Quelques cartes sur la Marine Française de Louis XV à Napoléon et autres documents

 Quelques histoires et cartes sur la Marine Française de Louis XV à Napoléon :

 

Ø     Calamiteuse politique de Louis XV  => Traité de Paris en 1763 : perte du Canada et des Indes par la France : 26 années après éclatait la Révolution.

 

Ø     Apogée de la Marine Française sous Louis XVI  => Indépendance des USA.

 

Ø     Révolution Française => démission du ministre de la Marine La Luzerne en 1791. Désintégration de notre marine.

 

Ø     Trafalgar le 21 octobre 1805 en est la conséquence directe  =>  L’anglophonie emportera pour longtemps la suprématie mondiale dans tous les domaines des communications : maritimes, puis aériennes, puis électroniques [1], et enfin comme langage de la science.

Le « méridien d’origine » sera déplacé de Paris à Londres (Greenwich).

 

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Vaisseau « Le Protecteur » clic.

 

 

 

On n’accordera à cette page aucune exhaustivité.

Elle est reprise de sites d’histoire familiale, sans la moindre prétention à une portée exhaustive.

 

« L’histoire n’a jamais qu’un seul visage » Mahmoud Azab.

 

 

ROLE DE LA MER EN GENERAL et DANS LES CONFLITS CONTINENTAUX

 

Citons une fois de plus Eric Tabarly :

 

« … Je monte à Paris le moins possible, … comme dernièrement, quand il a fallu que je me démène pour la sauvegarde du Musée de la Marine.

L'annonce … de l'expulsion du Musée de la Marine de son emplacement au Palais de Chaillot pour mettre à la place le nouveau Musée des Arts premiers m'a scandalisé… C'était presque l'arrêt de mort de ce que je crois être le plus beau musée maritime du monde. Ce traitement révoltant n'est malheureusement que le reflet de la désinvolture avec laquelle sont traitées, en France, les questions maritimes. Le peuple français garde une mentalité trop terrienne…  Il reste dans l'ignorance de l'importance stratégique et économique des océans. Il ne faut pas lui en vouloir, personne ne le lui enseigne.

Cette éducation devrait commencer dès l'école. Mais aucun manuel scolaire ne souligne que des conflits qui peuvent paraître continentaux ont été gagnés sur mer.

Si à Trafalgar les Français avaient gagné, il n'y aurait pas eu Waterloo.

Si les Alliés n'avaient pas gagné la bataille de l'Atlantique … les Allemands auraient gagné la guerre…

Pourtant, un petit pays comme la Norvège possède une des premières flottes marchandes du monde.

Il en tire de larges profits et prouve qu'il n'est pas nécessaire d'être asiatique pour faire naviguer des cargos…»

 

J’ajouterais que si les Français avaient gagné la guerre de 7 ans (qui s’est déroulée entièrement sur et/ou grâce aux océans), le français tiendrait aujourd’hui dans le monde la place que tient la langue anglaise, à commencer par en de grands pays comme l’Inde et le Canada, et en continuant avec les Etats-Unis sous l’influence de la présence d’un Canada qui aurait été francophone : Washington a d’abord voulu faire adopter le français comme langue nationale des Etats Unis, enfantés par la France, grâce à la marine de Louis XVI qui leur a permis de se libérer de la tutelle britannique.

Et l’anglais ne fut adopté que par facilité, parce que déjà connu des révoltés.

L’Amérique entière (avec par ailleurs le castillan et le portugais) aurait alors parlé des langues latines, toutes très proches entre elles.

 

Quelques remarque  sur le rôle historique de la mer dans les conflits continentaux : 

C’est la mer qui fit gagner les guerres médiques aux Grecs contre les Perses.

C’est Syracuse qui fit perdre à Athènes la guerre du Péloponnèse.

C’est Syracuse qui fit perdre à Hannibal et aux Carthaginois la « Seconde Guerre Punique »  malgré sa défense par le génie d’Archimède durant 8 mois.

C’est Syracuse qui permit le débarquement américain en Italie à la fin de la « Seconde Guerre Mondiale ».

C’est par la mer que fut maintes fois attaquée et que chuta Constantinople le 29 Mai 1453, seule ville antique de la Méditerranée à avoir su traverser le Moyen Age, ce qui marqua la fin de l’Empire byzantin. Etc.

 

 

N’oublions pas non plus que les masses d’eau océaniques, outre la vie de la faune et de la flore qu’elles contiennent, renferment une énergie gigantesque, propre, et potentiellement exploitable.

Quant au vent, il peut conférer sans grandes difficultés aux navires, des puissances souvent bien supérieures à celles des moteurs thermiques ; plus sûres ; gratuites ; renouvelables et propres.

L’exploitation de ces 2 éléments trouve bien sûr des limites – surtout qualitatives – mais fut certainement un peu trop vite dépréciée, et son importance sous estimée.

Mais le seul premier « vapeur » lancé en mer devait condamner la voile : Comment manœuvrer un voilier « encalminé » devant un vapeur lancé à pleine puissance ?

Pourtant, dès que le vent « forcit », les qualités stabilisatrices de la voilure sont un avantage, tandis que dans une mer « formée », tangage et roulis peuvent mettre à mal les moteurs et bien des cargos.

Sans vent le moteur a l’avantage.

Quand le vent forcit, et si la mer est grosse, la voile est plus sûre – alors que les bateaux à moteurs sont aussi soumis aux vents, mais sans pouvoir en tirer parti.

 

 

 

CONSTRUCTIONS DES NAVIRES FRANCAIS

 

On lit dans le livre : « description des arts et metiers marine » (Fac-similés publiés par la « Bibliothèque de l’image », 2002, 46 bis passage Jouffroy, 75009 Paris, ISBN 2-914661-56-8)

Dans la préface de  Laurent Manoeuvre , ingénieur de recherche à la Direction des Musées de France :

« En 1699, Louis XIV décide de prendre sous sa protection un groupe de savants installé par Colbert depuis 1666 dans la bibliothèque du roi, rue Vivienne.

Désormais, l'assemblée portera le titre d'Académie royale des sciences. Elle siégera au Louvre. Les communications des académiciens seront publiées. Ainsi commencent les Descriptions des Arts et Métiers. …

La flotte française occupe le deuxième rang mondial, derrière celle de la Grande-Bretagne.

Selon les estimations de Pierre Chaunu, dans les années 1780, mille huit cents navires parcourent quotidiennement cent vingt à cent trente millions de km2. …

On comprend l'enjeu que représente la publication du texte de Chapman ….

Au même moment, sur les conseils de l'ingénieur Groignard, le ministre de la marine, Sartine, s'emploie à standardiser les bâtiments militaires …

Il ne se contente pas d'amener la construction navale à un très haut degré de perfection. …

S'il propose des règles de calcul (déterminer le tirant d'eau d'un navire ou son jaugeage) et les proportions idéales de différents vaisseaux, Chapman ne se laisse pas aller au vertige de la théorie.

