus » =. « terre ». Individualiser les « droits de la femme » briserait toute la théorie, puisque le partenaire « naturel » de la « femme » n’est pas « l’ homme », mais le « mâle ».

Tel est le génie de notre tendre pays qu’il semble avoir, plus que beaucoup d’autres, une certaine aversion à prononcer sans ambages ce qui n’a pas valeur d’abstraction …

« On » signalera enfin, dans le registre des abstractions évanescentes, qu’en toute logique le pronom « on », très particulier aussi à notre langue, qui est une forme médiévale de « homo », aurait du s’écrire « hon » ! Ce n’est pourtant pas le cas : Logique et abstraction font deux !

 

[5] Dans les années 1950, la grande « Encyclopédie Médico-Chirurgicale » recommandait pour les violeurs la « castration chirurgicale » à peu près en ces termes : « Il serait inhumain de refuser cette castration, etc... ».

Puis la recommandation disparut.

Le sujet n’a jamais vraiment perdu de son actualité, mais dans les années 1960, le vocabulaire est devenu plus discret.

Aujourd’hui, les rêves de « révolutions douces » sont terminés, mais aussi les travaux des savants parviennent plus facilement au public - très lentement, il faut bien le dire : qui soulève la question des options « eugéniques » d’Alzeimer ?.

Et les média diffusent les données du sujet.

Pourtant il ne semble pas avoir été exposé de rapprochement entre le « couper les organes génitaux du violeur » et « couper la main du voleur ».

Toute la différence dans le fond tient dans un transfert ostensible de la fonction de « châtiment » au registre de la « thérapie ».

La « mainmise » exécutive n’est plus du tout la même : La réflexion sur les notions de justice et de responsabilité y disparaît, quels que soient les habits de celui qui décide.

Même évolution possible avec l’intime question de « la fessée ».

Pour la distinction entre les fonctions « morales » (assimilées religieuses) et « mentales » (assimilées médicales) en les demandes adressées – ou imposées – à la psychiatrie : clic.

Enfin, dans une société qui s’interroge sur « l’égalité des sexes » - On a vu des députés se demander si les « couples de femmes homosexuelles » étaient plus fidèles que les « couples d’hommes homosexuels » ! – le rôle de la séduction féminine autrefois toujours avancé dans les occurrences de la « faute » – est au contraire aujourd’hui, en comparaison, peu énoncé.

La psychiatrie se conjugue pourtant parfois directement avec la chirurgie, au temps de la ligature des trompes.

Sur le fond, il est clair que si tout couple homosexuel peut devenir couple parental, la question de l’égalité est devenue une affirmation d’équivalence.

 

[6] Selon le médiéviste Jacques Heers(« L’Histoire assassinée, les pièges de la mémoire » Editions de Paris. 2006) les écrits grecs anciens seraient passés directement d’Athènes à Byzance, et de là à l’occident roman. On n’oubliera pas les liens qui ont toujours existé entre Byzance et Moscou laquelle est devenue après 1453 la « troisième Rome », après que Byzance ait été la « seconde Rome ». Selon les premiers accords inter-alliés durant la première guerre mondiale, avant que la révolution russe de 1917 ne changeât la donne, Byzance devait revenir à la Russie après la chute puis le partage escompté de l’empire ottoman…

 

[7] Cf. page : http://jdeperson.free.fr/page web 10.htm

 

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