Le corps du sujet

 

 

 

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En-têtes et pieds de page en Word 2000

 

Aperçu « médical » à propos du « corps du sujet »

Il est à faire la  remarque que le « corps  biologique » n’a qu’un rapport ténu avec un corps humain envisagé selon son « aspect administratif », et limité alors  par « l’enveloppe corporelle ». Il est tout à fait prévisible que cette fragmentation conceptuelle prenne de plus en plus d’importance dans notre civilisation.

Dans la « vie courante», le « corps biologique » est l’objet d’échanges incessants avec son environnement : Par son alimentation, sa respiration, mille interactions environnementales parmi lesquelles certaines sont connues et beaucoup sont encore inconnues.

Ces échanges, autrefois, ne posaient guère de problème dans la mesure  ou d’une part, l’homme n’a pu que naître dans un environnement qui lui était favorable, et que d’autre part ils étaient mal connus. Si l’on a de longue date reconnu l’importance de la respiration, on en ignorait tout du « contenu », qui rapellons-le, consiste à inspirer de l’oxygène et à rejeter de l’eau et du gaz carbonique[1]. Ce n’est que Lavoisier qui a reconnu l’oxygène. Encore au XIVème siècle, un auteur pense que la respiration est nécessaire pour « apporter du froid ».

Aujourd’hui, beaucoup de pays manquent d’eau, et les « guerres de l’eau » sont en passe de devenir plus importantes que « les guerres du pétrole ». Mais combien plus urgents encore peuvent devenir les problèmes de l’air[2] !  La volatilité et la non-commercialisation de l’air, actuellement, sont peut-être parmi les raisons pour lesquelles « on en parle moins ». Mais le corps humain devient très vite invalide dès que la pollution aérienne est durable.  Quant-à la raréfaction de l’entraide, elle n’est que l’amplificateur des effets de l’invalidité.

Dans une civilisation qui a souvent tendance à considérer « l’homme à plat », pour ne pas dire « aplati » voire « écrasé », c’est à dire selon une image à deux dimensions[3], et en réduisant ses représentations « au son et à l’image », voire à toute autre abstraction « imagée », l’écart entre « le corps biologique » et « le corps administratif »  est de plus en plus évident[4].

C’est peut-être d’avoir négligé, ou dû négliger, les aspects de ces échanges, du fait de notre ignorance en ce domaine, qui limite considérablement les théories du XIXéme, tels les travaux de Mendel en génétique, l’évolutionnisme selon Darwin, etc. qui s’avèrent  aujourd’hui trop schématiques. Il y a là beaucoup de paramètres à ajouter, y compris les données spatio-temporelle, (dans la mesure où ces termes conservent un sens en science): Car les lois de la biologie ne sont valables que dans un contexte, et dépendent de nombreuses influences, bilatérales. Elles sont rarement pleinement exportables : Ce qui est vrai « sur la terre » n’est plus vrai « sur la lune », comme ce qui est vrai « in vitro » n’est plus vrai « in vivo », et ce qui est vrai « in asilo » n’est plus vrai « in mundo » !.

Il faut tenir compte « du moment » dans la genèse ou la continuité des transformations des corps et des comportements. On le redécouvre, en médecine, en s‘apercevant que les effets d’une dose même faible d’une substance seront très différents selon qu’elle sera incorporée à tel ou tel moment de tel ou tel cycle, ou dans telle ou telle circonstance. « Ce qui est vrai à midi n’est plus vrai à minuit ! »

Si le corps administratif n’est qu’un moyen de gestion, le corps biologique, lui, est une cible et chacune des deux notions,

*    biologique (médicale), et

*    administrative (placement policier), doit avoir son champ d’applications propre. Il ne faut pas les mélanger. La gestion administrative est une chose, la clinique médicale en est une autre.

C’est pourquoi aussi il n’est pas si facile de faire rentrer des « patients » dans des « classifications administratives », à fortiori s’il ne s’agit que de « supposés patients », et particulièrement encore en psychiatrie. La notion purement « administrative »  de « groupes homogènes de malades » ne correspond, aujourd’hui  en France, à aucune réalité de « clinique psychiatrique » !

Une question essentielle est : « à qui appartient ce corps biologique ».

Le « flottement conceptuel » qui existe ici sur « l’objet de la psychiatrie », (quel corps ? quel esprit ?) , évite de répondre à cette question et pérennise l’absence de protection juridique.

Pourtant, si une « protection juridique » existait, c’est-à-dire si la contrainte n’était pas imposée en cascade, depuis le ministère de l’intérieur jusqu’au personnel soignant et au « supposé patient », en passant par les directeurs d’hôpitaux et les médecins, si la parole et les choix du « supposé patient » étaient recevables, si son corps n’était pas considéré comme « une affaire étatique » certains traitements ne pourraient plus être prescrits à l’encontre d’un refus exprimé par la personne sans soulever la double problématique :

1.      « des peines corporelles »,

2.      de peines « infligées sans délit ».

Finalement, fait essentiel, par les ambitions « chimériques » de la double appartenance de la psychiatrie, « médicale et policière », « le corps » envisagé par la psychiatrie  actuelle n’est

*    ni le corps biologique ( puisqu’on en remet « la direction de la charge » à des administrateurs qui ne peuvent guère faire cas de toutes ces dimensions biologiques ainsi envisagées,

*    ni le corps administratif ( puisqu’on lui reconnaît une « certaine vie » modifiable par des médicaments ).

*    Ce fait que « l'objet de la psychiatrie » ( le corps? l'esprit? quelque chose d'ineffable? )

*    ni n'est jamais défini, par les législations actuelles qui se l'approprient « sans autre forme de procès », (il n’est que cerné « négativement » par le Code Pénal pour ne pas l'appliquer),

*    ni n'a de place reconnue nulle part, sinon par des : «  ce n'est ni ceci... ni cela ...  » ,
est au cœur du problème.