L'intérêt de son texte repose sur un souci constant des choses pratiques : l'arrimage et la manière de calculer l'espace qu'occuperont les biscuits et les pois destinés à un équipage de vingt-quatre personnes pendant six mois.

En esprit avisé de l'époque des Lumières, Chapman n'oublie jamais l'homme. La conclusion de sa préface en témoigne. Il est certes essentiel de se soucier des détails matériels mais, au bout du compte, c'est l'habileté du capitaine qui s'avère déterminante.….

Laurent Manœuvre conclut :

« MM. de l'Académie des sciences »  ne s'étaient pas trompés.

Cette description des arts de la marine a sans nul doute contribuée à la réforme voulue par Louis XVI et par ses ministres, Sartine d'abord, puis le marquis de Castries.

En 1789, pour la première fois de son histoire, la flotte française (et pas seulement la flotte militaire) avait en grande partie rattrapé les retards accumulés à la suite de négligences diverses.

Ce succès était du à la clairvoyance d'esprits éclairés, mais aussi à une remarquable convergence de vues entre hommes politiques, savants, ingénieurs et gens d'affaires. Malheureusement, la Révolution et l'Empire balaieront en très peu de temps les résultats de tant d'efforts.

 

 

 

 

LA MARINE  DE LOUIS XV : ON POURRA, D’APRES LES CARTES, JUGER DES PERTES SIGNEES LORS DU TRAITE DE PARIS DE 1763.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ci dessus, la « Carte de la Nouvelle-France » dressée à Québec après l’exploration de Le Moyne d’Iberville en « Louisiane (1702) ».

La carte va des « Terres arctiques » au « Golphe de Mexique ».

 

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DANS L’OCEAN INDIEN : L’Inde est perdue. L’île de France ne le sera qu’en 1814.

 

 

Vandavachy  1760 : Bataille

*  Etablissements français après le traité de Paris, 1763

L’île de France => Ile Maurice

PortLouis

 

Le traité de 1763 marque incontestablement le début du déclin de la puissance française face à l’Angleterre : Il s’est joué sur mer.

Il est à noter qu’au début de la guerre de 7 ans, l’Inde n’est pas colonisée, ni par la France, ni par l’Angleterre. Rien n’est joué.

Les comptoirs français sont d’une valeur considérable, en particulier à Pondichery. Brefs les jeux (entre la France et l’Angleterre) ne sont pas faits.

La bataille de Vandavachy sera déterminante.

Une fois encore, un destin historique du monde va se jouer sur mer :

 

Les combats mettront  en jeu la flotte française (Amiral d’Aché) qui trouve en particulier un solide appui à Port Louis, sur l’île de France où il arrive en 1757, et pour les troupes terrestres, le contingent de Lally-Tollendal et ses hommes. C’est un réfugié catholique irlandais, qui comme beaucoup d’entre eux, et en particulier toute sa compagnie, fuyant les protestants est venu se réfugier en France. Il s’engagea sous les ordres de Louis XV.

Après la défaite, il sera accusé de s’être mal battu, et décapité en Place de Grèves à Paris, à l’issu d’un long procès (qui a concerné les plus hautes instances militaires et de nombreux accusés) et 2 recours en cassation.

(Cf. P.A. Perrod : « L’affaire Lally-Tollendal. Une erreur judiciaire au XVIII eme siècle », Paris, 1976).

On peut même dire que, pour la France, ce fut « L’affaire judiciaire’ du XVIII éme siècle ».

La bataille de Vandavachy, la défaite de Pondichery, c’était déjà comme une répétition de Trafalgar quoique plus tôt et plus loin.

 

La conclusion du livre de Claude Markovits (Cf. note de bas de page) s’inscrit dans les deux grandes lignes, de ce qui a toujours été le mal français.

Nous laissons au lecteur le soin d’en découvrir le lien :

 

1.      Une vision trop continentale du monde et une trop grande négligence des choses de la mer.

2.      Un bureaucratisme abstrait, inefficace et paralysant, sinon destructeur : Alain Peyrefitte a raison : là « Le mal français » est déjà décelable au temps de Colbert :

 

«  La victoire britannique s'explique peut-être aussi par la différence de structures, voire de nature, des deux compagnies :

L'East India Company est une société privée; reposant sur la libre entreprise et l'initiative individuelle, elle vit des profits du commerce asiatique et ne dépend en rien de l'État, sur lequel elle est en mesure d'exercer une grande influence, ne serait-ce que par l'intermédiaire de ses directeurs siégeant au Parlement.

La Compagnie française des Indes est en revanche une entreprise d'État dont les directeurs sont nommés par la couronne; elle reçoit des subsides du gouvernement et est alimentée par des revenus étrangers au commerce de l'Inde, comme ceux de la ferme du tabac.

La léthargie caractéristique de ses services et de ses établissements indiens résulterait de ce contrôle bureaucratique.

Soumise à la politique à courte vue de l'État, paralysée dans ses initiatives, la Compagnie n'avait aucune chance de l'emporter. En quelque sorte, la victoire britannique serait celle de la libre entreprise sur une économie étatisée.[2]»

 

 

L’histoire de Luc Alen est à peu près la même que celle de Lally, à ceci près qu’il n’eut pas la tête tranchée : Naît en 1722 ; émigre en France en 1735 ; s’engage sous le drapeau de Louis XV à 14 ans ; fait campagne avec Lally de 1757 à 1762 ; de retour en France, épouse Marie Charlotte Adelaïde de Béhague avant d’être jeté en prison où il restera 27 mois avant d’être acquitté à l’issu d’un dur procès, dans lequel sa jeune épouse aura employé toutes ses forces et sa fortune afin de rassembler les preuves de son innocence ; père de 6 filles et un garçon, il meurt à Amboise en 1787 et deviendra posthumément le beau-père de Pierre Louis de Person. Cf. « Carnet de Sabretache » clic.

Marie Charlotte, veuve Alen, sera emprisonnée à son tour, mais à Amboise et sous la Terreur, au motif d’être : « présumée aristocrate dans l’opinion publique », autre épisode de notre roman national que l’on ne développera pas ici.

 

 

Combat naval, Grand Port

Port Louis après le « traité de Paris »

 

 

 

 

 Chanson : Après 7 années de guerre => Chanson : Clic.

 

 

Le « traité de Paris » de 1763 qui met fin à la « guerre de 7 ans » (1756-1763).

La France y est contrainte d'abandonner le Canada, la vallée de l'Ohio, la rive gauche du Mississipi et plusieurs Antilles.

Les Français renoncent à toute prétention politique sur l'Inde où ils conservent 5 villes démantelées et sans garnison.

Il s’y joua le sort linguistique de l’Inde en son entier, qui aurait aussi bien pu devenir francophone qu’anglophone, ce qu’elle devint.

 

Un peu plus tard, le président Washington hésita à faire adopter le français, langue du libérateur, comme langue nationale aux Etats Unis naissants.

L’adoption de l’anglais, déjà parlé dans les 13 Etats, mais langue du colonisateur, apparut alors comme une solution de facilité.

La langue française bénéficiait d’une importante aura culturelle dans toute l’Amérique du Nord.

Notons aussi que les voisins hispanophones parlaient une langue sœur du français, facile à comprendre pour un francophone.

C’est cette latinité que Napoléon III avait le projet d’exploiter lors de son intervention au Mexique.

 

En 1763 la France abandonne également ses comptoirs du Sénégal, à l’exception de l'île de Gorée.

La « guerre de Sept Ans » est parfois comparée à la Première Guerre mondiale du fait de la multiplicité des théâtres d’opérations.

 

Les derniers « français pondichériens » (quelques milliers) acquerront la nationalité indienne en 1962, en même temps que l’Algérie accédera à son indépendance par suite des accords d’Evian. Mais la plupart resteront sur place, contrairement à leurs compatriotes des départements d’Afrique du Nord..

 

Depuis 1763, les Canadiens français reprochaient souvent à la France de les avoir abandonnés et trahis, en échange de « quelques îles à sucre » (Haïti et quelques Antilles).

Tout récemment, au terme d’un long et difficile procès, les plus hautes juridictions saisies reconnurent que Louis XV n’avait nul droit, au regard des constitutions concernées, de livrer le Canada.à l ‘Angleterre. Depuis, si j’ai bien compris – ce qui n’est pas sûr - les Canadiens français jouiraient, dès la naissance, du droit intangible de posséder la double nationalité, française et canadienne.

Ce qui n’est nullement négligeable.

 

On ne peut s’empêcher aussi de penser qu’un tel précédent ne puisse avoir quelque valeur de jurisprudence en d’autres contrées.

 

 

LE REDRESSEMENT DE LA MARINE DE LOUIS XVI :

 

 

 

Selon l’expression d’Éric Tabarly, « la dernière grande marine de la France fut celle de Louis XVI ! ».

 

 

 

 

 

 

Les cent sept vaisseaux de ligne de la classe « Téméraire » furent construits par la France, entre 1782 et 1813 ; ils constituent la première série de navires de ligne construite selon des plans identiques, leurs éléments étant ainsi interchangeables entre deux navires de la série

La coque mesure 55,87 mètres de long, et 14,90 mètres de large. Le déplacement est de 2900 tonnes. La voilure, dont la surface est de 2485 m², est à trois mâts, gréés carrés. L'équipage nécessaire pour armer ces navires est de 562 officiers et hommes.

Son artillerie occupe deux ponts complets. Le pont inférieur, le plus proche de la ligne de flottaison, est garni de quatorze canons de 36 livres, sur chaque bord. Ce type de pièce, longde 3,274 mètres, pèse 3520 kg, auxquels s'ajoutent les 900 Kg de son affût. Son service nécessite quinze hommes, il est capable d'expédier un boulet plein de 17,62 kg à 3700 mètres, environ toutes les huit minutes.

 

 

 

Cf. sur La Pérouse (1741-1788) :clic :

En 1756, Jean François de Galaup, comte de La Pérouse a quinze ans lorsqu'il part pour Brest, où il sera formé à l'école des gardes de la Marine.

Sans doute l'aura de Clément Taffanel de la Jonquière, son oncle, officier de « la Royale », a-t-elle eu son influence sur la décision prise par le jeune homme et ses parents. Devenu officier, il est engagé dans les combats menés en rade de Quiberon contre les Anglais en 1759 lors de la « guerre de Sept Ans ».

... Au Canada ...  Aux Antilles ... En Océan Indien en tant qu'enseigne de vaisseau.

... Aux Seychelles et en Inde où il remonte jusqu'à Calcutta et se bat pour sauver le Comptoir de Mahé assiégé par des troupes locales.

... A Port-Louis, sur l'Île de France (actuelle Île Maurice), il devient propriétaire terrien et se fiance à une jeune fille de la bourgeoisie coloniale.

En 1776 revient en France ...Promu lieutenant de vaisseau, il retourne ... soutenir les États-Unis naissants. ...

La Pérouse se marie avec Louise Éléonore Bourdou, sa fiancée créole, et est nommé capitaine de vaisseau en 1785. Très populaire, il bénéficie maintenant de forts soutiens au gouvernement et à la cour. Le roi Louis XVI lui-même le connaît.

Une expédition très en vue :

En 1784, il est question d'envoyer une nouvelle expédition dans les mers lointaines ... de trouver ce fameux « passage du Nord-Ouest » qui permettrait de contourner le continent américain. Le projet est pris en main par Louis XVI, depuis toujours passionné par la géographie. Plus que par la serrurerie, contrairement à ce que l'on prétend communément.

Louis XVI opte pour « une expédition dominée par la recherche scientifique et la reconnaissance des mers, terres et peuples » que l'on trouvera en chemin. ... On envoie même un espion en Angleterre afin qu'il rapporte les meilleures informations concernant les voyages de Cook. ...

En font partie des experts en géographie, géométrie, astronomie, mécanique, physique, chimie, anatomie, zoologie, botanique, minéralogie, météorologie, mathématiques, horlogerie

On se dispute les places. Il a d'ailleurs été dit qu'un jeune élève officier nommé Napoléon Bonaparte était très tenté par l'aventure.

.... « Le Portefaix » devient « la Boussole » et « l'Autruche », «  l'Astrolabe ». La première est commandée par La Pérouse, la seconde par le Breton Paul-Antoine-Marie Fleuriot de Langle. ...

Le 1er août 1785, La Boussole et l'Astrolabe quittent enfin Brest. ... Madère, Ténériffe, Trinité, Sainte-Catherine (au Brésil)…

Après un passage tranquille du cap Horn, la Boussole et l'Astrolabe font escale pendant trois semaines à Conception au Chili où ils arrivent le 24 février 1786. C'est ensuite l'île de Pâques, puis Owhyhii (Hawaii).

Là, se pose la question de savoir si l'on doit prendre possession de cette terre au nom du roi de France. La Pérouse s'y refuse, considérant que « l'île appartient à ses habitants ».

 

  Voyage de La Pérouse

 

L'Alaska et le Canada occidental sont les premiers « gros morceaux » auxquels s'attelle l'expédition en juillet 1786. ... La Boussole et l'Astrolabe repartent en suivant la côte jusqu'à Monterey où la colonie espagnole de Californie fait bon accueil aux Français. On rembarque pour les îles Marianne et Asunsión. En cours de route, sont rayées de la carte des îles imaginaires telles que Nuestra Señora de la Gorta.

En mars 1787, Lapérouse atteint la Chine. A Macao, le naturaliste Dufresne est débarqué avec quantité de documents qu'il rapporte en France. Commence alors l'exploration des côtes des Philippines, de Canton et de Formose. La Boussole et l'Astrolabe passent aussi le long de la Corée et du Japon, contrées absolument fermées aux étrangers.