Il suffirait pourtant d'abolir les législations d'exception pour permettre à la médecine et au code pénal de retrouver un fonctionnement normal.

(Cf. aussi plus loin : la double fonction du personnel infirmier )



[1] Rappelons à qui n’est pas chimiste que :

   le « CO2 = gaz carbonique = dioxyde de carbone » est une « production animale » parfaitement « naturelle », et fort heureusement n’a « aucune toxicité ». Il est même un stimulant des centres respiratoires, indispensable à la respiration. Les échanges respiratoires rééquilibrent en permanence les taux du mélange, de « l’oxygène O2 », qui, pur, deviendrait toxique, du « CO2 », et de « l’azote = N » dans le « sang ».

   D’autres sources de productions, quelle que soit leur intervention dans le réchauffement climatique, n’en font pas pour autant un gaz toxique.

   A l’inverse, le « CO = monoxyde de carbone = oxyde de carbone» provient de toutes les combustions lentes et incomplètes, du bois, du charbon, du tabac, du pétrole, des automobiles à moteur thermique, etc. Il n’existe pratiquement pas comme « production animale ». Il est hautement « toxique », en se combinant irréversiblement à l’hémoglobine. Il n’est pas « accusé » du réchauffement climatique. Les gaz des moteurs thermiques s’accompagnent encore de quantité d’autres composés, dioxyde d‘azote (NO2 : ), nitro-dérivés des hydrocarbures, benzènes, cancérigènes, quantité d’anhydrides desséchants et cancérigènes, etc.

   Il faudrait ne jamais avoir approché une usine nucléaire, une torche pétrolière, un canon d’artillerie, un moteur à explosions, une cigarette souvent lancée encore incandescente, pour les oublier du bilan calorique, sans compter les autres caractères « meurtriers» de ces choses.

Un peu dans le même sens , il faudrait consacrer un long chapitre à l’électricité, pour dire :

   L’électricité est vieille comme le monde (éclairs du ciel). Elle peut être redoutable ou très propre et l’une des moins immédiatement polluantes des énergies. Légère (mouvements d’électrons) elle peut être extrêmement puissante (La marine américaine commence à s’équiper de blindés électriques, à démarrage beaucoup plus rapide, silencieux, et plus difficiles à détecter  que les blindés classiques)

   Elle est pratiquement omniprésente dans la nature. Elle est renouvelable etc…

   Tous les animaux en fabriquent proprement et dans le plus grand silence : « L’influx nerveux » qui parcourt le neurone est un courant électrique. Les « romains » de l’Antiquité utilisaient les décharges électriques des raies ou des poisson torpilles pour soigner les migraines (Cf. Cerletti, l’inventeur de « l’électrochoc ».

[2]Beaucoup de fumeurs avouent fumer pour éviter de sentir un « air irrespirable ». Il est certain que le remède, ici, ne soigne pas le mal. C’est la « politique de l’autruche ». Cependant, une véritable « politique anti-tabac » devrait nécessairement s’attaquer à la question de la qualité de l’air. Or, malheureusement, l’évocation de ces questions reste toujours séparée. Les liens sont « perdus » !

 

[3] Comment légiférer sur un « corps aux multiples densions » quand il est déjà difficile d’intégrer la troisième ? Or tout montre que ce n’est pas très facile pour l’homme ! Une personne ne pouvait distinguer sa droite de sa gauche dans le miroir ! Un « nœud de chaise » a quatre variantes et non deux, etc. Pensons encore à l’exemple « d’un appartement envisagé uniquement selon sa surface » ! Le fait d’occulter les hauteurs s’explique probablement à l’origine par des raisons « commerciales », permettant de multiplier les étages dans un même volume, mais l’apprentissage culturel en vient très rapidement à modeler les esprits dans une certaine obtusion. Il en résulte encore qu’à force de vivre dans un monde à plat, virtuel, fait de sons et d’images, la respiration, qu’il n’est pas encore facile de commercialiser réellement, est souvent négligée, alors qu’elle est la toute première nécessité vitale de tous les êtres vivants !

 

[4] Du fait de la sélection de seulement deux de nos cinq sens ( « vue » et « ouïe » ), et des applications audiovisuelles qui en résultent de plus en plus sélectivement, il est assez remarquable que les « pollutions » dont nous souffrons le plus (aériennes et sonores), peuvent très facilement être occultées, intentionnellement ou non, et ne sont pratiquement pas retransmises par les médias habituels.

   Les médias de papier sont insensibles aux pollutions aériennes et sonores.

   Les médias « audio » ne rendent compte que d’une représentation verbale ou musicale fort « intellectualisée » d’un monde où l’ambiance sonore est totalement recréée.

   Les émissions « télévisées » sont le fruit d’une accumulation d’artifices visuels et auditifs impressionnants.

Aucun de tous ces médias ne s’approche jamais de ce que peut être un vécu direct, côté délice aussi bien que côté insupportable.

Dans ces conditions, le rapport « vivant » à l’autre n’existe pratiquement pas.

Tout y est leurre. Les stimuli opèrent cependant leurs effets. On le sait mais on s’en accommode car il est fort difficile, pour la plupart des gens vivant seuls, de se passer longtemps de voir quelque visage humain à la maison. C’est ce qui fait la force et le succès de la télévision, quasiment indépendamment de la qualité des programmes. Le besoin est surtout de voir des visages animés.

Mais de ce fait qu’elle existe ou non, la manipulation d’opinion est devenue très simple : Le code est déjà en place. Il suffit de le remplir d’un contenu, simple sélection soigneuse de messages répétitifs.