 

 

 

L’Hermione, un amour à la Pyrrhus !

 

 

« Washington, nous re-voilà ! »

 

L’Hermione fut construite en 6 mois, mise à la mer le 28 avril 1779, et emmena Lafayette à Boston en 38 jours à la voile, battant pavillon blanc. Clic.

 

La réplique fut construite en 15 ans et bat pavillon tricolore. Le navire eut dès son lancement une avarie de moteur l’obligeant à relâcher un mois à La Pallice – La Rochelle, avant de repartir vers la statue de la Liberté.

 

LA REVOLUTION ET LA MER

 

 

 

 

Bataille entre le vaisseau « Les Droits de l'Homme » et les frégates anglaises « l'Indefatigable » et « l'Amazon » les 13 et 14 janvier 1797 en baie d'Audierne.

 

 

Le menhir « Les Doits de l’homme » a été dressé à la côte à Plozevet pour commémorer les combats du vaisseau à la fois contre l’ennemi et contre la tempête

 

 

APRES LA REVOLUTION

 

Après les destructions imputables à la Révolution, la France perdait en 1805 le meilleur de ce qui lui restait encore de sa Marine.

Après 1810 , il n’en restait plus rien.

 

Les conséquences en furent considérables et définitives (coups portés à la place de la « francophonie » dans le monde etc.).

C’est la Marine de Louis XVI qui avait permit de gagner leur indépendance aux États Unis. De ce point de vue, le règne de Louis XVI – si critiqué pour son inconstance - n’avait pas été totalement exempt de sagesse et de modernité, après la calamiteuse fin du règne de son grand père.

Mais Napoléon ne put que perdre nos meilleurs possessions d’Outre-Mer et rendit une France plus petite qu’il ne l’avait trouvée. (pertes d’Haïti, de la Belgique, de la Savoie, Nice, etc .)

Or, le déficit en marine dont nous souffrîmes alors ne fut pas « l’exception », mais la « règle » d’un mal chronique :

 

Citons Etienne Taillemite :

 

« L'un des traits les plus permanents de notre histoire est bien une extrême méconnaissance des Français, à presque toutes les époques, de l'importance des espaces maritimes et du rôle moteur des océans dans le développement des civilisations.

Depuis le temps de Philippe Auguste qui, déjà, le déplorait, jusqu'à l'époque la plus récente, nos compatriotes n'ont jamais prêté une attention suivie aux problèmes de la mer et les historiens ne font pas exception à cette règle ... ».

 

Continuons à suivre Etienne Taillemite, In « L'Histoire ignorée de la marine française » Ed. Perrin 1988 :

 

 « …  De tous les pays disposant de vastes frontières maritimes, la France est probablement le seul où l'existence même d'une puissance navale sera … contestée jusque dans son principe … 

Peu après avoir quitté ses fonctions en 1791, le dernier véritable ministre de la Marine de la monarchie, le comte de La Luzerne, adressait au roi un plaidoyer qui conserve toute son actualité.

 

Évoquant d'abord le rôle moteur de l'économie maritime et les dangers d'une récession, « quel homme versé dans les détails de l'administration, écrit-il, ne prédiroit pas aussitôt, non seulement que plus de 100.000 matelots, ouvriers des ports, etc., et leurs familles qu'ils soutiennent sont condamnés à mourir de faim, mais que le même sort est réservé à plusieurs millions de citoyens habitans de l'intérieur du royaume et qui ne se sont jamais doutés eux-mêmes que notre navigation fournissoit le seul débouché que pussent avoir les récoltes qu'ils moissonnoient ou les marchandises qu'ils fabriquoient dans nos manufactures ».

 

Et comme cette économie maritime ne peut prospérer sans protection, il ajoutait :  « Je regarde la France comme condamnée par sa position géographique et par l'excès même de prospérité qu'elle a atteint, sous peine d'éprouver les plus grands malheurs, à être une puissance maritime et il me semble que le raisonnement et l'expérience démontrent également cette nécessité. »

 

Celle-ci n'en continua pas moins d'être largement méconnue, particulièrement dans les décennies suivantes, et l'on peut penser que Napoléon ne serait sans doute pas mort à Sainte- Hélène s'il avait disposé de la marine de Louis XVI.

 

Presque cent ans plus tard, en 1882, le capitaine de vaisseau Gougeard, ancien ministre de la Marine de l'éphémère « grand ministère » Gambetta, constatait « Il faut à tout prix intéresser le grand public français aux choses de la marine, elles ne peuvent que gagner à être enfin connues, appréciées sous leur véritable jour, envisagées sur leur véritable terrain ... Cette indifférence du pays est dangereuse et de nature à mettre la sécurité en péril. »

 

Il en est plus que jamais ainsi aujourd'hui où les menaces venant de la mer se sont prodigieusement accrues… »

 

 

NAPOLEON LA TERRE ET LA MER :

Bonaparte (1769 – 1821) n’aura pas l’heur de devenir marin :

Bonaparte aurait cherché une ou plusieurs fois à embarquer, mais se serait vu refuser d’embarquer avec La Pérouse en 1784 ou 1785, au prétexte qu’il n’était pas « un savant ». Dans cette « course à la science » d’alors, l’expédition d’Égypte de 1798 pourrait alors apparaître comme une compensation.

Il est difficile de retrouver des précisions peu connues, et qui n’ont d’utilité que d’évoquer de ces hypothèses qui auraient, de fait, pu transformer le destin de la France, du fait d’une vocation différente ou d’un autre discernement maritime de celui qui deviendra Empereur de français.

On sait en effet que la politique maritime de Bonaparte ne fut que successions de désastres.

Il n’est pas sûr d’ailleurs qu’il en portât la responsabilité, car la marine française avait été quasiment « décapitée » au cours de - et par - la Révolution, en équipages comme en matériels et en amirautés :

 

La manœuvre tactique de Nelson fut pourtant élémentaire : Arrivant de l’Ouest au « portant », il tronçonna l’escadre franco-espagnole (qui cheminait bien alignée Sud => Nord) en 3 segments qu’il bombarda en enfilade.

Comme les bâtiments de l’époque ne disposaient que de batteries disposées sur les flancs des navires, nous ne pûmes alors dans un premier temps que riposter en tirant dans le vide !

Les marins étant pourtant braves, les combats furent très violents.

 

Le désastre de Trafalgar (Cadix), le 21 Octobre 1805, dont la France ne se relèvera jamais ruina à nouveau la francophonie – en dépit, peut-être, plus tard d’occasions  manquées, comme celle de cette fulgurante proposition « d’union franco-britannique » de Churchill le 16 Juin 1940, présentée aussitôt à Bordeaux par de Gaulle au tout nouveau gouvernement Pétain qui la refusa.

La défaite de Trafalgar s’est jouée en réalité 15 ans plus tôt.

 

La France considère souvent l’Angleterre comme son ennemi héréditaire.

La réciproque n’est pourtant pas vraie : Churchill dira après la guerre de 1940 que « la politique traditionnelle de l’Angleterre est de considérer comme ennemi « la puissance montante en Europe » quelle qu’elle soit », ce qui est une politique purement pragmatique, adaptée aux circonstances.

 

L’apogée de la Marine française pourrait avoir été atteinte en 1790.

Dès 1791, le comte de La Luzerne ministre de la Marine devait démissionner.

Selon l’expression d’Éric Tabarly, « la dernière grande marine de la France fut celle de Louis XVI ! ».

 

 

 

 

« Saint-Domingue » représente la partie occidentale de l’ancienne île « d'Hispaniola », entre « Cuba » et « Puerto-Rico ».

 

Elle fut la principale colonie française des « Antilles » de 1627 au 1er Janvier 1804 (et officiellement le 17 Avril 1825).

 

o       De 1627 à 1654, les Français se concentrent sur les îles, « l'île de la Tortue » et « l’île à vaches ».

o       Ils créent ensuite les villes sur la « grande terre » :

o       en 1654 « Petit Goave »,

o       en 1666 « Port de Paix »,

o       en 1670 « Cap Français », future capitale, qui prendra le nom de « Cap Haïtien » en 1804

o       et en 1749, « Port au Prince » qui remplaça « Cap Français » comme capitale, prenant le nom de « Port Républicain » entre 1791 environ et 1804.

o       De 1678 à 1700, les gouverneurs français désarment les flibustiers venus des îles proches et développent une économie de plantation.

o        

o       Dès 1720, « Saint-Domingue » est le premier producteur mondial de canne à sucre et au milieu du XVIII e siècle, l'île exporte à elle seule autant de sucre que toutes les îles anglaises réunies.

 

Avant la Révolution, les produits coloniaux de « Saint-Domingue » représentent un tiers des exportations françaises.

 

Elle devient aussi la principale destination des traites négrières : La Population est de 455.000 hab. en 1788, dont 405.000 esclaves qui seront affranchis en 1793.

Après l’agitation de la Révolution, longue et complexe – Août 1791 - Janvier 1804 - qui fit plusieurs dizaines de milliers de morts, cette moitié de l’île devint indépendante sous le nom indien « d’Haïti », devenant le symbole de la première révolte noire réussie ; encadrée dans le temps par l’indépendance des « USA » dès 1776, obtenue grâce à la Marine de Louis XVI, et celle de « Cuba » en 1898, après la « guerre hispano - états-unienne ».

 

Les conflits de « Saint Domingue » ont mobilisé :

o       les esclaves insurgés menés par Toussaint Louverture (se rend en Mai 1802, est arrêté le 7 juin 1802, décède dans le Jura le 7 Avril 1803).

o       les colons « grands » et « petits blancs »,

o        les troupes révolutionnaires,

o       les éléments fidèles à la monarchie,

o       et les troupes de Napoléon Bonaparte.

L’indépendance « de fait » est acquise le 1er Janvier 1804 officialisée le 17 Avril 1825 par une ordonnance du roi Charles X qui reconnaît l'indépendance « d’Haïti », contre une « indemnité d'indépendance ».

 

« Port-de-Paix » est une ville du Nord-Ouest de l’île « d'Haïti », en face et au sud de « l’île de La Tortue », dressée en 1666 par les Français, sur un lieu que Christophe Colomb avait dénommé « Valparaíso » (« Val - Paradis »).

Christophe Colomb, véritablement ébloui par ce qu’il découvrait, la beauté des paysages, qu’il compare au plus beau de ce qu’il connaissait : « l’Andalousie au mois d’Avril, etc. », la nudité et la beauté des habitants, les couleurs des poissons comme il n’en avait jamais vues, croyait avoir retrouvé le « Paradis » décrit dans l’Ancien Testament:

La ville exporta ensuite bananes et café.

« Port-de-Paix » est actuellement : Chef-lieu de département et Sous-Préfecture d'un arrondissement qui comprend quatre communes, « Port-de-Paix », « l’île de la Tortue », « Bassin-Bleu », et « Chansolme ».

 

 

 

 

 

 Chanson : Le 31 du mois d ‘août 1800 => Chanson : Clic..

 

 

 

 

 

 

Ci-dessus, cartes des navigations et faits d’armes de Pierre Louis de Person.

Une carte mythique ne doit pas faire illusion : on comprendra la gravité dramatique de la situation de la France en 1792 si l’on sait qu’alors père et fils doivent se battre simultanément sur le même front.

 

 

 

 

La faiblesse de notre marine empêcha Napoléon de débarquer en Angleterre (wikipedia : clic).

Sur le plan de la stratégie militaire, Hitler rencontrera souvent les mêmes difficultés que Napoléon.

L’histoire quelquefois se répète, mais toujours, le rôle majeur joué par les océans reste une constante dans le développement des civilisations.

Il serait temps de ne plus considérer les vents ni les eaux – douces du ciel, ou salées de la mer – comme les ennemis de l’homme.

 

Météo :

Pourquoi « la météo médiatique » n’indique-t-elle surtout, « en boucle », que des températures, souvent illusoires, et de peu d’intérêt, car n’étant que des pics de brefs instants, et seulement diurnes, au détriment des vents, déterminants, eux,  pour les conditions de vie locales, parmi lesquelles aussi les températures, et désormais la pollution ?

Les anglais parlent davantage du « wind chill » : La « température ressentie », est en effet fonction du vent.

Ils font d’ailleurs aussi une différence linguistique entre « weather » et « time », ce que la langue française ne fait pas : nous en parlerons dans une autre page.

En réalité, « la météo médiatique » devrait nous indiquer chaque jour :

o        les vents en force et en direction,

o        les pics de température nocturnes,

o        la température moyenne, et particulièrement celle des sols,

au lieu de répéter un nombre incalculable de fois les mêmes chiffres, de peu d’intérêt, que les « speakers » appellent : « le mercure » !

Comment oublier que « la France est un don du Mexique » ?

Elle doit la douceur de son climat – et maintenant sa qualité de l’air -  à l’Atlantique, à ses eaux et à ses vents, et, par eux, aux eaux du « Gulf stream », c’est-à-dire du « courant du golfe », golfe du Mexique.

On oubliera momentanément la question des pressions atmosphériques et de la formation des vents, dont la plupart des gens du « grand public » ignore généralement jusqu’à l’existence.

 

 

 

 

 

L’unique livre qui décrive la Californie avant qu’elle ne devienne « yankee » est le livre de Charles Henry Dana : « Two years before the mast », traduit en français sous le titre de «  Deux années sur le gaillard d’avant ».

Ecrit vers 1848 par un jeune étudiant en droit qui s’était embarqué pour 2 ans à Boston, son intérêt est multiple : il décrit la vie des marins, le passage du Cap Horn, les presidios espagnols convoitises des « yankees », sa poésie enfin. 

Lecture à ne pas manquer.

 

 

 

Dans un contexte long et complexe (wikipedia : clic), Napoléon vend la « Louisiane » aux « Etats Unis » en 1803, c’est à dire « la rive droite du Mississipi », « la rive gauche » ayant été perdue avec d’autres territoires, lors du « traité de Paris » en 1763.

Le territoire vendu dépasse les 2 millions de km².

Napoléon perd « Haîti » en 1804, « l’île de France » (« île Maurice ») en 1814 etc.

Ces pertes sont donc dans le droit fil du « traité de Paris », mais aussi conséquences de la destruction de l’amirauté durant « la Révolution », comme en témoigna tragiquement la défaite de Trafalgar (21 Octobre 1805), bataille bravement perdue par 37 vaisseaux contre 22.

 

 

 

Dans l’opus cité ci-dessus de Michel Taillemite, arrivé à la guerre de 1914, page 404, l’auteur poursuit :

 

« … Quant aux causes de ces insuffisances, ce sont toujours celles qui ont été évoquées dans les chapitres précédents.

On peut les ranger sous trois grandes rubriques:

 

·        l'absence de doctrine et donc l'incohérence de la pensée et des méthodes,

·        des institutions inadaptées aux besoins et une bureaucratie tracassière et inefficace,

·        enfin la perpétuelle instabilité des hommes rendant impossible toute politique suivie.

 

  En 1908, dans son étude sur le Grand État-Major naval, Castex pouvait encore écrire: « La marine nous donne actuellement l'exemple d'un grand corps sans doctrine assise, sans mot d'ordre stratégique ou tactique reconnu, sans conception unanime de la guerre » …

Institutions inadaptées, absence de tête chargée de décider, conseils multiples et sans pouvoirs réels, bureaucratie asphyxiante. »

 

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Ces lignes sont pratiquement les mêmes que celles par lesquelles Alain Peyrefitte désigne un mal plus général, sous le nom de « Mal français » (Plon éditeur, 1976), « mal » qu’il fait remonter au moins à Colbert, arguant des mêmes causes :

o       une administration omniprésente,

o       abstraite

o       et irresponsable,

o       excluant du « sérail » ceux qui ont connaissance

o       de la pratique

o       et du terrain. 

 

Selon Michel Taillemite, en matière de marine, l’Angleterre aurait de tous temps été mieux armée à cause des exigences de son insularité [3]: « Tout gentleman anglais a son avis sur les choses de la mer »

 

____________________________

 

Autrement dit, les mêmes structures de ce « Mal français » se retrouveraient similaires dans tous les domaines et depuis longtemps.

 

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Il est amusant de se dire que tant de contraintes prétendent illustrer « l’apologie de la Liberté ».

 

 


 

Epilogue :

 

On terminera cette remarque en citant à nouveau Eric Tabarly : Il s’agit de l’engagement d’Eric Tabarly auprès du gouvernement de jacques Chirac pour le maintien du « Musée de la Marine » place du Trocadéro à Paris.

 

Dans “Mémoires du large », Editions de Fallois, Paris, 1997, Tabarly , homme simple mais « gloire nationale »(1931 – 1998) écrit:

 

 « … Je monte à Paris le moins possible, … comme dernièrement, quand il a fallu que je me démène pour la sauvegarde du Musée de la Marine.

L'annonce par la commission Friedmann de l'expulsion du Musée de la Marine de son emplacement au Palais de Chaillot pour mettre à la place le nouveau Musée des Arts premiers m'a scandalisé.

II était prévu de mettre les collections en caisses, de les entreposer on ne sait où, pendant plusieurs années, en attendant de les installer dans un lieu excentré, trop petit et complètement inadapté : le Musée des Arts africains et océaniens lorsqu'il serait libre.

Bref, c'était presque l'arrêt de mort de ce que je crois être le plus beau musée maritime du monde.

Ce traitement révoltant n'est malheureusement que le reflet de la désinvolture avec laquelle sont traitées, en France, les questions maritimes.

Le peuple français garde une mentalité trop terrienne. Il a découvert la mer par le côté loisir et il se passionne pour les courses océaniques mais, bien que sentimentalement attaché à la Marine, il reste dans l'ignorance de l'importance stratégique et économique des océans.

Il ne faut pas lui en vouloir, personne ne le lui enseigne.

Cette éducation devrait commencer dès l'école.

Mais aucun manuel scolaire ne souligne que des conflits qui peuvent paraître continentaux ont été gagnés sur mer.

Si à Trafalgar les Français avaient gagné, il n'y aurait pas eu Waterloo.

Si les Alliés n'avaient pas gagné la bataille de l'Atlantique, l'URSS n'aurait pas pu être ravitaillée, les débarquements en France n'auraient pu avoir lieu et les Allemands auraient gagné la guerre.

Nos gouvernements, qui ne sont que le reflet des gouvernés, ont toujours sous-estimé l'importance de la mer.

La Marine nationale est, comme toujours, le parent pauvre des armées et notre Marine marchande, tuée par des syndicats irresponsables et des gouvernements qui ont laissé faire, a pratiquement disparu des océans.

Pourtant, un petit pays comme la Norvège possède une des premières flottes marchandes du monde.

Il en tire de larges profits et prouve qu'il n'est pas nécessaire d'être asiatique pour faire naviguer des cargos. »

 

Notes de bas de page :



[1] C’est la raison pour laquelle il ne faut jamais mettre d’accent sur l’adresse d’une « malle électronique ».

En fait même si le mot « malle » est du même étymon que le mot « mail », ce n’est pas une raison pour l’employer ! En français on dit « courrier », et on doit dire « courrier électronique ». C’est tout.

Le mot « courriel » est parfaitement ridicule parce q’il est une singerie de la langue anglaise, et ne correspond pas du tout au génie de la langue française : les langues anglaise et germaniques sont agglutinantes et synthétiques, alors que les langues romanes sont analytiques.

Chaque langue à son génie.

Mieux vaux utiliser carrément des vrais mots anglais que de se livrer à des acrobaties ridicules.

Comme les anglais disent « hyphen » pour notre « trait d’union », et « under-score » pour le « trait sous la ligne », on dit maintenant « tiret du 6 » pour « trait d’union » : comme si notre clavier Azerty devait construire la langue !

On pourrait dire aussi « é du 2 », « è du 7 », « à du zéro » ; n’importe quoi !

Comme les Anglais disent « time » et « weather » (deux mots, l’un d’origine latine et l’autre d’origine nordique), là où le français ne dispose que d’un mot unique pour désigner les deux états, va-t-on encore inventer pour le bulletin météo du journal télévisé ?

On ferait bien mieux de s’appliquer à parfaire un bulletin bien rempli !

 

 

[2] Histoire de la guerre de 7 ans à Pondichéry :

 

Dans : « L’histoire de l’Inde moderne, 1480 1950 » , sous la direction de Claude Markovits , Fayard, 1994 », pages 270 – 274 :

[page 270] :

L'ouverture des hostilités

La guerre est déclarée le 17 mai 1756. La nouvelle est connue à Bombay le 6 octobre suivant. Chandernagor, qui tombe le 23 mars 1757, est le premier établissement à faire les frais de l'ouverture des hostilités.

Son chef, Renault de Saint-Germain, a commis l'erreur de repousser les propositions d'alliance du nawab Siraj-ed-daoula, également en guerre contre les Anglais, et de croire qu'un traité de neutralité pourrait être signé avec Clive et Watson.

La perte est considérable puisque le commerce français au Bengale atteint 23 220 000 livres entre 1749 et 1754 contre 16 697 000 livres entre 1739 et 1744.

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Notes de bas de page :

1. L'historien P.E. Roberts, qui cite ces témoins, observe en outre que les revenus des territoires reconnus aux Français s'élèvent à 800 000 livres sterling par an, alors que ceux des Anglais n'atteignent que 100 000 livres.

Ce résultat est, à ses yeux, d'autant plus remarquable qu'il est obtenu alors que Bussy est sous la menace d'une offensive anglo-marathe menée depuis Bombay, avec le renfort des troupes débarquées par Watson, et sous le commandement de Clive.

P.E. ROBERTS , History of British India, Londres, 1952, pp. 114-115.

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[page 271] :

Elle est toutefois compensée par de nouvelles prouesses de Bussy qui, sitôt la chute de Chandernagor connue, fond sur les factoreries anglaises de la côte d'Orissa.

De Ganjam au nord, à Masulipatam au sud, les Français contrôlent désormais 600 kilomètres de côtes.

A Paris, le choix des autorités s'est porté sur le comte de Lally Tollendal pour chasser les Anglais de l'Inde.

Ce jacobite d'origine irlandaise, qui s'est illustré dans la guerre de Succession d'Autriche, ne connaît rien de l'Inde, ce qui ne l'a pas empêché de produire un sévère réquisitoire contre la politique interventionniste de Dupleix.

Il ne connaît pas davantage le commerce mais est convaincu que Pondichéry a vocation à devenir l'entrepôt de cette partie du monde.

Brave, intelligent et surtout incorruptible, il est aussi prétentieux, intransigeant et méprisant. Son manque de diplomatie conduira Pondichéry à sa perte, prophétise le marquis d'Argenson: « A la première négligence qui compromettra les armes du roi, à la première apparence d'insubordination ou de friponnerie, M. de Lally tonnera, s'il ne sévit pas.

On fera manquer ses opérations pour se venger de lui.

Pondichéry aura la guerre civile dans ses murs avec la guerre extérieure à ses portes1. »

Aucun de ses prédécesseurs n'avait disposé de moyens aussi considérables.

Lally-Tollendal aura sous ses ordres trente officiers, dont « la fleur de la jeunesse française », les Soupire, d'Estaing, Landivisiau, Conflans, La Tour du Pin... et cinq mille cinq cents soldats.

Il sera soutenu par les onze vaisseaux de l'escadre de l'amiral d'Aché et disposera de six millions de livres en espèces 2.

La médaille a son revers. Malgré ses titres de lieutenant général des armées du roi, commandant des troupes de l'Inde, commissaire du roi et commandant général de tous les établissements français aux Indes orientales et enfin syndic de la Compagnie, Lally-Tollendal doit partager ses pouvoirs : il ne commande que sur terre, d'Aché étant seul maître des opérations en mer, ce qui lui fait courir le risque de se heurter aux mêmes difficultés que Dupleix vis-à-vis de La Bourdonnais.

En outre, il ne doit pas s'occuper des finances, la gestion des revenus étant confiée conjointement au commissaire Clouet et au gouverneur de Pondichéry, Duval de Leyrit.

Sa mission consiste à attaquer les établissements de l'ennemi « autant que ses forces et les circonstances pourront le lui permettre » et à « raser les fortifications des places maritimes ». Quant aux possessions françaises, elles doivent « se borner à des établissements de commerce sur les côtes et à un territoire circonscrit autour de ces établissements ». A Pondichéry, il est chargé de « déraciner l'esprit de cupidité » des employés et de « rétablir l'ordre, la discipline et l'esprit militaire dans les troupes de la Compagnie des Indes Note 1 de la page 272».

 

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Notes de bas de page :

1. A. MARTINEAU et G. HANOTEAUX, Histoire des colonies françaises..., op. cit., t.V, p. 222

2. P. A. PERROD, L'Affaire Lally-Tollendal. Une erreur judiciaire au XVIII ème siècle,  Paris, 1976, pp. 44-47.

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[page272] :

Le chevalier de Soupire débarque à Pondichéry dès septembre 1757, mais ne cherche nullement à profiter de la faiblesse des défenses de Madras, les troupes britanniques étant alors mobilisées au Bengale.

Lally-Tollendal n'arrive qu'en avril 1758, après un voyage d'un an.

Malgré la froideur du premier contact, il parvient à s'emparer sans coup férir de Cuddalore et du fort Saint-David. C'est sa première et dernière victoire.

Depuis le départ de Dupleix, Pondichéry ne cesse de décliner, apparaissant comme « une affaire en liquidation où chacun cherche un profit ».

Voltaire dénoncera ses habitants qui « glanent dans le champ du public devenu stérile pour la Compagnie. [ ... ] La colonie de Pondichéry ressemble à un mourant dont on pille les meubles avant qu'il soit expiré 2».

Le comptoir ne doit pas moins de 14 millions en 1758 et son discrédit est tel que lorsque le Conseil supérieur offre 100 % d'intérêts aux Hollandais pour un emprunt de 240 000 livres, ceux-ci refusent.

Pour renflouer les caisses de la Compagnie, Lally-Tollendal entreprend une marche sur Tanjore, royaume sur lequel la France a une créance de 550 000 roupies.

Mal préparée, l'expédition se solde par un échec cuisant.

Cette erreur est suivie par d'autres dont la moindre n'est pas le rappel de Bussy, ordonné en juin 1758.

Clive comprend que le moment est venu d'abattre le protectorat français sur le Deccan : sur ses ordres, Forde envahit les Circars en octobre 1758, écrase Conflans, le successeur de Bussy, en décembre, et s'empare de Masulipatam en avril 1759.

Salabat Jang, passant aussitôt d'une tutelle à l'autre, cède aux Anglais d'importants territoires autour de cette ville et s'engage à ne plus traiter avec les Français.

Alors que l'amiral d'Aché, après deux batailles indécises, vient de regagner les îles, Lally-Tollendal décide d'assiéger Madras.

Outre l'appui de la flotte, la confiance de ses soldats, qui ne sont plus payés, lui fait défaut.

Ils ne se battent, disent-ils, que parce qu'il vaut mieux mourir d'une balle sous les murs de Madras que de faim à l'abri de ceux de Pondichéry.

C'est d'ailleurs autant l'insubordination de ses troupes que l'apparition de la flotte de Pocock, à la mi-février, qui incitent Lally à renoncer à prendre d'assaut le fort Saint-George t à lever le siège.

Dès lors, le temps joue en faveur des Britanniques qui, maîtres du Bengale, peuvent concentrer leurs forces sur le Coromandel.

L'amiral d'Aché reparaît en septembre, mais il n'apporte que de maigres subsides et Lally-Tollendal doit payer de ses propres deniers des régiments mutinés.

Après une bataille navale indécise mais meurtrière, au large de Cuddalore,

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Notes de bas de page :

1. A.P. PERROD, op. cit.

2. VOLTAIRE, Fragments sur l'Inde, sur le général Lally et le comte de Morangies, 1773.

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[ 273] :

l'amiral cingle de nouveau vers les Mascareignes, abandonnant Pondichéry à son triste sort.

La situation empirant, Lally-Tollendal doit consentir à renouer avec la politique de Dupleix et demander l'aide des princes indiens.

Successivement, il sollicite les Moghols du Deccan, les Marathes et le nouvel homme fort du Mysore, Haidar Ali.

Sans grand succès. La stratégie française est de surcroît confuse : alors que la menace vient du nord, le lieutenant-général dégarnit sa défense en envoyant Crillon au sud prendre Sri Rangam.

Sir Eyre Coote profite de l'occasion et s'empare de Vandavashy.

Le 20 janvier 1760, en essayant de reprendre cette place, Lally-Tollendal subit un désastre complet : Bussy lui-même est capturé.

Deux mois plus tard, Pondichéry est investie.

Conformément aux prévisions du marquis d'Argenson, la capitale de Dupleix souffre simultanément des luttes intestines et des assauts britanniques.

Aux habitants qui lui reprochent d'en avoir fait des « mendiants », Lally-Tollendal répond que leur ville est une « Sodome que tôt ou tard le feu des Anglais, à défaut de celui du ciel, détruira inévitablement ».

Ces derniers pourtant ne se pressent pas, laissant la famine accomplir son œuvre : fin décembre, « les chiens, les chats, le cuir bouilli, tout y passe. Un rat coûte 2 roupies1 ».

Lally-Tollendal capitule le 17 janvier 1761, et, tandis que les Pondichériens s'exilent à Tranquebar, il est conduit en captivité en Angleterre.

Le traité de Paris, signé le 10 février 1763, restitue à la  France ses cinq comptoirs et diverses loges, mais, à une époque où l'Inde n'est pas encore britannique, elle échappe à la France, réduite à un rôle insignifiant.

Revenu en France, Lally-Tollendal y est accusé de trahison et exécuté.

Il paie ainsi ses erreurs, mais aussi celles de la Compagnie et du gouvernement, qui, ne songeant qu'à ravitailler le marché français et à réaliser des profits, refusent d'ouvrir les yeux sur la situation politique fort complexe de l'Inde, laquelle conditionne pourtant la réalisation de leurs objectifs.

L'attitude de la France révèle « la permanence d'une philosophie économique strictement mercantile, et [ ... ] une totale absence d'intérêt pour les mondes lointains dans leurs relations avec l'Europe ».

En un mot, l'essentiel pour la France, puissance continentale, reste l'Europe, alors que l'Angleterre, puissance maritime, tourne de plus en plus ses regards vers les océans et les terres lointaines 2.

Pendant la guerre de Sept Ans, la maîtrise des mers appartient aux Anglais.

L'amiral britannique Pocock, qui dissuade d'Aché de s'éloigner des Mascareignes, joue un rôle définitif dans l'effondrement de la puissance française.

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Notes de bas de page :

1. M.V. LABERNADIE, Le Vieux Pondichéry, 1673-1815, Pondichéry, 1936, pp. 305-306 et 311.

2. Ph. HAUDRÉRE, La Compagnie..., op. cit.,  p. 1012.

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[page274] :

La victoire britannique s'explique peut-être aussi par la différence de structures, voire de nature, des deux compagnies.

L'East India Company est une société privée; reposant sur la libre entreprise et l'initiative individuelle, elle vit des profits du commerce asiatique et ne dépend en rien de l'État, sur lequel elle est en mesure d'exercer une grande influence, ne serait-ce que par l'intermédiaire de ses directeurs siégeant au Parlement.

La Compagnie française des Indes est en revanche une entreprise d'État dont les directeurs sont nommés par la couronne; elle reçoit des subsides du gouvernement et est alimentée par des revenus étrangers au commerce de l'Inde, comme ceux de la ferme du tabac.

La léthargie caractéristique de ses services et de ses établissements indiens résulterait de ce contrôle bureaucratique 1.

Soumise à la politique à courte vue de l'État, paralysée dans ses initiatives, la Compagnie n'avait aucune chance de l'emporter.

En quelque sorte, la victoire britannique serait celle de la libre entreprise sur une économie étatisée.

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Notes de bas de page :

1. P.E. ROBERTS, History of British India, op. cit., pp. 95-96.

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[2] J’y préciserais que l ‘Angleterre est très favorisée :

·        par l’apport des eaux tièdes du « Gulf Stream », et donc d’un climat toujours tempéré,

·        des très forts courants réguliers et prévisibles de la Manche,

·        et de régimes de vents variables mais pratiquement sans défaillance et manœuvrables,

toutes choses dont elle a su tirer grand profit.

·        Enfin, comme chacun sait, son insularité représente pour elle une importante protection.

De toutes ces contingences réunies résulte sans doute une position plus favorable à la prédation, et une psychologie différente de la notre qui est davantage soumise aux questions de voisinages immédiats et permanents.

En revanche, quelques excès de cynisme ou de bellicosité ont pu en résulter et l’éthologie darwinienne semble en être directement issue.

Les Anglais et les Américains ont développé presque de tous temps une politique maritime plus élaborée que la notre et ce n’est certainement pas un hasard si « Internet », forme généralisée de « Arpanet », destiné initialement aux applications militaires, est né aux U.S.A. et que toutes les métaphores d’Internet relèvent du vocabulaire maritime.

La Chine connaît une expansion mondiale extrêmement rapide depuis qu’elle a décidé de développer ses politiques maritimes et spatiales.

 

Cf. ci-dessous  :  http://Météorama.fr : 28 2 2016  :

 

Europe : Pressions atmosphériques

 

Europe : pluies et neiges

 

 

 

 

Angleterre : Vents

 

Angleterre : Températures

 

 

 

L’Europe, et particulièrement la France et l’Angleterre, et plus intensément encore, la Bretagne et l’Irlande, sont « un don du Mexique », grâce au « Gulf stream, Courant venu du Golfe du Mexique ».

Bordeaux est à la latitude de Montréal, mais on est loin d’y enregistrer des températures de « –40°C » en hiver.

Mais les eaux plus lointaines du Portugal et de la côte atlantique marocaine sont froides.